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Al Bhed


Apprendre à tourner la page // Flashback // [PV Gordias]

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Evalyn

Bannisseur

le Ven 9 Juin 2017 - 23:38
Un stress croissant s'immisçait progressivement en moi, formant une boule imposante au creux de mon estomac. Je ne savais pas réellement d'où venait cette sensation. C'était assez étrange je dois  dire... Certes il m'arrivait d'être sous une pression énorme qui m'empêchait de dormir ou de manger correctement, mais ce ne devais pourtant pas être le cas aujourd'hui. Isey, ma tutrice, m'avait demandé une faveur en la remplaçant auprès d'un de ses amis pour l'aider à trier les affaires de son père, récemment décédé. Rien de bien méchant en soit, même si je restais convaincue qu'il aurait mieux valu envoyer une personne plus proche pour partager sa peine et réagir convenablement en cas de crise de pleur hystérique. Il m'arrivait évidemment d'avoir de la peine pour les gens que je côtoyais, mais pas au point de savoir quoi dire ou faire dans leurs moments de déprime. Je pouvais même leur paraître froide au moment où ils se confiaient, essayant de dévier la conversation sur un sujet plus joyeux. Non, ce n'était pas parce que leurs problèmes ne m'intéressait pas (ou presque), simplement que ma philosophie me refusait de voir le verre à moitié vide et que se concentrer sur ses angoisses personnelles n'aiderait en rien à aller mieux. Bref, je devais donc aller aider un certain Gordias, membre du clergé d'Yvon. Ce dernier aspect me déplaisait déjà un peu plus, ne supportant pas cette religion de propagande empêchant les habitants de Spira de tourner en rond.

Comble de tout, ma chevauchée m'avait terriblement engourdie le bas du dos, et j'espérais pas dessus tout qu'il n'y aurait pas de choses trop lourde à porter. Faisant parti des bannisseurs, j'avais pourtant une certaine endurance, ainsi qu'un corps assez musclé pour manier mes épées, mais j'avais toujours détesté les chevaux et tout autre moyen de transport, finissant malade à coup sûr au bout d'à peine quelques mètres. C'était un miracle que mon repas du midi soit encore présent dans mon estomac et je me demandais si ce n'étais pas la raison principale du malaise qui s'installait au fur et à mesure de mes pas. En arrivant aux abords de Luca, je me rendis soudain compte que ma mâchoire me faisait souffrir et desserrait les dents afin de relâcher la pression exercée sur mes os. La tâche qui m'attendait me rendait définitivement anxieuse, et les battements de mon cœur en étaient aussi la preuve. Je me souvenais pourtant de Gordias, un homme un peu à part, m'ayant paru désillusionné par la vie et ses multiples hasards. Des hasards qui avaient coûté la vie de la femme qu'il aimait, tout comme l'homme qu'aimait ma tutrice. Leur passé se ressemblait par bien des points, mais Isey avait d'un côté eu la chance de m'avoir ainsi que son fils pour la maintenir sur le droit chemin. Je ne savais pas quoi pensé du prêtre vers qui je me dirigeais, et c'était très certainement la raison première de mon angoisse. Je souhaitais avant tout rendre service à Isey, mais je n'avais pas pensé aux conséquences de mes actes, ayant peur de l'offenser avant même d'ouvrir la bouche.

Arrivée à destination, je regardais d'un œil torve vers la porte maudite à laquelle je devais frapper. De l'extérieur, la maison ressemblait à toutes les autres, mais en y regardant de plus près, on se rendait compte du peu d'entretien effectué à ses abords. L'homme ne semblait apparemment pas obnubilé par l'apparence comparé à ses voisins, avec leurs terrasses et balcon remplie de fleurs plus colorés les unes que les autres. Leurs parfums étaient enivrants, mais je me dirigeais vers le seul îlot désert de vie. Je descendis de cheval, l'attachant au piquet prévu à cet effet. En approchant, une atmosphère étrange se fit ressentir, qui me crispa davantage. Je ne pourrais pas le décrire, mais il y avait là une présence étrange et malveillante qui m'empêcha rapidement de me détendre. Avant de frapper, je me composai une tête de circonstance, abaissai mes épaules et les massant légèrement pour dénouer mes nerfs. Je secouai la tête de droite à gauche, essayant de faire craquer mes cervicales et faisant des petits mouvements circulaire des épaules. Je finis ma préparation en m'étirant les bras loin devant moi puis au-dessus de ma tête. Il était impossible de faire mieux pour réussir à me détendre, aussi j'expirais longuement pour me donner du courage, et frappa doucement. Des odeurs étranges s’échappaient des fentes du chambranle, et j'espérais ne pas avoir à défoncer la porte pour le trouver ivre mort sur son lit. Je ne me sentais définitivement pas à ma place, sentant déjà le silence de mort qui se ferait entre nous pendant que nous rangerions les affaires du défunt.

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