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Al Bhed


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Forward and (flash)back - Ryme

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Cillian

Monsieur tout le monde

le Mar 22 Aoû 2017 - 18:23
« COURS ! CILLIAN ! COURS ! »

Encore et toujours, mes jambes refusent d'avancer. L'épée dans ma main me semble lourde. Tellement lourde. L'armure en cuir sur mon dos aussi. Après de grands efforts, je réussis enfin à bouger une jambe. Puis une autre. Maintenant que je suis en mouvement, tout me semble plus facile. Le paysage défile devant mes yeux, alors que le claquement des jabots du monstre qui me poursuit se rapprochent.

J'ai peur. J'ai beau courir autant que je veux, autant que je peux, je n'arrive pas à mettre de la distance en mon destin et moi même. Tout autour de moi, la plaine ne change pas.

Claquement devant moi. Claquement derrière moi. Ils sont plusieurs ?

J'ai peur. Je suis confus. Pétri de peur, je secoue mon arme devant moi, comme si j'allais pouvoir blesser les ombres qui me poursuivent. Je hurle.

Enfin, je peux voir à quoi ils ressemblent. Ce sont … Ce sont des ombres.

Comment ?

Un cri lugubre me glace le sang.

C'est l'heure de la curée.

Je me réveille doucement. J'essaie d'ouvrir les yeux. Un seul obéit. Qu'est-ce qui se passe ? Pourquoi mon œil ne s'ouvre pas ? J'ai la soudaine impression que l'on m'a plongé dans un bain d'eau glacée alors que la terreur commence à prendre le pas sur moi. Puis je me souviens. C'est vrai que mon œil a définitivement perdu sa lumière. Je soupire et regarde autour de moi. Mes draps sont froissés.Certains pendent par terre. Visiblement, mon soleil à été agité.

Encore embrumé par le sommeil, je regarde par la fenêtre devant mon lit. Le soleil est déjà levé. Je me demande quelle heure il est. Est-ce que j'ai raté le petit déjeuner ? Je regarde sur ma droite. Visiblement, oui. Sur ma table de chevet, un bol contenant une boisson noire que mon nez me permet de reconnaître comme étant du café froid. Une pomme verte. Berk. Ils savent que je n'aime pas ça pourtant, non ? Deux biscuits aussi. Dont un déjà grignoté. Je soupire et tourne mon regard vers la gauche.

Comme je m'en doutais, un autre soleil.

Enfin, plus exactement, une rousse. Mais pour mon œil fatigué, sa chevelure ou l'astre du jour, c'est pareil.

« Bonjour Ryme. »

Ryme. Si j'en crois ce qu'on a pu me dire, ainsi que mes souvenirs, c'est une Voix de Yevon. Une chanteuse. Elle est aussi à l’hôpital parce qu'elle est blessée. Sa chambre n'est pas loin de la mienne. Doucement, je place ma main sur le matelas et pousse pour me redresser. J'ai encore mal partout. Je me frotte ensuite l’œil. Peut être que maintenant, je vais pouvoir mieux voir.

Je baille et m'étire. J'aurai bien dormi encore quelques heures de plus, si Yevon m'avait laissé le choix. J'attrape le bol et le porte a ma bouche pour le délester d'une gorgée. Abject. J'avale avec difficulté, mon visage tordu en une grimace de dégoût. Au moins, ça a le mérite de réveiller. Je prends ensuite le biscuit déjà entamé et le coup en deux. Je prends le morceau déjà grignotté dans mes mains.

« Ryme ? »

Une fois que je sais que j'ai son attention, je lui lance le morceau. C'est très vraisemblablement elle qui l'a commencé. Elle sait que je n'aime pas trop ça, mais bon. Je croque dans le morceau qui me reste. Hum. Il va me donner soif, ce biscuit. Et ils ne m'ont pas laissé d'eau. Je lance un regard triste sur mon bol. Je présume qu'il y a des remèdes dedans, en fait. Je soupire.

« Alors Ryme. Tu as passé une bonne nuit ? »

Je porte mon bol à mes lèvres de nouveau. Yevon m'en soit témoin,c'est vraiment infect. Je repose le bol, qui est maintenant à moitié vide. Quel enfer. Je suis sur que même les prisonniers de la Via Purifico sont mieux traités que ça. Heureusement, je ne le saurai jamais ça. Je soupire.

« Tu veux faire quelque chose aujourd'hui ? »

Je n'ai pas vraiment envie de sortir du lit, mais les docteurs sont formels. Il me faut de l'activité. Au moins, je n'aurai pas à faire ça tout seul. C'est déjà ça.

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Ryme

Invokeure

le Mer 23 Aoû 2017 - 14:02
Dormir, c'est si essentiel quand on y pense. Tout un tas de mécanisme apaise nos pensées, classes les informations et les stocke. Et puis, ça permet de faire passer le temps aussi, surtout lorsque l'on est malade. Si seulement Ryme pouvait dormir... Son regard est ourlé de cernes bleutés qui font douloureusement échos aux hématomes qui léchaient tout le bas de son corps. La nuit s'était doucement transformée en jour pour elle. Mais sans pour autant que la journée devienne obscurité. Le cycle des journées lui semblait sans fin et le temps s'allongea encore et encore, la laissant seule avec ses pensées, mais aussi avec ses regrets. Si seulement, j'étais morte dans cette maudite forêt, songeait elle souvent alors que le sommeil la fuyait encore et toujours.
La douleur irradiait tout son corps, sa jambe n'était plus que de la charpie, une bouillie infâme de chair, d'os et de tendons que l'on avait essayé de remettre ensemble. Et ça faisait mal. Physiquement, psychologiquement. Sa fierté, était une des seules rares choses que la jeune femme possédait, la voir ainsi ébranlée lui était désagréable, inconfortable.

Après l'opération, on l'avait d'abord isolée. Puis, lorsqu'il fallut qu'elle se remette en forme, on l'avait conduite dans une espèce de grand dortoir aux chambres pourtant séparées. Hommes, femmes et enfants se mélangeaient sans soucis : la majorité étant trop faible pour faire quoi que ce soit. Il fallait bien avouer qu'il n'y avait pas grand chose à faire dans cet hôpital. Ses premiers voisins étaient ennuyeux au possible, puis lorsqu'ils allèrent mieux, ils devinrent insupportables. Ryme, la Voix de Yevon était près d'eux ! Il fallait qu'elle chante ou qu'elle leur raconte des anecdotes, après tout, elle devait tout à son public ! La jeune femme s'était plié à l'exercice, un sourire sur les lèvres, mais le regard vide. Puis, lorsque les médecins avaient constatés que ces présences ne faisaient rien d'autre que de la fatiguer, il l'avait changé de place. Pour le mettre près de lui.

On lui avait dit qu'il était un Gardien, blessé au cours de son voyage avec son Invokeur. Il avait perdu un œil dans la bataille et se reposait également d'autres blessures. Au début, ils ne parlaient pas trop. Surtout, parce qu'elle ne répondait pas. Et puis, petit à petit, une étrange amitié, nouée sur un biscuit dérobé avait changé la donne. Il n'aimait pas ça - en même temps les petits gâteaux étaient trop secs et pas vraiment goûteux, et se faisait souvent réprimander par les prêtresses en charge de ses soins. Plus pour éviter d'entendre un énième sermon à propos de ses étouffes yevonites que par charité, Ryme avait prit l'habitude de tendre le ras pour manger un des deux biscuits, calmant ainsi la tornade de reproches quotidienne.

Aujourd'hui, n'était pas vraiment différent, sauf que le passage d'une infirmière avait empêcher la jeune femme de finir d'accomplir pleinement son méfait. En tant que Voix de Yevon, elle ne mangeait pas la même chose, alors il était facile de voir qu'ils trichaient à propos des biscuits. La voix rassurante de son voisin, la salut une première fois. Elle ne répond pas, murée dans son silence. Mais il n'abandonne pas et cette fois-ci, elle tourne le visage, les joues légèrement plus roses. Elle a honte. Honte, car elle se sait dans un piteux état, offrant un spectacle pas vraiment digne d'elle. Sa peau était devenue cireuse, elle avait perdu du poids, creusant ses joues et ses magnifiques cheveux roux étaient si emmêlé que l'on aurait dit un nid de souris. D'un geste habile, il lui envoyait le biscuit, puis il lui posa une question.

A-t-elle passé une bonne nuit ? Non. Aucune nuit n'était bonne depuis son arrivée ici. Elle hausse juste légèrement les épaules dans une moue peu engageante. La jeune femme ne lui posa pas de questions en retour. Elle savait qu'il n'avait pas passé une nuit idyllique non plus : il avait effectué par moins de cinquante rotations sur lui-même et avait bien grommelé une douzaine de fois dans son sommeil. Mais au moins, il dormait un peu, lui. Il lui proposa de faire quelque chose ? Le cœur de la Voix de Yevon se mit à battre un peu plus fort. À chaque fois qu'il lui demandait, son avis, cet étrange processus se mettait en place.

"Je ne sais pas..." répondit-elle d'une voix légèrement rauque, faible.
"J'irai bien prendre l'air... On étouffe ici. Et j'aimerais trouver une brosse... Pour mes cheveux." continua-t-elle sur le même ton.
"Et toi?"

Pour la première fois depuis des jours, elle lui renvoyait la pareille. Que voulait-il faire ? Sortir aussi ? Ou peut-être rester un peu. De toute façon, il y avait peu de chance pour qu'on la laisse sortir sans l'accord des prêtres supérieurs en charge des Voix. Mais rêver n'avait jamais fait de mal à personne...

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Cillian

Monsieur tout le monde

le Mer 23 Aoû 2017 - 17:46
Elle n'a pas bonne mine. J'essaie de me souvenir si je l'ai déjà vue avec une bonne mine. Sourire, oui. Contente ? Du moins en apparence, aussi. Mais une vraie bonne mine, celle d'une personne contente, en forme, non. En même temps, je suis pas du tout surpris. Elle est à l’hôpital. C'est que ça va pas. Je dois sûrement avoir une tronche de déterré aussi. Je souffle sur la mèche qui me tombe sur l’œil. Mon cœur se serre. Laissez moi reprendre. Je souffle sur la mèche qui tombe sur là où aurait du se trouver mon œil. Je soupire. Est ce que je vais m'y faire, un jour. Oh, très sûrement. Mais en attendant …

En forçant un peu, je finis de me redresser. Heureusement, je n'ai pas de lésions externes, a part mon œil. Tout le reste, c'est du bobo dedans. Après m'avoir fauché l’œil, il semblerait que le monstre qui s'est amusé avec s'est … Et bien, s'est amusé avec moi. Et on l'a chassé avant qu'il ne me fasse trop de dégâts. Résultat, c'est surtout des coups dus au chahutage que j'ai. Des bleus partout quoi. Des micro fractures que la magie blanche à réussi a refermer. Je prends mon bol et une grande inspiration. Allez Cil. Tu peux le faire.

« Bordel, c'est vraiment affreux. »

J'ai l'impression d'avoir envie de rendre. Comme si mon estomac refusait d'accueillir la boisson médicinale. Je hoquette pendant quelques secondes, alors que le destin de mon bol alimentaire est en jeu. Je souffle un bon coup. Cette fois ci, j'ai gagné la bataille. Pourquoi faut il que les médicaments soient si affreux ?  Une fois que je suis sur de ne pas rendre, je pose le récipient sur le plateau et concentre de nouveau mon regard sur Ryme.

« Désolé, il fallait que je finisse ça. »

Elle doit connaître mon amour pour ce traitement. Savoir que si jamais je ne le consomme pas de presque une traite, il va traîner sur ma table pendant toute la matinée. Et que les infirmières vont râler. Et franchement, j'ai pas envie de me faire crier dessus aujourd'hui.

« J'ai pas vraiment envie de sortir, mais je ne me vois pas rester ici toute la journée. »

Me voir. Haha. Il va falloir que je fasse attention à mon vocabulaire aussi. Quelle tristesse. Je me tapote la joue, pensif. Il doit y avoir un moyen de mêler tout ça, non ? D'un geste aussi décidé que je peux, je repousse mes couvertures par terre. Les infirmières vont râler, mais je serai plus là pour l'entendre. Enfin, ce sera au Cillian du retour de gerer ça. Pas mon problème donc. J'essaie de prendre une voix enjouée. Ce n'est pas facile quand votre tête vous tire et que votre corps vous fait mal.

« Si tu veux, on peut aller voir à deux pour sortir. Je t’emmène au moins jusque la sortie. Si jamais on me rouspète, je dirai que c'est de ma faute, pas de soucis. »

Je lui adresse un doux sourire. Techniquement, elle n'a même pas vraiment le droit de sortir de la chambre sans autorisation. Une bonne chose que je n'en ai rien à faire donc. Et puis au pire, qu'est ce qu'ils pourraient me faire ? Me crever l'autre œil ?

« On en profitera pour demander une brosse. C'est d'accord ? »

Je me doute qu'elle est d'accord. Peu importe sa réponse. Avec un peu de difficulté, je descends de mon lit et m'étire. Je ferme les yeux quand je passe devant le miroir. Je ne veux pas me voir comme ça. Doucement d'abord, d'un pas assez peu assuré, je me dirige vers le fauteuil roulant près de la porte. Tout ce que je sais, c'est qu'elle a une jambe en mauvais état. Une des règles implicites de notre relation, c'est qu'on ne se pose pas de questions. Elle a eu la gentillesse de ne pas me demander ce qui m'est arrivé, je lui rends la pareille. Après tout, je m'en moque. Je me moque aussi de qui elle était avant. Ici, elle est Ryme, camarade d’hôpital extraordinaire.

J'utilise la machine comme canne, je temps que la force revienne dans mes jambes. Après tout, je ne suis pas sorti du lit hier, et j'ai passé une bonne semaine à dormir. Une fois à coté du lit de ma camarade, je lui tends mes bras.

« Parée ? »

Je l'aide à s'installer dans le fauteuil.

« Tu veux mon dernier biscuit avant de partir ? »

Je ne le mangerai pas. J'ai encore souvenir de la lutte pour garder ce que j'avais déjà mangé.

« Il a l'air de faire beau aujourd'hui. Le soleil brille haut. Je suis sur qu'il y a une petite brise rafraîchissante. »

Doucement, je commence à la pousser vers la porte. Je galère un peu à me déplacer. Je manque même de buter les genoux de la rousse dans le cadre de la porte.

« Oh, désolé. Je n'ai pas vraiment l'habitude de ce genre d'engin. »

J'ai un grand sourire aux lèvres. Je ne sais pas pour elle, mais elle est la seule personne qui m'a parlé normalement depuis mon arrivée. La magie blanche, c'est vraiment bien. Peu de blessures laissent de vraies séquelles définitives maintenant. Malheureusement, ça ne peut rien faire pour les organes perdus. On a fait à peine quelques pas dans le couloir qu'un prêtre me fonce dessus.

« Cillian ? Que faites vous avec Ryme ? Il me semble qu'elle n'a pas le droit de sortir d'ici, non ? Veuillez la ramener de suite dans la chambre. »

Je pousse un profond soupir.

« Vous savez, vous pouvez lui demander directement. Elle est capable de parole hein. On voulait juste prendre l'air. Ça fait du bien, vous savez. On peut pas rester enfermés ici. »

Je croise les bras et gonfle les joues.

« Et si elle ne peut pas sortir, moi non plus. »

Comme si ça allait les empêcher.

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Ryme

Invokeure

le Jeu 24 Aoû 2017 - 11:32
Un petit sourire discret se dessina sur le visage de Ryme alors qu'il descendait de son propre lit pour préparer leur petite sortie. Il savait pourtant qu'elle n'avait pas le droit de sortir sans autorisation... Depuis des années, il était le premier à réellement la considérer comme une personne, avec des désirs et des envies, pas comme une jolie poupée chantante. Et cela lui faisait énormément plaisir. Quelque part, elle était presque heureuse que son escapade personelle est tourné au vinaigre. Sans jambe ruinée jusqu'au pubis, pas de Cillian. Pas de Cillian, pas de sourire.
La Voix ne pouvait pas encore marcher. L'opération s'était bien déroulée, mais il fallait encore que tous les hématomes et autres blessures se résorbent pour pouvoir commencer à réapprendre à marcher. Ou plutôt, à pouvoir se tenir debout, faire quelques pas et surtout ne pas avoir l'air trop mutilée. L'organisation ne pouvait pas se permettre de perdre un de ses visages les plus connu ! Ryme n'était pas encore assez vieille pour prendre sa retraite et sa carrière était en plein apogée.

Du coin de l'œil, elle le regarda aller chercher le fauteuil roulant qui avait été mis à sa disposition pour se déplacer un minimum. Lui non plus n'est pas dans un super état. Mais, comme chacun n'avait pas tellement envie de raconter et s'étendre, elle n'avait aucune idée de ce qui avait pu lui arriver. Mais cela lui convenait. Comme ça, elle n'avait pas besoin de raconter pourquoi, elle, elle était là. Il lui rirait sûrement au nez, aussi gentil et sympathique qu'il était... Il revint, s'arrêta et tendit les bras. Il y avait quelques choses d'un peu enfantin et charmant dans cette démarche. Ryme essaya de se redresser dans le lit trop mou, puis elle attrapa avec un peu de maladresse les avant-bras musculeux qu'on lui présentait. Lorsqu'elle sentit qu'il l'aidait un peu, elle ne pus s'empêcher de rougir. Les contacts physiques, ce n'était pas vraiment son truc, depuis... Depuis qu'elle était devenue une Voix. Mais... Sa présence physique et uniquement la sienne ne lui posait pas vraiment de problème.

Une fois installée dans le fauteuil, elle attrapa une couverture pour cacher sa blessure et pour réchauffer ses jambes, si en effet, il y avait une petite brise.

"Si je le mange, ils sauront que ce n'est pas toi qui manges le premier..." Répondit-elle doucement, en essayant de faire un peu d'humour à propos des biscuits.
"Je me demande ce que tu vas bien pouvoir faire, toi, dehors et..." Blonk, la chaise roulante rencontra le chambranle de la porte. Pour rire, elle se retourna vers lui en gonflant un peu les joues, comme une gamine.

"Chauffeur, faites plus attention, voyons !" Déclara-t-elle avec en fin de phrase, ce qui semblait être un simulacre de rire dans sa gorge rauque.

Le périple vers la sortie continua alors. Lentement, mais sûrement. L'odeur des malades se dissipe peu à peu à mesure où ils s'engouffrent dans les couloirs de l'hôpital. L'air frais, le vrai, pas juste celui de la fenêtre "généreusement" ouverte n'était plus très loin. À quoi que, un prêtre ne pu s'empêcher de leur foncé dessus. Rouge - naturellement ? Il s'arrêta net devant le fauteuil roulant, les bras croisés sur la poitrine, un regard mauvais. Ryme ne le reconnaît pas, il ne doit pas être en charge des Voix de Yevon ou alors, c'est un novice... Un novice qui perdrait bientôt sa place s'il continuait à être désagréable. Mais Cillian défendit leur cause, avec une éloquence un peu... Maladroite et un boudage peu convainquant, mais cela eut le mérite de faire un peu rire Ryme. Le prêtre semblait tout à fait confus de cette situation.

"Mademoiselle, vous savez que ce n'est pas bon pour vous d'aller dehors n'est-ce pas ? .Demanda-t-il d'une voix un peu chevrotante en se baissant légèrement pour que son regard rencontre celui de Ryme
...
S'il vous plaît, soyez raisonnable !
...
Vous voyez qu'elle ne parle pas cette enfant. Mais soit, sortez, mais pas longtemps. Je crois que les responsables des Voix veulent la faire examiner."

Sur ce, il s'écarta et les laissa passer.
L'hôpital de Bevelle était pourvu d'un grand jardin. Plusieurs malades s'y détendaient ou s'y baladaient. L'air était pur malgré la proximité de la ville. La végétation était bien entretenue et des gardes patrouillaient régulièrement au cas où des monstres viendraient rôder tout près. Ryme inspira de grandes goulées d'air jusqu'à ce que ses poumons commencent à brûler. Ils n'avaient pas trouvé de brosse, mais la brise effectivement présente commença à faire le travail dénouant un peu les mèches les plus souples qui retombèrent sur ses épaules en de lourdes boucles rousses.
Au bout du parc, il y avait un arbre qui poussait à l'écart des autres. Depuis ce point, on pouvait aussi bien voir le Mont-Gagazet que l'océan. Sans un mot, Ryme désigna l'endroit d'un geste de la main et d'un regard un peu moins terne. C'était un peu loin, mais, le jeu en valait la chandelle et puis, là, au moins, elle pourrait parler sans qu'on l'embête.

L'épais feuillage du chêne formait un coin d'ombre agréable et créait une mélopée intéressante lorsque le vent soufflait un peu trop fort dans les branches, qui grinçaient en même temps que les feuilles frémissaient.

"Désolée de n'avoir rien dit... J'espère qu'il ne te prendra pas pour un fou"
déclara-t-elle doucement.
"Alors, qu'est-ce que tu veux faire ? Il paraît que toi, il faut que tu te dépenses un peu. Et que moi, je m'occupe l'esprit en attendant sagement que ça aille mieux..." Elle laissa un silence filer.
"Dommage qu'il n'y ait pas un autre estropié et un borgne, on aurait pu organiser une super course de fauteuil roulant !" Ironisa-t-elle tout en posant son regard sur lui.

Elle savait que le sarcasme ne le dérangeait pas. Enfin, tout du moins, elle pensait le savoir. La Voix essaya de le détailler un peu. Même blessé, il avait l'air robuste. Le monstre qui lui avait fait ça devait être sacrément coriace.

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Cillian

Monsieur tout le monde

le Jeu 24 Aoû 2017 - 13:30
Visiblement, ma tentative de négociation a échoué. Zut. Pendant quelques secondes, j'hésite. Il a pas l'air très grand. Pas musclé. Frêle même. Je suis presque sur que même dans mon état plus que limité, je serai capable de l'étaler assez vite. Un coup dans les gencives. Peut être deux. Mais ce ne serait que le début d'un véritable torrent de merdier, et je n'ai pas vraiment envie de me jeter dans ça. Il m'ignore royalement et s'adresser à Ryme. Ça me calme un peu. Au moins, il ne fait pas comme la plupart des autres prêtres, à la traiter comme un vulgaire bibelot. Elle ne lui réponds pas. Je ne suis pas surpris. J'ai l'impression d'être la seule personne a qui elle veut bien parler, a moins d'être contrainte et forcée. C'est un honneur, un peu.

Ah. Il nous laisse passer. Je prends ma poussée pour nous amener dehors. Bien sur, en passant à coté du prêtre, je ne peux m’empêcher de lui adresser le sourire le plus désagréable que je suis capable de produire. Ce n'est pas très gentil, mais je n'ai pas la prétention de l'être, après tout. Surtout pas avec les gens qui me cassent les pieds. Juste devant la porte, j’arrête le fauteuil roulant et ouvre les battants avant de les caler. Je retourne ensuite derrière Ryme et finit de la pousser.

L'air frais me fouette le visage. Qu'il est bon d'enfin revenir à la nature. Une odeur de gazon coupé flotte dans l'air et m'arrache un vrai sourire. Je plisse l’œil, le temps que mon regard s'adapte à la lumière du jour. Partout dans l’hôpital, elle est occultée. Je pousse un long soupire de soulagement. Je recommence à pousser doucement Ryme. On est pas pressés. Oh non, on est pas pressés.

« Alors, tu veux aller où ? »


D'un geste, elle m'indique un endroit. C'est vrai qu'il y a du monde aux alentours encore. J'aurai quand même aimé qu'elle me le dise. Mais je peux comprendre. Retenir sa voix, c'est peut être la seule arme qu'elle à contre eux. Contre le monde. Et je serai surement la dernière personne à vouloir lui retirer ça. Doucement, je la pousse. Je sens mon corps réagir. Commencer à revenir. La douleur s'estompe. Elle ne part pas, bien sur. Je ne sais pas si c'est le bon air frais qui fait ça, mais je me sens mieux. Comme quoi, les bienfaits de la nature. On traverse le jardin sans un mot alors que je fixe mon œil sur l'océan. J'ai toujours aimé la mer. Normal, pour un enfant des îles, je présume. Pendant quelques secondes, mon cœur se serre. Comment vont ma famille ? On m'a juste rassuré sur la santé de mon Invokeur de frère. Pas plus. En même temps, comment pourraient ils savoir comment une famille de bouseux se porte ? Je soupire alors que l'on arrive sous l'arbre.

Ce n'est pas l'endroit le plus calme du jardin. Le vieux tronc craque et siffle sous le vent, mais ce n'est pas désagréable. C'est le chant de la nature. J'aime ça. Je la place de façon à ce qu'elle puisse avoir la meilleure vue sur le jardin possible, sans oublier un morceau de mer. Doucement, je me baisse et cale le fauteuil. Je n'ai pas envie qu'elle tombe en gigotant, ou bien qu'elle se retrouve à glisser le long du jardin. Une fois ceci fait, je vais me mettre devant elle. Je me demande bien ce qu'elle peut vouloir faire maintenant.

D'abord, elle s'excuse de ne pas avoir parlé. Je hausse les épaules. Pour être tout à fait franc, c'est l'inverse qui m'aurait surpris. Et puis, qu'un prêtre me prenne pour un fou, je m'en moque un peu. Après tout, ce serait un peu l’hôpital qui se moque de la charité, non ? Je fronce un peu les sourcils à sa remarque sur nos handicaps respectifs. Je sais qu'elle blague, mais j'ai malgré tout encore un peu de mal à digérer la perte de mon œil. Je sais qu'elle ne pense pas à mal. Et puis bon, c'est pas comme si elle était en vraiment meilleur état que moi. De ce que j'ai pu entendre sans le vouloir, ce serait presque un miracle si elle réussit à remarcher correctement. C'est pour ça que je ne m’énerve pas. Elle sait ce que c'est, avoir sa propre chair disparaître.

Je me gratte le menton.

« Hum. Moui. Je présume. »

Je la regarde. Ses magnifiques cheveux commencent doucement à se libérer de l'emprise des nœuds grâce à la brise. Ah. C'est ça qu'on a oublié. Une brosse. Instinctivement, je passe la main dans les miens. Ils sont aussi dans un état pitoyable.

« On aurai du penser à te prendre un livre. »

Je marque une pause et me tapote la lèvre. Qu'est-ce qu'elle pourrait bien faire ?

« Ben. Écoute. Moi, je vais faire un peu de sport. Tu n'a qu'a me regarder, t'assurer que je fais mes exercices correctement, d'accord ? Après, on fera le tour de l’hôpital, si ça te plaît. »

Il faut que je fasse de l'exercice. Doucement, je retire la chemise-uniforme de l’hôpital. Je vais suer, et je n'ai absolument aucune idée de quand ils vont m'en fournir une nouvelle. Pas envie de macérer dans ma sueur. Je baisse la tête et regarde mon torse. Des bandages. Des pansements. Je soupire. Je me demande pendant combien de temps le monstre à bien pu jouer avec mon corps sans vie avant que l'on me sauve. Je regarde Ryme et lui sourit.

« Allez, c'est parti. »

Je fais craquer mon cou et m'étire doucement avant de commencer mes exercices. Tout d'abord, j'écarte les jambes et je me plie d'un coté et de l'autre pour finir d'étirer totalement mes muscles. Je souffle profondément avant de changer d'exercice. Je place mon pied droit devant et recule mon pied gauche avant de basculer mon poids vers l'avant. Je grimace et pousse un tout petit cri. Ca fait mal, mais ça fait du bien. Je change ensuite de pieds.

Vient ensuite le temps des pompes. Les mains par terre, je pousse pour remonter et souffle en redescendant. Je répète le mouvement une grosse dizaine de foix avant de tomber sur le sol. J'ai trop mal. Après quelques secondes par terre, je me roule en boule et me redresse. Je regarde ensuite Ryme, un sourire désolé sur les lèvres.

« Je te promet qu'en temps normal, je peux en faire plus.

Je m'allonge ensuite sur le dos et entreprends de faire travailler mes abdos. Seigneur, ce que ça fait mal. Encore une fois, je ne peux pas enchaîner autant que j'aimerai et pousse un petit cri de frustration. A choisir, j'aurai préféré être totalement immobilisé comme elle. Là, j'ai l'impression que l'on me tends une pomme juste a quelques millimètres de mes doigts. Mais je me garde bien de lui dire. Je recommence ce cirque plusieurs fois avant de m’arrêter, totalement essoufflé. Ça doit bien faire dix minutes que l'on est là. Je m’allonge sur le sol, haletant.

« Alors ? C'était correct ? »

Je passe ma main sur mon front suant. Pour moi, c'était pas mal. Les sensations reviennent doucement. Et c'est agréable, sentir les muscles rouler sous sa peau. Je souffle.

« Tu me donnes cinq minutes et on peut faire notre tour, okay ? »

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Invokeure

le Jeu 24 Aoû 2017 - 15:46
Un livre ? Oh, oui, elle aurait pu y penser. Mais à vrai dire, même si elle y avait songé, elle ne l'avait pas proposé. Lire est un acte d'isolement, d'intimité, en tout cas pour Ryme. Et sauf, si c'était pour lui lire quelque chose à haute voix, elle n'avait pas vraiment envie de se couper de Cillian. Dans son entêtement pour se libérer du joug de l'église, la jeune femme avait choisit de ne plus parler aux moines et aux prêtres. Et la légère blessure qu'elle avait reçue à la gorge lui donnait cette parfaite excuse. Un frisson lui parcouru l'échine au souvenir de son évasion et de la forme macabre de la gueule de Koospos qui l'avait attaquée. Dans un premier temps, elle avait essayé de se battre avec un bâton trouver sur le chemin, mais rapidement la bête avait vu une ouverture, profitant de l'inexpérience de son adversaire pour fondre sur elle, lui entailler la gorge et le buste avant de lui massacrer la jambe. Le cri qu'elle avait poussé avait averti le reste de la troupe qui n'était pas si loin que ça. Mais, même certains combattants expérimentés avaient détournés les yeux de son corps mutilé. Le monstre lui avait dévoré et arraché une partie du muscle de la cuisse. Elle savait qu'elle ne pourrait jamais plus se déplacer gracieusement ou être debout normalement. Personne ne lui avait encore dit, sans doute pour éviter de blesser la précieuse diva qu'elle était... Mais, elle le savait. Dans son corps et dans sa chair, elle savait.

Quelque part, elle l'enviait de pouvoir faire un peu d'effort. Il avait été gravement blessé aussi, mais il pouvait se dépenser à présent. Ryme aurait tout donné pour pouvoir en faire autant. Mais elle se contentait de lui sourire, gentiment. Pouvait-elle le blâmer pour son état ? Absolument pas, alors il n'avait pas à subir les conséquences de sa mauvaise humeur. Et puis, il fallait bien avouer qu'il était d'une gentillesse désarmante. Sa compagnie lui donnait l'impression d'être réellement une autre personne et pas un jouet, un objet. Ironiquement, s'était en étant tant meurtrie dans son corps qu'elle se sentait vivante pour la première fois depuis longtemps. Distraitement, elle passa une main dans ses cheveux. Un petit crissement bourdonna à son oreille : certains nœuds étaient bien trop costauds pour être vaincus uniquement à coup de doigts. Elle soupira avant de regarder un peu la mer pour ensuite reporter son attention sur Cillian. La Voix se demanda pourquoi il avait l'air aussi nostalgique en regardant l'océan.

"Fais de ton mieux, je suis une coach très sévère !" plaisanta-t-elle, la voix légèrement sifflante qui se transforma en un léger étranglement lorsqu'il retira sa blouse.

Vraiment ? Comme ça ? Il la regarda avant de sourire. Ryme le lui rendit d'une manière plus gênée avant de détourner les yeux, le cœur complètement à l'envers. Elle n'allait pas nier que, malgré les pansements et les bandages, il était agréable à regarder. Un million de fois plus attirant que le dernier homme qu'elle avait vu torse-nu - mais en même temps, ce n'était pas très difficile d'être plus séduisant qu'un prêtre quinquagénaire libidineux qui vous faisait du chantage d'ordre sexuel.
Et, c'était bien là aussi le nœud du problème. Pour la première fois de sa vie, elle était attirée par un quelqu'un. Était-ce sa gentillesse ? Son joli faciès malgré la blessure ? Ou bien sa silhouette sculpturale ? Sans doute un peu de tout. Mais, elle ne se faisait pas vraiment d'illusion, comment un type comme lui, pourrait un jour avoir des vues sur... elle ? Cette attirance couvait déjà depuis plusieurs jours, mais le fait qu'elle se sente aussi gênée que cela devant un torse nu recouvert de bandelette ne lui laissait aucune chance de douter. Après tout, Danil, son ami Al-Bhed qui l'avait aidé dans le désert exhibait son torse et son ventre impeccablement musclé sans que cela ne la gêne plus que ça.

Il y avait juste quelque chose de différent avec lui.

Ryme se mit à nouveau à le regarder lorsqu'il poussa pour la première fois une vocalise plaintive. Inquiète, la jeune femme commença à se soulever du fauteuil, en tant que mage adepte de la magie blanche, elle aurait pu soigner toute blessure réouverte ou nouvelle. Mais, elle se ravisa lorsqu'elle le vit persévérer. Les exercices semblaient douloureux, mais il s'accrochait, encore et encore. Elle se perdit alors dans les lignes de son corps. Sous l'effort, les muscles, encore un peu endormis se réveillaient, gonflant, roulant, donnant à sa silhouette une tout autre apparence plus dessinée. La sueur commençait à perler sur son dos et ses épaules. Heureusement, qu'ils étaient un peu à l'ombre, sinon, il aurait attrapé un coup de soleil par cette belle journée.

"Pas besoin de m'impressionner, Hercule. Fais attention !" dit-elle presque tendrement alors qu'il semblait presque s'excuser de ne pas pouvoir faire plus de pompes. Quelque part, pour le rythme de cardiaque de Ryme, c'était une bonne chose.

Quoi que... Le travail des abdominaux n'était pas franchement bon, pour lui, ce brave cœur, non plus. Cela mettait juste en valeur une autre partie de son anatomie. Doucement, la jeune femme détourna la tête tout en se demandant s'il ne le faisait pas exprès. Si elle avait le regard vitreux et désintéressé la plupart du temps, il ne fallait pas qu'elle paraisse trop intéressée : pour quoi passerait-elle, franchement ? De temps en temps, elle lui jeta un coup d'œil, le plus désintéressée possible. Puis elle n'entendit plus rien. Étalé sur le sol, il offrait un étrange spectacle.

"Tu es un peu trop pressé d'obtenir des résultats, mais c'était pas mal, même si maintenant, tu sens un peu le chocobo." lui répondit-elle avec un sourire tendre au possible, qu'elle n'arrivait pas à réprimander.
"Repose-toi un peu, ce n'est pas comme ci, j'allais m'enfuir, tu sais !" ajouta-t-elle après qu'il lui demande quelques minutes pour se remettre.

Ryme se recala doucement dans le fauteuil. Sa blessure la lança cruellement et elle se retint tant bien que mal de glâpir de douleur, elle était bien trop fière pour avouer que la plaie était douloureuse en permanence. Plus de médicaments la rendraient catatonique, un état dans lequel elle se refusait d'être pour plusieurs raisons. Ne plus pouvoir discuter avec Cillian en était une. La jeune femme jeta un œil autour d'eux, ils étaient seuls. Les autres patients étaient assez loin. Après un soupir, elle se mit à fredonner quelques notes, la bouche fermer. Puis la mélopée sortit de sa gorge, un peu maladroite puisque son organe n'avait pas été sollicité depuis des semaines. Mais son talent brut était toujours là et après quelques mesures, sa voix retrouva sa souplesse ordinaire.

Depuis son arrivée, c'était peut-être la première fois que la jeune femme chantait. Des prêtres avaient essayé de l'encourager à s'entraîner, mais elle avait toujours refuser, s'enfermant dans un mutisme presque maladif. Un peu, orgueilleusement, elle se disait qu'offrir un peu de sa musique était une bonne récompense pour l'encourager à poursuivre ses efforts.
À chaque Voix correspondait un style de musique. Ryme était surtout connue pour ses ballades et quelques morceaux de Jazz. Les morceaux de pop ou trop énergique ne correspondait pas vraiment à son allure hautaine. Violaine, sa rivale, elle, excellait dans les chansons joyeuses en tout genre. Peut-être était-se à cause de son arrivée à l'hôpital, mais, dans son interprétation, il y avait quelque chose en plus. Une fêlure, une douceur qui ne lui appartenait pas avant.

Doucement, les sons se turent dans sa gorge, les cinq minutes réclamées devaient bientôt arriver à leur terme. Dans un soupir un peu brusque, elle laissa tout l'air présent dans ses poumons se vider.

"Ça fait du bien, de chanter un peu. Tu as une jolie voix, je suis sûre que tu ferais un très bon chanteur, Cil'." dit-elle tout en remettant proprement en place la couverture sur ses genoux. Oui, on ferait un bon duo, songea-t-elle en rougissant un peu, trop gênée pour partager tout haut cette idée.

Puis, quelque chose au loin attira son attention. L'uniforme des prêtres des Voix de Yevon. Une forme plus petite à côté s'inclinait sans fin à côté d'eux, sans doute le type qui les avait laissé partir. Ryme reporta son attention sur son compagnon, un léger sourire attristé sur le visage.

"Ils sont là." déclara-t-elle.
"A moins qu'une partie de cache-cache ne fasse partie de ta liste d'exercice... Tu devrais t'éloigner un peu pour que l'on ne te blâme pas trop. Ils ne mettront pas beaucoup de temps à me retrouver et me ramener dans la chambre."

Reste. Pars. Ou plutôt, partons... S'il te plaît ?

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Cillian

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le Ven 25 Aoû 2017 - 14:40
L'impressionner ? Je ne fais jamais rien pour impressionner les autres. Toujours moi même. Mais je suis content. Elle a l'air d'être investie dans l'activité. C'était ma peur. Qu'elle s'ennuie. D'accord, je sais qu'il est bon de s'ennuyer parfois, mais je n'ai pas envie que sa première sortie depuis un petit moment se solde en une mauvaise expérience. Bon. Olfactivement, ça n'a pas l'air d'être ça. Je n'ai jamais senti de chocobo moi même. Jamais eu le plaisir de pouvoir croiser ces gros poulets jaune. Mais je sais qu'ils sont légendairement puants. Et pas qu'un peu. Je prends un air faussement outré et grogne doucement. Je me redresse un peu.

Elle sourit. Ma mission ici est terminée alors.

Égoïstement, j'aime quand elle sourit. Parce qu'il n'y a qu'a moi qu'elle sourit. Je ne passe pas mon temps à la surveiller, loin de là. Déjà, d'un point de vue pragmatique, son lit et dans l'angle mort du mien. Enfin, pas de mon lit, mais de ma vision. A cause de mon œil. Et puis, j’ai autre chose a faire. Plus ou moins. Mais je ne l'ai jamais vue sourire à quelque d'autre que moi. Hum. Je me sens un peu horrible de penser comme ça. Je devrai ne pas être content qu'elle ne sourit pas beaucoup. Hum. Je repose ma tête sur le sol. Plutôt que dire des bêtises, je vais me concentrer sur l'air frais qui me fouette doucement la peau. Je ferme les yeux. Est-ce que je peux prendre cinq minutes de sommeil ?

Je déglutis.

D'un coup, je me redresse. Ma mâchoire se décroche.

Je sais. Je sais que Ryme est une chanteuse. Était une chanteuse ? Est une chanteuse. E une douée à ça. Je présume qu'il faut être douée pour faire partie des Voix de Yevon. Mais, malheureusement, a Besaid, on a jamais eu la chance de la recevoir. Et … Au vu de la joie que semble lui procurer tout ces moments où les affreux prêtres lui demandent de chanter, je n'ai jamais eu la chance d'entendre sa voix.

Et je crois que, honnêtement, je serai capable de donner tout ce que je peux pour l'entendre de nouveau.

Je sens mon cœur se mettre à battre fort alors que la douce mélopée m'envahis. Doucement, je repose ma tête sur le sol. Je regarde les nuages. Doucement, ma tête bascule sur le coté et je vois la mer. Je soupire. Je repends à la maison. A mes parents. Je me demande. Est-ce qu'ils vont bien ? Est-ce qu'ils savent, pourquoi ? Comment va ma chère petite sœur ? Elle doit être grande maintenant. Peut être qu'elle a trouvé un homme. Mon œil s'embue doucement. Dès que je sors d'ici, je retourne à la maison.

Bien vite, trop vite, la chanson s’arrête. Je ne sais pas quoi faire. Est ce que je dois applaudir ? Je renifle et essuie la larme qui a coulé le long de ma joue. Ses mots me font sourire. La voi cassée, je lui réponds.

« Tu ne m'a jamais entendu sous la douche alors. Un véritable cauchemar. »

Il faut que je me relève. C'est difficile, mais je réussis à m'asseoir. Les mots qu'elle prononce ensuite me tirent un regard noir. Déjà ? Zut. J'ai pas envie de rentrer. Et je suis sur qu'elle ne veut pas rentrer non plus. Aussi rapidement que mon corps endolori me le permet, je remet mon haut et finit de me relever. Je fais craquer mon cou et retire la cale du fauteuil.

« Je ne vois pas de quoi tu parles. Quelqu'un vient te chercher ? Pas vu. Et on ne peut pas me blâmer de ne pas obéir a ce que je n'ai pas vu, non ? »

Avec force, je prends les poignées du fauteuil roulant avant de me pencher en avant et de poser mes lèvres sur sa joue comme un petit papillon. Pas plus d'une seconde, avant de lui murmurer à l'oreille.

« Merci pour la chanson Ryme. »

Je me sens requinqué. Doucement, en prenant bien attention de rester au bord du jardin, on continue à avancer. Je reste en silence, profitant des dernières minutes d'air frais de la journée. C'est vrai que je pourrai ressortir sans elle. Je n'ai pas vraiment besoin de Ryme pour sortir. Mais si je sors, qui sera la pour elle ? Je soupire doucement alors que j'entends les voix des prêtres appeler ma compagne. Je ne change pas mon cap. On continue comme ça pendant bien cinq minutes, jusqu'à ce que j'entende mon nom. Je m’arrête et la regarde, un air désolé sur le visage.

« Je pense qu'il va falloir arrêter notre escapade ici, si on ne veut pas que ce soit la dernière. Désolé. »

Doucement, la mort dans l'âme, je nous fait faire demi tour et me dirige vers les prêtres. Effectivement, il y a le novice de tout à l'heure, mais aussi le prêtre supérieur de l’hôpital. Du moins, le seul que j'ai vu.

« Bonjour Monseigneur Fersca, qu'est ce qui vous amène ici en cette belle journée ? »


Les trois religieux se tournent vers moi. Le novice me lance un regard plein d'arsenic alors que les deux autres, visiblement des gros bonnets, me regardent comme si je n'étais rien de plus qu'un gros tas de déjections. C'est … Toujours agréable. Au symbole brodé sur la robe de celui que je ne connais pas, je crois bien qu'il fait partie des Voix. Je comprends bien qu'ils voudraient me voir partir, mais je ne bouge pas. Pas tant, qu'au moins, on ne me le demande pas. Je ne suis pas un chien.

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Ryme

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le Sam 26 Aoû 2017 - 10:22
"Prenons une douche ensemble pour vérifier ça, alors !" Formula par automatisme son cerveau. Une vague de dégoût agita Ryme. C'était la réponse toute formulée que certains prêtres voulaient entendre lorsqu'ils formulaient la même réponse que Cillian venait de lui donner. Un violent haut le cœur mental l'accablait. Où commençait la vraie Ryme de celle qu'on avait programmée avec soin ? Où était la limite entre elle et la jolie poupée qu'elle devenait ? Mais, il n'était pas comme ça, lui, non ? Il était différent, n'est-ce pas ? Désemparée par sa propre condition, elle s'accrochait à l'idée que la compagnie de Cillian avait petit à petit purgé ces vieux réflexes. Il était le premier, disons, ami qu'elle avait depuis des années. Ou, au moins, ce qui se rapprochait le plus d'une personne qui ne voulait pas la fréquenter par intérêt. Cette solitude, cette tour d'Ivoire qu'elle s'était créée avait été aussi doucereuse que misérable.

Perdue dans ses pensées, ce fut le léger mouvement du fauteuil qui l'a rappela à la réalité, à la situation. Les prêtres ne leur avaient pas plus laissé qu'un petit quart d'heure de répit au final. Cet instant avait un goût particulier et, Ryme n'avait pas envie qu'il s'envole, pas tout de suite. Juste encore un peu, et je serais une bonne fille, promis ; se dit-elle en agrippant les accoudoirs. Ses mains devinrent légèrement blanches aux articulations, mais elle se détendit aussitôt - bien que le terme fondre était plus exacte, lorsqu'il l'embrassa fugacement sur la joue. Prise au dépourvue, la jeune femme ouvrit grand les yeux, le cœur battant si fort qu'il semblait vouloir s'extraire de la poitrine. Le murmure qu'il lui offrit déploya, le nœud qui s'était former dans son ventre, dans une vague d'agréables frissons.
Était-il conscient de tout le trouble qu'il provoquait ? De toutes les sensations inédites et addictives qu'indolemment, il causait ? Surement pas. De toute façon, tout cela était trop futile. Il ne la voyait qu'en camarade d'infortune, pas en tant que potentielle conquête. Si Ryme ne connaissait pas grand chose à l'Amour, avec un grand a, elle en savait un rayon que les hommes. Du moins, c'est ce qu'elle pensait.

"Je t'en prie..." murmura-t-elle en retour pour remettre une mèche qui s'était glissée un peu trop devant son visage, pouvant ainsi passer discrètement une partie de sa main, .

Puis, ils partirent. Malgré les injonctions, les mesdemoiselles Ryme. Cillian ne s'arrêta pas. Elle devinait les prêtres extrêmement fâchés et cela lui déclencha un petit rire enfantin. Résister avait une autre saveur en sa compagnie, faisant éclore une nouvelle résolution en elle. Elle ne céderait plus. Du moins, pas volontairement comme s'était le cas parfois, aujourd'hui. Le bon conseil d'une ancienne artiste, "ferme les yeux et essaye d'oublier, d'aller dans ton petit coin de rêve personnel" ne ferait plus l'affaire. En partie, parce que l'onirique avait déjà prit corps.
Ryme bascula la tête en arrière, observant avec un sourire l'expression que Cillian pouvait avoir. À contre-jour, il était difficile de voir autre chose qu'une maigre esquisse de lèvres ou les nuances de gris dans le blanc de son unique œil. Mais quelque chose changea lorsqu'il entendit son nom.

"Je comprends, ça ira ne t'en fais pas." articula-t-elle presque muettement pour ne pas partager sa voix avec quelqu'un d'autre que lui.

Ryme baissa alors les yeux. Plus ils s'approchaient plus elle avait envie de prendre ses jambes à son coup. À quelques mètres d'eux, la Voix bougea dans ce sens, réveillant toutes les douleurs qui dévoraient sa chair. Tout son corps se crispa, mais elle ne poussa pas un son. Une fine couche de sueur perla sur la base de sa nuque alors que poursuivant et poursuivis ne faisaient plus qu'un.

"Ce qui m'amène ? Vous vous posez vraiment la question, Cillian ? Êtes-vous inconscient de prendre l'initiative de faire sortir Mademoiselle Ryme ?
Elle aurait pu être gravement blessée. Mais je suppose que vous ignorez combien elle est... Précieuse, persifla le responsable des Voix de Yevon
Je suis sûr qu'il ne pensait pas à mal, frère Vilhatt, répondit le père Fersca qui semblait un peu plus mesuré.
Et qu'aurions-nous fait si nous avions perdu Ryme ?
Et bien...
Non, je ne veux rien entendre. Elle rentre. Laissez-nous."

Ryme garda le silence. Il était douloureux d'entendre parler de vous à la troisième personne alors que vous étiez là. Mais elle y était habituée. Les prêtres ne bougèrent pas, attendant que Cillian s'en aille. Finalement, au bout de quelques secondes, il pressa sa main contre l'épaule de Ryme, enfin, c'est ce qui sembla à la jeune femme, qui paralysée par la peur, ne ressentait plus grand chose. La mort dans l'âme, elle le regarda s'éloigner. Elle avait l'impression que l'on était en train de la priver de quelque chose d'unique, de rare. Un son plaintif voulu naître dans sa gorge, mais elle se ravisa.

"Il vaudrait mieux les séparer. Je ne sais pas qui est ce gueux, mais c'est de la mauvaise herbe.
C'est malheureusement impossible mon frère.
Comment ?!
D'après nos rapports, l'état des deux patients, c'est améliorer depuis qu'ils ne sont pas loin l'un de l'autre. Surtout Ryme."

Le père Vilhatt ne répondit rien et n'émit qu'un grondement dédaigneux avant de se mettre derrière Ryme pour la reconduire à l'intérieur. Chaque centimètre était comme des épingles enfoncées sous les ongles. La gorge de la jeune femme se noua, malgré l'envie de vomir qui l'avait saisit alors qu'ils passaient les portes de l'hôpital. On ne la reconduisit pas dans sa chambre, mais dans un bureau privée. Le prêtre responsable des Voix se délesta du responsable de l'hôpital, le père Fersca et du novice.
Une fois seul, il s'accouda au bureau et regarda Ryme tout en secouant la tête de gauche à droite.

"Qu'est-ce que je vais bien faire de toi ? demanda-t-il rhétoriquement.
Il paraît que tu ne manges pas beaucoup. Que tu ne fais que le minimum pour ta santé. Regarde-toi, on dirait une clocharde.
...
Et ce mutisme ! Si seulement tu faisais quelques efforts, tu obtiendrais plus de liberté, des sorties même avec ton nouvel... ami. Je ne suis pas d'accord avec cette fréquentation, comme tu t'en doutes. Mais, il paraît que cela joue sur ton moral. Je ne vais quand même pas refuser ça à la plus jolie des fleurs de mon jardin, non ?" Sa voix glissa comme une lame qui tranche avec attention de la chair, alors qu'il passait avec une douceur détestable, le revers de sa main contre sa joue.

Ryme ne répondit rien. Le religieux leva les yeux au ciel avant de se tourner vers un plateau de nourriture. Il s'empara de la cuillère qu'il remplit d'une portion généreuse avant de la tendre vers les lèvres closes de la chanteuse.

"Plus vite tu mangeras et plus vite, je pourrais te récupérer. Je ne veux pas que ce sale rat pose ses mains sur toi. Mange."

Le couvert se pressa contre les lèvres de Ryme. Elle n'ouvrit pas la bouche, que ce soit pour manger ou parler. Elle se contenta de le fixer, le regard vide, mais noir.

"Mange." Insista-t-il un peu, en devenant de plus en plus rouge.
"MANGE !!"

La voix du prêtre se déchira alors qu'il empoignait le visage de Ryme pour lui faire ouvrir la bouche, enfournant sans douceur la nourriture à l'intérieur. La jeune femme n'avala pas et, lorsqu'il retira l'ustensile métallique, elle se contenta de laisser tomber dans un filet de bave la nourriture, sur le sol. Il n'en fallut pas plus au père Vilhatt pour perdre le contrôle. Il reposa le plateau dans un geste sec sur le bureau. Les narines dilatées, il porta son regard sur Ryme, impérial, armant son bras. Le coup s'écrasa sur le visage de la chanteuse qui tomba au sol, désarçonnée de son fauteuil. Sa vision se troubla légèrement, la seule chose qui l'ancrait dans la réalité était le goût ferrugineux de l'hémoglobine sur sa langue. Les points de suture de sa jambe se rouvrirent, maculant sa chemise de sang frais.

"Si je peux te faire du mal, je peux en faire aussi à ton pathétique nouvel ami. Tu sais que je n'aime pas être contrarié n'est-ce pas ? déclara-t-il tout en caressant douloureusement le visage de Ryme.
Non, messire...
À la bonne heure, elle parle ! Tu vois, si tu es gentille, je serai gentil..." Murmura-t-il en déposant ses lèvres au creux du cou de la jeune femme, laissant une marque de morsure, peu profonde mais suffisamment visible pour envoyer un message clair.

Satisfait, il se releva et ouvrit la porte. Des prêtres qui attendaient devant relevèrent Ryme et la remire dans son fauteuil. Contrairement à ce qu'elle pensait, on ne la soigna pas et la honte l'accable lorsqu'ils passèrent la porte du dortoir. Comment allait-elle regarder Cillian en face à présent ? Elle le guetta du regard, mais ne le vit pas. Tant mieux. Et puis son lit était dans l'angle de l'œil qu'il avait perdu. Avec un peu de chance, il ne remarquerait rien.
On la déposa sur son lit, découvrant sa jambe à l'air libre. Une jeune novice vint s'occuper d'elle quelques secondes plus tard, reprisant les sutures qui s'étaient arrachées.

"Vous voulez des plantes pour la douleur ? Les bleus sur vos joues semblent être un peu sensibles. On m'a dit vous êtes tombée en utilisant votre fauteuil, nous le remplaceront, ne vous inquiétez pas. En attendant que le sang sèche, il faut laisser la plaie à l'air libre. Essayez de ne pas trop bouger. "

L'infirmière était habituée au mutisme de Ryme à présent et n'attendait pas de réponse. Elle s'en alla tout simplement après avoir effectué les soins, laissant Ryme à ses répétitions de mensonges et a toutes les possibilités qu'elle avait pour prétendre qu'une simple chute était responsable de toute cette pagaille. La vérité ? Même si elle lui brûlait les lèvres, Cillian ne devait jamais l'apprendre.

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Cillian

Monsieur tout le monde

le Sam 26 Aoû 2017 - 16:23
Je ne sais pas lequel de ces trois clowns je déteste le plus. Doucement, je glisse mon regard sur chacun d'entre eux. Ils sont des prêtres, il n'y a pas à en douter. Des gens qui n'ont jamais eu a combattre pour survivre et qui n'auront sûrement jamais à le faire. Je fronce le sourcil alors que j'attends que le situation se débloque. Doucement, mes mains se serrent sur le bois des poignées du fauteuil. Ce n'est pas possible, mais j'ai des envies de fuit. Avec elle. Même pour un borgne, il suffit d'un regard pour voir qu'elle est mal à l'aise.

La voix désagréable de Fersca me donne des frissons. Mais ce n'est rien. Rien comparé au dégoût profond, primal, que pouvait créer la voix du prêtre des Voix. C'est comme si tout les clichés sur le clergé étaient faits homme. Suffisant, désagréable, absolument pas courtois pour deux gils. J'en suis sur, c'est pour ce genre d'individus que Sin nous accable. Sur et certain. Je lui lance un regard noir alors qu'il parle de Ryme comme d'un objet. Étrangement, la discussion me fait apprécier un peu plus Fersca. Il n'a pas l'air d'un si mauvais bougre à coté de Vilhatt, puisque c'est son nom. Il essaie presque de me défendre. Je me présume que c'est plus pour assurer ses arrières qu'il dit ça. Pendant quelques secondes, je reste à toiser le responsable des Voix. Je me demande.

Combien de coups est-ce que je pourrai lui porter avant que l'on m’arrête. Trois ? Quatre ? Peut être que c'est ce qu'il lui faudrait.

Cependant, je n'en fait rien. Agresser un prêtre n'est pas une bonne idée. Et puis, il y avait toujours la possibilité qu'ils se venge sur Ryme. Et je n'ai pas envie qu'elle souffre à cause de moi. Doucement, je retire mes mains de la chaise et commence à avancer vers la porte. Cependant, comme pour lui donner un peu de force, je pose ma main sur l'épaule de mon amie et la presse doucement. Je ne sais pas ce qu'il va te faire Ryme, mais je sais que tu es assez forte pour le supporter. Crois en toi. Je range ensuite mes mains dans mes poches et retourne vers l’hôpital alors que l'homme des Voix me suit du regard, un sourire narquois sur les lèvres.

La mâchoire verrouillée, j'attends dans mon lit. Ils ne l'ont pas reconduite ici. Je soupire doucement. D'un geste rageur, je frappe le mur. La douleur qui remonte mon bras m'arrache un petit glapissement. Je m'enroule sous les couvertures, toujours frustré. Comment est-ce que l'on peut se comporter comme ça avec un autre être humain ? Surtout si, comme il aime à le rappeler, ce sale con de Vilhatt voit de la valeur en Ryme. Je soupire alors que l'infirmière apporte un seul plateau repas. Visiblement, je mange seul ce midi. Elle pose la plateau sur la table et me parle.

« Voici le repas, monsieur Cillian. »


Elle semble vouloir ajouter quelque chose, mais n'y arrive pas. Elle retourne vers la porte et s’arrête avant de la franchir. Elle se tourne de nouveau vers moi. Je la sens inquiète.

« Vous savez, je pense que ce serait mieux pour vous si vous ne vous approchez plus de mademoiselle Ryme. »

Je grogne. Elle sursaute.

« Je dis ça pour vous. Les Voix n'aiment pas trop que l'on se rapproche de leurs chanteuses. »

Je me retourne. Elle part. Une fois que je suis sur qu'elle est loin, je sors de ma forteresse de draps et regarde le plateau repas. De la soupe. Mrm. Et encore ces affreux biscuits. Cette fois çi, ils ont eu la gentillesse de me donner de l'eau. Je trempe la cuillère dans le liquide. Je peux voir mon ustensile dans le liquide. Je ne sais pas si, de ma vie, j'ai déjà vu un bouillon aussi clair. Est ce que je suis déjà puni pour mon comportement ? Je soupire et prends les biscuits avant de regarder le lit vide a coté du mien. Personne. Bien sur. Je prends mon couteau et coupe les biscuits en petit morceaux avant de les plonger dans la soupe et de mélanger. Ça lui donnera un peu de corps. Dans une grimace, j'avale le bouillon. Quelques minutes plus tard, une infirmière vient me chercher.

Quand je rentre dans la chambre, j'ai la surprise de voir que ma voisine est de retour. Je lui adresse un petit sourire avant d'aller m'asseoir sur une chaise. Pas envie de m'allonger tout de suite. Surtout que les massages auxquels j'ai eu droit m'ont laissé le dos endolori. Je la regarde, un sourire désolé sur les lèvres. Après quelques minutes de mutisme, je me lève. Je m'approche d'elle.

C'est bien ce qui me semblait. Sa joue est rouge. Est-ce que cet affreux individu l'a frappée ? Ma mâchoire se serre. Ma colère monte doucement. Mon regard glisse le long de son corps, comme pour chercher des raisons d'être encore plus en colère. J'en trouve quand j'arrive à sa jambe, laissée à l'air libre. Certains des sutures ont une allure différente des autres. Est ce que ça a été toujours comme ça ? Ou est ce que comme mon esprit échauffé le pense, certaines sont plus récentes ? Je baisse les yeux.

Encore une fois, cette impression de ne pas réussir à protéger les gens. Doucement, je m'éloigne d'elle pour chercher le siège en bois, que je pose a coté de son lit. Je ne sais pas quoi faire pour la faire se sentir mieux. Doucement, je pose ma main sur son lit et la referme doucement plusieurs fois, pour qu'elle la saisisse. Je me racle la gorge et, de ma voix fausse, je chante. Une vieille chanson de pécheurs de par chez moi. Même si c'est objectivement laid, c'est pour moi un acte de résistance.

Une fois fini, je la regarde et lui adresse un sourire triste avant de presser sa main. Ca va aller Ryme. Je ne sais pas comment, mais ça va aller.

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Ryme

Invokeure

le Dim 27 Aoû 2017 - 11:18
De nouveau réunis, il y avait une étrange ambiance. Ryme se sentait coupable, quant à Cillian, elle n'arrivait pas vraiment à savoir quels sentiments l'animaient. Mais il n'y avait pas vraiment besoin de mots. Il n'y en avait jamais besoin avec lui, un regard suffirait, enfin, si elle arrivait à lutter contre la fatigue qui la gagnait petit à petit. La jeune femme n'avait pas été battit pour se battre ou prendre des coups, alors ce qu'elle avait vécue pendant son aparté personnel lui pompait pas mal d'énergie. Puisant dans ces ressources, elle esquissa un sourire un peu trop tendre lorsqu'il s'approcha avec une chaise.
Il y avait une sorte de connivence silencieuse entre eux, comme-ci, chacun avait l'attention de résister à cette spirale étrange dans laquelle ils étaient pris.

Puis, à la grande surprise de la jeune femme, il étendit ses doigts vers les siens. Ce n'est qu'a la troisième invitation que Ryme accepta le contact. Bouger lui faisait mal au corps. Ses gestes lui faisaient mal au cœur. Cillian n'était pas une mauvaise personne, tout le contraire. Le faire souffrir était injuste et le fait qu'il se retrouve mêler à son drame personnel n'arrangeait rien à la situation. Mais, Ryme ne pouvait pas aller à contre-sens de ce désir qui flambait dans ses veines. Elle voulait le toucher pour ressentir sa chaleur, pour se sentir un peu plus dans la lumière que dans les ombres qui la dévoraient.
Il sembla perdu pendant quelques instants, avant de se racler la gorge. Puis, il chanta. En effet, ce n'était pas très bon. Ni très juste. Mais Ryme appréciait le geste. C'était sans doute une vieille chanson, locale, qui se donnait de voix à voix dans les îles. L'attention la toucha et la jeune femme n'arriva pas à se retenir de sourire. Son expression était fatiguée, mais ce n'était pas vraiment important.
Mais, son sourire triste lui arracha un peu le cœur. Est-ce qu'il ressentait ça également quand elle affichait ce genre d'expressions ? Son cœur, un peu vicieux, espérait que oui. Son cerveau, plus raisonnable, savait bien que non. Depuis le temps qu'ils étaient côte à côte, il n'avait été qu'aimable, serviable et gentil. Pas vraiment plus, mais pas moins. Elle devait lui faire penser à une petite sœur qui l'attendait à la maison, rien de plus... En parlant de fratrie, elle se demanda comment Esra allait. Elle avait entendu son nom dans l'équipe de Blitzball de Luca, mais elle n'en était pas vraiment certaine...

Ses pensées explosèrent un peu lorsqu'un profond grognement agita son ventre. Aussitôt, la jeune femme devint rouge vif et remonta les couvertures sur son visage. Elle avait faim. Ne pas parler, ne pas manger, étaient les armes les plus convaincantes qu'elle avait, mais, il fallait bien avouer qu'au bout d'un moment, un corps qui avait été si bien entretenu n'était pas fait pour subir soudainement tant de privations.

"Lorsque je suis tombée de mon fauteuil, ils ont préféré me recoudre que me donner à manger" dit-elle doucement.
C'était l'excuse un peu parfaite. Impossible de savoir si elle était tombée seule ou avec un peu d'aide. Même si les bleus autour de sa bouche et la morsure le trapèze n'étaient pas explicables par une simple maladresse de sa part.

"Et tu chantes... pas si mal, que ça, je suppose ? Tu as ton propre style ! " ajouta-t-elle en redécouvrant son visage, en ponctuant sa phrase d'un rire. "Merci, je ne connais pas cette chanson, d'où vient-elle ?"

Les turpitudes de son estomac avaient l'air d'être passées, alors, elle re déposa le drap autour d'elle avant d'essayer de se relever un peu pour faciliter la discussion.

"Je suis désolée de t'avoir mêlé à tout ça." La conversation prenait un nouveau tournant un peu plus sombre, alors l'expression de Ryme en faisait tout autant. La Voix n'avait pas vraiment envie de laisser cette présence partir, mais, pour le bien de Cillian, il fallait peut-être qu'elle mette un terme à leur entente cordiale.
"Je pense qu'il vaut mieux..." Le nœud dans sa gorge s'était serré si fort qu'il l'empêchait de parler. Dire ces mots était douloureux. Elle le voulait de tout son cœur, lui balancer à la figure qu'il fallait qu'il s'en aille, qu'elle n'avait pas besoin de lui, qu'il n'était qu'un Gardien d'un Invokeur démissionnaire et...

"Je suis contente de t'avoir rencontré." finit-elle par soupirer avant de s'enfoncer dans son lit avant de pousser un soupir, un peu lourd.

Son histoire, elle n'avait pas envie de la raconter. Et elle ne le ferait probablement pas jusqu'a ce qu'il fasse de même. Pour elle, Cillian était une sorte de soleil qui éclaira la voie, une force, un ancrage, une raison pour laquelle se battre.

"Qu'est-ce que tu vas faire lorsque tu sortiras d'ici ?" demanda-t-elle doucement, les yeux clos.

Sa respiration était un peu difficile, mais elle commençait à se faire profonde. Le sommeil n'était pas loin, mais tous les deux savaient que cela ne durerait pas longtemps avant que la douleur et l'odeur de sa propre chair malade ne la réveille, étirant les nuits jusqu'à en faire des journées entières.
Ryme se prit alors à rêver d'une escapade nocturne pour voir les étoiles et toutes les lueurs de la ville de Bevelle qui bouillonnait toujours de vie. Mais, elle ne pouvait pas vraiment lui demander ça. Ni ça, ni autre chose d'ailleurs. Si elle n'avait pas réussi à le repousser, elle pouvait au moins se retenir de formuler des souhaits et des désirs, comme elle l'avait toujours fait.

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Monsieur tout le monde

le Dim 27 Aoû 2017 - 15:16
Ses doigts sont froids. Je les serre un peu alors que je chante, si on peut appeler ça chanter. Je me demande si j'ai bien fait. Pour un pro, est-ce qu'entendre un débutant mal chanter une chanson n'est pas extrêmement désagréable ? Mon esprit s'apaise quand je me rends compte qu'une chose pourtant si simple. Je ne chante pas pour une pro. Je chante pour Ryme. Elle n'est pas une chanteuse. Elle est une jeune femme blessée et qui a besoin de toute l'amitié que je peux lui offrir pour aller mieux. Je ne sais pas pourquoi je ressens ça. Est-ce que c'est juste ma nature ? Boarf. Je m'en moque après tout. Son sourire me suffit. Je pouffe doucement en entendant son ventre se plaindre, mais perds toute trace d'amusement sur mon visage quand elle explique.

Malgré moi, je lui lance un regard blessé. Je ne suis pas idiot. Tu as tenu pendant un quart d'heure sur le fauteuil sans soucis, et quand soudainement te retrouves avec cet horrible prêtre, tu tombes. Et laisse moi deviner, tu tombes sur ton visage et, ça cet instant précis, un étrange insecte est venu te piquer, ce qui explique cette trace sur ton cou ? Je ne suis pas idiot, Ryme. Et je me doute que tu fais ça pour me protéger, mais ne me mens pas. S'il te plaît. On vaut mieux que ça, non ? Doucement, je lache sa main et me lève. Je claudique jusque mon plateau alors qu'elle continue de me parler. Mon cœur me fait mal quand elle s'excuse. Cette situation toute entière mérite des excuses, c'est vrai. Mais pas venant de toi Ryme. Pas venant de toi. Tu n'est qu'une victime dans toute cette affaire, au même titre que moi. Je souris quand elle me dit être contente. Ça tombe bien, je le suis aussi.

Je regarde mon plateau. Il me reste le fond de bon bouillon et un demi biscuit. Je palpe ensuite mes poches. C'est vrai qu'il me reste le biscuit de ce matin. J'avais oublié de lui donner. C'est parfait. Je le pose sur le plateau, juste a coté du demi biscuit restant de ce midi. Ce n'est pas génial, mais c'est mieux que rien. Doucement, je lui apporte. Il faut qu'elle mange un peu. Si on veut pouvoir encore sortir. Il lui faut des forces. Cependant, je ne la force pas. Elle est capable de ses décisions.

« Si tu veux, il me reste des trucs de ce midi. Bouillon a l'eau et biscuits secs. Je crois que moi aussi, j'ai déplu à certaines personnes. »

Je ris sans aucune trace d'amertume. Je viens de îles. Si ils croient me faire du mal en me privant de nourriture, ils ont quelques années de retard. Je souris à Ryme pour l'encourager. Je me rasseoir ensuite et l'invite de nouveau à prendre ma main. Je m'enfonce ensuite sur la chaise.

« C'est une chanson qui vient de chez moi. Elle est connue parmi les marins de Besaid. C'est l'histoire d'un marin qui part en mer et qui revient pour voir que sa femme est partie. Ce n'est pas très gai, désolé, mais c'est la seule chanson que je connais. »

Je lui souris doucement.

« Et après l’hôpital, je pense que je vais retourner dans ma famille. Plus personne ne voudra de moi comme gardien je pense. Et puis, autant j'étais prêt à me sacrifier pour mon frère, autant, pour un inconnu … Je vais peut être essayer d'apprendre a faire du tissus. Aider maman à la boutique. »

Je ne lui demande pas ce qu'elle compte faire. Je me doute que son destin est déjà tout tracé. Elle restera sûrement dans les griffes de ces affreux prêtres jusqu'à ce qu'elle ne soit plus qu'un vulgaire fantôme de la femme que j'ai pu apercevoir ce matin. Tout ce que je peux faire, c'est essayer de rendre son séjour à l’hôpital le meilleur possible. Et ensuite …

Je souris pour balayer ce genre de pensées de ma tête. Il me reste un problème à régler. Je me racle la gorge. C'est pas facile à dire.

« Tu sais, pendant que tu étais pas là, l'infirmière m'a parlé. Elle m'a conseillé de ne plus interagir avec toi. De ne plus m'approcher de toi. »

Je remue doucement sur mon siège.

« Et ce que tu dis. T'excuser de me mêler a tes affaires … Je suis sur que tu voulais même me dire que vaudrait mieux que l'on ne se parle plus, je présume. Et je suis d'accord. Je n'ai absolument pas envie d'avoir affaire à une chanteuse des Voix de Yevon. C'est beaucoup, beaucoup trop de soucis pour moi. »

Je marque une petite pause.

« Par contre, j'aime beaucoup ma voisine de chambre à l’hôpital, Ryme. C'est … C'est une amie en fait. Et il n'y a rien qui m’empêchera de passer du temps avec elle. De la sortir. De chanter pour elle, si elle aime devenir sourde. »

Je la regarde, une petite lueur blessée dans les yeux.

« La seule chose que je demande Ryme, c'est de ne pas me mentir, d'accord ? Je peux comprendre que tu veuille pas me parler de tout. Mais je ne suis pas idiot. Je sais différencier une chute et quelqu'un qui se fait jeter à terre. Tu peux ne pas vouloir m'en parler, d'accord. Mais ne me ment pas. S'il te plait. »

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