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Une île de cendres et de souvenirs [Pv: Akemi]

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Seiji

Gardien

le Ven 20 Oct 2017 - 19:01
Il regarda d’un œil vitreux les habitants de l’île qui s’épuisaient à remettre de l’ordre sur l’île. Certains avaient encore le visage couvert de larmes, mais continuaient à mettre les cadavres des défunts dans des cercueils aux teintes funestes. Plus loin, d’autres frottaient le sol avec énergie, abîmant leurs doigts et leurs dos dans cette vaine tentative de faire disparaître le sang, le chaos, la mort qui couvraient encore l’île d’un sinistre drap pourpre. Et pendant que les autres s’acharnaient, Seiji regardait cette scène de loin. À la lisière de la forêt, il observait l’île depuis un point surélevé, dissimulé par l’ombre des arbres. Sous cette aube douloureuse, tout ce tableau lui semblait irréaliste. Son corps était encore couvert de blessures. Mais toutes ces plaies, tout ces efforts n’avaient plus le moindre sens. Et comme si son esprit refusait d’admettre ce qui s’était passé cette nuit, Seiji se répéta encore une fois ces dernières heures, espérant encore que tout ceci n’était que le fruit de son imagination. Il se souvenait de ce combat contre la Squame : ses blessures, sa tentative de sauvetage, et la façon dont la créature était enfin tombée sous les premières lueurs de l’aube… Puis, les marches du temple qui avaient cédé, emportant avec elle les retardataires qui se réfugiaient en direction du temple. Et quand il avait enfin retrouvé ses esprits, il s’était empressé de conduire Akemi auprès de survivants, cherchant désespérément ce qui ressemblait de près ou de loin à un poste de soin. Ensuite… Il avait participé de son mieux à l’effort collectif, en attendant que la jeune femme se réveille enfin. Puis, quelques heures plus tard, Seiji avait finalement croisé les parents d’Akemi dans cette foule d’âmes en peine. Il s’était attendu à bien des réactions : de la colère, du soulagement, de la tristesse… Mais certainement pas à ce silence de mort. Ce fut à ce moment précis que le jeune homme avait réalisé que quelque chose n’allait pas. Et quand la mère d’Akemi s’était approchée de lui, échappant ses premières larmes, ses paroles s’enfoncèrent en lui comme un couteau glacé. Seiji, c’est ta mère… Cette même phrase tournait en boucle dans son esprit, encore et encore, comme s’il n’arrivait toujours pas à admettre le sens derrière ces mots. Il avait immédiatement quitté le temple, laissant Akemi au soin de ses parents. Il avait retrouvé son corps près de la plage, paisible, déposé dans un cercueil encore ouvert. Elle était arrivé après les premiers combats, et s’était précipitée sur la plage. Elle était morte en sauvant de nombreux habitants. Il un nœud douloureux dans sa gorge, et réprima les larmes inondaient ses paupières.

Sans un mot, Seiji passa son bras sur son visage. Il n’avait été rien d’autre que ce fils ingrat, grincheux, qui avait quitté l’île sans même lui dire au revoir. Durant toute sa vie, il ne lui avait causé que des problèmes, des soucis, du tracas. Il ne lui avait jamais dit combien il lui était reconnaissant, ni même toute la fierté qu’il éprouvait d’être son fils. Et maintenant… Une première larme tomba sur sa main. Puis une autre. Il avait envie d’hurler, mais quand ses lèvres s’ouvrirent, sa voix s’étrangla douloureusement dans sa gorge. Et dans le silence des arbres, Seiji éclata en sanglots. Il fallut quelques minutes pour que le jeune homme se calme enfin, malgré le poids qui écrasait son estomac. Pourtant, il n’avait pas envie de se remettre debout, ni même de faire face à ce qui restait de son île. Rien. Il n’avait envie de rien. Seul un sentiment de vide, une absence accablante lui écrasait les épaules. Il ramena ses genoux près de son torse, et les enveloppa de ses bras. Son visage enfouit dans une manche de sa veste, il regarda tristement cette foule éphémère qui s’agitait sous son regard, cherchant à remettre de l’ordre dans cette île déjà détruite. Combien de gens mourraient encore sans la moindre raison ? Cette question en tête, Seiji crispa ses doigts sur le tissu de sa veste.

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Akemi

Invokeure

le Mer 25 Oct 2017 - 22:32





Sa conscience commençait à doucement émerger, laissant ses paupières lourdes se relever peu à peu pour se faire transpercer par la lumière funeste du jour. Ses souvenirs semblaient décousus, mais peu à peu, elle se rappela de ce qu’il s’était passé sur son île, sur ce qu’il s’était passé, sur ce sombre tableau qui risquait à jamais de changer les choses. Sin était revenu après tant d’année d’hibernation. Il était revenu au pire moment, attaquant tous ses pauvres innocents incapable de se défendre, qui pensait profiter innocemment d’une soirée magique et paisible. Certains s’étaient battus, tout comme elle et Seiji qui s’étaient retrouvés avec un groupe pour protéger les derniers réfugiés d’une squame, puis, tout s’était déroulé si vite… Beaucoup trop vite pour son esprit qui avait du mal à se resituer. Elle aurait dû se trouver dehors, sur le sol, mais au lieu de cela, elle était dans une tente, son corps sur un lit de secours. Essayant de se relever, la demoiselle constata la douleur qui endolorissait ses membres, des bleus se dessinaient ici et là suivis de quelques éraflures et blessures minime. Dans son malheur, elle avait eu de la chance, surtout après s’être fait attraper par les tentacules de ce monstre sanguinaire. Elle s’en était mieux sortis que les milliers de cadavres de la plage, où des blessées plus graves qui devaient se battre entre la vie et la mort. Alors elle essayait de se relever avec force, combattant la douleur pour reprendre de plus en plus conscience, pour se maintenir en vie. Levant le regard, elle constata sa mère et son père à travers la porte de la tente, l’un contre l’autre, son père tentant vainement de calmer les larmes qui secouaient le corps de sa femme. Elle semblait si triste, si désemparée et doucement Akemi ressentis une part de culpabilité. Était-ce de sa faute si sa mère était dans cet état ? Elle baissa doucement la tête, n’osant interpeller sa famille, quand son père s’approcha enfin de sa fille avec un air soulagé, bien que légèrement grave.

En le voyant Akemi s’attendait à tout de sa part. De la colère, de la remontrance, des leçons de morales, mais au lieu de ça, elle sentit les bras de son père l’entourer de sa chaleur réconfortante, ses faibles paroles descendirent dans son oreille comme une prière enfin exaucés. « Je suis heureux que tu sois en vie ma fille. Je n’aurais pus concevoir te compter dans les défunts. » Doucement, la jeune femme ferma les yeux et serra à son tour son père avant de sentir les bras de sa mère s’ajouter à cette étreinte. Elle avait l’impression que cela faisait une éternité qu’elle n’avait pas vue ses parents. Que cela faisait des années qu’elle s’était enfuie loin de son chez elle, de sa zone de confort. Doucement, l’émotion perturbant ses sens, elle laissa quelques larmes couler le long de ses joues, ses lèvres se confondant en excuse, comme si elle regrettait ses décisions et sa fuite. Avec douceur, ses parents la réconforta et doucement, comme surprise de voir une personne manquante, Akemi commença à demander où était Seiji, son cher ami et gardien, mais aussitôt, le visage de ses parents se fermèrent et de nouveau, la mère de la demoiselle se mirent à pleurer, inconsolable ne laissant le choix à son père de devoir expliquer la situation. « Akemi… La mère de Seiji à perdue la vie dans la bataille contre Sin. Elle fait partir des nombreux défunts de la plage… Seiji est sûrement partit retrouvé son corps… Elle est morte en héroïne, sache-le.»

Sous l’effet de l’annonce, Akemi se retrouva perturbée, son sang se glaçant aussitôt face à cette nouvelle. Sa respiration s’était comme arrêtée le temps de digérer la nouvelle. La mère de Seiji était morte ? C’était impossible. Elle qui était forte, combattante. Qui n’avait peur de rien et qui était prête à tout pour les gens de cette île. Comment avait-elle pus… Mourir ? Doucement les larmes remontèrent à nouveau dans ses yeux, et la peine commença à serrer son cœur. Dans quel état se retrouvait Seiji ? Comment allait-il faire à présent maintenant qu’il était orphelin ? Elle n’arrivait à penser à autre chose qu’à cet homme qu’elle aimait et qui devait éperdument souffrir dans son coin. Alors, elle commença à doucement se relever, son père se tenant à ses côtés pour lui éviter une chute dû à ses membres fatigués.

« Seiji… Je dois retrouver Seiji, on ne peut pas le laisser seul comme ça ! »
« Tu dois te reposer ! Les prêtres t’attendent pour la cérémonie d’accompagnement. Ils ne toléreraient pas que tu t’absentes même pour quelques minutes. »
« Papa ! Je ne peux pas abandonner Seiji. Il a perdu sa mère ! Ils peuvent bien attendre, il y a des choses plus importantes. »
« Akemi ! » La voix de son père devint soudainement autoritaire et stricte, bien plus qu’à l’accoutumé, ce qui stoppa aussitôt la jeune invokeuse qui le regarda surprise par son ton. « Tu es devenue une invokeure. Tu as des responsabilités à présent que tu ne peux fuir, ni te dérober. Des milliers de gens sont morts, ça ne s’étends pas qu’à la plage et à Seiji. Il y a la forêt et le temple qui ont aussi étaient touchés. Je sais que tu t’inquiètes pour ton ami, que tu aimerais le retrouver. Mais tu ne peux plus faire ce que tu souhaites comme tu en as envie. Tu as un rôle, un devoir à accomplir. » Il posa doucement ses mains sur les épaules de sa fille, la tristesse commençant alors à emplir ses yeux. « De plus… Il faut que tu laisses du temps à Seiji. Il a besoin de se retrouver seul. Pour le moment, je pense qu’il est plus sage de le laisser le temps qu’il assimile et qu’il prenne conscience de ce qu’il s’est passé. Je sais que c’est frustrant, mais tu ne peux rien faire pour lui pour le moment. Laisse lui juste du temps. »
« Tu as raison… Pardon. »

Face aux paroles de son père, Akemi n’avait rien n’à redire. Au fond, il savait qu’il avait raison. Elle était devenue une invokeuse, elle devait accomplir son devoir et servir les gens avant toute chose et surtout, elle devait permettre aux âmes des défunts de trouver le repos qu’ils méritaient. Elle devait au moins bien cela aux habitants de sa chère île. Bien qu’encore faible, la jeune femme ne se démonta pas et en présence de l’autre invokeure, elle effectua la cérémonie d’accompagnement le cœur lourd, les yeux humides de larmes. Elle repensait à tous ses gens qu’elle connaissait et qui avait perdu la vie, elle repensant à cette fête de l’éclosion qui ne serait plus jamais la même. Cette danse qui avait toujours attirée l’admiration, n’avait plus qu’un goût de ses cendres sur ses lèvres. Et même si les furolucioles semblaient la remercier tout en s’envolant, elle ne pouvait empêcher ses larmes de couler de plus en plus. Si elle avait été plus forte, plus endurante, elle aurait sûrement pus aider bien plus de personnes que cela. Mais au lieu de cela… Il y avait eu tellement de mort… Juste après la fête, elle avait dû écouter quelques personnes venues lui parler, comme pour avoir un nouvel espoir, une lueur auxquelles se raccrocher, mais elle n’y arrivait pas. Fainéant la fatigue à l’aide de son père, elle avait à son tour, besoin de solitude, de noyer sa propre tristesse pour mieux absorber celle des autres. En voyant son île, ce tableau morbide, elle venait de prendre conscience de sa faiblesse toujours aussi flagrante. Elle n’avait rien pus faire, elle avait été inutile. Profitant d’être seule et surtout de ne pas être dérangée, la demoiselle se dirigea sur la plage, là où elle pourrait voir le cadavre de la mère de Seiji qui se tenait paisiblement dans un cercueil. Regardant ce corps sans vie et neutre, Akemi resta là, à la regarder silencieuse, avant de doucement poser sa main sur celle de ce corps inerte. Elle était froide, elle chaude, un constat qui fit de nouveau serré le cœur de la jeune invokeuse. « Je suis désolée, de ne pas avoir su vous protéger comme vous l’avait toujours fait avec nous… Ne vous inquiétez pas pour Seiji… Je prendrais soin de lui autant que je le pourrais. Je vous promets de ne pas laisser votre mort impunie. » Doucement sa main s’enleva de cette femme honorable qui avait toujours suscitée son admiration. Elle n’aurait jamais dû finir ainsi. Pas contre Sin.

Fermant doucement les yeux, Akemi regarda cette fois-ci l’horizon, avant de se tourner vers le temple. Il avait besoin de temps, mais elle, avait besoin de le voir, de le retrouver. Elle était incapable de savoir quelle heure il était, mais elle savait qu’elle ne pouvait le laisser à sa solitude. Marchant vers la forêt du temple, elle avait demandé à quelques personnes si Seiji avait été aperçu dans les environs. Ses recherches avaient souvent été récompensées par des réponses et bien qu’elle ait mis du temps, elle arrivait enfin à l’apercevoir dans son champ de vision. Il était là, recroquevillé sur lui-même, dans un état dans lequel elle ne l’avait jamais vu jusqu’ici. Mais qui ne serait pas aussi désespérée dans une telle situation ? Surtout quand on a perdus son seul parent ? Sentant les larmes venir à nouveau le long de ses joues, la jeune femme s’approcha alors de son ami et avec douceur, elle l’enveloppa dans ses bras sa tête se posant sur le haut de son épaule, comme pour étouffer ses propres larmes. « Je suis désolée. » Elle articula ses faibles mots, ne sachant si elle serait audible ou non. C’était une réalité bien trop dure et amère. Trop brute et trop triste et pourtant, c’était la réalité. Sans s’en rendre compte, Akemi resserra un peu plus son étreinte, comme si elle avait peur de perdre cet homme qu’elle aimait tant. Plus rien ne serait pareil et cela, elle le savait. Elle était impuissante, incapable d’arranger la situation, mais elle voulait lui montrer qu’elle était là pour lui, prête à se tenir à ses côtés pour affronter ce destin cruel dont ils étaient victimes.

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Seiji

Gardien

le Sam 28 Oct 2017 - 16:09
Son visage nichée dans le creux de son bras, Seiji regardait d’un œil absent les ruines de son village. Dénué de toute notion du temps, il était resté là, immobile, recroquevillé sur lui-même. Après de longues minutes de colère, ses doigts avaient finalement relâché le tissu de ses vêtements, ne lui laissant rien d’autre que la sensation désagréable de ses articulations raidies, et un goût d’impuissance dans la bouche. Sa mère était morte… Ces mots s’agrippaient à son esprit, recouvrant de larmes ses paupières déjà rougies. Il suivait le fil de sa pensée, revivant son passé au travers de souvenirs désormais douloureux, quand il sentit une présence douce et chaleureuse contre son dos. Il ne l’avait pas entendu, et se redressa légèrement sous l’effet de la surprise. Pourtant, il aurait reconnu les bras, la tendresse et le parfum d’Akemi entre mille. Blottie contre son épaule, la jeune femme lui murmura la seule phrase prononçable en de telles circonstances. Sa gorge se noua à nouveau. Un sanglot le secoua. Sans un mot, seule une larme roulant le long de sa joue, Seiji agrippa la manche d’Akemi. Il resta ainsi, enfermé dans cette étreinte intime et silencieuse, étouffant les larmes douloureuses qui coulaient le long de son visage.

Plusieurs minutes s’écoulèrent, avant que Seiji ne retrouve son calme. Ses joues étaient encore humides, mais ses larmes s’étaient enfin taries. Il inspira profondément, immobile, sa tête enfouie contre ses genoux. Il n’avait pas cherché à se défaire de l’étreinte d’Akemi : au contraire, sa main s’était posée contre le bras de la jeune femme, la gardant précieusement auprès de lui. « Elle est morte… » sa voix était cassée, usée, le moindre mot douloureux. Il sentit le nœud dans sa gorge qui se resserrait, étouffant ces mots trop durs qui cherchaient à quitter ses lèvres. Pourtant, il savait que le silence n’effacerait pas sa souffrance. Quand ses lèvres s’ouvrirent à nouveau, il éprouva la même sensation que si une lame avait traversé sa gorge. « Je ne lui ai même pas dit au revoir… J'ai juste… » sa voix se brisa au beau milieu de sa phrase. Il chassa ses larmes du revers de sa main, et sollicitant tout son courage, il reprit la parole. « Je lui ai toujours causé du soucis. Et maintenant… Si j’avais été là… Si au moins je lui avais parlé, au lieu de disparaître sans rien dire… » sa voix tremblait. Il l’avait abandonné. Il n’avait pas été là : jamais. Il l’avait toujours laissé livré à elle-même, ne lui causant que davantage de soucis. Durant tout ce temps, il ne lui avait jamais rien offert d’autre que des tracas, des disputes et son indolence. Et maintenant… Un profond sentiment de regret se referma sur lui. Il avait tout raté. Et ce soir-là, s’il était resté sur la plage… Une seule seconde aurait peut-être suffit : s’il l’avait vu, aperçue, s’il l’avait prévenue de son retour sur l’île… Et pendant que son esprit s’enfonçait dans cette spirale infernale, ses doigts tremblaient se refermèrent avec désespoir sur le bras d’Akemi, trahissant la détresse qu’il traversait.

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Akemi

Invokeure

le Lun 30 Oct 2017 - 11:35





Face à la détresse de Seiji, elle était impuissante, incapable de savoir quoi dire, quoi lui répondre.  Quelle phrase ?  Quel mot aurait pus en ce jour guérir la plaie béante qui s’était créer dans son cœur ? Aucune. Rien ne pouvait apporter du réconfort à part peut-être une oreille attentive et des bras qui se voulaient réconfortant. Bien qu’elle se l’imaginait, Akemi était incapable de ressentir aussi profondément la douleur que traversait son ami et encore moins la vivre aussi intensément que lui. Alors, quand il prononça à nouveau l’inévitable, elle se tut, resserrant tout simplement ses bras autour du corps du jeune homme. Elle devait le laisser s’exprimer, lui laisser du temps pour le faire. Elle sentait la main du gardien s’agripper à elle, comme s’il s’agrippait à un dernier fragment d’espoir, elle sentait ses larmes qui se faisaient silencieuse malgré sa peine, sa douleur. Elle ressentait tout cela et cela lui brisa le cœur. Elle aurait voulu lui apporter de l’apaisement, du soulagement, mais elle ne pouvait le faire. Pas face à une telle tragédie.

De nouveau, la voix de Seiji s’éleva. Cette fois, ce fut pour exprimer ses regrets, son agissement envers cette femme qui l’avait élevée, qui l’avait aimée. Des regrets, de la peine bien plus grande encore et une sorte de colère envers lui-même, envers son propre comportement. « Seiji… » Doucement, l’invokeuse mordilla sa lèvre, ne sachant quoi faire face à une telle vague d’émotion, elle resta là, quelques instants silencieuse, sentant de nouveau cette étreinte désespérée sur son bras. Elle ne pouvait se taire, le laisser penser des choses aussi sombre. Elle devait faire quelques choses, ou au moins, lui faire comprendre que penser ainsi n’arrangerait pas les choses. Alors avec la plus grande des tendresses, elle se détacha du jeune homme pour lui faire face, lui coupant la vue du village en ruine dû à l’attaque de Sin. Elle savait ses yeux humidifiés, tout comme ceux du jeune homme, mais cela ne l’empêcha pas de lui faire face, comme lui-même l’aurait sûrement fait pour elle. Doucement, elle posa ses mains sur les joues humides de son ami, de façon à mieux capter son attention et son écoute. « Elle t’aimait. Malgré tout cela ta mère t’aimait Seiji. » Alors qu’elle parlait, une vague d’émotion, vint soudain la secouer, l’obligeant à devoir articuler un peu plus que d’habitude. Son regard s’était soudainement baissé, comme pour essayer de se reprendre avant de faire à nouveau face à son gardien. Elle ne devait pas flancher, elle ne devait pas laisser ses émotions prendre le pas sur ses paroles. Elle devait le faire pour lui, pour elle. Pour ses deux personnes qu’elle aimait profondément. « Elle ne voudrait pas, que tu es des remords, elle ne voudrait pas que tu t’infliges cela. Elle t’aimait… Plus que tout au monde. Plus que sa propre vie. Et même si tu n’avais pas disparus… Elle serait quand même partie à ta recherche… Parce que… » Soudain, elle sentit une larme perler hors de ses yeux, puis une autre, l’obligeant à s’arrêter pour de bon. Pourquoi cela était-il arrivé ? Pourquoi sa mère avait-elle payée les frais de ce fléau ? Pourquoi son île ? Pourquoi ses gens ? Les sanglots devinrent de plus en plus fréquents et doucement, Akemi relâcha les joues de son ami. Même en de telle circonstance, elle n’était pas assez forte et cela la frustra profondément.

Essuyant vivement ses larmes, elle attrapa sans prévenir son ami dans ses bras toujours avec cette même douceur dans les gestes. Son étreinte l’empêcha de voir la ville pour mieux se tourner vers la forêt. Elle avait apposé la tête de son ami contre sa clavicule, ses bras entourant ses épaules avec le peu de force qu’il lui restait. « Elle t’aimait… » Dans un murmure, elle répéta ses mêmes mots qu’elle n’arrêtait d’exprimer. Comme pour ne pas oublier l’essentiel, comme pour lui rappeler ce qu’il en était réellement.

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Seiji

Gardien

le Dim 5 Nov 2017 - 18:39
C’était un afflux irrépressible de sentiments conflictuels. Parfois, Seiji avait la sensation que les remords s’enfonçaient lentement dans son estomac, comme des dents suintant de haine, de colère et de tristesse. C’était de sa faute… Et même en la déversant au travers de ses mots, de ses larmes et de ses sanglots, Seiji n’arrivait pas à se soustraire à ce sentiment de culpabilité. S’il en avait décidé autrement… Si, au moins, il n’avait pas disparu sans un mot… Mais désormais, il était trop tard. Qu’importe sa peine et ses regrets, rien ne ramènerait jamais sa mère. Et face à cette cruelle vérité, un douloureux sentiment de solitude se nicha au plus profond de lui. Il avait toujours cru être droit, fort et intègre. Mais confronté à une réalité trop difficile, il avait le sentiment de perdre ses repères… Puis, il sentit deux paumes chaleureuses contre ses joues. Quand Seiji leva le regard, s’arrachant aux songes cruels de son esprit, il découvrit le regard embué de larmes d’Akemi. Elle avait quitté son dos sans que Seiji ne la remarque, et lui faisait désormais face. Puis, elle lui murmura quelques mots. Sa mère l’aimait… Cette première phrase plongea comme un couteau dans son cœur, lui arrachant un sanglot. Il avait mal. Une véritable souffrance, bien au-delà de toutes les blessures que son corps avait connu. Après un bref instant de faiblesse, Akemi reprit la parole. Il aurait aimé lui dire de se taire. Il aurait aimé ne pas entendre la suite. Pourtant, il resta là, faible et impuissant. Et un à un, les mots tombèrent, s’écrasant douloureusement contre lui. Pourquoi ? Puis, la voix d’Akemi se brisa. Lentement, les larmes silencieuses de Seiji roulaient sur ses joues.

Il ne bougea pas quand elle l’enveloppa dans ses bras. Il n’en avait pas la force. Pas l’envie. Il se laissa guidé, sa tête posé contre elle, son parfum lui apportant un sentiment de bienêtre et de sécurité. Puis, dans un murmure, elle lui répéta ces mêmes mots. Seiji se mordit la lèvre, réprimant sa peine sous ses paupières closes. Puis, il passa ses bras autour d’Akemi. Il le savait. Il était conscient que malgré toutes ses erreurs, sa mère l’avait toujours aimé. Et c’était précisément pourquoi il aurait préféré ne pas entendre cette vérité. S’il restait sourd à cette vérité, alors il était libre de se conforter dans sa tristesse, plutôt que d’admettre sa mort. Il savait, et trouvait cela terriblement cruel. « Je sais… » un murmure à peine audible, cassé par l’émotion. Il resserra son étreinte sur Akemi. « Je sais, mais… » les mots sortaient difficilement de ses lèvres, s’étranglant dans sa gorge. « Pourquoi ? » ses doigts se crispèrent sur les vêtements de la jeune femme, un soudain sentiment d’impuissance dans ses gestes. Il laissa sa tête contre la clavicule de la jeune femme, se penchant légèrement afin que ses lèvres ne soient pas gênées par le tissu. « Pourquoi c’est toujours comme ça ? Pourquoi il faut que les gens meurent ? D’abord ma mère, et puis… » il sentait cette pierre froide qui écrasait son cœur depuis longtemps déjà, cette vérité tacite dissimulée à son cœur. Il savait que ces prochains mots seraient douloureux, mais il les gardaient en lui depuis trop longtemps déjà. « … toi. Je ne veux pas que tu meurs. J’ai déjà perdu ma mère. Je me fiche des autres. Je me fiche de Spira, je veux juste que… » mais les mots ne suffisaient pas. « Je ne veux pas te perdre… » son corps s’immobilisa, ses doigts se relâchant lentement contre le tissu. Seiji réprima un sanglot, et se recula sans regarder la jeune femme. Il passa machinalement une main contre son visage, chassant les larmes qui recouvraient ses joues. Il chercha péniblement son souffle, et articula quelques mots. « … Je n’aurais pas dû. » il détourna le visage, évitant son regard. S’il la regardait maintenant, il avait peur de ce qu’il trouverait dans son regard. S’il la regardait maintenant, il avait peur de ne plus la voir comme son amie, mais comme l’ombre déjà morte de celle qu’il aimait depuis si longtemps…

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Akemi

Invokeure

le Mar 7 Nov 2017 - 23:44





Les mots n’arrivaient plus à sortir hors de ses lèvres tant sa gorge était serrée par le chagrin. Ses bras essayaient de s’accrocher vainement à son ami, essayant de le soutenir du mieux qu’elle le pouvait par sa présence, sa personne. Elle ne savait plus qu’elle discourt adopter, ni quoi lui dire pour le soulager. Elle sentait sa plaie béante, impossible à soigner avec des mots ou du réconfort. Il faudrait du temps, de l’acceptation et bien qu’elle veuille l’aider dans cette démarche, elle s’était rendue compte que ses paroles, n’avaient fait que le plonger dans une tristesse énorme. Les bras de son ami autour de son corps avaient été une confirmation amère, donnant encore plus d’impuissance à son esprit qui s’en voulait déjà de ne pouvoir faire que le minimum. Après une vague de silence, Seiji s’exprima à nouveau, indiquant qu’il savait tout cela, qu’il connaissait les sentiments de sa mère à son égard plus que tout. Son étreinte se resserra contre le corps d’Akemi qui grimaça doucement face à celle-ci, mais sa douleur n’était rien, face à celle de son ami d’enfance. Elle sentait ses doigts, tendre le tissu de ses vêtements et petit à petit Seiji s’exprima sur cette injustice, sur ses morts injustes, sur sa défunte mère, avant de s’arrêter, le cœur lourd et débordant d’émotion. Doucement, presque hésitante, la demoiselle leva sa main, déposant celle-ci sur le dos de son gardien, comme pour essayer de l’apaiser, de le soulager en vain.

C’est alors qu’il s’exprima de nouveau, cette fois, pour larguer une bombe dont Akemi ne s’était pas attendue. Il parlait d’elle, de son sort en tant qu’invokeuse, de sa future mort si elle continuait dans cette voie. Il ne voulait pas qu’elle rejoigne sa mère, il ne voulait pas la compter parmi les morts. Il se refusait à cela, se moquant éperdument du monde entier. Il voulait qu’elle vive, qu’elle reste en ce monde avec lui. Face à ce discours, Akemi ne sut comment réagir, tant la surprise de cet aveu la figea. Son étonnement était tel, qu’elle ne l’avait pas empêchée de s’éloigner d’elle et aussitôt, il énonça qu’il n’aurait jamais dû dire ses paroles, comme s’il avait préféré se taire pour mieux garder cela pour lui. Mais déjà, l’invokeuse ne l’écoutait plus, son esprit lui faisait répéter en boucle les paroles de son amour secret.  Je ne veux pas que tu meurs. Je ne veux pas te perdre. Plus les mots se répétaient, plus elle sentait les larmes venir, l’émotion lui tordre l’estomac. Il ne voulait pas de ce destin et pourtant… « Je… » Ses sanglots l’empêchait de parler nettement et sa voix était beaucoup trop faible pour être entendue. Son sort était malheureusement déjà prédis et même si cela était contre sa propre volonté, elle était déjà condamnée. Elle allait mourir. Et chaque journée, chaque heure qu’elle passait n’était qu’inquiétude et peur face à cette épée Damoclès qui se tenait au-dessus d’elle. Elle ne savait quand son heure viendra, tout ce qu’elle savait c’est qu’elle risquerait de souffrir, de se sentir partir sans même pouvoir se battre contre ce fléau qui condamnée son corps. Tout en se mordillant les lèvres, Akemi osa un regard embué de larme vers son ami. Peut-être, était-il temps de lui dire la vérité sur sa santé ? Sur son état ? Peut-être était-il temps de mettre les choses au clair, même si cela risquerait d’accentuer son chagrin et sa peine.

Essayant de calmer ses larmes et de reprendre contenance, la jeune femme se mit à souffler pour calmer ses propres émotions, attendant quelques instants, avant d’entrouvrir ses lèvres. « Seiji… Je… Je dois t’avouer quelque chose. » Alors qu’elle cherchait à rassembler son courage, elle regarda de nouveau son gardien, avant de se figer comme si la peur avait de nouveau refait surface. Se mordant de nouveau la lèvre, elle baissa soudainement la tête, avant de fermer les yeux. Cette situation, lui rappelait justement le soir où elle avait entendue ses parents s’engueuler à propre d’elle, de sa santé. C’était deux jours après sa crise, son corps ne c’était pas encore remis de la fatigue accumulée, mais sans qu’elle ne su comment, Akemi avait réussi à se lever, voulant sûrement aller se chercher de l’eau, où voir ses parents. La conservation était aussi limpide même après tout ce temps et même si elles ne les avaient pas vus, elle avait très distinctement entendus leur voix.

« Tu ne te rends pas compte Akira ! On peut ne pas lui mentir ! Pas sur ça ! On lui doit la vérité. C’est notre fille ! Il faut qu’elle le sache ! »
« Ah oui et après ? Tu veux qu’elle vive chaque jour de sa vie, en se demandant si elle ne va pas mourir le lendemain ? Tu veux quelle angoisse à chaque soir, chaque matin ? Qu’elle est la boule au ventre en ce demandant si cette journée ne sera pas la dernière ? » Il s’était tu, la colère s’estompant petit à petit, pour laisser la place à une voix cassée, pleine de détresse. « Tu veux vraiment que notre fille vive avec cette peur constante que chacune des maladies qu’elle choppera l’amènera dans les bras de la mort ? Non, je refuse ! Je ne veux pas qu’elle se voit comme une ombre ! Comme une morte en sursis ! Je ne veux pas que ma fille se gâche la vie pour cela ! Je refuse. »

Les larmes avaient du couler, car elle avait entendus quelques sanglots étouffer de son père, suivis de sa mère qui avait sûrement dû le prendre dans ses bras pour le réconforter. Après cette nuit, Akemi n’eut jamais entendus la moindre dispute et jamais ses parents ne l’avaient appelé pour lui parler de sa maladie, de sa mort imminente. Son père avait eu raison, mais malheureusement, elle avait entendus le docteur, et malgré toute la protection de son père, malgré son discourt, elle n’avait pus s’empêcher de se voir comme une ombre dont la mort l’attendait de pied ferme. Le souvenir s’éloignant, Akemi ouvrir de nouveau les yeux, levant avec lenteur sa tête pour retrouver Seiji dans son champ de vision. Elle ne voulait pas qu’il la voit comme cela, comme elle se voyait elle-même. Elle ne voulait pas qu’il se torture, qu’il ait peur de chaque jour, de chaque minute. Elle ne voulait pas… Elle ne pouvait pas lui infliger ça. Pas à lui. Ses parents souffraient déjà bien assez à cause de cela, alors, elle ne voulait pas le rajouter à la liste. Son joli regard noisette s’assombrie soudainement, marquant cette tristesse dans ses yeux. Elle ne pouvait pas lui avouer, elle ne pouvait pas lui annoncer. Elle devait le protéger, le préserver. Quitte à ce qu’il la déteste et lui en veuille.

« Je ne peux pas abandonner. Pas après ce que Sin à fait à notre île. Pas après ce qu’il t’a fait, à toi et à ta mère… J’ai tant prié pour qu’il ne revienne pas… Pour avoir assez de force pour te protéger toi et les autres… Et… » Elle se stoppa, serrant alors ses mains sur sa propre jupe, comme pour retenir ses larmes qui commençait déjà à envahir ses yeux. « Je n’ai rien pus faire. Je n’ai protégé personne. Pire encore, je les ai menées droit à la mort ! Je n’ai pas pus sauver ta mère, je n’ai même pas tenu contre le monstre… J’ai été faible et inutile. » Quelques larmes roulèrent le long de ses joues et avant même qu’elle ne s’écrase contre ses vêtements, elle les réceptionna avec ses doigts, avant de s’exprimer à nouveau. « Je dois continuer. Je dois devenir plus forte. Même si pour cela… » Elle s’était tut, le temps de laisser à son gardien le temps d’assimiler, mais surtout le temps d’encaisser ses futurs paroles. « Je dois y laisser la vie. » Elle savait qu’elle risquait d’attirer sa colère, d’agrandir sa peine, mais elle préférait cela. Même si cela serait dur, même si cela la rendait triste, elle préférait encaisser sa colère, plutôt que de voir la peine et l’inquiétude causée par une morte en sursis.  

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Seiji

Gardien

le Mer 15 Nov 2017 - 18:46
Plongé dans les méandres encore à vifs de ses émotions, Seiji éprouvait des sentiments aussi pénibles que contradictoires. Ses doigts frémissaient d’une tristesse teintée de colère, d’une impuissance coupable qui lui comprimait le cœur. Son père les avait quitté. Sa mère était morte. Et s’ils continuaient, Akemi serait la prochaine. Il n’oubliait pas la mort de sa mère, ciselée en lettres douloureuses dans son esprit. Mais c’était précisément pour cette raison que tout son être hurlait, refusant la perte d’une autre personne chère à son cœur. Malgré lui, les mots avaient franchi la barrière de ses lèvres. Il avait parlé, avouant ses craintes et sa peine avec une franchise dont il ne s’était jamais cru capable. Immobile, piégé entre l’injustice et les larmes, Seiji contempla un instant le visage dévasté d’Akemi. Puis il se détourna, murmurant un semblant d’excuses qui ne changeraient rien à ses aveux. Quelques secondes s’écoulèrent avant que la voix d’Akemi ne s’élève, vacillante et fébrile. Elle avait un aveu à lui faire. Il l’écouta sans la regarder, ses paupières se refermant sur son regard. Son poing se serra. Sa mâchoire se crispa. Qu’importe ce qui allait suivre : il avait besoin d’entendre sa réponse. Pourtant, une peur insidieuse s’insinuait lentement en lui.

Il attendit quelques instants, et la voix d’Akemi s’éleva enfin. Lentement, les syllabes se détachèrent de ses lèvres. Ces mots prirent doucement formes, et s’enfoncèrent en lui comme des aiguilles. Elle n’abonnerait pas. Sa main trembla, agitée par les émotions virulentes qui éclataient en lui. Même si elle en connaissait le prix, elle ne s’arrêterait pas. Pour ceux que Sin avait tué. Pour ceux que Sin tuerait bientôt. Ses ongles s’enfonçaient dans sa peau. Ses dents mordaient l’intérieure de sa lèvre, contenant en lui ce sentiment de dévastation qui le submergeait. Il redoutait cette réponse. C’était par crainte de cette réaction que, durant tout ce temps, Seiji avait gardé le silence sur ces sentiments, sur ce qu’il éprouvait à l’idée de ce pèlerinage qui menait Akemi à la mort. Pendant tout ce temps, il s’était accroché à l’espoir ténu que, peut-être, Akemi renoncerait si elle entendait ce que Seiji avait à dire, s’il lui avouait combien il souffrait à la simple idée de son sacrifice. Sa mère disparue, il avait été incapable de garder le silence plus longtemps. Mais désormais, ce mensonge auquel il s’était raccroché se brisait entre ses doigts. Un silence oppressant s’installa, tandis que Seiji réprimait à grand peine ce flot d’émotion qui le traversait. Il avait l’impression de perdre pied, et alors que son esprit fulminait, aucun mot ne venait à ses lèvres. Rien : aucune parole n’aurait été en mesure de traduire ce qu’il éprouvait. « Je vois. » sa voix était vacillante, mais il parvint à articuler ces quelques mots. Lentement, son regard se posa sur le village. Pas une seule fois il ne se retourna vers elle, le cœur encore trop lourd. « Tu devrais retourner voir tes parents. » il passa une main sur son visage et inspira profondément. « Je vais rester ici encore un peu. » il sentait que ses mots allaient creuser une distance insidieuse entre eux, que ce choix aurait ses conséquences. Mais à cet instant précis, il était incapable de prendre une autre décision. Il ne savait pas comment réagir. Cette situation, ce qui était arrivé la veille… il n’arrivait plus à penser correctement, tout ce mélangeant en un brouillard opaque de pensées décousues. Il ne se retourna pas. Ne prononça pas un traitre mot. Il resta là, immobile, contemplant la village en deuil et l’océan placide. Il éprouvait le besoin de se retrouver seul pour diriger cette nouvelle, pour admettre ce que sa réalité était soudain devenue. Ignorant quelle serait sa réaction si Akemi restait auprès de lui.

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Akemi

Invokeure

le Jeu 16 Nov 2017 - 23:43





Avait-elle pris la bonne décision ? Avait-elle fait ce qu’il fallait ? Elle qui au début semblait confiante en ses paroles et en son discours, le sentait perdre en intensité, en détermination. Elle n’était plus sûre de rien et face à la réaction du jeune homme, elle avait senti son cœur perdre un battement, puis deux. Je vois. De tous les mots, toutes les paroles du monde, elle n’aurait jamais cru ce heurté à cela. Elle s’était attendue à de la colère, de la tristesse, de l’injustice, mais… Sûrement pas à cela. Le regard baissé, elle ne savait comment réagir, quoi exprimer, tout ce qu’elle était capable de faire, ce fut de serrer ses vêtements entre ses mains, comme si c’était sa dernière bouée de sauvetage, comme si c’était la dernière chose qui lui permettrait de tenir. Elle venait d’agrandir le gouffre entre eux deux, elle venait d’étendre cette distance qui les avaient éloignés depuis cette décision. À moins que cela, ne soit à cause du départ du jeune homme y a fort longtemps… Qu’importe la cause, elle sentait que maintenant, les choses seraient différentes, tout comme son rêve à Besaid qu’elle n’avait pas oubliée. Seiji au milieu des furolucioles, elle de l’autre côté de ce gouffre à essayer vainement de l’appeler. Les furolucioles étaient la mère de Seiji, ainsi que les morts de Kilika. Le gouffre, la peine, la triste et les secrets que la jeune femme voulait fermement garder. Son rêve, n’était qu’un fragment de la réalité, le futur qui l’attendait à présent, si elle continuait dans cette voie. En repensant à tout cela, Akemi senti une boule dans son ventre, une boule qui lui tiraillait l’estomac, mais aussi son cœur. Elle était idiote, parfaitement idiote et ses mots, cette injure, ne cessait de se répéter dans son esprit. Elle sentait les larmes au bord de ses yeux, une tristesse immense l’envahir de plein fouet. Stupide, elle n’était que trop bien stupide.

Avec difficulté, elle essaya de se relever, voulant respecter la décision de son ami. Il voulait être seul, il ne voulait plus d’elle à ses côtés. Elle avait décidé de se faire détester, mais elle se rendit compte que c’était bien plus douloureux que ce qu’elle avait imaginé. Qu’est-ce qui était le mieux ? Qu’elle était la bonne décision ? Elle avança de quelques pas, ses jambes semblants bien plus lourdes que quand elle était arrivée ici, son cœur battait avec peine, comme si vivre devenait difficile, comme si la douleur était bien trop forte pour se permettre de la ressentir aussi intensément. Dans sa tête, une voix ne cessait de hurler avec force, avec hargne : « Dis-le !». Elle voulait la faire taire, l’étouffer, mais elle ne cessait de se faire entendre, de se faire plus virulente, plus forte. Alors, elle se stoppa, ses mains se resserrant de plus en plus. Que devait-elle faire ? Que devait-elle dire ? Devait-elle encore garder le secret ? Elle repensait à ses parents pour chercher des réponses, pour savoir quoi faire. Bien qu’elle fasse semblant, bien qu’elle ne veuille avouer qu’elle le savait, elle n’avait jamais aimé leurs regards à son égard. Jamais, elle n’avait été traitée normalement depuis ce jour. Sa mère avait bien essayée, mais il suffisait de lire dans ses yeux pour y lire la peur de la perdre. Est-ce qu’au fond, cette décision, changerait quelques choses à sa vie ? À son cruel destin ? Une larme roula le long de ses joues, elle détestait son corps, sa santé, ses faux semblants et peut-être que maintenant, il était temps d’y mettre un terme, d’être enfin honnête, une bonne fois pour toute. « Avec ou sans pèlerinage, je mourrai quand même. » Elle avait sorti ses mots en essayant de doser sa voix au maximum. Elle ne voulait pas qu’il sente son chagrin, son désespoir, alors elle essaya de prendre une voix le plus neutre possible, ne se retournant à aucun moment pour lui faire face. « Ma maladie est à un stade où la prochaine crise me sera fatale. On ne peut rien n’y faire. Il n’y a qu’aucun espoir. Quand je serais de nouveau malade, quand mon corps ne le supportera plus… Je ne survivrais pas. » Elle eut du mal à déglutir, à contenir cette rage contre elle-même, cette colère sourde qu’elle retenait depuis tout ce temps enfermée, mais elle ne voulait pas paraître faible, elle ne le devait pas. C’était son prix, pour ne pas l’avoir dit plus tôt.  « À Besaid, tu m’as dit être parti tout ce temps pour chercher un remède. Pour me soigner. Mais… Il n’y a pas de remède à ce que j’ai, il n’y pas de soin… Pas d’espoir. » À la fin de sa phrase sa voix se déchira légèrement, l’émotion l’accablant. C’était trop dur à dire, à expliquer, et le pire, c’est qu’elle était incapable de soutenir son regard. Elle avait peur. Peur de ce qu’elle pouvait y voir, de ce qu’il pouvait lui exprimer, elle ne pouvait l’affronter, pas après ses aveux.

« Je mens sur mes intentions. Si je fais ce pèlerinage, ce n’est pas pour la beauté du geste, ni par envie… C’est parce que je ne veux pas que ma mort soit inutile, je ne veux pas mourir en ayant rien apporté à ceux que j’aime. Je ne veux plus… être inutile… et aussi pitoyable.»

Elle s’était maintenant tut, ses mains toujours fermées devaient avoir gardé la trace de ses ongles qui s’étaient enfoncés sans vergogne dans sa peau. Elle ne se sentait pas soulagé, elle ne se sentait pas apaisés. Elle se sentait minable, faible, l’ombre de la mort flottant un peu plus sur ses épaules. « Je te laisse. » Elle ne se sentait pas la force de rester et au fond, elle voulait respecter la demande première de son ami. Elle ne voulait pas rejoindre ses parents, elle ne voulait pas retrouver le village. Il ne restait plus que la forêt et ses coins reculés, solitaires, un coin où elle pourrait rester quelques heures, seule avec elle-même. Alors, d’un pas lent, elle commença à s’éloigner, son corps lourd ralentissant sa marche.

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Seiji

Gardien

le Mer 22 Nov 2017 - 18:41
Il avait abandonné. Durant un court instant, une partie de lui s’était tout bonnement résignée, renonçant à l’idée de convaincre Akemi. Malgré ses aveux. Malgré les maux qui accablaient Seiji. Malgré tout ce que le jeune épéiste trouverait à dire. Elle n’arrêterait pas son pèlerinage. Durant un instant, il envisagea que peut-être ces sentiments n’avaient rien de réciproque. Durant tout ce temps, il avait considéré son lien avec Akemi d’un œil naïf, sans jamais trouver le courage de lui dire le véritable sens de ses sentiments à son égard. Et pendant une fraction de seconde, il réalisa que ce silence, cette hésitation qui l’avait si longtemps engourdi, lui avait peut-être coûté la seule chose qu’il avait jamais réellement souhaité posséder.

Il ne la regarda pas s’éloigner. Seuls dans ce silence oppressant, Seiji avait le sentiment que quelque chose s’était brisé entre eux. Depuis le début de ce court pèlerinage, il souffrait de la décision d’Akemi, sans jamais lui avoir avoué. Il avait cherché à voiler ses sentiments, comme un drap sombre recouvrant une lézarde. Mais il avait si longtemps détourné le regard que désormais, cette petite lézarde était comme une fissure béante. Pourtant, rien de l’aurait préparé aux mots de la jeune femme. Malgré sa voix calme, maîtrisée, dosée, ses paroles s’écrasèrent brutalement contre les épaules de Seiji. Qu’importe ce pèlerinage : elle mourrait. Il connaissait depuis toujours l’existence de la maladie d’Akemi. Pourtant, au son de sa voix, il comprit que ce qu’elle allait lui dire allait bien au-delà de ce qu’il savait déjà. Sa prochaine crise lui serait fatale… Son corps se figea, ne lui laissant que la sensation incontrôlable de tomber dans le vide. Sa tête tournait. Les mots le transperçaient avec une violence inouïe. Se raccrochant à un maigre espoir, Seiji songea aussitôt à un remède. Mais Akemi balaya cette idée d’un murmure. Aucun remède. Aucun espoir… Et puis, le dernier aveu tomba enfin. Lentement, elle lui expliqua que ce pèlerinage n’avait pour seul but que de donner un sens à sa mort… Il resta interdit, figé par le désespoir qui l’engloutissait. Il ne trouva pas la force de pleurer, et encore moins celle d’hurler. Seul ce profond sentiment de détresse envahissait encore son cœur, accompagné de l’ombre tacite de l’impuissance qu’il éprouvait face à la mort des siens. Puis, Akemi abandonna derrière elle quelques mots pour lui dire qu’elle partait, avant de reprendre sa route vers la forêt. Et une fraction de seconde, un électrochoc émotionnel le secoua. Elle ne devait pas partir maintenant. Il se releva brusquement, et avant que le moindre mot ne sorte de ses lèvres, sa main attrapa le poignet d’Akemi.

« Attend. » sa voix avait perdu toute assurance. Il avait lui-même du mal à rester maître de lui-même : d’abord sa mère, le refus d’abandonner d’Akemi, et maintenant… Sa main trembla légèrement, sans qu’il ne parvienne à le réprimer. La tête basse, le regard fuyant, il articula des mots douloureux. « Ne te retourne pas. » si elle le regardait maintenant, dans son état, si elle posait son regard sur ces émotions qui déchiraient son visage… Il n’était plus certain de trouver la force de continuer. Il n’était pas certain de trouver la force de la regarder comme avant. « Tu es Akemi. Quoiqu’il arrive, tu resteras toujours Akemi. Alors je t’en prie, ne te retourne pas maintenant… Donne moi juste un peu de temps. » avec la mort de sa mère, il doutait de lui-même. Quelques secondes, rien de plus… Il hésita, mal à l’aise, luttant contre ses démons, la raison, la peur, ignorant s’il pourrait changer quoique ce soit. « Je ne te laisserais pas disparaître… » les mots s’échappèrent d’eux même hors de ses lèvres, cristallisant ses véritables pensées. « Je ne te demande pas de me croire. Je ne sais pas comment, juste… laisse moi une chance. » il se rapprocha lentement d’elle, la gorge nouée. Lentement, son bras libre passa autour de son épaule, et attira le dos de la jeune femme contre son torse. Lentement, sa voix retrouva cette force, cette détermination qui était la sienne. « Et quoiqu’il arrive… Je resterais avec toi jusqu’au bout. » il la serra contre lui, sa tête contre son épaule, le parfum de la jeune femme enveloppant ses sens. Plus que tout, il avait envie de la sentir près de lui. Contre lui. Ses lèvres pincées, le cœur serré, il la garda contre lui encore quelques précieuses secondes.

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Akemi

Invokeure

le Jeu 30 Nov 2017 - 16:36





Elle n’avait plus sa place auprès de lui, c’est ce qu’elle s’était dit après lui avoir avoué l’inavouable. Après la mort de sa mère, elle était en train de l’accabler encore plus, agrandissant sa peine et sa douleur. Elle n’était apte qu’à le faire souffrir en ce moment même. Lentement, elle s’éloigna alors de son ami, son esprit se sentant bien plus lourd encore, son cœur bien plus meurtri qu’avant. Chaque pas lui semblait insurmontable, mais elle devait partir. Il le fallait . Faisant face à la forêt, les yeux dans le vague, elle sentit soudainement une main tremblant l’arrêter suivis d’une voix peu assuré. Il n’y avait pas besoin d’être devin pour savoir que Seiji ne voulait pas la laisser s’en aller et sans même se retourner, elle ne bougea pas, fermant juste les yeux comme pour réprimer ses émotions. « Laisse-moi partir. Tu le dois. » Ses paroles ne cessaient de tourner en boucle dans sa tête, mais sans savoir pourquoi, elle était incapable de les sortir, de les énoncer. Il lui demandait de ne pas se retourner, sûrement pour ne pas lui faire face, pour qu’il ne perde pas le courage, mais il pouvait se rassurer, elle en était incapable. Elle n’arrivait pas à se retourner et quand bien même elle le voulait, elle ne le pouvait pas. Affronter son regard lui semblait une bien trop dure épreuve, alors sans sourciller, elle ne bougea pas, son dos restant la seule présence capable de lui faire front.

Les secondes qui s’écoulaient lui semblaient être une interminable éternité et petit à petit, pendant ses longues secondes, le courage reprit peu à peu le dessus chez le gardien. Comme toujours, il usa de sa franchise et semblait férocement s’accrocher à l’idée d’un petit fragment d’espoir. Même minime. C’était comme si les sentiments négatifs d’Akemi ne l’avait pas atteint, comme s’il ne pouvait se refuser à ne pas tout essayer. C’est bien pour cela, qu’elle n’avait jamais trouvée le cran de lui dire. C’était à cause de cette peur de le voir espérer, qu’elle ne voulait pas le mettre dans la confidence. Peut-on vraiment croire à un espoir quand on a l’impression d’avoir tout essayé ? Doucement, ses yeux s’ouvrirent quand elle sentit les gestes de son ami sur son corps. De son bras, il avait entouré ses épaules, avec douceur il l’avait rapproché de son corps tandis que sa tête s’était doucement posée contre son épaule, son étreinte se resserrant doucement pour casser la faible distance qu’il restait. En tout normal, ce geste simple et affectif, lui aurait fait tourner la tête, l’aurait rendue rouge de gêne, mais l’aurait rendue heureuse et joyeuse. Mais en cet instant, ce geste avait un goût amer, en plus de lui nouait la gorge et l’estomac. Ses lèvres étaient pincées de façon à mieux réprimer ses émotions qui lui secouaient peu à peu son corps. Ses yeux piquaient, mais elle tenait bon. Craquer maintenant serait mal venue, surtout que depuis tout ce temps, elle s’était faite à l’idée de son propre destin. Peut-être était-ce aussi la raison pour laquelle elle ne voulait pas le dire à Seiji. Par peur de perdre tous ses moyens, tout ce à quoi, elle s’était forcée d’accepter sans en avoir trop le choix. Inspirant doucement comme calmer ses propres pensées, elle resta là, immobile, ses paroles décidant enfin de sortir après un long moment murée dans le mutisme.

« Si je te laisse du temps… Si je te laisse y croire, tu finiras par tomber de haut. Ta chute sera trop brutale, trop douloureuse et tu finiras par souffrir à cause de moi. Comme mes parents. »

Ses parents aussi étaient déterminés à trouver un remède, à tout essayer pour changer sa destinée, sa triste réalité. Mais leur bataille n’était qu’une succession d’échec, de mauvaise nouvelle en abondance. Alors… Ils ont été contraint d’abandonner, de laisser tomber ce faible espoir pour essayer de profiter de chaque instant avec leur fille. Mais ce désespoir avait finis par se lire dans leurs yeux et même si parfois ils gardaient la tête haute, Akemi finissait toujours par le voir.

« Tu finiras par me voir comme une morte en sursis. Tu finiras par te demander si le moment qu’on a passé sera le dernier ou non. Tu auras peur à chaque symptôme que je vais avoir, à chaque douleur que je ressentirais. Tu ne feras que vivre dans une peur constante où tu ne vivras même plus pour toi-même. » Doucement sa tête s’était baissée, ses points serrés, elle détestait ses propres paroles, mais ce n’était qu’une réalité parmi tant d’autres. « Je ne veux pas de cela. Je ne veux pas que tu restes tout en pensant cela. Que tu ne t’infliges ça. Tu as perdue ta mère, tu n’as pas besoin de continuer à te faire souffrir ainsi. L’idée du pèlerinage t’était déjà insupportable, alors… L’idée de me voir partir à n’importe quel moment doit être pire encore. Moi, je sais que je ne le supporterais pas…»

Doucement, elle porta ses mains au bras de son gardien, ses doigts s’agrippèrent à son vêtement avec force et de nouveau, elle releva la tête, comme pour l’affronter, mais sans se retourner. « Je sais que je n’ai pas le droit de dire ce que tu dois faire, ni de prendre des décisions à ta place. Alors… Je te laisserais faire. Mais ne t’accroches pas vainement à une illusion si tu vois qu’elle n’est qu’un mirage de plus. Ne t’accroche pas… Pour rien. » Avec douceur, elle desserrant son étreinte du jeune homme, laissant ses mains retomber le long de son corps. Elle ne pouvait lui barrer la route et même si elle le devait, elle ne voulait pas non plus le rejeter. Alors elle préféra le prévenir, lui mettre les choses à plat, pour qu’il est conscience de la situation. Si jamais il continuait à trop s’accrocher, alors… Elle devra prendre les choses en main et cette fois… Elle assumera ses choix.

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Seiji

Gardien

le Ven 8 Déc 2017 - 21:25
Il sentait cette distance tacite qui s’installait entre eux. Cette fracture silencieuse, similaire à une longue entaille dans la toile d’un tableau. Mais il savait aussi que ce tableau était justement un mensonge, un paysage calme et paisible dans lequel il s’était confronté. Une projection paisible, bien différente de la réalité dans laquelle ils vivaient. Oui : Akemi était malade. Et s’il ne l’avait jamais réellement oublié, il réalisait que son échec dans la quête d’un remède l’avait poussé à détourner le regard de la vérité. Il avait sous-estimé les maux qui accablaient Akemi, et pour cela, il éprouvait désormais une profonde culpabilité. Pourtant, il refusait d’admettre que rien n’était possible. Il ne renoncerait pas. Et même si Akemi tenta de l’en dissuader, lui répondant au terme d’un long silence que ses espoirs ne le feraient que davantage souffrir, il ne changea pas d’avis. Pourtant, les paroles de la jeune femme n’en furent pas moins dure à entendre. Selon elle, il la verrait comme une morte en sursis. Il verrait l’ombre de la mort au-dessus d’elle, au-dessus de chaque moment qu’ils partageraient. Il vivrait dans la peur… Son regard s’assombrit, et lentement, la main d’Akemi s’agrippa à son bras. Et dans un dernier murmure, elle lui demanda de ne pas s’accrocher à un mirage. Il ferma les yeux, tandis que le bras d’Akemi se détachait doucement du sien. Il resta là quelques secondes, acceptant les paroles de la jeune femme, prenant toute l’ampleur des mots qui venaient de se dire. Et pourtant, même après cela, son poing se crispa légèrement. « C’est vrai. Je ne supporte pas cette idée. Mais… Tu voudrais que je reste là, à attendre ? Que j’accepte ça ? » il secoua la tête, ses gestes plus nerveux que d’ordinaire. « Ça, je pourrais encore moins le supporter. » il ferma les yeux et inspira profondément. Quelques secondes s’écoulèrent. Puis, brusquement, il posa ses mains sur les épaules d’Akemi. Et d’un geste, il força la demoiselle à tourner sur elle-même. Dans le silence profond de la forêt, il se retrouva de nouveau face à elle. Son visage n’avait pas vraiment changé : ses paupières étaient encore rougies, peut-être même plus encore. Ses traits étaient fatigués, et il suffisait de le regarder pour voir qu’il était encore accablé par le chagrin. Pourtant… Pourtant, quand il posa son regard dans celui d’Akemi, quelque chose semblait avoir changé. Ce n’était rien de tangible, mais plutôt une impression. Juste un éclat dans son regard : une lueur qui inspirait la vie, la conviction qui courrait dans ces veines à cet instant.

« Je sais ce que tu en penses. Mais regarde-moi. » il se pencha vers elle, une réelle douceur dans ses gestes. « Tu es Akemi. Et tu es là. » il articula lentement, s’exprimant d’une voix vivante et spontanée. « Je refuse de te voir autrement. Et je me fiche de souffrir. Je continuerais à veiller sur toi. Et même si je perds mon temps, je continuerais à espérer. À me battre. » il pensa un instant à sa mère, lui arrachant un pincement de cœur. Pourtant, à ce moment précis, il sut qu’elle aurait été fière de lui. Que c’était précisément comme ça qu’elle l’avait élevé. Et s’il n’oubliait ni sa peine, ni son chagrin, il éprouva un semblant de réconfort à cette idée. « Je ne t’abandonnerais pas. » son cœur accéléra encore quelques secondes, puis, Seiji détourna légèrement le regard. « Je refuse… »

Il lui accorda un instant, puis, comme pour éviter toute protestation, toute contestation inutile, il prit la main d’Akemi dans la sienne. Malgré toute sa détermination, il savait aussi que, à ce moment précis, il avait encore quelque chose à faire. Il ne pouvait pas renier le deuil de sa mère, quand bien même il savait désormais la vérité sur la situation d’Akemi. Et si tout devait s’arrêter du jour au lendemain, il refusait de perdre son temps dans une course folle dénuée de sens. « J’aimerais la voir une dernière fois. » au ton de sa voix, il était aisé de comprendre vers qui ses pensées étaient tournées. Il relâcha lentement la main d’Akemi, et la regarda. Implicitement, il lui demandait si elle acceptait de l’accompagner. Il savait qu’elle comprendrait.

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