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Une île de cendres et de souvenirs [Pv: Akemi]

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Akemi

Invokeure

le Sam 2 Juin 2018 - 23:53
Elle était là, silencieuse derrière son ami, suivant ses pas sans trop de peine, tout en faisant attention à ses moindres faits et gestes. Elle ne connaissait pas vraiment cette partie de la forêt et encore moins l’endroit où Seiji semblait vouloir l’emmener. Il avait dans l’idée de donner un dernier hommage à sa mère, le dernier salut avant de quitter l’île pour continuer le pèlerinage de la prêtresse. En tant que son gardien. Intérieurement, Akemi avait l’impression de ne laisser qu’un sillage de remord et de regret derrière elle. Après tout, elle l’avait quelques peu obligé le jeune homme à devenir son protecteur, comme elle n’avait pas laissé le choix à ses parents de la voir ainsi offerte pour sauver Spira de Sin. Elle avait fait ses choix égoïstement, et devait à présent en porter la croix. C’était là, parfois, les maux des invokeurs. Où du moins, son mal à elle. Mais maintenant qu’elle avait empruntée cette voie, elle ne se voyait pas reculer. Pas depuis les récents événement. Elle devait tenir, être forte, et montrer une détermination sans faille. Comme son gardien. Ce fut pour cela que ses pas furent moins hésitants, plus confiant, tout comme sa maladresse qui semblait se dissiper peu à peu. Elle avait fait un choix et face à Ifrit, elle devait se montrer digne de sa confiance et de sa puissance. Gagner en confiance, en noblesse. Plus elle avançait, et plus elle prenait conscience des efforts qu’elle devait fournir. Elle n’était plus une enfant, elle commençait à être une femme. Une femme qui avait pris une décision. Levant la tête, elle regarda quelques instants ce dos qui lui faisait face. Ce dos robuste, qui n’avait eu de cesse de la porter, physiquement comme mentalement. C’était maintenant à son tour de présenter le sien, de soulever tout ce poids sans fléchir, sans s’écrouler.

Fort de ce constat, la jolie brune continua donc son périple dans cette forêt toujours aussi silencieuse, comme pour respecter l’ambiance qui les enveloppait. Il n’y avait pas de tristesse, ou du moins pas aussi intense que le jour de l’annonce de la mort de la défunte, mais il régnait en ce moment même un parfum de renouveau, de changement. Comme un nouveau départ. Face à la vision du bosquet qui se présentait devant elle, Akemi n’avait pus s’empêcher de regarder l’endroit avec émerveillement, avant de reprendre son sérieux quand la voix du gardien transperça l’air. Elle ne s’était pas avancée plus, préférant rester dans l’ombre et laisser l’honneur à Seiji de fouler ses lieux. Lui seul avait le droit d’effleurer ses tendres souvenirs qui lui tenait à cœur. Écoutant d’une oreille attentive la moindre parole qui traverserait ses lèvres, la prêtresse, suivis son ami du regard, sans jamais le lâcher d’une seconde. Son hommage était plus qu’exemplaire. Attachant. Il n’y avait pas meilleur endroit pour représenter le tombeau de sa mère. Quand il planta l’épée dans l’arbre, la demoiselle joignit ses mains pour présenter une prière, une dernière parole à celle qu’elle avait tant admirée petite. « Donnez-moi la force de franchir les obstacles les plus rudes, de prendre les bonnes décisions, mais surtout… Donnez-moi la force de protéger ceux que je chéris, comme vous autrefois. » Sur ce bref murmure, sa voix s’estompa tout comme sa position qui se redressa. Il était maintenant temps de rejoindre la ville pour retrouver la bâtisse de ses parents. Hochant la tête face à la remarque de son meilleur ami, Akemi ouvrit alors le chemin, sans se retourner une seule fois. Il ne devait plus faire de pas en arrière, ni pleurer encore cette âme perdue. Elle devait avancer, pour offrir un monde meilleur, pour enlever cette peine dans le cœur des gens. Elle devait se battre pour la paix, mais aussi pour le bonheur de ceux qu’elle aimait. Elle devait avancer, sans rien regretter. Comme le ferait tout invokeur.

Les minutes s’écoulèrent telle du sable dans un sablier et à mesure qu’il se rapprochait du chemin commun, il restait quelques pas encore pour atteindre sa maison qui était visible depuis le haut de la pente. C’était une maison banale, mais une maison que la demoiselle affectionnait plus que tout. C’était son lieu de naissance, son cocoon de confort. Là où elle a pu rencontrer ses formidables parents. Il y avait de bon moment comme de mauvais, mais dans cette situation, Akemi pouvait se rappeler que des bons. Il y avait eu tellement d’aventure, tellement de souvenir, que se les rappeler devenait peu à peu une déchirure. Plus il s’approchait, plus la demoiselle se sentait acculée par de nombreux sentiments qui tourbillonnaient avec force en elle. Elle avait envie de rester, de continuer à vivre le plus naturellement du monde. Mais cela lui était à présent impossible. Sentant un pincement lui tenailler le cœur, la mère de cette dernière ne tarda pas à se présenter devenant les jeunes adultes. Son sourire était toujours aussi doux, aussi protecteur, comme l’était ceux d’une mère aimante et bienveillante. Un sourire dont Akemi avait l’habitude, mais qui aujourd’hui lui semblait bien amère.

« Bonjour, vous deux. Je suppose qu’aujourd’hui, c’est le départ n’est-ce pas ? »
Sans que la prêtresse ne sâche comment, sa mère arrivait toujours à deviner ses intentions. Comme si elle était capable de lire dans son esprit, analyser le moindre de ses gestes, de ses expressions.
« Oui, il est temps pour moi de reprendre mon pèlerinage. Nous allons voir Ifrit pour que je puisse obtenir sa bénédiction. Puis nous partirons pour ensuite nous rendre dans les plaines de foudroyés. »
« Je vois… » Doucement la mère se rapprocher de son enfant afin de l’étreinte pour ce qui devait être une dernière fois. « Faites à attention à l’un comme à l’autre. Ton parcours risque d’être ardue ma chérie, mais nous serons toujours là pour t’épauler quelques soit ton choix. Ton père se trouve au temple, tu le verras donc là-bas. Est-ce que tu pourrais me laisser parler seul à seul avec Seiji ? »

Relâchant doucement sa mère avec regret, la prêtresse regarda tour à tour, le jeune homme et la femme avant d’hocher légèrement la tête, comme pour donner sa bénédiction. S’éloignant alors, Akemi préféra leur laisser de l’intimider en leur faisant dos, son regard observant alors le temple de Kilika qui s’élevait au-delà de la forêt.

« Je sais que cela n’à pas été facile pour toi et je suppose qu’Akemi t’as parlée de sa maladie n’est-ce pas ? » Rena était une femme pleine de ressource qui semblait deviner la moindre chose compromettante, comme si elle était capable de percevoir rien qu’à regardant une personne. « Je sais que tu prendras soin d’elle et que je peux te faire confiance, mais… Promet-moi de ne pas faire des choix que tu regretteras. Toi comme elle. Le temps… Nous est tellement compté. Parfois, il nous semble facile de ne voir qu’un chemin à notre avenir, mais… Il en existe tellement de différents. Promets-moi que tu ne chercheras pas à te laisser porter comme beaucoup. Promets-moi que tu continueras à le provoquer et l’affronter, comme tu l’as toujours fait. »

Ses mains avaient enveloppée avec douceur les mains du jeune homme qu’elle connaissait depuis tout petit déjà. Il avait tellement grandi, à tel point qu’il était devenu un adulte des plus séduisant à ses yeux. Un homme qui était capable d’affronter le meilleur comme le pire. À ne pas en douter.

« Ta mère était tellement fière de toi. Malgré ton côté garnement, elle était fière de ce que tu étais. Et sache, que je partage cette fierté. »

Comme s’il était son enfant, Rena avait posé sa main sur la joue du gardien, le regardant avec tendresse, avant de s’éloigner de lui, gardant cette fois-ci une distance raisonnable avant de lui offrir un sourire des plus chaleureux. « Bien je t’écoute maintenant. Que veux-tu me dire ? Si ce sont des remerciements, sache que tu n’as pas à m’en faire. Tu es comme un fils pour moi. Bien que très sincèrement, j’aurais préféré que tu sois mon beau fils ! » Prenant un air faussement peiné, elle croisa alors les bras, souriant de nouveau, mais cette fois, plus d’amusement qu’autre chose. « Si tu veux me remercier, reviens-nous avec ma fille et si possible avec des petits enfants ! J’aimerais être grand-mère depuis le temps ! » Gardant son sérieux Rena ne cacha pas néanmoins son rire, rire qui interpella aussitôt Akemi qui s’était cette fois retournée, elle ne savait pas ce que sa mère avait dit, mais en entendant son rire, cela lui pressentait rien de bon.

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Seiji

Gardien

le Mar 12 Juin 2018 - 23:28
Ce bref hommage l’avait soulagé. C’était étrange à dire, et pourtant, ce petit rien avait été comme salutaire pour lui. Il lui avait fallu du temps pour admettre la réalité. Plus encore pour comprendre que cette absence, ce sentiment de vide, ne disparaîtrait sans doute jamais. Et pourtant, en offrant ses derniers adieux à sa mère, en honorant une dernière fois sa mémoire, il s’était comme offert le droit de vivre. Désormais, il découvrait d’un regard neuf ce monde qui, contrairement à lui, n’avait jamais cessé de vivre. Ainsi, ce fut avec un cœur lourd de regret mais fort d’une conviction nouvelle que Seiji quitta la forêt, l’esprit enfin clair et paisible.

Ils avaient rapidement rejoint la maison d’Akemi. Ou plus exactement, des parents d’Akemi. Ce fut sa mère qui se présenta à eux, échangeant brièvement avec sa fille, et la gratifia d’une tendre étreinte. Sans un mot, il les regarda. Puis, dévoilant que le père de la demoiselle était au temple, la mère d’Akemi offrit sa bénédiction à sa fille. La discussion fut brève, mais d’une certaine manière, Seiji savait que ces quelques mots n’étaient que les adieux que la mère et la fille auraient dû échanger quelques semaines plus tôt, quand la jeune Invokeuse avait débuté son voyage. Il s’apprêtait à faire ses remerciements, quand la mère de la jeune femme lui demanda quelques instants. Une pointe de surprise dans le regard, Seiji s’avança, regardant du coin de l’œil Akemi qui s’éloignait, observant le temple à quelques mètres de là. Puis, Rena lui dévoila enfin l’objet de cette discussion. Ce fut avec le regard lourd que Seiji hocha la tête quand elle aborda la maladie de sa fille. Oui. Il savait. Pourtant, les mots qui suivirent n’étaient pas exactement ceux auxquels il s’était attendu. Plutôt que la promesse de prendre soin d’elle, Rena l’avisa de prendre garde au temps qui passait. Que le temps était éphémère, et de ne pas faire des choix qui lui causeraient des regrets. Il n’existait pas un seul chemin, mais des multitudes… Seiji baissa le regard, plus impacté par ces paroles qu’il ne l’aurait imaginé. Puis, elle lui demanda une promesse. Celle de ne pas être porté par l’avenir, mais de continuer à se battre. Comme toujours. Il ferma brièvement les yeux. Quand il les rouvrit, il accorda un bref sourire à Rena. Ce petit sourire confiant qui lui allait si bien. « Je le ferais. »

Puis, elle évoqua sa mère. Sa fierté. Cette fierté qu’elle-même partageait. Il songea un instant à ces paroles. À sa mère. Et aux regards qui l’attendaient, lui, enfant au sang d’Al-bhed. Sans un mot, il décida de garder précieusement ces mots dans sa mémoire. Puis, Rena changea soudain de registre, demandant à Seiji ce qu’il désirait lui dire. Évidement, elle avait deviné ses intentions. Et évidement, elle n’avait pas besoin de ses remerciements. Pourtant, ces quelques mots lui tenaient à cœur. Mais avant que le jeune homme ne puisse prononcer un mot, Rena la gratifia d’une remarque qui le prit de court. S’il voulait la remercier, il devrait lui ramener des petits-enfants. Interdit, décontenancé par une allusion aussi ouverte, Seiji bégaya maladroitement. Son visage avait viré au cramoisie. « Je… Je n’ai pas… » il aurait été incapable de répondre, et le rire de Rena n’arrangea pas les choses. Pas plus que le regard d’Akemi, que Seiji devinait posé sur eux. Il lança un regard vexé en direction de Rena, préférant écouter la conversation. « C’était déplacé. » il grogna, puis soupira. Elle avait toujours été ainsi. Il tenta de reprendre contenance, mais le rouge sur ses joues nuançait clairement le tableau. « Je tenais quand même à vous remercier tous les deux. Pour tout. » il inspira, puis la regarda enfin dans les yeux, sa gêne presque passée. « Merci. » il lui adressa un sourire. Il devrait également remercier le père de la demoiselle, une fois arrivé au temple. Et déjà, le temps du départ était venu. Il lui adressa un bref signe de la main, et s’approcha d’Akemi. « On y va ? » il posa son regard sur elle. Désormais, la prochaine étape était le temple de Kilika. Il s’avança, mais après à peine quelques mètres, sa voix résonna à nouveau. « C’est entre elle et moi. » il faisait allusion à l’éclat de rire de Rena. Qu’importe la curiosité d’Akemi, il était hors de question pour lui d’expliquer ce qui avait causé la soudaine hilarité de sa mère. Ni maintenant, ni jamais.

Il ne fallut pas beaucoup de temps avant de rejoindre le temple. La route était dégagée, le chemin particulièrement calme suite aux derniers événements. Pourtant, arrivé aux grands escaliers du temple, ce ne fut pas les monstres, mais les regards menaçants des habitants, clercs et autres personnes présentes qui se posèrent sur eux. Ou plus exactement, sur Seiji. Il savait très bien ce qui ces regards signifiaient. Et pour cette raison, il ne leur accorda pas la moindre importance. « Ne t’arrête pas. » une simple consigne, glissée à voix basse à l’attention d’Akemi. Ils rejoindraient le temple et continueraient leur route. Le reste importait peu.

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Akemi

Invokeure

le Dim 24 Juin 2018 - 14:38
Face à la réaction du jeune homme, Rena n’avait pu cacher son hilarité, même face aux grognements du jeune homme. Petit à petit que la situation redevenait sérieuse, la mère se calma alors, regardant de nouveau avec tendresse ce jeune homme qui se tenait devant elle. Sans attendre, elle lui rendit son sourire sans ajouter la moindre parole. Elle n’avait pas besoin d’en rajouter, elle savait que le jeune al-bhed comprendrait. Il serait toujours le bienvenu dans la maison familiale des Tanuka.

En voyant le jeune homme revenir auprès d’elle, Akemi lui adresse un fin sourire, tout en hochant la tête face à sa question. Il était temps d’y aller et dans un signe de main, elle salua une dernière fois sa mère avant de porter son attention sur le temple qui se dressait fièrement dans le paysage. Mais il y avait aussi une tout autre attention qui intriguait la demoiselle. Regardant le dos de son ami, elle se demandait bien de quoi il avait pu parler avec sa mère. Celle-ci s’était même mise à rire et alors qu’elle voulait connaître le sujet de cette hilarité, le jeune homme s’exprima à ce sujet, comme s’il avait lu dans l’esprit de la prêtresse. Décontenancée, Akemi resta un moment interdite, ne sachant comment réagir, jusqu’à reprendre son esprit un peu déçu de ne pas connaître le fin mot de l’histoire. « Oh je… D’accord. »  Soupirant alors, ne pouvant cacher sa déception, elle décida de ne pas insister. Si le jeune homme réagissait ainsi, c’est que la conversation avait été des plus gênantes, il était donc inutile d’en savoir plus. Le sujet était donc clos.

La marche qui menait jusqu’au temple pouvait paraître des plus longues, mais aujourd’hui, Akemi avait eu l’impression que celle-ci était rapide quand elle vit enfin les marches de ce gigantesque bâtiment. Combien de fois était-elle venue ici pour pratiquer son rôle de prêtresse ? Combien de fois avait-elle prier en son sein auprès de confrère ? Elle était incapable de compter, mais aujourd’hui, elle ne venait pas pour accomplir son travail de prêtresse. Non, elle était là en tant qu’invokeure. Pour demander la bénédiction du fameux Ifrit qui se trouvait entre ses murs. Envahie d’une motivation grandissante, la jeune femme monta une à une les marches du temple au côté de son gardien, mais face aux regards haineux des clercs et des prêtres, sa conviction commençait à doucement s’effriter. Risquant des regards en coin, l’ancienne prêtresse de Kilika constata que ses regards mauvais n’étaient tournés que vers une seule personne. Seiji son fameux gardien. Bien sûre, elle n’était pas en reste elle aussi, mais les regards qu’on lui accordait à elle était plus des regards dédaigneux, comme si personne ne croyait en sa réussite. Petit à petit, la jeune femme commençait à ressentir une douce colère monter en elle. Qu’on doute de ses compétences ne la blessait pas plus que cela. Après tout, elle avait toujours eu l’habitude d’être traitée comme une faible et une incapable, mais qu’on regarde son ami d’enfance ainsi, cela… Elle ne pouvait laisser passer. Doucement, ses mains se refermèrent alors et tout en écoutant les paroles de gardien, elle s’avança se retrouvant très vite devant les portes du temple. Devant les portes massives, semblaient se trouver des prêtres qui attendaient sa venue. Leurs regards, étaient aussi haineux que les personnes qui se trouvaient sur les marches. Un regard qui laissait clairement sous-entendre que la présence du mi-al-bhed, mi-humain n’était pas toléré en ses lieux. « Lady Akemi, cela fait un moment que nous vous attendons. Si vous voulez bien me suivre, Ifrit doit vous attendre lui aussi. » Les paroles du grand prêtre sentaient l’hypocrisie à plein nez. Il n’était pas difficile de comprendre qu’il ne misait aucun espoir sur la demoiselle, pourtant, elle s’avança quand les portes s’ouvrirent, mais s’arrêta aussitôt quand elle vit que deux hommes s’étaient approchés de Seiji pour l’empêcher de passer.

« Désolée, mais seule l’invokeure peut pénétrer à l’intérieur du temple. De plus les al-bhed ne sont pas… »
« Seiji est mon gardien et son devoir est de me suivre jusqu’à l’intérieur des temples. Même si ses origines ne vous conviennent pas. »

Sans qu’elle ne puisse le contenir la voix de la jeune femme s’était fait sec et autoritaire chose qui semblait étonnée les hommes autour d’elle. Tous étaient habitués à la voix timide et son obéissance et la voir ainsi semblait les décontenancer.

« Enfin Lady Akemi. C’est un al-bhed. Tout le monde sait que les al-bhed ne sont pas de confiance ! Ne prenait pas le premier venu par défaut ! Si vous voulez, nous avons de nombreux gardiens et gardiennes qui seraient honorées de vous servir et de vous… »
« Vous osez discuter mes choix ? Si Seiji est mon gardien, c’est parce que je l’ai voulu, et non pas par dépit comme vous semblez le souligner. Comme le veux la tradition, le gardien doit rester en permanence auprès de son invokeur jusqu’à la porte de la chambre du priant. »  Elle s’arrêta alors, s’avançant de quelques pas comme pour mieux défier le prêtre qui se tenait face à elle. « À moins que je doive prendre vos paroles comme un frein à mon pèlerinage ? Iriez-vous vraiment à l’encontre des préceptes de Yevon ? »

Face aux paroles de l’invokeure, le prêtre grimaça alors. Ses dents semblaient se serrer tout comme ses poings. Dans une rage folle, il tourna le dos au monde, sa voix forte résonnant jusque dans la bâtisse. « Laissez-le rentrer, mais surveillez-le ! » Puis sans rien ajouter de plus, il s’en alla, allant jusqu’à abandonner l’idée d’accompagner l’invokeure jusqu’à la salle des priants. Se tournant vers les gardes qui empêchaient Seiji d’entrer, Akemi invita son gardien à la suivre pour enfin pénétrer à l’intérieur du temple. Venant à leur encontre le père de la jeune femme, Akira, s’approcha de sa fille et du jeune homme pour les saluer avec le salut de Yevon, avant de lever son regard à l’attention des prêtres qui devaient surveiller l’épéiste. « Si vous permettez, je veillerais sur cet homme. Vous pouvez disposer. » Comme soulagée de cette nouvelle, les surveillants ne se fit pas prier pour partir aussitôt, ne demandant aucunement leur reste. Seuls devant les marches de la salle du priant, Akira soupira avant de s’exclamer à son tour tout en montant les marches restantes. « Tu es bien la fille de ta mère. Tu as bien fait de tenir tête à ses hommes. Ils étaient persuadés de pouvoir empêcher ton gardien de rentrer à l’intérieur du temps. » Il s’arrêta quelques secondes, retenant l’envie de prendre sa fille dans ses bras. « Si tu es ici c’est que tu veux reprendre ton ascension. Je ne t’arrêterais pas. Ta décision est prise est j’aurais beau te supplier, je sais que je n’arriverais pas à te faire changer d’avis. Va, nous parlerons quand tu auras fini ton entretien avec Ifrit. » D’un geste de bras, il indiqua la direction de la porte de la chambre avec un faible sourire. Regardant tour à tour les deux hommes, Akemi leur adressa un fin sourire avant de s’engager dans la chambre de priant. En laissant son ami d’enfance avec son père, la demoiselle se sentait soulagée. Même si parfois les deux hommes se querellaient elle savait qu’au fond, il s’entendait bien. Aussi, elle se sentait plus légère de le savoir entre bonne main.

Quand la porte se referma, Akira profita de la disparition de sa fille pour se tourner vers le jeune épéiste. Cela faisait un moment qu’ils ne s’étaient pas retrouvés seuls, aussi, il n’était pas difficile de sentir une tension palpable chez le père qui se racla doucement la gorge, comme pour mieux s’exprimer. « Beaucoup, son contre le choix de ma fille te concernant, mais je sais qu’elle ne trouvera pas meilleur gardien que toi. Je compte sur toi pour la protéger… » Il semblait comme hésitant, comme s’il n’exprimait pas la totalité de ses pensées. Alors, il s’installa sur la première marche, invitant le jeune homme à faire de même. Il n’avait jamais été doué pour parler avec le jeune effronté qui se tenait à ses côtés, mais aujourd’hui, c’était différent. « Je n’approuve pas ce qu’elle veut faire. Ça ne tiendrait qu’à moi je l’en empêcherais. Mais je ne le peux. Je ne te demanderais pas de faire ce que je ne peux faire, mais j’aimerais que tu me promettes de prendre soin d’elle. » Attendant une réponse du concerné, le père de famille risqua doucement un regard envers le jeune al-bhed. Il devait maintenant parler de sujet qui fâche, il ne pouvait contenir ce qu’il avait appris, il ne pouvait plus se taire. « Les prêtres sont en train de monter la tête à beaucoup de personnes. Ils disent que tu es celui qui a apportés la calamité sur notre île. Inutile de t’expliquer pourquoi, je pense que tu le devines. » De l’agacement semblait se dessiner sur son visage, mais il se reprit, préférant garder son calme. « Quelques jours de plus et ils étaient prêts à tout faire pour que tu quittes cette île. Il voulait aussi forcer Akemi à changer de gardien, mais je pense maintenant qu’ils ont leurs réponses. » Un sourire illumina alors son visage comme satisfait de cette conclusion. « J’ai essayé de calmer les ardeurs, mais ma voix ne semble plus les atteindre. Quand tu partiras avec Akemi, je quitterais mon poste. Je ne peux rester ici avec ce qu’il s’est passé. » D’une voix calme, Akira regarda alors le plafond de la bâtisse comme s’il le regardait pour la dernière fois. Il ne pouvait rester à occuper un rôle qui ne le concernait plus et sur cela il n’avait aucun regret. « J’ai fait tout cela pour Akemi. En étant prêtre, cela me permettait d’avoir plus facilement accès à de bon médecin. Je pensais la protéger en faisant cela, mais au fond, je n’ai fait qu’écouter les peurs égoïstes d’un père terrifié par la santé de sa fille. Si je n’acceptais pas votre amitié, s’était pour éviter de perdre ce rôle qui me permettait d’avoir un accès facile aux soins. Mais au final, à quoi cela à servir ? C’était stupide. Je ne cherche pas ton pardon, cela serait hypocrite, mais sache que j’ai une confiance aveugle en toi et que je suis fier et heureux que tu sois le gardien de ma fille. » Tout en accompagnant ses mots, il posa une main sur l’épaule du jeune homme, avant de le relâcher dans un fin sourire.

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Seiji

Gardien

le Lun 25 Juin 2018 - 21:58
Il s’était attendu aux réactions des prêtres. Quelques commentaires, des menaces, peut-être même des insultes. Mais quand l’esclandre éclata, Seiji s’attendait à tout sauf à la réaction d’Akemi. Sans une once d’hésitation, l’Invokeuse se dressa face au prêtre, remettant à sa place ce clerc présomptueux. Seiji resta là, interdit, tandis que les regards empreints de jugement qui se posaient sur lui se détournaient petit à petit. Tout s’était déroulé en une poignée de seconde. Incapable de se défendre contre les accusations d’Akemi, le prêtre avait finalement tournés les talons, vociférant ses consignes avant de disparaître au loin. Puis, comme si de rien n’était, Akemi se tourna vers Seiji en l’invitant à la suivre. Seiji la regarda quelques instants, un petit sourire amusé se dessinant au coin de ses lèvres. Il repoussa d’une main sur l’épaule l’un des clercs qui lui barrait la route, et sans un regard à leur attention, le gardien pénétra dans le temple de Kilika.

Même s’il avait cessé de fréquenter le temple, il n’avait jamais oublié ce grand hall. Ces statues aux regards de pierre. Ces flammes qui dansaient sous les alcôves, inondant les lieux d’une lumière rougeâtre. Et cette ambiance, si particulière, comme une présence qui hantait les couloirs du temple. Il inspira, redécouvrant d’un regard neuf ce décor qui, malgré les années, semblait n’avoir jamais changé. Puis, une silhouette s’avança dans leur direction. Seiji se relâcha en découvrant la silhouette du père d’Akemi, qui en dépit de leurs nombreux déboires, lui apparaissaient désormais comme une figure sympathique en ces lieux. Ses premières paroles furent à l’attention des gardes qui surveillaient le jeune homme, prenant à la responsabilité de garder un œil sur lui. Une initiative qui soulagea Seiji, loin d’être satisfait de son récent statut de paria. Puis, accordant toute son attention à sa fille, Akira la gratifia de sa bénédiction, décidant qu’ils parleraient une fois l’épreuve terminée. Seiji l’écouta en silence, et quand Akemi s’éloigna, il la gratifia d’un signe de la tête. Dès que sa silhouette disparue derrière la porte du temple, Seiji soupira doucement. Qu’importe sa résolution, son inquiétude ne changeait pas. Puis, il remarqua l’attention que le père de la jeune femme lui portait, et posa un bref regard sur le clerc. En l’écoutant, Seiji se garda de tout jugement. Il imaginait à peine ce que le père de la jeune femme devait ressentir, conscient de la santé de sa fille, du sens de son pèlerinage, et pourtant incapable de l’en dissuader. Incapable de la protéger. Incapable de l’accompagner. Il pensait que les choses en resteraient là, quand l’homme l’invita à s’installer près de lui. Comme si, après toutes ses années, il souhaitait enfin mettre les choses au clair. Il avait renoncé à la dissuader, acceptant — à contrecœur — cette terrible décision. Et malgré tout, il comptait sur Seiji pour la protéger, laissant ses espoirs reposer sur lui. Le regard dans le vide, conscient du poids qui pesait sur ses épaules, Seiji hocha doucement la tête. « Je le ferais. » il était sincère. Pourtant, une part de lui éprouvait toujours ce sentiment d’impuissance, ignorant toujours comme la protéger de ce pèlerinage. Mais le moment n’était pas à ce genre de considérations. Puis, comme un secret toujours longtemps tenu secret, il lui avoua que les clercs mettaient le retour de Sin sur son ascendance Al-Bhed. Seiji se fendit d’un rire creux, un sourire vide sur les lèvres. « Ouais. Je sais. » il avait suffisamment connu ce genre de jugements, tous ces reproches silencieux, pour les reconnaître quand ils se dessinaient dans les regards. Pourtant, il n’interrompit pas davantage le prêtre. Il avait tenté de les calmer. En vain. La peur s’était emparée du cœur des habitants, la haine seule guide pour exorciser le fantôme de Sin dont l’ombre s’étendait encore sur l’île. Il soupira, un goût de colère et de frustration sur les lèvres. Néanmoins, le reste de la conversation alla bien au-delà des considérations sur l’île, et le nouveau visage des habitants. Comme un ultime aveu, Akira lui avoua les motivations qui l’avaient poussé à rejoindre les ordres. À rejeter l’amitié entre Seiji et sa fille. Il avait souhaité protéger sa fille, embrassant le clergé pour avoir accès aux remèdes, au soin, à l’expertise des clercs pour soigner la maladie de sa fille. Cette décision avait justifié ses choix, ses décisions, ses positions. Seiji l’écouta sans un mot, hochant doucement la tête. Cela expliquait certaines choses. Il inspira lentement, levant le regard vers les flammes qui dansaient dans les torches. « Ça ne changera pas le passé. » si sa franchise était désarmante, sa voix, elle, était calme et sereine. « Mais… Si j’avais été à votre place, j’ignore comment j’aurais agi. » son regard ne se détacha pas des flammes, sa voix s’évanouissant un bref instant dans les crépitements des braises. « Peut-être que vous avez fait des erreurs. Mais vous avez fait tout ce que vous pouviez pour votre fille. Tous les pères n’auraient pas fait preuve d’un tel dévouement. » il était bien placé pour le savoir. Après un bref instant, il échangea enfin un regard avec ce père qui s’était battu pour une cause à laquelle il s’était dévoué. Préserver sa fille. « Qu’importe vos choix, vous auriez tort de regretter de vous être battu pour votre fille. » il le regarda un instant, un semblant de respect dans le regard. Puis, sans un mot de plus, Seiji regarda les flammes qui dansaient au sommet des torches. Ce mélange de peur, d’inquiétude et d’impuissance qui lui nouait l’estomac. Depuis combien de temps ce père fatigué le ressentait-il ? Pendant combien d’années avait-il prit sur lui, acceptant son sort sans sourciller pour le bien de sa fille ? Il aurait été bien sot de le juger, lui qui avait éprouvé des années durant ce sentiment qui, déjà, lui semblait prendre le pas sur sa raison.

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Akemi

Invokeure

le Dim 1 Juil 2018 - 15:13
Le contact de la bénédiction du priant d’Ifrit était indescriptible. Pendant un instant, la demoiselle avait crus ressentir un réel contact sur son épaule, comme si le priant n’était plus une forme éthérée. Mais une véritable forme humaine. Consentant à enfin recevoir sa bénédiction, la jeune femme se retrouva envahie d’une chaleur douce au début, mais aussitôt incommodante dès les secondes écoulées. Brutalement, cette chaleur l’envahie comme si elle avait plongée dans le feu d’un volcan en éruption. Face à une telle sensation, son corps lâcha alors, sa main glissant contre son sceptre comme s’il avait été savonnée. Sur ses genoux, Akemi s’était maintenue le cœur essayant de calmer sa respiration qui s’était accélérée de plus belle. Elle avait l’impression que le sol se dérobait sous ses pieds, qu’il ne cessait de bouger comme une mer agitée. La sueur coulait plus franchement contre son front, longeant son visage poupelin pour venir s’écraser sur le sol de la chambre du priant. Elle avait l’impression de manquer d’oxygène, de suffoquer et ce feu qui ne cessait d’augmenter la température de son corps. Elle devait sortir de la chambre, sortir pour enfin goûter à l’air rafraichissant du temple. Elle devait en trouver la force. Essuyant ses mains tremblantes avant d’attraper son sceptre de prêtresse, Akemi se sentait vaseuse, fébrile, comme si son corps était incapable de supporter son propre poids. Pourtant, elle le força à se relever, essayant d’inspirer pendant l’effort pour se donner une bouffe d’air non négligeable. S’avançant d’un pas, elle sentit son corps chanceler, n’arrivant à se mouvoir sur ses dalles qui ne cessaient de tourner et de bouger sans aucun scrupule. « C’est dans ta tête Akemi. Tu peux le faire. » Elle ne pouvait se permettre de se laisser mourir ici. Même en connaissant les conséquences, elle ne pouvait arrêter là son périple. Elle avait promis, elle ne se laisserait pas faire. Elle avait encore tant de choses à faire, à offrir. Alors, il était hors de question qu’elle se laisse aller sans résister un peu. Car, même si elle n’avait pas peur de mourir, elle ne voulait pas laisser la mort s’emparer d’elle, sans lui tenir tête à elle aussi. S’écrasant violement sur le mur de la chambre, son regard se leva difficilement sur la porte qui se tenait encore assez loin d’elle. Elle devait l’atteindre, elle devait caresser encore un peu ses restes de lueur de vie qui l’attendait. Elle tenta un pas, puis un autre, s’arrêtant soudainement en sentant de nouveau son corps tomber. Le tintement de l’acier de son arme contre le sol, lui semblait lointain, comme si son esprit était déjà ailleurs, elle sentait son buste se soulever dans une rythmique affolante, tandis que ses yeux se fermer sans qu’elle ne puisse le contrôler. Elle était, si fatiguée, si épuisée. Si son corps ne pouvait combattre dans le monde réel, alors elle se battrait contre ses rêves et ses cauchemars. Elle ferait tout, pour revenir auprès des siens.

Sur les marches des escaliers mentant à la porte de la chambre du priant, Akira avait confié ce qu’il retenait depuis bien trop longtemps enfouis en lui. Il avait besoin de mettre les choses au clair avec Seiji, de confier ses doutes, ses peurs, mais aussi ses appréhensions et ses injustices. Il savait que le jeune homme ne prendrait pas des pincettes avec lui, mais après tout, c’est ce qu’il voulait. Quelqu’un de juste, de droit, qui ne le prendrait pas en pitié. Souriant doucement face aux paroles de l’al-bhed, le prêtre l’avait laissée s’exprimer sans ajouter quoique ce soit. À l’époque, il n’aurait cherché à l’entendre, mais maintenant, c’était différent. « J’ai peut-être été un peu trop dévoué, mais je pense que c’est comme cela, quand on a qu’un seul enfant. » Ses yeux brillaient de part le feu qu’il regardait à son tour. Il n’aurait jamais cru qu’un jour, il arriverait à avoir une telle discussion avec celui qu’il maudissait jusqu’alors. Constatant cela, il remarqua qu’il avait perdus bien des années à cause de son rôle dans la religion. Quel être stupide avait-il pus être. « Tu devrais être fier de l’homme que tu es… Pas beaucoup de jeunes, peuvent se vanter d’avoir ton esprit. » Il avait sorti ses mots avec sincérité, ses bras se croisant doucement à l’intérieur de son vêtement de prêtre. Il comprenait mieux maintenant pourquoi Rena, sa femme, avait le jeune homme en haute estime, bien qu’à ses yeux, il restait quand même le jeune garnement, qu’il aimait réprimander. « Rena fait beaucoup de sous-entendus, mais… Je suppose qu’elle n’à pas tort quand elle dit que tu as un faible pour ma fille n’est-ce pas ? » Cette fois, son regard s’était plongé sur le jeune homme, un air un peu plus sévère sur le visage. Comme le serait celui d’un père protecteur. « J’ai confiance en toi et je te laisse être son protecteur… Mais ne profite pas de ne pas m’avoir sur le dos pour lui faire je ne sais quoi ! Je t’ai à l’œil ! Même de loin. » Même s’il avait envie d’être encore un peu sérieux, Akira ne pouvait s’empêcher de reprendre une dernière fois le jeune homme. Après tout, cela aurait fait bizarre qu’il ne lui fasse pas la morale au moins avant le retour de sa fille.

Les minutes s’écoulèrent, longuement, beaucoup trop longuement au goût d’Akira. Cela faisait plus d’une heure et demie qu’Akemi était rentrée dans la chambre du priant et depuis tout ce temps, elle n’était toujours pas sortie. Inquiet, le père avait voulu entrer de force dans la chambre, mais les prêtres l’avaient aussitôt arrêté, allant jusqu’à poster des gardes devant la porte pour empêcher tout fauteur de trouble de passer. Ainsi qu’accessoirement, empêcher les non-élus de pénétrer dans un lieu culte. Se rongeant les ongles d’angoisse, le père n’en pouvait plus d’attendre, et si sa fille avait succombé face à Ifrit ? Et si elle était morte dans la chambre du priant ? Alors qu’il essayait de se changer les idées, la porte s’ouvrit enfin, après deux heures d’absence. De l’autre côté de celle-ci, se trouvait Akemi qui semblait se tenir fière et droite. Elle semblait fatiguée, mais bien physiquement. Ses vêtements ainsi que ses cheveux semblaient être un peu trempée par endroit, mais rien de bien inquiétant. Face à sa fille, le père du se retenir de se jeter dans ses bras et ce fut avec étonnement qu’il vit sa fille adresser juste un signe de tête positive à lui et son gardien, avant de descendre les marches de la chambre, s’avançant vers le grand prêtre qui semblait l’avoir attendue, pour lui donner le verdict.

« Ifrit m’a accordé sa bénédiction. Je vais donc partir pour continuer la suite de mon pèlerinage. » Sa voix était mesurée et si son geste semblait étonnant, il ne l’était pas pour la demoiselle. Elle voulait lui prouver qu’elle avait réussie, qu’elle avait été capable d’obtenir ce qu’ils pensaient impossible. Même si pour cela, elle avait paru un peu froide et téméraire.
« Bien. Cela vous sera trop demandée de vous demander une démonstration ? Pas que je doute de vos paroles, mais je ne crois que ce que je vois. »
« Ma parole devrait vous suffire non ? Je ne vois pas pourquoi je mentirais. »
« Qu’en sais-je ? Peut-être voulez-vous éviter une humiliation si jamais vous n’avez pas réussie ? Vous avez mis beaucoup de temps, de plus, vous ne me semblez pas particulièrement fatiguée. Qu’est-ce qui me permet de croire que vous avez réellement réussie ? »

Serrant doucement le sceptre de son arme de prêtresse, Akemi n’eut rien n’à redire face à la remarque cinglante du prêtre. Elle était fatiguée, pas en état de polémiquer. Il était déjà assez dur de faire bonne impression en masquant son état, mais si jamais elle invoquait Ifrit à peine remis de sa léthargie, elle avait peur de s’évanouir à nouveau et de se donner une image de jeune femme faible.

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Seiji

Gardien

le Jeu 26 Juil 2018 - 18:29
Il n’avait jamais connu ce visage d’Akira. Un homme qui s’était battu pour sa fille, qui aurait renoncé à tout si cela avait sauvé sa fille. Il soupira discrètement, un poids sur le cœur. Il l’avait jugé trop vite, oubliant que les apparences étaient parfois trompeuses. Mais le temps n’était pas aux remords. Ils étaient là désormais, partageant la même appréhension, la même crainte, la même croix. Puis, Akira le complimenta pour être devenu l’homme qui lui faisait désormais face. Seiji se fendit d’un petit sourire, et haussa les épaules. « Je ne sais pas. Je ne suis pas toujours facile à vivre. » à ces mots, il leva son regard sur les flammes, son esprit s’éloignant irrémédiablement vers Akemi. Pourtant, les paroles qui suivirent le ramenèrent brutalement à la réalité. S’il avait un faible pour Akemi ? Il s’étrangla, son regard rencontrant l’œil sévère du prêtre. Profitant d’être seul à seul, celui-ci en profita pour le mettre en garde sur toute tentative à l’égard de sa fille. Pendant une seconde, Seiji se demanda s’il n’avait pas prémédité tout ce petit discours pour ce seul moment. Machinalement, le jeune homme passa une main dans ses cheveux. Il éprouva une profonde contrariété en ne trouvant pas son bonnet sur sa tête, abandonné, près du sabre de sa mère. Il se jura de reprendre un bonnet à la première occasion et entortilla une mèche de cheveux contre son index, détournant le regard. « Vous devriez dire ça à votre femme… » étrangement, il avait le sentiment que cette remarque passerait mal. Pour autant, il aurait certainement été mal à l’aise si sa discussion avec le prêtre ne s’était pas soldée par une querelle.


Il avait l’impression que plusieurs jours s’étaient écoulés depuis que son Invokeuse avait disparu derrière la porte de la chambre des priants. Évidemment, il n’était pas le seul à s’inquiéter : Akira, préoccupé, avait tenté d’intervenir, de voir ce qui se passait à l’intérieur, d’outrepasser les règles. Sans succès. Il ne rencontra que l’intransigeance froideur de Yevon : seuls les Invokeurs avaient droit de pénétrer dans l’antre du priant. Si le père de la jeune femme se rongeait les ongles de crainte, Seiji, lui, s’était muré dans le silence. Pas un mot. Pas un geste. Seul son regard droit, imperturbable, qui fixait la porte qui les séparait d’Akemi. Il ne bougeait pas, et pourtant, son esprit grouillait de sentiments incontrôlables. Lentement, la crainte, l’inquiétude et l’impuissance se mélangeaient, devenant comme un serpent au corps glacé qui s’enroulait autour de sa gorge. Son silence n’était pas né d’un sentiment de calme, mais de ses peurs qui étendaient une ombre noire et opaque sur tout son être.

Puis, un frémissement à peine visible secoua la porte. Son cœur se noua d’appréhension, et pendant un instant, il éprouva un sentiment de vertige. Puis, la porte s’ouvrit, découvrant la silhouette de la jeune femme. Debout. Indemne. Pourtant, quelque chose n’allait pas. Comme si quelque chose sonnait faux. Et cette impression se confirma quand Akemi se contenta d’un bref signe de la tête dans leur direction, avant de rejoindre le prêtre du temple. Quelques détails dans son apparence suggéraient que son épreuve avait été difficile : l’état de sa tenue, l’expression de son visage, sa chevelure… Si Seiji s’était instinctivement relevé à l’arrivée de la jeune femme, il s’était immobilisé quand la demoiselle s’était avancée vers le prêtre. Il resta à mi-distance, suffisamment proche pour les entendre, suffisamment loin pour que l’Invokeuse affronte seule le prêtre qui lui faisait face. Il l’avait rarement connue aussi droite et fière. Pourtant, cela ne fut pas suffisant pour que le prêtre renonce à son dessein. Convaincu de l’échec de la jeune femme, il lui demanda une démonstration. Quand il vit l’expression sur le visage d’Akemi, Seiji devina aussitôt. Il s’avança alors vers le prêtre, élevant une voix légèrement plus forte que d’ordinaire. Plusieurs regards méfiants le suivaient. « Ça ne sera pas nécessaire. » il se positionna légèrement en retrait, derrière Akemi. « Nous n’avons pas de temps à perdre. Sauf si vous tenez à ce que je reste dans votre temple. » il posa son regard flegmatique sur le clerc, une ombre menaçante au fond de ses pupilles. Plusieurs regards se posèrent sur eux. Pour ces gens, il était l’incarnation de la décadence de Spira, de tout le mal qui était à l’origine de Sin. Au lendemain de la destruction de l’île, personne ne souhaitait que ce jeune paria passe plus de temps que nécessaire en ce lieu saint. Il entendit les murmures qui s’élevaient dans son dos. Un sentiment de méfiance s’épanchait dans la salle, si palpable que le prêtre grimaça. Seiji attendit que le vieil homme ouvre la bouche, et lui coupa immédiatement la parole. « Nous partons. Maintenant. » s’il s’opposait à cette décision, il s’attirerait irrémédiablement les foudres des habitants présents dans le temple. Et dès que les rumeurs se propageraient… Contrarié, le prêtre chassa l’Al-Bhed d’un geste du bras en direction de la sortie. Débarrassé de lui, Seiji ne lui accorda pas une seule seconde de son attention. « On y va. » sa voix, plus douce, s’adressait à Akemi. Il avait murmuré ces paroles, s’écartant des oreilles indiscrètes du temple. Pour autant, il ne lui apporta pas son aide, laissant l’Invokeuse marcher seule. Il avait deviné ce que la jeune femme avait en tête. Et il partageait sa conviction. Elle quitterait ce temple la tête haute. Sans un mot de plus, compatissant silencieusement aux efforts que la demoiselle fournissait pour ne pas perdre la face, le gardien s’installa près d’elle, légèrement en retrait. Et quand elle fit ses premiers pas en direction de la sortie, il l’accompagna sans un mot. Ils marcheraient ensemble, aussi loin qu’il le faudrait avant que les regards se détournent enfin d’eux. Impassible, Seiji maîtrisait cette inquiétude qui bouillonnait en lui, grignotant son estomac.

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Akemi

Invokeure

le Jeu 9 Aoû 2018 - 17:34
Si Akira avait ressenti le besoin de mettre les choses au clair avec Seiji, il n’avait pas perdu de temps pour reprendre son rôle de père protecteur, ne se gênant pas pour mettre en garde le jeune homme concernant sa relation avec sa fille. Bien entendu le jeune gardien ne s’était pas laissé faire et bien que gêné, il s’était permis une remarque qui fit de suite réagir Akira qui ne tarda pas à lui faire la morale, lui faisait presque la leçon sur bien des choses. Des plus gênantes ou plus importante à ses yeux. Cela dépendait du point de vue. « Je te préviens ! Si ma fille me revient avec des petits enfants… Je te tords le cou ! » Tout en finissant avec cette remarque, le père se calma alors, espérant que cette menace, finirait par convaincre le jeune homme de ne rien tenter. On n’était jamais trop prudent après tout. Et avec de la chance, peut-être qu’il aurait l’image de ce père saoulant prêt à le courser jusqu’au bout du monde pour le martyriser. Reprenant donc son sérieux, se fut bientôt l’angoisse et la peur qui lui tortura l’estomac. Les heures ne cessaient de s’écouler, sans que sa fille ne sorte de la chambre du priant. Les minutes étaient interminables, comme si le temps ne cessait de se moquer de cette attente de plus en plus longue, de plus en plus stressante. Bien évidemment, les prêtres de Yevon étaient formels quant à la demande du père. Aucune personne extérieure aux invokeurs ne pouvait pénétrer à l’intérieur de la chambre du priant. Ce fut alors au bout de deux heures que la jeune femme sortit enfin de sa prison. Si elle paraissait droite et fière, la fatigue elle prenait le contrôle de son corps, l’obligeant à faire un effort surhumain pour paraitre maître d’elle-même. Ses cheveux et ses vêtements trempés de sueur, témoignait de son rude combat bien que beaucoup devait lier ça au fait qu’ifrit était une chimère de feu et que par conséquent, sa chambre devait être étouffante de chaleur. Après un bref signe de tête envers son père et son gardien, la jeune femme descendit d’un air déterminé les marches du temple, se confrontant alors au grand prêtre d’une voix froide et téméraire. Elle lui indiqua sa réussite, lui affirmant aussi qu’elle allait continuer la suite de son pèlerinage, avec ou sans son avis. Mais bien évidemment le clergé ne l’entendait pas de cette oreille. Voulant une preuve, il invita Akemi à prouver sa bonne foi en invoquant alors la chimère pour prouver la véracité de ses propos. Chose que la demoiselle ne pouvait faire tant la fatigue envahissait la moindre parcelle de sa peau et de son corps. Si elle invoquait Ifrit, elle risquait un nouvel évanouissement et sûrement que cette fois, elle ne se réveillera pas aussi facilement, bien que son réveil eût été rude et difficile.

Sentant sa main trembler légèrement contre son sceptre, la prêtresse voulue répondre, mais se fut son gardien qui pris les devants, effaçant alors les paroles qu’elle voulait énoncer. Elle sentait sa présence non loin d’elle, sentait les regards qui semblaient le dévisager avec haine et méfiance. Pourtant, la prêtresse ne l’intimida pas à se taire. Au contraire. Elle resta droite, n’intervenant pas face aux paroles de son ami d’enfance. Chose qui ne semblait pas plaire à certain. Attendant donc l’approbation du grand prêtre, Akemi resta là, le regardant dans le blanc des yeux sans jamais détourner le regard. Elle sentait que si elle le faisait, elle donnait raison à cet homme, à ses personnes qui l’entouraient. Quand Seiji coupa la parole du clergé, Akemi n’en fit rien, comme si elle laissait le jeune homme parler pour elle et ce fut quand le grand prêtre les chassa d’un signe de main qu’elle se relâcha alors, effectuant le signe de Yevon pour le saluer avec politesse. Bien évidemment, son signe ne fut pas renvoyé, mais elle s’en moquait bien, tout ce qu’elle voulait, c’était partir de ce temple. Partir le plus loin possible pour elle, mais surtout pour Seiji. Elle ne supportait pas ses regards qui glissaient sur son ami, elle n’avait jamais supporté cette haine que lui adressait certaines personnes de Kilika. Aussi, il était primordial pour elle et pour lui, d’enfin quitter cet endroit. Alors qu’elle s’approchait des grandes marches pour enfin s’éloigner du temple, une voix la fit alors s’arrêter, l’obligeant à s’arrêter pour voir ce qu’il se passait. La voix ne s’adressait pas à elle, mais à son père qui se tenait derrière elle et son gardien et qui semblait les suivre.

« Akira ! Que fait tu ! Tu es un prêtre ! Ton rôle s’arrête ici ! Retourne à l’intérieur c’est un ordre ! »
« Navrée, mais mon rôle s’arrête dés maintenant. J’abandonne mon statut de prêtre. Prenez-le comme vous le voudrez, mais il prend fin immédiatement. »

Tout en effectuant un signe de priant de Yevon, le père se tourna alors vers l’invokeuse et son gardien, effectuant à son tour un signe de tête comme pour inviter sa fille à reprendre sa route. « Papa tu es sûr de toi ? Je veux dire, ce n’est pas une décision à prendre à la légère. Que fera-tu par la suite ?» Surprise par cette décision, Akemi n’avait pus s’empêcher de poser la question à son père qui lui répondit d’un sourire bienveillant. « J’en suis sûr. Je pense avoir pris la bonne décision. Et ne t’en fais pas pour moi ma fille. Je sais ce que j’ai à faire désormais. » Face à cette réponse, la jeune femme hocha alors la tête, reprenant alors sa dure descente pour enfin fouler la terre ferme. Il lui fallait encore traverser un bout de forêt afin de rejoindre la ville et d’enfin partir vers Luca pour continuer son sombre destin. Si elle voulait continuer d’afficher un air digne de fière, le corps de la demoiselle lui, ne l’entendait pas de cette manière. Et à peine fut elle entrée dans la forêt qu’elle s’écroula alors sur ses genoux, une main continuant de tenir son sceptre, tandis que l’autre tenait sa tête qui ne cessait de tourner rendant chaque pas impossible.

« Akemi ! Que t’arrive-t-il ? Est-ce que ça va ? »
« Ça va… »
« Tu n’as pas l’air… De plus tu es trempée. Avec ton état tu ne seras pas en mesure de naviguer pour aller à Luca ! Tu devrais te reposer au moins pour ce soir, ce n’est pas grave si tu retardes ton voyage d’une journée. »
« Je te dis que ça va papa ! J’ai dit que je partirais, donc je partirais aujourd’hui même. Je ne reviendrais pas sur ma décision. »

Avec beaucoup de difficultés, la jeune femme se releva alors, chancelant de droite à gauche, avant de reprendre sa posture et de continuer à marcher comme si de rien n’était, laissant son père en arrière incrédule face à la réaction de sa fille. « Dis-lui toi qu’elle devrait se reposer ! Enfin ! Elle ne peut pas prendre le bateau dans cet état ! » Inquiet, le père s’était alors retourné vers le gardien de sa fille espérant que celui-ci lui ferait entendre raison.

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Seiji

Gardien

le Mer 15 Aoû 2018 - 22:18
S’il ignorait l’origine de cette obsession pour les petits-enfants que le père et la mère d’Akemi partageait, Seiji savait en revanche que ce genre de discussion le dérangeait au plus haut point. Gêné, il avait simplement renfoncé son visage dans ses bras, mettant un terme à la conversation. Il n’avait certainement pas l’intention de débattre de ce sujet, et encore moins de répondre aux propos d’Akira. Toutefois, quand le calme revint entre eux, Seiji se surprit à songer à Akemi. Son visage s’empourpra légèrement, et prit d’une gêne candide, il respira profondément, chassant ces battements de cœur qui se faisaient bien trop rapides.  

Évidemment, personne ne trouva rien à redire à l’intervention de Seiji. Akemi n’avait pas prononcé un mot, ne réprimant pas la désagréable franchise du jeune homme. Bientôt, le prêtre qui s’était opposé au départ d’Akemi renonça, les laissant libre de reprendre la route. Seiji n’ajouta rien, s’avançant en silence derrière son Invokeuse. Elle était mal en point. Toutefois ne prononça pas un traitre mot, taisant son inquiétude jusqu’à s’être arraché aux regards de Kilika.

Ce fut au seuil du temple que la voix du prêtre s’éleva de nouveau. Mais cette fois-ci, il ne s’adressa pas à eux, mais à une personne dont il connaissait bien le nom. Akira, le père d’Akemi. Courroucé, le prêtre ne dissimula pas sa rage, ordonnant à son confrère de ne pas quitter les lieux. Il fallut une seule phrase au vieil homme pour faire taire le prêtre excédé. Une simple poignée de mot. Il renonçait à son rang, abandonnant l’église de Yevon. Seiji sentit ce changement dans l’atmosphère du temple. Il savait pertinemment quels mots s’imprimaient déjà en lettres rouges dans les esprits des prêtres. Hérésie. Mensonge. Trahison. Sin. Près de lui, Akemi exprima aussitôt son inquiétude. Était-il certain de sa décision ? Seiji savait déjà que oui. Il écouta néanmoins la réponse du père à sa fille. Il n’en fallut pas davantage pour convaincre la jeune femme, et ainsi, ils reprient ensemble la descente vers le village. Quand ils posèrent le pied dans la forêt, Akemi s’écroula.

Akira s’était aussitôt élancé vers sa fille, sous le regard lourd de Seiji. Quand le père lui intima d’être raisonnable, d’attendre quelques jours avant de reprendre la route, l’Invokeuse lui répondit d’une voix forte et décidée. Durant un bref instant, Seiji revit leurs dernières semaines ensembles. Il avait déjà éprouvé cette inquiétude, avait affronté la même détermination. Incapable de faire entendre raison à sa fille, Akira s’était tourné vers Seiji, lui demandant de la convaincre. Il lisait l’inquiétude dans son regard. Il discernait cette crainte tacite dans sa voix. Akemi, elle, reprenait déjà la route. Il l’observa une seconde : elle, cette jeune fille fragile et épuisée qui lui faisait dos, refusant de perdre la face. Si elle était toujours bien butée, elle ne faisait que rarement preuve d’une telle inconscience. Et une part de Seiji comprenait sa réaction. Cette île avait décidé de son échec. Ces gens avaient déjà décidé de son sort. Il aurait éprouvé la même fierté, la même envie de les faire taire. Et il savait également que jamais Akemi ne se laisserait convaincre. Seiji soupira. Il jeta un bref regard à Akira, puis s’avança à la suite d’Akemi. « Le prochain bateau ne part pas avant quelques heures. Je m’occuperais des préparatifs. Nous serons à Luca ce soir. » il savait que sa réaction causerait l’inquiétude, la colère et l’indignation d’Akira. Mais la meilleure chose à faire actuellement, la seule chose à faire, était de convaincre Akemi de prendre quelques heures de repos, avant de disparaître de cette île le plus rapidement possible. Il s’avança près d’Akemi, échangeant avec elle un regard plus déterminé que d’ordinaire. « Je te réveillerais pour le départ. Mais d’ici là, il faut que tu te reposes. On ne rejoindra pas Luca si tu t’écroules au milieu de la ville. » il la fixa un instant, s’assurant que la jeune femme cède à sa demande. Juste quelques heures de repos chez ses parents, avant de reprendre la route. « Ça te convient ? » il espérait simplement qu’elle se montrerait raisonnable.

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Akemi

Invokeure

le Sam 25 Aoû 2018 - 7:40
Elle se sentait de plus en plus fébrile à mesure qu’elle essayait d’avancer. Ses jambes ne cessant de trembler tout comme sa main qui essayait de tenir avec fermeté ce sceptre qui semblait lui glisser des doigts. Il n’était plus sous le regard de l’église est pourtant, elle voulait garder cette fierté qu’elle avait osée afficher devant autrui. Elle savait l’image qu’elle avait sur cette île, elle savait que les gens ne plaçaient pas vraiment d’espoir en elle. Alors elle se devait de tenir bon, de montrer une image nouvelle, malgré son corps défaillant. Elle avait acquis Valefor, puis Ifrit, et même si elle avait failli mourir en recevant la chimère de feu, elle était à présent là. Toujours debout, toujours en vie. Prête à continuer son pèlerinage envers et contre tous. Alors quand son père semblât s’adresser à son gardien pour la faire changer, sa main se resserra contre son arme de prêtresse, la colère commençant à doucement monter. Elle était fatiguée, pas en état de polémiquer. Elle ne voulait pas revenir sur sa décision, elle ne voulait pas perdre plus de temps que nécessaire. Elle voulait quitter cette île, pour son bien à elle, mais surtout, pour le bien de son ami d’enfance. S’il restait ici, Akemi sentait que les représailles se ferait plus virulent que de ce simple avertissement ou de regard noir. Alors ce moment était le plus opportun pour enfin reprendre la route et quitter cette île qui semblait plus aussi paisible qu’à cette époque innocente. Sentant des pas derrière son dos, Akemi soupira doucement, avant de légèrement se tourner vers son gardien qui s’exprima alors. Si elle s’était attendue à ce qu’il appui l’avis son père, il n’en fit rien, annonçant qu’il s’occuperait des préparatifs pour arriver incessamment sous peu à Luca le soir même. Face à annonce, Akira resta alors interdit, incapable d’exprimer la moindre parole compréhensible. Ce fut quand la colère le gagna qu’il s’approcha alors des deux jeunes, sa voix se transformant alors en remontrance.

« Je n’en crois pas mes oreilles ! Soyez raisonnable les enfants ! Surtout toi Akemi ! Tu le sais que tu as besoin de te reposer ! Tu ferais vraiment mieux de rester ici quelques temps et… »
« Papa tais-toi ! Tu n’es plus en mesure de me dire quoi que ce soit ! Je suis une invokeure maintenant, au cas où tu l’aurais oubliée. »

La voix de la jeune femme s’était faite sévère, autoritaire et bien sèche malgré elle. Et devant un tel répondant, son père ne sut comment réagir. C’était la première fois que sa fille agissait de cette manière, c’était la première fois qu’elle semblait saper son autorité. La petite fille qu’elle était, semblait avoir disparus, laissant alors la place à une jeune femme qui semblait décidée et adulte. Face à ce constat, le père se tut alors, son visage reprenant une expression neutre avant de s’avancer pour devancer le duo. De façon à les laisser seuls. Reportant son attention sur Seiji, Akemi l’observa de ses yeux noisette, la fatigue tirant légèrement ses traits. Bien que ce fut difficile, elle se concentra sur ses paroles, soupirant à nouveau en entendant les recommandations de son gardien. Il n’avait pas tort, et elle le savait et encore une fois. Elle devait se reposait sur ses épaules, comme l’avait toujours fait depuis qu’elle était petite. « Entendu, je te laisse donc gérer les préparatifs de notre voyage. Merci Seiji. » Puis sans rien ajouter, elle reprit donc la route, remarquant que son père semblait légèrement apaisé, comme s’il avait appris la nouvelle.

Si la route lui avait semblait plus longue que d’ordinaire, Akemi devait avouer que la douche qu’elle avait prise en revenant de chez ses parents l’avaient légèrement requinqué. Elle était plus à l’aise dans ses vêtements sec, plus confortable aussi, mais bien qu’elle se fût allongée dans son lit pour se reposer un peu avant le départ, elle n’arrivait à trouver le sommeil. Comme si celui-ci la trahissait. Elle repensait à tout ce qu’il s’était passée jusqu’ici. À son départ, à son séjour sur l’île de Besaid, à sa discussion avec Valefor, avec Ifrit, à cette fête de l’éclosion qui avait pris fin d’une façon tragique, à Sin et à son apparition, mais surtout, elle pensait à Seiji qui arpentait de plus en plus son esprit. Avait-elle eu raison de faire de lui son gardien ? De lui confier le secret sur son état de santé ? Plus elle réfléchissait et plus elle était perdue, incapable de savoir quel était le bon choix au fond. N’allait-elle pas détruire leur relation avec ses décisions ? N’allait-elle pas plonger Seiji dans une tristesse plus profonde si elle mourrait en cours de route ou s’il ne trouvait définitivement pas de remède ? Quand elle pensait à tout cela, à toute ses conséquences, elle ne pouvait s’empêcher d’éprouver une profonde tristesse. Est-ce que son existence n’était pas déjà un poids en soit ? Ne devrait-elle pas essayer de partir à nouveau seule, comme elle avait voulu le faire ? Ne supportant plus d’être allongée, l’invokeuse se leva alors pour se diriger vers la fenêtre, non sans chavirer. Elle n’était pas reposée, elle sentait encore ce fragment de fièvre qui semblait s’intensifier légèrement de minute en minute. Alors, elle s’installa posément sur une chaise son regard observant alors les couleurs du ciel. Était-elle aussi sûre d’elle maintenant qu’elle prenait conscience de ce qui l’attendait ? Elle ne savait plus et pour tout avouer, elle se sentait aussi perdue que quand elle était jeune et qu’elle avait apprit pour sa santé. Elle ne savait ce qui l’attendait, ni ce qu’elle deviendrait alors, n’était-ce pas le bon moment pour profiter de ses derniers instants ? De vivre enfin au jour le jour ? Sans mensonge, sans retenus et sans secret ? Pendant un instant, elle resserra ses poings. Si elle vivait ainsi, est-ce que ce n’était pas une acceptation de sa propre mort ? N’était-ce pas ce qu’elle aurait dû faire depuis tout ce temps ? Soupirant alors, Akemi resta alors ainsi, les yeux dans les vagues, ses pensées ne cessant de filer. La réponse, elle la trouverait dans son périple. C’était tout ce qu’elle savait.

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Seiji

Gardien

le Lun 3 Sep 2018 - 12:13
Il s’était écoulé près de deux heures, quand Seiji poussa enfin la porte de la maisonnée. Un sac en toile dans la main, le jeune homme passa le seuil sans un mot, échangeant un bref regard avec les parents de la jeune femme. Il devina de l’inquiétude dans leurs regards. Son arrivée ici sonnait également le départ imminent de l’Invokeuse et de son Gardien. Il ne restait plus beaucoup de temps avant que le bateau ne lève l’ancre, et malgré les réserves émises par le père de la jeune Invokeuse, Seiji tiendrait sa promesse. Il déposa ses récentes acquisitions dans un coin du salon, et se tourna en direction des parents d’Akemi. Il ne trouva pas de mot pour les rassurer, ignorant que dire à des parents dont la fille marchait résolument vers la mort. « Je vais aller la chercher. »

Il frappa trois fois à la porte, articulant un « C’est moi. » d’une voix plus faible qu’il ne l’aurait souhaité. Quand l’intéressée l’invita à entrer, Seiji poussa la porte. Son regard se posa sur Akemi, devinant sans peine que ses quelques heures de repos n’avaient pas été fructueuses. Il soupira et referma la porte derrière lui, se coupant quelques instants du reste du monde. « Tout est prêt. Le bateau va bientôt partir. » il la regarda longuement, en proie à bien des sentiments. Il avait décidé de respecter sa décision, et pourtant, il ne supportait pas l’idée de ce qui l’attendait là dehors, au bout de ce voyage. Il avait accepté de la soutenir dans sa quête des Chimères, mais la terreur l’étouffait à chacune de ses rencontres avec les priants. Il était résolu, et pourtant, une partie de lui était incapable de se résoudre à suivre cette voie. Il savait que la décision d’Akemi était prise, tout comme il savait que jamais il ne l’accepterait. Et il savait également que ce voyage serait sa seule occasion de chercher un remède pour sauver son amie. Sa dernière occasion. Pourtant, une crainte tacite s’insinuait parfois dans son esprit. Et s’il ne trouvait pas de remède ? Et si, quand bien même il trouverait un moyen de la soigner, Akemi décidait de poursuivre sa route vers la mort ? Tandis qu’il la regardait, ces pensées se bousculaient dans son esprit. Mais pour le moment, ils devaient partir. Quitter cette île. Il s’avança vers elle, sans trouver de mot approprié à la situation. Sans trouver ces mots qui auraient soulagé son esprit agité. Une part de lui aurait aimé la toucher, prendre sa main. Pourtant, il n’arriva pas à s’y résoudre. Il ignorait comment la sauver, ne lui apportant rien, excepté peut-être la haine et le courroux de ceux qui craignaient les Al-Bheds. Il se ravisa, et posa son regard dans le sien. « Allons-y. » l’heure était venue.

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Classe : Mage blanc

Points de rang : 485



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Akemi

Invokeure

le Jeu 6 Sep 2018 - 15:26
Quand elle entendit les brefs coups frapper contre la porte de bois de sa chambre, la demoiselle resta un moment silencieuse, hésitant pendant quelques secondes avant d’inviter le jeune homme à entrer. Quand celui-ci pénétra dans la pièce, Akemi se releva alors de son fauteuil l’observant alors tandis qu’il semblait soupirer et refermer la porte derrière lui, les coupants alors des oreilles indiscrètes et du monde qui les entourait. Depuis combien de temps ne s’étaient-ils pas retrouvés dans cette pièce ? Seuls tous les deux comme en ce moment ? Longtemps, beaucoup trop longtemps, et pour Akemi il était difficile de ne pas se rappeler les nombreux souvenirs qu’ils avaient partagés ici, dans cette pièce. Elle se souvenait surtout des fois, où elle était malade et que Seiji restait auprès d’elle à ses côtés le temps qu’elle aille mieux. Une époque candide, innocente qui était révolue. Ils étaient grands maintenant presque adultes et cette innocence, cette pureté n’était plus la même qu’à l’époque. Et cela Akemi s’en rendait bien compte à présent. « Très bien. Merci d’avoir tout organisé. » Le silence était de nouveau survenu entre les deux jeunes adultes et sans comprendre pourquoi, ils se tenaient là, leur regard se scrutant en proie à des doutes qui les traversaient. Incapable de s’exprimer, incapable de briser cette ambiance qui les entouraient. Quelques parts, Akemi se doutait de ce qui occupait l’esprit de son ami d’enfance. Il devait penser au remède, à sa décision qui la précipitait un peu plus vite dans les bras de la mort. Depuis cette discussion, elle avait l’impression que quelques choses avaient changés entre eux et cela ne s’était pas arrangés avec le temps. Était-ce une distance ? Une prise de conscience ?

Quand l’épéiste s’approcha de sa personne, l’invokeuse resta statique, son regard ne se détachant pas de lui. Il ne lui tendait plus la main comme avant, il ne semblait plus se comporter comme il y a quelques temps. Et face à ce constat, la demoiselle ferma brièvement les yeux, soupirant fortement par le nez comme pour étouffer ce sentiment qui la submergeait. Que devait-elle faire ? « Très bien… » Attendant que le jeune homme lui tourne le dos, l’ancienne prêtresse resta un moment à ne pas bouger, ses mains se fermement alors en un poing serré. Quand est-ce que les choses étaient devenues aussi compliqués ? Pourquoi se compliquaient-elles toujours ? Et surtout, pourquoi elle regrettait de plus en plus son enfance qui lui paraissait tellement longtemps à présent. « … Seiji ? » Sans vraiment s’en rendre compte, elle avait épelé son prénom bien que faiblement, il restait audible. Regardant un moment le sol, elle releva peu à peu son regard qui se ferma quelques secondes avant de s’ouvrir avec une expression nouvelle, comme si elle affrontait le monde entier. « Si cela t’est trop dur à supporter, si cela t’est trop dur à accepter… Je te libérerais de ta fonction de gardien… » Ses mots étaient tombés et elle savait que cela ne risquerait peut-être pas de plaire à son ami. Ils en avaient déjà discuté, elle savait ce qu’il pensait de tout cela, mais elle avait ce besoin à nouveau de lui dire qu’il n’était en aucun cas, enchaînée à sa malédiction. « Je sais qu’on n’en a déjà discuté et que tu ne reviendras pas sur ta décision, mais… Je pense que tu as déjà assez souffert. Tu n’as pas besoin de t’affliger plus de souffrance que nécessaire. Tu n’as pas besoin… De revivre ça… » Elle savait qu’il comprendrait ce que ses derniers propos sous-entendraient. Il n’avait pas besoin de revivre un enterrement de plus, une perte de plus. Bien qu’elle eût promis de le laisser croire à un espoir, Akemi n’arrivait à le supporter. Elle ne voulait pas qu’il vive comme elle, la peine de voir toute espérance mourir pour n’avoir que la sombre fatalité comme résultat.

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