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Whatever lies beyond this morning [PV Cillian]

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Cillian

Monsieur tout le monde

le Sam 18 Nov 2017 - 11:59
La chaleur de son corps contre le mien, même si elle est sûrement plus le fruit de mon imagination que de la vérité, car je ne sais pas si le vent qui nous fouette doucement laisse une parcelle de chaleur dans l'un d'entre nous, me fait du bien. Elle me regarde avec son si joli visage et son si joli sourire. Doucement, sa main monte vers mon visage pour jouer avec mes cheveux. C'est marrant, Je n'ai jamais trop aimé qu'on touche à mes cheveux. C'est pour ça que je les ai toujours gardés courts, en fait. Ce n'est qu'en partant en pèlerinage que je les ai laissé vivre. En voyage, pas le temps forcément de s'amuser à se coiffer. Mais quand c'est Ryme, ça ne me dérange pas. Je suis même content qu'elle aime.

Je l'écoute avec toute l'attention que je peux avoir à ce moment, braquant vers elle le peu de conscience que j'ai. Elle semble respecter ce que je veux. Et je lis dans ses yeux que ce n'est pas dit pour le principe, pour me faire plaisir. Mon ventre de tords un peu. Je lutte contre l'idée fugace de la faire taire là maintenant en l'embrassant. Mais je lui ai demandé de me répondre. Elle me dit que peut être, mes parents avaient compris que je n'étais pas fait pour rester en place.

C'est une chose à laquelle j'ai pensé. Chaque année, une partie de la jeunesse quitte l'île. C'est un fait de vie. Que ce soit pour aller rejoindre les banisseurs, pour aller jouer au Blitzball, ou pour, plus simplement, découvrir un peu le monde. Mais chaque année, au moins autant reviennent, que ce soit en visite ou définitivement. Si on peut quitter l'île, au final, il est très rare que l'île nous quitte. Tout les parents nourrissent … Peut être pas l'espoir, mais la hâte de voir leur fils ou leur fille revenir. Peut être avec un époux. Peut être avec des enfants. Peut être pour une semaine. Peut être pour la vie. Mais revenir. Moi, normalement, j'étais parti sans retour possible.

Je continue de l'écouter en silence. Je me demande un peu si, au fond, elle ne projette pas ce qu'elle aimerait sur ma mère. Mais ce n'est pas grave. Après tout, qui pourrait lui reprocher ? Et je m'en veut un peu, de la priver de ça. Peut être qu'au fond, je pourrai en prendre une pour elle. La laisser avoir ma mère. Avoir mes parents. Avoir ma famille. Peut être qu'elle à besoin de ça. Plus que moi j'ai besoin de laisser ma colère et ma rancœur parler. Et sincèrement, si il y a une personne sur cette boule de boue qui mériterait ça, c'est bien elle. Et étrangement, cette idée me calme un peu. Pardonner, ou feindre le pardon, si c'est uniquement pour moi, ça ne me plaît pas. Mais faire un effort pour elle, c'est la moindre des choses, je pense .

Elle pose ses lèvres sur mon menton et mon monde papillonne. Son regard cherche le mien, et je viens volontiers à sa rencontre en étirant ma bouche en un sourire. Que je perds un peu quand elle s'éloigne. Mais je comprends. Doucement, lentement, je passe la main dans mes cheveux. Qu'est ce que je veux faire ? C'est une bonne question. Retourner au marché me semble compliqué. Enfin, que j'en profite vraiment. Mais après … Est-ce que je peux laisser mes troubles guider ma vie ? En tout cas, il y a une chose dont je suis sur.

« J'ai été seul assez longtemps pour une vie je pense. »

Doucement, je m'approche d'elle. Je n'ose pas la serrer contre moi. Après tout, si elle s'est éloignée, c'est qu'elle a des raisons, non ?

« Et puis, on a uniquement quelques jours de tranquillité avant que le monde nous rattrape. Je vais rien laisser gâcher ça. »

Doucement, je me retourne vers la ville. Là dedans, il y a ma mère. Et je ne peux pas fuir. Je ne veux pas fuir. Je tends la main vers Ryme.

« On va y retourner. Finir le marché. Et si on tombe sur ma mère, je discuterai un peu avec elle. Peut être organiser une rencontre. Pas à la maison. »

Je respire un grand coup et bombe le torse.

« Non. On ira voir ma mère. Enfin, si ça te va. »

Je sais, au fond de moi, que ça lui va. Mais je ne peux pas m’empêcher de lui demander.

« A la fin du marché par contre. Je veux finir d'en profiter tranquillement avec la femme que j'aime. Je ne sais pas toi, mais j'ai le sentiment que toi et moi avons mérité ça. »

Je tourne le visage vers elle et lui sourit. J'ai envie de lui faire des câlins en fait. Un courant d'air me rappelle une réalité de la vie.

« Par contre, il me faudrait mon cache-oeil, si ça ne te dérange pas. J'ai pas envie de faire vomir les gens. »

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Ryme

Invokeure

le Dim 19 Nov 2017 - 10:34
Il s’approcha à nouveau. Ryme pouvait presque sentir la chaleur, la douceur de ce corps qu’elle aimait tant. Mais leurs essences ne se mélangèrent pas. Cette distance était parfois nécessaire, pour qu’elle n’oublia pas son vrai combat. Mais pouvait-elle tout mener de front ? Cette vie qu’elle voulait la plus longue possible au côté de l’homme qu’elle avait choisi ; cette vie d’Invokeure qui les séparerait. Cillian remplissait toujours tout son espace lorsqu’il était là. Sa présence semblait rendre l’air plus respirable et soignait irrévocablement tous les maux qu’elle pouvait garder à l’intérieur. Si seulement, la pareille était possible. Peut-être qu’elle l’était, mais elle ne s’en rendait pas encore compte. Après tout, ils ne s’étaient retrouvé, à proprement parlé que la veille. Il lui faudrait encore du temps pour redécouvrir Cillian. Et pour qu’il la découvre également.
Ryme avait un peu peur qu’il ne la trouvât plus à son goût avec cet apprentissage. Malgré tout, elle restait telle que les Voix l’avait façonnée. Sa gorge se serra, bien que ce fût pour le bien de leur évasion, il l’avait déjà parfaitement qualifiée à l’époque : elle était un jouet. Une poupée qui changeait en fonction de son propriétaire. Peut-être que tout ça, était dû à un conditionnement quelconque ? Cette abnégation lui appartenait-elle réellement ou avait-elle était forcée par des années d’études ? Elle envoya valser toutes ses pensées alors qu’il déclarait bien vouloir retourner au marché. Un sourire se dessina sur les lèvres de Ryme : elle était fière de lui.

Le sourire qu’il lui offrit agita son cœur. Elle aimait tant son sourire, la manière dont des petites rides venaient marquer sa peau quand les muscles de son visage faisaient leur office. Elle ne répondit pas à sa demande de remettre le cache-oeil en place et se contenta de l’enserrer dans ses bras. La jeune femme ferma les yeux d’aise, alors qu’elle inspirait profondément. Du sable, de la mer, du cuir, une légère fragrance de savon. L’odeur de Cillian. Ses joues rosirent légèrement. Comment pouvait-elle penser à un jour, se couper de ce bonheur infini ? Son cœur manqua un battement alors que son esprit lui suggérait de retourner à l’hôtel pour une après-midi plus intime qu’une visite au marché.

« Je suis fière de toi. » déclara-t-elle en frottant légèrement le bout de son nez contre son plexus.
« Et je sais que tu vas sans doute penser tout un tas de choses contraires, tout un tas de choses négatives que tu devras repousser… Mais je suis fière. »
Elle se détacha lentement de lui, cherchant dans sa poche le cache-oeil. Il y avait un peu de sable dessus. Elle souffla délicatement dessus.

« Il va falloir que tu te penches un peu, sinon, je n’arriverais jamais à te le remettre ! » déclara-t-elle d’une voix un peu riante. Il s’exécuta et Ryme renoua l’accessoire en place, non sans un léger regret. Cet œil blessé, elle l’aimait tout autant que le valide. Ce n’était pas très beau à regarder, mais la meurtrissure faisait partie de lui. Elle l’avait toujours connu ainsi et chérissait avec tendresse l’image qu’elle avait de lui.
Ses yeux plongèrent dans ceux de Cillian. Elle avait envie de lui dire beaucoup de choses, mais son gosier se retrouva brutalement vide de tous mots. Y avait-il seulement des paroles assez fortes pour exprimer ce qu’elle avait au fond du coeur ? Certainement pas. Elle profita du fait qu’il ne se soit pas encore redressé pour venir déposer ses lèvres sur les siennes. Un baiser tendre de prime abord, mais d’une légèrement poussée de sa langue, elle transforma l’échange en quelque chose de plus personnel, de plus passionné et sensuel.

Elle se détacha de lui juste avant de manquer d’air. Son regard pétillait d’amour. Ryme attrapa une des mains de Cillian et amorça leur retour vers le centre de la ville et le marché. Les odeurs de nourritures et les bruits de la foule revinrent petit à petit. Mais, quelque part, la magie s’était envolée. La joie de ce moment était occultée par de douloureux questionnements. Peut-être devait-elle lui en faire part avant qu’ils ne soient plus seuls ? Lentement, elle s’arrêta de marcher, jusqu’à devenir immobile. Ryme baissa les yeux. Avait-il fait un pas de plus ? S’était-il retourné ?

« Cillian, je… » commença-t-elle doucement, d’une petite voix serrée.
« Je me demandais… Tes parents, ta mère… Ils savent pour la Via, non ? Ils savent pour moi. Que c’est ma faute si tu n’es jamais revenu. J’ai peur qu’ils me détestent. »
Et ils avaient toutes les raisons du monde de le faire. À vrai dire, à la place de la mère de son compagnon, elle n’aurait que de la haine et du mépris pour la femme venimeuse qui aurait scellé le sort de son fils. Bien sûr, il pourrait toujours dire la vérité, que c’était un risque qu’il avait pris en toute connaissance de cause, mais… L’amour n’était pas une chose raisonnable. L’amour parental - du moins l’image qu’elle s’en faisait, encore moins.
Son cœur était lourd. Pourquoi fallait-il qu’elle gâche toujours tout. Au loin, des enfants étaient en train de jouer, de rire. Amèrement, elle enviait leur innocence. Ryme aurait tout donné pour remonter le temps, pour refuser l’offre des Voix. Mais aurait-elle seulement rencontré Cillian dans ces conditions ? Serait-il tombé amoureux d’elle ? L’était-il seulement ou était-elle juste une ancre rassurante ? Pourquoi n’arrivait-elle pas à juste apprécier l’instant, ce moment ?

« Je suis désolée. Nous verrons bien en la rencontrant ! » dit-elle d’une voix un peu chevrotante en essayant de sourire.

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Cillian

Monsieur tout le monde

le Dim 19 Nov 2017 - 15:34
Comme si elle lisait dans mes pensées, elle vient se greffer à moi. Enfin, j'espère qu'elle ne lit pas mes pensées, car sinon elle risque de fuir. Non. Je pense … J'ose penser qu'elle aussi avait envie de se serrer contre moi à cet instant précis. On reste comme ça quelques secondes, à profiter du calme de la solitude à deux avant de retourner dans le vrai monde des gens qui attendent des choses de nous. Elle dit être fière de moi. Hum. Je n'estime pas vraiment avoir fait quelque chose qui mériterait de la rendre fière, mais … Pourquoi pas. Je ne peux pas controler ce qu'elle penser après tout. Elle parle ensuite de mes démons. Je baisse un peu le regard. Ca me fait à la fois plaisir, car qui n'est pas content quand on le félicite, et m'attriste un peu. Je suis triste de devoir lui imposer ça. Lui imposer mes sautes d'humeurs. Mes changements de mental. Toutes ces choses qu'une pierre précieuse comme elle devrait ne pas connaître.

Mais je lui fait confiance. Pour l'instant. A ce moment précis. Je lui fait confiance, car je sais qu'elle est capable de choisir. Je ne pense pas qu'elle me fasse la charité. J'espère qu'elle ne me fait pas la charité. Si ça ne lui plaisait pas, elle partirait. Je lui ai assez offert de portes de sorties. Et je lui en offrirait sûrement encore beaucoup. Alors tant que je peux, je lui fait confiance. Doucement, je me penche pour qu'elle remette mon cache œil. J'aurai pu le faire seul, mais c'est plus pratique avec de l'aide. Et puis, bon, je vais être franc. Que ce soit elle qui s'occupe de moi, ça me fait plaisir. Surtout si c'est pour être couplé à un baiser. Je me laisse faire, ne m'attendant pas à ce qu'elle le pousse comme ça. Je sens mon cœur battre. Tonner lourdement dans ma poitrine. Je sens mes bras s'emplir de fourmillements, voulant l'enserer dans une étreinte. Je sens mes lèvres trembler, pas vraiment pretes à ça. Je sens, tout simplement, tout mon corps réagir, même si je ne le laisse pas exprimer totalement ses envies. Je me contente de profiter d'un baiser, rien de plus. Et elle n'essaie pas non plus de forcer quelque chose, si ce n'est ce baiser.

Son regard me fait fondre un peu plus. Ce qu'elle est belle quand elle aime. Je me demande si la même chose peut se voir dans mon visage. Dans mon œil. Je l'espère, car elle mérite de voir un éclat aussi beau que celui que je vois dans son regard. Doucement, je bouge le bras pour un simplement mouvement. Je passe rapidement ma main dans ses cheveux, hésitant à de nouveau venir sceller nos souffles. Mais je ne sais pas si je serai capable de m’arrêter là. Pour quelques secondes, le flot de mon cœur fait taire tout les démons de mon âme. Alors que ma main redescends, elle l'attrape au vol avant de se remettre en route. Je la suis, un poids en moins sur le cœur.

Cependant, on a pas le temps d'avancer trop avant qu'elle ne s’arrête. Est ce qu'elle à quelque chose d'autre à me rajouter ? Je me tourne vers elle, car forcément, j'ai eu le temps de la dépasser avant de remarquer qu'elle n'avance plus. Je la regard, un léger air préoccupé sur la face. Qu'est-ce qu'elle peut bien avoir ? Elle me parle. Et malheureusement, ses mots ont le don de me caresser dans le sens opposé du poil. Je souffle doucement. Je n'aime pas cette façon de présenter les choses, même si une partie infime de moi comprends pourquoi elle ressent ça. Je lâche sa main avant de m'approcher d'elle et de lui caresser la joue pour effacer ce faux sourire. D'un ton grave, je lui parle alors.

« Ryme. Qu'il y ait des gens à blâmer pour ce qui m'est arrivé, okay. Qu'il y ait des gens à me détester, okay. Mais tu n'en fais pas partie. »

Je lui caresse de nouveau la joue. Sa peau est douce. Je pousse un soupire un peu difficile avant de retirer ma main.

« Les gens à honnir, ce sont les gens des Voix qui t'ont fait ce qu'ils t'ont fait. Ce sont les gens de l'église qui m'ont condamné. A la limite, je suis à détester, car j'ai décidé de t'aider. Tu m'as prévenu assez de fois que t'aider n'était pas une bonne idée. Que je le paierai. Et j'ai décidé de le faire. Moi. Alors s'il te plaît … Je sais que tu ne le fais pas exprès, mais essaie de ne pas me retirer ça. »

Mon ton est un peu plus dur que ce que j'aurai aimé. Mais ça me fait mal, même si ce n'est pas fait exprès. J'ai besoin de me sentir maître de mes actions. Maître de ce que j'ai fait. Je respecte sa douleur. Je suis sur qu'elle croit vraiment ce qu'elle dit. Mais merde. Il faut à un moment taper du pied par terre. Je me penche un peu pour me mettre à ça hauteur, un peu comme un père pourrait le faire avec sa fille.

« Maintenant, je ne sais pas ce qu'ils savent. Je n'ai eu aucun contact avec eux depuis mon accident. Mais sois sure d'une chose, Ryme. Tu es la personne la plus importante dans ma vie. Je ne laisserai personne te faire du mal. Personne t'insulter. Si jamais ils te détestent à cause de ça … Si jamais ils me demandent de choisir entre eux et toi ... »

Je me redresse non sans déposer un petit baiser sur sa joue. Je me retourne ensuite avant de lui tendre la main.

« Comme tu l'a dit, ils se sont déjà fait à l'idée de me perdre, alors qu'est-ce que j'en ai a faire si je dois encore partir ? »

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Ryme

Invokeure

le Lun 20 Nov 2017 - 13:41
La première caressa dissipa le sourire qu’elle essayait de garder. Sur sa peau, les doigts, un peu rêches de Cillian lui volèrent le rictus. Il ne semblait pas partager ses craintes. Mais plus important, il ne semblait pas vraiment les comprendre. Mais pouvait-elle lui en vouloir ? Pas vraiment. Lorsqu’ils s’étaient rencontrés, leurs visions du monde s’étaient déjà confrontées sans pour autant trouver un terrain d’entente. Mais cela fait aussi partie du charme de cette relation. Enfin, cela avait fait. Maintenant, Ryme ne savait pas vraiment s’ils pourraient avoir le même genre d’échanges. Peut-être lorsqu’il était en pleine forme. Assurément pas s’il était fatigué. D’ailleurs, ce qu’il s’apprêtait à dire, le pensait-il vraiment ? Où lui faisait-on croire qu’il le pensait ? Ryme n’arrivait pas à concevoir qu’il ne pouvait pas lui en vouloir, ne serait-ce qu’un peu.
Sa haine de Yevon, restait néanmoins intacte. Quelque part, cela lui faisait plaisir, car, elle avait l’impression qu’il ne regrettait rien. D’ailleurs, il formula cette supposition quelques secondes plus tard, mais sa voix quelque peu forte et assombrit par la colère, n’était pas des plus rassurantes. Et puis, elle n’aimât pas non plus qu’il se penche ainsi, en face d’elle. Elle avait besoin de Cillian, de l’homme qu’elle aimait, pas d’une quelconque figure paternelle. Elle était assez grande et intelligente pour comprendre les choses si on les lui expliquait clairement. Sa bouche se pinça légèrement et ses yeux se perdirent dans la contemplation de ses pieds. Même le baiser qu’il déposa sur sa joue, ne lui permit pas de retrouver sa bonne humeur.

« Tu as raison. Je comprends. Je devrais arrêter de m’inquiéter pour rien. Je te fais confiance. » dit-elle après un petit instant silencieux.

Il y avait encore un petit poids dans son cœur, mais ce dernier ne saurait vraiment se dissiper. Comment oublier ce qui s’était passé ? Comment croire que tout irait bien, lorsque l’homme qui l’avait quitté était perdu, enfermé dans son propre esprit ? ‘Ca vaut le coup’, lui avait-il dit juste avant d’être emporté au loin, dans la Via. Peut-être qu’égoïstement, elle avait envie d’entendre ça. Que, pour rien au monde, il ferait les choses d’une manière différente. Parce qu’elle, elle, doutait. Si elle ne s’était pas attachée à lui… Si elle n’en était pas tombée amoureuse… Il n’aurait jamais eut à affronter la Via. Il aurait pu vivre une belle existence auprès de sa famille, de ses amis, sur son île. Ou ailleurs dans le monde. Elle n’était pas la plus belle fille de Spira, ni la plus gentille et encore moins la plus accordée à sa personnalité. Il aurait très bien pu la laisser, l’ignorer.

Elle se saisit de la main qu’il lui tendait et mêla ses doigts aux siens. Le contact n’apaisa pas les turpitudes de son esprit, mais elle se rassura en pensant que, s’il n’avait pas voulu être avec elle, il aurait déjà pu partir à plusieurs reprises. Son humeur s’améliora grandement et elle se pressa un peu plus contre lui. Il n’avait pas à supporter ses doutes existentiels : il devait déjà bien avoir à faire avec ce qu’il avait dans la tête.
Ils déambulèrent ainsi, main dans la main, devant plusieurs étales. Ryme s’était laissé à sa curiosité naturelle, discutant souvent avec les marchands, questionnant Cillian avec parcimonie afin qu’il ne se lasse pas de ses manières et ses questions. Il devait la trouver un peu ridicule, continentale voire ignorante, mais, il ne montra rien. Besaid possédait un artisanat reconnaissable entre mille : les couleurs chaudes, les pierreries, les coraux et le bois flotté étaient à l’honneur. La joie se lisait sur chacun des visages.

« Tout le monde à l’heure si… Jovial. » observa-t-elle depuis un banc lors de leur pause déjeuner.
« Il y a également des marchés à Bevelle ou à Luca, mais les gens sont l’air bien plus… Aigris. Le monde me semble plus gris, sur le continent. Mais je me trompe peut-être, après tout, mon avis ne peut pas vraiment être objectif. »
Elle poussa un léger soupir. Faire référence à son passé lui semblait toujours difficile avec Cillian. Comment le prendrait-il ? Serait-il fâché, dégoûté, en colère ? Aussi pénible soit-il, elle ne pouvait pourtant pas occulter cette partie de sa vie.

Elle mordit dans ce qu’elle avait acheté - un peu au hasard. L’apparence semblait délicieuse, une sorte de banane rôtie : cela ne pouvait pas être mauvais, non ? Le goût du miel lui vint en bouche, alors qu’un goût salin lui vint en bouche. La jeune femme se fendit d’une légère grimace. Elle ne s’attendait pas vraiment à ça. Ce n’était pas mauvais, mais… Mais tant pis, il fallait bien découvrir des choses nouvelles. Elle prit une deuxième bouchée.

« Si tu n’étais pas devenu Gardien pour parcourir le monde, qu’aurais-tu fais ? » demanda-t-elle d’une voix un peu distraite en observant la maigre foule devant eux.
Il y avait des jeunes gens devant eux, certains avaient la peau totalement caramel à cause de la pêche. D’autres portaient une arme à la ceinture : sans doute des aspirants Bannisseurs. Dans chacun d’eux, elle trouvait un petit bout de Cillian. Ryme se sentit soudainement avide de connaître les détails de sa vie sur l’île, de son passé.

« A part ta famille, il y a des gens qui t’attendent sur l’île ? Ou peut-être des personnes que tu voudrais revoir ? » demanda-t-elle juste après sa première question.

Le regard qu’il lui lança la fit rougir d’embarras. Ce qu’elle pouvait être bavarde quand elle s’y mettait. Peut-être qu’il préférait le silence. Ses lèvres se refermèrent une nouvelle fois sur ce qu’elle mangeait, engloutissant la fin de sa presque-banane au miel.
Ryme détourna le regard, elle sentait que les commissures de ses lèvres étaient poisseuses. Son attention se porta alors sur un vendeur ambulant, ce dernier n’avait pas grand chose à vendre, juste d’immenses feuilles d’un vert profond, surmonter de fleurs blanches, jaunes ou roses. On aurait dit des lotus, mais en beaucoup plus imposants.
Elle avait encore tout à apprendre de ce monde, de ces habitants. Un sourire presque enfantin se dessina sur ses lèvres lorsque le camelot passa près d’eux. Les fleurs sentaient également très bon et certaines émettait même de léger sons, tintinnabulant comme des petites clochettes.

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Cillian

Monsieur tout le monde

le Lun 20 Nov 2017 - 14:37
J'ai le sentiment que ses mots et son cœur ne sont pas à l'unisson. Et je n'aime pas ce sentiment. J'ai le sentiment qu'elle ne me réponds ça que parce qu'elle penser que c'est ce que j'ai envie d'entendre. Je n'aime pas ce sentiment. J'ai le sentiment qu'elle ne me réponds ça que parce qu'elle à envie de mettre court à cette discussion. Je n'aime pas ce sentiment. Mais … j'accepte. Je n'ai pas la force de me battre pour une question qui, au final, ne me semble pas importante. Je comprends qu'elle ne veuille pas que mes parents la haïsse. Personne ne veut bien être haï, surtout par des proches. Mais … Je m'en moque vraiment. Leur avis de n'importe pas. Seule elle et moi savons la vérité sur ce qui s'est passé, même si au final, nous n'avons sûrement pas la même vérité.

La balade dans le marché est agréable. J'ai un peu l'impression de vivre une sorte de version légère de mon île. Ça me fait du bien. Comme mettre les pieds dans l'eau pour s'habituer à la température avant de plonger. Certes, cela augmente en même temps la peur dans mon âme, mais … Il le faut, au final. Je ne peux pas fuir ça. Surtout maintenant que ma mère m'a vu. Même si je ne les porte pas forcément dans mon cœur, je ne peux pas leur faire ça. Disparaître ainsi, j'entends. J'ai de l’appréhension maintenant, mais ce n'est pas une chose dont je peux me soustraire. Et puis Ryme sera avec moi.

Cette journée me permet de me rendre compte que nous n'avons pas la même façon de penser. Que nous n'avons pas forcément les même avis. Les même réactions. Et c'est tant mieux, au final. Même si ça me laisse un peu de désagréable dans le cœur, c'est mieux comme ça. Si nous étions pareil, je pense que cela m'aurait vite ennuyé. Je n'aime pas le principe d'entendre une redite de ce que je dis, de ce que je pense. Là, on a des choses a confronter, et je suis sur que elle comme moi pourront grandir dans ça.

Je la regarde fureter dans le marché. Nombre de choses semble attirer son attention. Elle a soif d'apprendre. Soif de découvrir. Je me demande si c'est une envie naturelle qu'elle à, ou si c'est à cause de moi. Non, pas à cause. Grâce. Je la regarde sans juger. Je sais ce qu'elle ressent après tout. Si mon frère était totalement plongé dans le religion, moi j'étais parti en pèlerinage pour voyager avant tout. Découvrir le monde, avant de mourir pour lui. Et je sais ce que c'est, découvrir des choses que l'on ne connaît pas. Après tout, si elle est si surprise, c'est parce que ce que l'on trouve ici déroge de son quotidien. C'était la même chose pour moi.

L'heure du midi approche, et mon ventre grogne. Je ne l'entends pas, mais je suis presque sur que elle aussi à faim. On prends rapidement quelques petits trucs sur le marché avant d'aller s'installer dans un coin près de la jetée. On a choisi un peu de tout. Du poisson en brochette, de la fricassée de légumes et des bananes Blanguin en dessert. Le repas n'est pas totalement calme. On discute un peu, surtout de ce que l'on a vu ce matin.

« La vie est différente sur les îles. On a beaucoup moins, mais on se contente de beaucoup moins. Et le peu qu'on a est magnifique. Tu vois, par exemple, moi, j'ai trouvé que vous aviez de la chance sur le continent. Tout est tellement plus rapide. J'échange volontiers quelques sourires contre le fait de ne pas avoir à attendre des heures pour la moindre chose. »

Alors que l'on va attaquer le dessert, un groupe de jeunes passe à coté de moi. Je me sens un peu étrange. C'est typiquement le genre de groupe dans lequel on aurait pu me trouver il y a dix ans. Je souris en coin en écoutant la question de Ryme. Qui est une bonne question. Une bonne suite de questions même. Je garde quelques secondes pour réfléchir alors que je lui lance un regard amoureux. Je ne sais pas ce qu'ils ont mis dans le poisson, mais je me sens un peu chaud d'un coup. Allez Cillian, concentre toi.

« Je pense que la plupart de mes amis sont partis de l'île maintenant. Et c'est ce que j'aurai fait si je n'étais pas devenu Gardien. Tu avais raison, tout à l'heure. Je n'aurai pas fait de vieux os sur l'île. A part artisan ou pécheur, il n'y a pas grand chose à y faire, et ce ne sont pas des carrières qui m’intéressaient. Peut être que j'aurai fini banisseur, ou garde quelconque, quelque part sur le continent. »

Je laisse un ange passer.

« En fait, je pense que j'aurai été Gardien quoi qu'il arrive. Si ce n'était pas pour mon frère, pour n'importe quel autre Invokeur sur le départ. Au final, être Gardien, c'est l'excuse parfaite pour partir. Même si … Ça n'est pas une carrière longue. »[/b][/color]

Un vendeur passe près de nous avec, sur un plateau, des Perles de Kilika. Je ne peux m’empêcher de laisser passer un petit rire presque enfantin.

« C'est ce pour quoi on est tous venus ici, non ? Des Perles. Hey ! Vendeur ! »

Je lève la main et l'homme s'approche de nous en baissant son plateau pour que l'on puisse voir ce qu'il porte. La plupart sont grandes et blanches. Il y en a une, perdue dans le lot, qui attire mon attention. Sans laisser le temps à Ryme de dire ou faire quoi que ce soit, je l’achète avant de la poser sur mes genoux.

Au lieu du blanc éclatant de toutes les autres, elle semble avoir un peu viré au crème un peu foncé, pas loin de ma couleur de peau. Elle est beaucoup plus petite que les autres. Par contre, elle sent beaucoup plus fort. Je regarde la fleur.

« La plupart des gens n'aiment que les fleurs qui sont parfaites. Grandes, blanches. »

Absolument pas cette fleur là.

« Celle ci, elle semble un peu abîmée. Elle a peut être été un peu cognée pendant sa pousse. Ou alors elle n'a pas eu assez de soleil. »

Je me penche un peu et la renifle.

« Mais sent moi cette odeur. »

Je souris rêveusement.

« Elle est un peu comme moi cette fleur. »

Doucement, comme si c'était la prunelle de mes yeux, je la soulève et la tends à Ryme.

« La légende raconte que si un homme offre une de ces fleurs à une femme, c'est un symbole de son amour. Est ce que tu accepte ma fleur ? »

Pas très loin de nous, j'entends une femme éclater en sanglots. Maman ?

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Ryme

Invokeure

le Mar 21 Nov 2017 - 13:28
Bien qu’il trouvât des avantages à la vie sur le continent, Ryme voyait la chose d’une manière différente. Avoir peu, savoir faire avec peu et se laisser bercer par la douceur des îles était quelque chose qui la séduisait. Peut-être parce qu’elle avait passé une grande partie de sa vie dans le faste vicié de Yevon. Peut-être parce qu’ainsi, elle espérait devenir une meilleure personne. Une personne qu’il serait vraiment fier de chérir, pas uniquement pour sa beauté ou son bon caractère. Une bonne personne que l’on pourrait regretter une fois que le voyage prendrait fin. Son corps irait sans doute en terre à Bevelle, son esprit rejoindrait l’Aude-là, mais son cœur resterait toujours entre les mains de Cillian. Cette pensée lui tira un sourire alors qu’elle l’écoutait parler du fait qu’il avait raison concernant l’adolescent qu’il avait été.
Elle se demanda alors, quelle vie aurait été la sienne si elle n’avait pas été choisie pour intégrer les Voix de Yevon. Peut-être aurait-elle exploré le monde, peut-être aurait-elle tenue une petite échoppe dans une grande ville. La religion ne l’avait jamais vraiment intéressée et elle ne croyait pas vraiment. Ou plutôt, les prêtres des Voix s’étaient chargés de lui faire perdre son goût pour la religion. Peut-être que, finalement, elle serait quand même devenue Invokeure.

« Peut-être que notre rencontre est le fruit du Destin. » murmura-t-elle, forte de ses pensées.

Cillian interpella alors le vendeur de fleur. Ce dernier s’approcha et l’odeur sucrée des plantes les enveloppa. Curieuse, Ryme regardait chaque plante avec attention. Si grandes, si belles et d’un blanc éclatant. Parmi les plus jolies, il y’en avait une perclu de défaut : petite, pas très blanche et un peu tordue. Mais ces imperfections attiraient le regard et une fois que l’on réussissait à apprécier les petits incidents qui la formaient, elle se révélait toute sa personnalité. La jeune femme ne fut pas surprise lorsque Cillian l’acheta. Il semblait ravit de cet achat qu’il déposa sur ses genoux. Le marchand semblait un peu surpris de ce choix, surtout qu’il restait encore plein de très belles fleurs, mais il n’en fit pas un cas d’école et s’éloigna, car il était déjà hélé par un autre couple.
L’ancienne Voix et son compagnon regardaient le végétal. Elle était fascinée par sa finesse, les détails et la beauté de son imperfection. Cillian se faisait l’avocat du diable, prêchant une convaincue. Il l’invita à sentir le parfum de la fleur. Un vrai délice, une fragrance délicate qui ressemblait à aucune autre. Un mélange de vanille, d’iris et de lys avec une touche épicée.

Il se compara à la Perle de Kilika. Ryme ne pouvait qu’être d’accord avec lui. S’il avait été une belle fleur blanche un jour, il était à présent aussi malmené et tordu que la plante qu’il avait choisi. Il avait perdu des choses qui le rendait moins éclatant, mais qui lui conférait une profondeur que les autres n’avaient pas. Sans quitter les pétales des yeux, l’Invokeure se mit à sourire. C’est vrai qu’elle lui ressemblait.
D’un geste délicat, presque tremblant, il la lui tendit. Ryme allait tendre sa main afin de se saisir de la tige, mais il les paroles qu’il lui offrit l’arrêtèrent net dans son geste. Les joues rosies par le plaisir et l’émotion, elle se mordit légèrement la lèvre, réprimant un sourire bien trop heureux de son visage.

« Pour moi, c’est la plus belle fleur qui soit. Elle est parfaitement imparfaite et je l’adore comme ça. » Répondit-elle simplement en allant cueillir la plante d’amour entre les doigts de son compagnon.
Elle allait en profiter pour se rapprocher un peu et l’embrasser de nouveau, mais des petits sanglots, non loin, lui pesèrent sur le cœur. L’expression dans le regard de Cillian lui indiqua qu’il connaissait bien ses pleurs, sûrement ceux de sa mère. Ryme attrapa la main de son Gardien, il avait beau dire qu’il considérait ses parents comme « morts » pour lui, ces yeux-là étaient ceux d’un fils inquiet, ni plus ni moins.
La petite femme ne fut pas difficile à trouver, mais à la grande surprise de Ryme, elle ne semblait pas pleurer de tristesse, mais plutôt de joie. Sous l’impulsion de l’Invokeure, ils avancèrent vers la tisserand. Son attitude attirait beaucoup de regards étonnés de la part des badauds, mais également des autres commerçants.

« Allons un peu plus loin, si vous le voulez bien. » murmura Ryme en posant une main amicale que le dos de sa belle-mère. Elle n’opposa pas de résistance et se laissa guider un peu à l’écart. Cillian semblait moins enclin à suivre, mais elle ne pouvait guère le blâmer.
Ils attendirent silencieusement que les larmes se tarissent. Leurs mains se joignirent pendant ce temps. Une manière pour Ryme d’assurer à son compagnon qu’elle ne le laisserait pas, qu’elle était là avec lui.

« Mon fils… » soupira la vieille femme après avoir reniflé légèrement bruyamment. Elle sortit un mouchoir et souffla fort à l’intérieur. Les manières très naturelles de la mère de Cillian choquaient un peu l’ancienne Voix, habituée à masquer ses sentiments d’un voile de fierté et de pudeur.
« Tu es revenu et avec une jolie femme à tes côtés ! Dire qu’avec ton père nous n’avons pas cru ton frère lorsqu’il nous a dit que tu avais trouvé l’amour à Bevelle et que tu avais décidé d’y travailler pour profiter un peu de ta belle. Nous qui pensions qu’il te trouvait des excuses pour ne pas rentrer ! Oh, et cette histoire de fleur, ça me rappelle ton père qui me faisait la cour ! Je suis si émue ! »

Ryme se détendit. Elle n’était pas heureuse qu’on ait menti à la famille de Cillian, mais peut-être que cette vérité alternative valait mieux que celle qui s’était réellement produit. La petite bonne femme s’était approché de son fils. Instinctivement, l’ancienne Voix avait dénoué leurs doigts.

« Si tu rentres, c’est que tu as sans doute une bonne nouvelle à annoncer au reste de la famille ! Un mariage ? Des enfants peut-être ? Oh, si tu savais comme je rêve d’être grand-mère ! Ton frère ne s’intéresse toujours qu’a la religion et ta sœur éconduit tous les prétendants qui se présentent à elle. Si ça continue, je passerais l’arme à gauche avant d’avoir pu m’occuper de mes petits enfants ! »

Ryme esquissa un sourire poli, malheureusement pour elle, ils ne venaient pas dans les îles pour ce genre de raisons. Mais l'Invokeure n'avait pas vraiment le coeur de briser le petit bonheur qu'elle était entrain de se construire.

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Cillian

Monsieur tout le monde

le Mar 21 Nov 2017 - 15:03
Visiblement, ça à l'air de lui faire plaisir. Ses joues se teintent d'une adorable couleur rose alors qu'elle se mordille la lèvre. Ça réveille en moi des choses qui me donnent envie de la serrer fort contre moi, et plus si affinités. Ce qu'elle est belle. Elle parlait de destin, tout à l'heure. Moi je parierai plus sur de la chance, du moins dans mon cas. Elle tellement belle qu'elle aurait pu rendre amoureux n'importe quel homme, et, je suis sur une bonne partie des femmes de ce bas monde. Et elle m'a choisi moi. C'est … Je souris et me penche vers elle quand les sanglots résonnent dans mon oreille. Maman ?

D'un coup d'un seul, je m’arrête sur place alors que je sens la main de Ryme se glisser dans la mienne, comme pour mentalement m’empêcher de tomber. Mon regard se teint d'inquiétude. Je ne saurai dire si je suis inquiet pour elle, ou si je suis inquiet pour moi. Ma peur pour elle vient sûrement du fait qu’aucun fils, aussi détaché qu'il souhaite l'être, ne peut vraiment se détacher de sa mère. Ne peut rester de marbre en l'entendant pleurer. Ma peur pou vient vient du fait qu'encore une fois, je ne me sens pas prêt à affronter cette épreuve. Mais si c'est la deuxième fois en une journée que l'univers met ma mère sur mon chemin, ça doit être pour une bonne raison.

Je ne me lève que quand je sens Ryme tirer doucement sur mon bras. Je me sens être étrangement raide, comme si j'étais mal réveillé. Elle me tire jusque la source du bruit. Et c'est effectivement ma mère. Pendant une fraction de seconde, les démons rappliquent. C'est quand même étrange que, comme par hasard, ma mère se trouve ici à cet instant. Je lance un regard à Ryme, qui semble aussi .. Dérangée, si c'est le mot, que moi. Pour l'instant, je vais faire tout les efforts du monde pour ne pas croire que c'était un piège. Elle ne me ferait pas ça, hein ?

La rousse propose que l'on s'éloigne un peu de la foule. C'est un bon plan. Les gens commencent à nous regarder un peu de travers. Décidément, Ryme et moi allons nous faire une étrange réputation si ça continue ainsi. Au fond de moi, je m'en moque. Ils peuvent bien penser ce qu'ils veulent, ça ne change pas al réalité des choses. Qu'ils soient cons, ils ne méritent que ça. Mais peut être que ça peut déranger Ryme. Si elle à l'habitude d'être au centre de l'attention, c'est peut être une histoire qu'elle n'aimerait pas répéter. Peut être qu'elle voudrait bien un peu de tranquillité. A mon corps presque défendant, je les suit. Je ne peux pas me défiler maintenant.

Presque sans déverrouiller la mâchoire, j'écoute ma mère parler. Oui, je suis revenu avec une jolie femme à mes cotés. Ravi de voir que ta vue n'a pas trop baissée maman. Je fronce un peu les sourcils en entendant la suite. Visiblement, le frérot avait jugé bon de ne pas dire la vérité aux parents. Car oui, il est pour moi impensable qu'en tant que membre du clergé, il n'ait pas appris ce qui me soit arrivé. Surtout qu'il était dans le coin quand j'ai été condamné. Et même, je ne vois pas Vilhatt ou peu importe lequel de ses sycophantes ne pas se délecter d'annoncer ce genre de nouvelles au seul membre identifié de ma famille. Je ne sais pas trop quoi en penser. C'est la meilleur décision qu'il aurait pu prendre, je présume.

Elle continue ensuite sur des lieux communs. Oui, forcément, ça lui rappelle papa et elle quand elle était jeune. Normal. Ça doit être assez difficile de trouver un couple des îles qui n'a pas, à un moment ou un autre, partagé une Perle de Kilika, mis a part ceux qui n'ont pas assez duré pour assister à la fête de l’éclosion. Elle continue ensuite sur des plans sur la comète alors que Ryme glisse sa main dans la mienne, sûrement pour m’empêcher de reculer plus que ce que je ne l'ai fait quand maman s'est approchée. Mariage. Des enfants. Comment lui dire que ce n'est pas au programme ? Non. Ce n'est pas la bonne question que je me pose. Comment le dire d'une façon pas complètement désagréable ? Je regarde Ryme, qui semble se contenter d'un petit sourire de convenances. Ça va être a moi d'expliquer les choses. Je me racle ka gorge avec un peu de difficulté avant de prendre la parole.

« Pas vraiment, en fait. »

Je tourne le visage vers Ryme.

« Pas de mariage à l'horizon pour maintenant, il me semble non ? Pas d'enfants non plus, a moins que tu ne m'ai caché quelque chose. Non, on était juste venus pour passer un petit coucou. »

Je ment comme un arracheur de dents, et je suis quasiment sur que Ryme doit pouvoir le lire sur mon visage. Maman aussi, peut être. Mais qu'est-ce que je suis sensé dire ? Que Ryme est une Invokeur ? Que j'ai sûrement encore trop de soucis psychologiques pour ne serait ce que simplement coucher avec ma fiancée ?

« Un coucou, et vous la présenter. Il n'y a peut être pas de mariage de prévu, mais c'est assez sérieux entre Ryme et moi. »

Je n'ose pas dire ce que j'ai sur le cœur. Je n'ose pas dire que les voir n'était même pas prévu. Je n'ose pas dire que, tout simplement, même retrouver Ryme n'était pas prévu. Je ne sais pas vraiment quoi faire.

« Tu es la seule sur Kilika, ou tu es venue avec papa et sœurette ? Qui sait, peut être qu'elle a vaincu son mal de mer. »

Maman me regarde un peu en coin. Elle doit sentir que tout n'est pas dit, mais elle ne semble pas vouloir appuyer plus. Ça a toujours été un de ses talents. Elle sait flirter avec la ligne entre bonheur et désillusion. Elle doit bien se douter qu'il y a anguille sous roche, mais tant qu'on ne lui mettra pas le nez dedans, elle sera tout a fait capable de refuser tout en bloc.

« Non, je suis toute seule. Papa est en train de voir pour organiser un effort d'aide à Kilika au village, et ta sœur est toujours aussi incapable de mettre les pieds sur un navire. Ryme, comme la chanteuse ? C'est vrai que vous lui ressemblez beaucoup, mademoiselle. Un peu plus jeune, peut être. Vous êtes très jolie. Mon fils à de la chance. »

Je hausse les épaules. Elle n'a pas tort.

« Je me suis permise d'envoyer un courrier à la famille après t'avoir vue. Il faut que tu revienne au moins dire bonjour à tout le monde Cillian. »

L'autre talent de ma mère : mettre les gens dans une situation inconfortable. Je me demande comment j'ai même pu croire au simple fait qu'elle puisse garder sa bouche fermée. Je n'ai plus le choix maintenant, il va falloir que j'aille saluer la famille, et le simple fait qu'on m'y force me donne envie de fuir encore plus vite. Je braque mon regard sur la rousse.

« Ce n'est malheureusement pas moi qui choisit l'emploi du temps. Tu en dis quoi mon amour ? »

Je peux sentir ma mère trépigner d'ici. Elle les veut vraiment, ses petits enfants.

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Ryme

Invokeure

le Mer 22 Nov 2017 - 10:21
À quoi pouvait-il penser lorsque sa mère commençait à faire des plans sur la comète ? Ryme arrivait à garder le cœur serein et l'esprit clair face aux propositions qui s'enchaînaient. Mais sa psyché n'avait pas été déchirée avec cruauté. Elle n'avait pas besoin de se reconstruire et de tester toutes les vérités possibles avant de choisir la bonne. Bien qu'elle aurait voulu arrêter le flot de parole de la mère de Cillian, elle en était incapable. Elle n'arrivait pas à lui dire que non, ils ne se marieraient probablement jamais parce qu'elle avait choisi de devenir Invokeur. Elle n'arrivait pas à lui dire que pour la même raison, ils n'auraient probablement jamais d'enfants. Mais c'était peut-être mieux ainsi. Ryme n'avait jamais connu la chaleur d'un véritable foyer, Cillian était en miettes et personne ne savait si un jour les morceaux de son être pourraient être recollé. Avoir des enfants dans de telles conditions... N'était pas raisonnable, ni intelligent. Ils ne pouvaient offrir que de la tristesse.
Mais finalement, devant les pupilles brillantes, son compagnon trouva la force d'expliquer la situation. Ryme lui en était reconnaissante. Avec justesse, il trouva des excuses. Il n'était pas vraiment le meilleur menteur qui fût, mais, sa mère semblait y croire et c'était le plus important. Peut-être que si elle ne connaissait pas la vérité et qu'elle ne commençait pas à le connaître aussi bien, peut-être y aurait-elle cru. Quant à elle, elle se contentait d'être souriante et jouait le jeu. Elle réussit même à rosir un peu des joues lorsqu'il annonça qu'entre elle et lui, les choses étaient « sérieuses ». Bien sûr, quelque part, cette information n'était pas fausse. Mais cela faisait si peu de temps qu'ils s'étaient retrouvés après une séparation qui avait au moins durée une année. Leurs retrouvailles n'étaient même pas vraiment au programme... Et ils avaient besoin d'apprendre à nouveau tout de l'autre. Les doutes étaient une chose parfaitement logique et normale dans un couple. Mais lorsque les dit doutes impliquaient que les sentiments que l'un et l'autre pouvait éprouvé n'était qu'une vaste machination... Ce n'était déjà plus très sain. Ni très classique.

La mère de Cillian ne fit pas le rapprochement avec les Voix de Yevon. D'abord surprise, elle se dit que peut-être les gens de Besaid ne connaissaient que son nom et le visage de poupée bien maquillée sur les affiches des concerts. Seuls les membres les plus inexpérimentés allaient à Besaid. Ryme n'avait jamais eut cette chance puisque dés ses débuts, elle était devenue une des favorite du public, mais également de Vilhatt qui n'aimait pas voir ses jouets aller trop loin sans lui, qui ne quittait jamais les terres. L'ancienne Voix espéra que sa mine surprise pouvait passer pour un peu d'embarras devant la remarque. Après tout, Ryme des Voix de Yevon était sans doute un modèle pour beaucoup de jeunes filles et de femmes de Spira.

« Oui, mais nos noms ne s'écrivent pas vraiment de la même manière. C'est une coïncidence qui m'a souvent valut des petites taquineries. Et j'ai beaucoup de chance également d'avoir Cillian dans ma vie. » répondit-elle d'une voix aimable en glissant une œillade presque amoureuse à son compagnon.

Mais aussitôt dit, aussitôt oublié. La mère de Cillian l'informa qu'elle avait déjà prévenu toute sa famille qu'il était vivant et sur le retour. La situation le mettait clairement mal à l'aise. Ryme ne pouvait que comprendre. Sa parente avait l'air d'être très gentille, pétrie de bonne volonté, mais son désir de vouloir trop bien faire semblait être une source de gêne sans qu'elle ne s'en rendît compte. Et lorsqu'il lui laissa la responsabilité de choisir pour eux, Ryme se demanda s'il n'avait pas hérité de ce trait. Elle lui lança un regard mauvais, fronçant légèrement les sourcils. À peine rencontrée, elle n'avait pas envie d'être déjà une source de déception.
Ryme considéra la demande, il était évident qu'il n'était pas prêt à retourner à Besaid. Il fallait juste qu'elle trouve une excuse pour se défiler, mais... Le regard de chien battu que la mère de Cillian lui lançait était terrible. Soudainement, elle pensa qu'elle était heureuse que le fils n'ait pas cette capacité, sinon, il pourra la mener par le bout du nez et faire d'elle tout ce qu'il voudrait. L'Invokeure se racla un peu la gorge.

« Malheureusement, nous ne pourrons pas venir tout de suite. En tant que mage blanche, ma présence est encore demandée pour soigner des blessés. Cette matinée en tête-à-tête était ma seule journée de repos... commença-t-elle d'une voix douce, un léger sourire désolé sur le visage.
Oh je comprends, ça doit être difficile en ce moment, avec la catastrophe... Ma pauvre petite, j'espère que vous mangez bien et qu'il ne vous épuise pas trop. Mais ça m'aurait tellement fait plaisir de vous avoir... Vous savez, on n'a pas beaucoup de visite sur l'île et ça fait si longtemps...
Je suppose que... Nous pourrions venir sur Besaid d'ici quelques jours, le temps que je ne sois plus sollicitée par le temple... murmura prudemment Ryme en jettant un regard désolé à son compagnon.
Oh, je suis heureuse, je suis sûre que tout le village sera en joie également ! Je vais de ce pas envoyer des courriers pour prévenir tout le monde ! »

Sans réellement demander son reste, la petite femme tapota l'épaule de Ryme et passa une main affectueuse sur le visage de son garçon. Elle leur adressa un regard bien trop avide de bonheur avant de se détourner. Un sacré numéro, songea Ryme en soufflant légèrement une fois sa silhouette disparue dans la foule du marché.

« Je suppose que ça nous laisse au moins encore quelques jours pour nous... » déclara-t-elle d'une voix un peu amusée.
« Tous les membres de ta famille sont comme ça, où elle est unique en son genre ? » demanda-t-elle en reportant son attention sur Cillian.

Elle envoya timidement une main vers son torse. Après tout ça, elle avait besoin d'un peu de proximité physique avec lui, d'un vrai contact sincère qui ne pourrait pas mentir.

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Cillian

Monsieur tout le monde

le Mer 22 Nov 2017 - 13:26
Je m'en veut un peu, de la jeter dans le feu comme ça. Même si c'est plus ou moins vrai qu'elle est la maîtresse du temps, j'aurai pu répondre moi même. Et, de toute façon, je me connais. Même si c'est sans elle, j'y serait allé. Même si j'ai beaucoup de colère et de frustration envers mes parents, je ne peux pas les faire souffrir comme ça. Et je sens son regard mauvais sur moi. C'est une première je crois. Mais j'assume. Enfin, j'accepte. J'accepte sa colère, elle est ma faute. Mais je ne me sentais pas de répondre. Elle commence par repousser l'échéance. Même si elle ment sur la forme, le fond est vrai. Nous sommes occupés sur les quelques jours qui viennent. Occupés à nous deux, mais occupés quand même.

Je note qu'elle ne parle pas de sa condition d'Invokeur. Je présume qu'elle n'a pas envie de décevoir ma mère, mère qui lui offre un essaie de son pouvoir ultime d'yeux de chiens battus. Parfois, je regrette d'avoir hérité du regard dur de mon père. Dans ses mots aussi, je peux sentir toute cette manipulation émotionnelle. Honnêtement, je ne sais pas si elle le fait exprès ou pas. Mais on ne peut nier qu'elle à le talent de faire ce qu'elle veut des gens. C'est pour ça que je n'en veut pas à Ryme de dire que l'on viendra. Après tout, même moi j'ai été incapable de dire non. Je lui adresse un petit sourire pour la rassurer. Maman dit ensuite qu'elle va envoyer des courriers pour dire que l'on va venir. Je souris en coin. M'est avis que ces courriers sont déjà envoyés. Quand maman veut quelque chose, maman obtient presque toujours quelque chose.

Je me raidis quand elle me touche le visage. Elle évite soigneusement tout le coté qui est blessé. Marrant. Je me demande ce qu'elle en pense tiens. Mais je me garde bien de lui demander. Je n'ai pas envie qu'elle reste plus longtemps. Tout ce que je veux, c'est qu'elle reparte. Et qu'elle perde ce regard mièvre. Je dois lutter contre mes démons, qui me disent de lui lancer à la figure tout ce que j'ai sur le cœur. Toute la colère que je garde en moi. Toute la frustration. Toute la tristesse. Mais je me retiens. Principalement parce que Ryme est là. Pas que je n'ose pas parler de ce que j'ai sur le cœur devant elle. Mais je n'ai pas envie de provoquer un scandale là maintenant. Je me tourne vers elle et esquisse un sourire en l'entendant soupirer. Doucement, presque comme si elle avait peur, elle pose sa main sur mon torse. Elle n'aurait pas pu mieux deviner que j'avais envie d'un peu de contact.

Lentement, je pose ma main sur le dos de la sienne, avant de la décoller pour l'enserrer dans la mienne. De l’autre bras, je vais chercher son autre main, que je noue pareillement à la mienne, avant de la tirer doucement vers moi. Je profite de sa chaleur quelques secondes avant de répondre a sa question avec un ton un peu amusé.

« Plus ou moins, oui. Il n'y a que mon père et moi qui sommes … Comment dire ? »

Effectivement, comment dire ? Comment nous qualifier ? Surtout, est-ce que je peux vraiment toujours me dire comme ça ? Pas vraiment, en fait. Il y a beaucoup trop de colère en moi maintenant pour dire ça. Mais je continue ma pensée. Je pense que cet état est encore quelque part en moi, et peut être que ça reviendra un jour.

« Placides ? Taiseux, c'est peut être meilleur. On ne le dirait pas, mais d'habitude, je ne suis pas trop loquace. C'est peut être parce que je suis avec quelqu'un que j'aime, je ne sais pas. »

Je baisse mon visage vers elle et dépose doucement mes lèvres sur son front. Je sais que l'envie est fugace, mais je passerai bien le reste de ma vie comme ça. D'un ton plus doux, je continue de parler en lui lançant un regard amoureux.

« Merci de ne pas m'avoir laissé tomber. Que ce soit avec ou sans toi, il aurait fallu que j'y aille. »

Mon visage s'assombrit un tout petit peu, mais assez pour briser ce masque de calme que j'essaie de porter. Visiblement, toute cette histoire me pèse sur le cœur, mais je fais tout les efforts possibles pour ne pas laisser ça trop m'atteindre. C'est un peu comme un entraînement pour moi. Je muscle ma fortitude mentale avec ces choses sans vraie importance pour nous.

« Y aller ne me remplit pas de joie, mais au moins je serai avec toi. Et avec toi, j'irai partout, tu le sais. »

Elle sait que je serai prêt à tout donner pour elle. Elle le sait parce que je l'ai déjà fait. Et mon sourire, peut être un petit peu forcé à cet instant, est fait pour la rassurer. Je la serre un peu plus contre moi aussi.

« Bon. Et si on finissait ce marché ? On pourra aller se baigner après si tu veux. Tu sais nager ? Je pourra t'apprendre si tu veux. »

Il retire une de ses mains du dos de la jeune femme pour la poser sur son visage et le lever vers le sien, avant de l'embrasser avec tendresse et retenue.

« Oh, ensuite, si tu veux, on pourra acheter quelques trucs pour se faire un repas ce soir. Je suis sur que l'aubergiste pourra nous prêter de quoi cuisinier si on lui demande gentiment. Ça te tente de m'aider à choisir ? »

Je n'ai même pas à me forcer pour trouver un peu d'enthousiasme en moi. Ça peut paraître idiot, mais en fait, je me sens vraiment prêt à affronter Besaid, si c'est à ses cotés. Cette petite situation avec ma mère, même si elle n'était pas agréable sur le coup, m'a montré que je pouvais compter sur Ryme. Et j'en avait besoin.

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Ryme

Invokeure

le Ven 24 Nov 2017 - 21:29
Leurs mains se rejoignirent enfin. Un soupir perla sur les lèvres de Ryme. La jeune femme aimait plus que tous les instants où ils étaient seuls. Parce que tout le reste, la réalité qui l'attendait au tournant, ne semblait plus avoir d'emprise sur eux. Même la petite aigreur dans son ventre, qui se forma alors qu'il embrassait son front, elle la chérissait. Parce que le geste était associé à un souvenir. À un moment qu'ils avaient partagé. Un instant qui l'avait blessée, certes, mais qui ferait une bonne anecdote si jamais... Non, Ryme chassa rapidement l'idée que son cerveau avait mit en germe. Elle n'aurait pas de famille à qui raconter tout ça. Et celle de Cillian n'avait pas besoin de savoir ça, qu'elle s'était cassé les dents avant de conquérir petit à petit son beau brun ténébreux. Il y avait peu de chances que ça les intéresse. Et si la famille était comme l'imaginait Ryme, ce genre de petites perles serait sans doute le sujet de nombreux ragots. Et il n'avait pas besoin de ça.

Il affirma ensuite être le seul, avec son père qui n'avait pas le super-pouvoir des yeux de chiens battus. Quelque part, c'était un soulagement, peut-être trouverait-elle en le géniteur de sa moitié un précieux allié. S'il était fait du même bois de Cillian, elle était presque sûre de déjà l'apprécié. Un sourire aussi tendre qu'amuser se dessina sur son visage alors que son compagnon avouait que d'ordinaire, il n'était pas un grand bavard. Pourtant, elle l'avait toujours connu assez éloquent. Peut-être que finalement, son charme avait fait effet depuis le premier regard. Cette pensée l'amusa un peu et elle savoura le bien-être d'être près de lui.

« J'ai... Hâte de rencontrer le reste de ta famille. Ils doivent mener la vie dure à ton pauvre père. On lui offrira un peu de soutien face à l'armée de regards de chiens battus ! » déclara-t-elle doucement en se laissant aller aux attentions qu'il pouvait lui prodiguer.

Cillian était tactile. C'était une chose qu'elle avait autrefois en horreur. Mais c'était peut-être parce que les mains qui la cherchaient la répugnaient. Ces mains-là, cette bouche, ce regard, elle les aimait plus que tout. Alors, elle aussi se laissait prendre au jeu en se lovant bien volontiers contre lui, en caressant avec douceur la peau qu'elle avait sous les doigts.
Lorsqu'il énonça sans fard qu'il irait n'importe où pour elle, elle se contenta de lui sourire un peu tristement. Il avait déjà tout donné pour elle et Ryme n'avait pas vraiment envie que ce triste destin recommence. Elle était d'ailleurs, très étonnée que personne de l'église ne soit pas déjà venu à sa rencontre avec un message du seigneur Vilhatt. Après tout, il verrait sans doute rouge s'il savait... Non seulement la Via n'avait pas eu raison de lui, mais elle n'avait pas non plus endormie dans l'oeuf les sentiments qu'ils éprouvaient l'un pour l'autre.

Dans une infinie tendresse, il leva son visage vers le sien, lui offrant un baiser presque pudique. Elle aimait ce genre de manière délicate, qui lui donnait l'impression d'être la chose la plus précieuse au monde. Mais, le verbe de la mère de Cillian avait planté un petit doute dans le cœur de la jeune femme. Qu'en était-il de l’intime entre eux ? Elle l'avait vu nu et connaissait presque par cœur chaque détail de son torse, mais lui semblait refuser d'explorer plus en avant sa chair. Avait-il peur de ce que cela pourrait engendrer ? La jeune femme chassa rapidement ses idées : cela ne faisait pas tellement longtemps qu'ils s'étaient retrouvés, il ne devait sans doute pas lui donner l'impression de ne désirer que son enveloppe charnelle.

« En avant alors ! Mais je te laisse guider la marche, je n'ai fait que te traîner d'étale en étale depuis ce matin. » le taquina-t-elle un peu.

« Mais je crois que tu as définitivement choisi la plus mauvaise femme à épouser, homme de Besaid. Je ne sais pas nager, je n'ai jamais su et je crois bien qu'avec ma jambe, je ne réussirais jamais à faire la moindre brasse. Et pour couronner le tout, je ne sais absolument pas cuisiner. » avoua-t-elle en rougissant un peu. Ryme savait tout du chant, de l'art de la séduction et du paraître, mais ignorait tout des choses réellement utile pour la vie courante. Bien qu'elle ait déjà dormi « à la dure » lors de son voyage, Gordias s'arrangeait toujours pour qu'elle puisse toujours bien se reposer et bien manger.

« Mais, je ne suis pas contre ces idées, au contraire ! Ça me ferait très plaisir d'essayer de cuisiner avec toi, et d'aller dans l'eau aussi. Mais tu risques d'avoir de quoi te moquer de moi pendant longtemps, je pense. » Affirma-t-elle en prenant une moue faussement boudeuse.

Malgré sa fausse décontraction, Ryme sentit doucement son corps se crispé. Elle essayait toujours de maintenir cette apparence forte, déterminée et altière, particulièrement devant lui, car, elle estimait qu'il était de son devoir d'être un point d'ancrage. Mais également, car, il avait vécu tant de choses, éprouvé tant d'épreuves, qu'elle n'avait – selon elle, pas le droit de se montrer vulnérable. Sa jambe commençait à la faire sourire cruellement, mais elle essayait de garder un visage aimable, doux. Cette visite, ce temps passé ensemble semblait lui être bien trop précieux, important pour qu'elle le gâche avec sa blessure.
Conformément, à la proposition de Cillian, ils continuèrent à déambuler un peu dans le marché, mais rapidement l'appel de la mer se fit ressentir. Ils s'éloignèrent un peu de la jetée la plus fréquentée, poussant jusqu'à une petite crique où, il était presque sûr que personne ne viendrait les déranger.

« Bien, faites votre office professeur ! » déclara Ryme en faisant face à l'océan.
« Voulez-vous bien vous retourner le temps que j'enlève mon pantalon ? » demanda-t-elle sur le même ton.

Elle attendit qu'il s'exécute avant de retirer ses bottes ainsi que son bas. Son chemisier ne semblait pas craindre l'eau, alors, elle avait choisit de le garder. Avant qu'il ne se retourne, Ryme avait déjà entrepris d'aller rejoindre l'eau. Elle espérait ainsi à la fois soulager le mal qui lui grignotait la chair, mais elle espérait également cacher la blessure aux yeux de Cillian. Le tissu de son haut la couvrait assez pour que les longues plaies qui lui léchaient la hanche et le bas-ventre ne soit pas visible. Elle avait envie d'être intacte, ne serait-ce qu'un instant.

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Cillian

Monsieur tout le monde

le Sam 25 Nov 2017 - 13:10
Elle a hâte de rencontrer ma famille. C'est bien. Il faut bien qu'il y en ait un de nous deux qui ait envie. Je ne sais pas comment ça pourra se passer. Bien, je présume. J'espère. En tout cas, si maman aime bien Ryme, ce qui à l'air d'être le cas, il ne devrait pas y avoir trop d'éclats. Après tout, malgré toute sa bravado et son machismo, papa Cillian devait bien accepter que c'était elle la chef à la maison, et que si elle aimait quelqu'un, toute la famille était obligée de la tolérer, vois même de l'accepter. Et puis, de toute façon, comment ne pas aimer Ryme ? Elle a tout pour elle. Mon très cher frère serait charmé de voir une autre personne de religion dans la famille, si on peut qualifier Ryme comme ça, tandis que ma sœur serait contente d'avoir ENFIN une autre femme avec laquelle discuter.

Sa remarque suivante me tire un petit sourire. Alors que l'on marche vers le gros du marché, je la serre doucement contre moi avant d'embrasser sa tempe.

« Tu sais, si j'avais voulu d'un dauphin sachant cuisiner, j'aurai choisi une femme des îles. »

Je la relâche un peu en la gardant quand même près de moi. Pas envie qu'elle disparaisse. Je ne sais pas pourquoi je pense ça, mais je le pense. Sans le vouloir, sa remarque m'a laissé un arrière goût de terreur dans la bouche. Et si elle se rendait compte que je n'étais pas fait pour elle ? Mon ventre se tords un peu, mais mon esprit est étrangement calme. Comme si … Et bien, comme si ça ne me dérangeait pas tant que ça. Non. Ce n'est pas ça. Comme si je chérissais un peu ce genre de moments. Ce n'est pas agréable, mais ce n'est pas le pire. Si j'ai peur de la perdre, ça veut dire que je l'ai, non ? Et c'est mieux que rien du tout.

« Et puis tu n'es pas plus bête ou moins douée qu'une autre. Tu apprendra, si tu le veux. »

Doucement, ma main glisse dans son dos. Ca me donne des frissons.

« Et ne t'inquiète pas, l'idée n'est pas de faire de toi une joueuse de Blitzball. Tu essaie comme tu peux, et ce sera très bien. »

On reprends ensuite notre marché. Il y a vraiment de tout. Je présume que c'est à cause du passage de Sin. L'avantage de la baleine du mal, c'est qu'elle à un peu tendance à faire ressortir le meilleur chez les gens. On croise, sur les étals, des produits que jamais je n'avais vu dans les îles. Un peu comme si les gens du continent s’étaient dit que mince, les genre de Kilika ont souffert, il faut leur apporter un peu de bonheur. Tout semble un peu moins cher aussi, du moins ce qui n'est pas local, et aucun touriste ne semble rechigner à payer un peu plus pour les productions de l’île, comme si ils savaient que les marchands auraient besoin de ces quelques gils de plus pour les réparations.

J'hésite à investir dans un petit cadeau en plus que la fleur pour Ryme, mais malheureusement, l'état de mes finances ne me permet pas de faire de folies. On se rabat sur les marchands de nourriture. Il y a un beau morceau de gigot qui fait envie. Je prends aussi quelques dattes, un peu de fruits popoto et un ou deux anis géants de Besaid. Pour un repas du soir, ça devrait être assez je pense. Pendant le marché, je reçois quelques regards jaloux. C'est normal. Je suis aux bras de celle qui est surement la plus belle femme du monde, en plus de faire partie des Invokeurs qui ont sauvé l'île et d'être une ancienne star. Et c'est pour ça qu'au final, mis a part de brouhaha habituel des démons, je ne m'en formalise pas. Ce dont ils ont envie, ce qu'ils désirent, ce n'est pas Ryme, mais cette espèce d'image pristine minutieusement créée que les Voix leur ont vendu.

Je remarque bien que Ryme semble avoir de plus en plus de mal à se déplacer. Même si elle fait de gros efforts pour le cacher, j'arrive à le discerner. C'est peut être la lueur dans son regard qui change un petit peu quand elle doit faire des efforts sur sa jambe abîmée. C'est peut être son pas qui se fait un peu plus traînant. C'est peut être le fait qu'elle s'appuie un peu plus sur moi. Mais je m'en moque. Elle a le droit d'avoir mal. Cependant, je nous dirige rapidement vers la mer. J'ai bon espoir que l'eau la soulage un peu. Pas directement bien sur. Si la mer pouvait faire ce genre de miracles, ça se saurait. Mais peut être que flotter soulagera la pression sur sa jambe blessée.

On avance, par chance, jusqu'à une crique tranquille. De toute façon, il n'y a pas grand monde à la plage. Les souvenirs de Sin sont sûrement bien trop présents dans la tête des gens. Rapidement, sans y prêter plus attention que ça, je me défait de mon haut et de mon pantalon. Sans renâcler, j’obéis a on injonction, même si … Je me demande ce qu'elle pense de tout ça. Maman a été bien lourde sur le fait d'avoir des enfants, et pourtant nous n'avons pas été plus loin que des baisers plus ou moins chastes. Mais je ne me sens pas prêt. J'ai peur, même. Peur de ne pas réussir à la satisfaire. Peur que l'intimité la dégoûte. Yevon seul sait, ce bâtard malade, ce que les prêtres ont pu lui faire subir, et j'ai peur de ne pas savoir comment faire pour lui faire oublier tout ça. Je frissonne doucement alors que des nuages noirs tombent sur mon cœur. Je ne me retourne que quand elle est dans l'eau. Pas que sa blessure de me dérange. Certes, je ne l'ai jamais vue, mais je ne pense pas qu'une blessure, aussi horrible qu'elle soit, puisse me détourner d'elle.

Je la rejoint dans l'eau et m'approche doucement.

« Tu ne sais pas du tout nager, ou tu as déjà quelques bases ? »

Quoi qu'il en soit, je vais l'aider pareil.

« Avance un peu, jusqu'à ce que l'eau t'arrive au milieu du ventre. »

J'ai l'avantage d'être plus grand quel, et donc de pouvoir aller plus loin dans l'eau. Je pourrai donc mieux l'aider.

« Montre moi comme tu réussis à rester à la surface. Ne t'inquiète pas, tu as pieds là, et je suis là pour te récupérer si besoin. »

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