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Whatever lies beyond this morning [PV Cillian]

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Ryme

Invokeure

le Dim 26 Nov 2017 - 9:59
Alors qu'elle le regardait avancer vers la mer, des souvenirs, lui revenait en mémoire. Ce n'était pas la première fois qu'elle le voyait torse nu depuis hier, mais... Peut-être était-ce le fait que la situation prêtait à l'exercice, toujours était-il qu'elle se rappelait avec nostalgie de l'époque où, il faisait sa rééducation à l'hôpital. La majorité des blessures qu'il avait reçues n'avait pas réellement endommagé son apparence, bien qu'une cicatrice lui barrait le ventre. Elle avait le souvenir d'avoir regardé à la dérobé, comme une petite voyeuse, la courbe insolente de ses muscles à l'époque. Ryme n'avait jamais vraiment compris pourquoi il avait été si prompt à faire ce genre d'exercice devant elle. À l'époque, il était parfaitement à l'aise avec son corps et si aujourd'hui, il semblait plus timide, aux yeux de la jeune femme, il n'avait pas perdu de sa superbe.
Bien sûr, il était plus maigre. Certains muscles avaient fondu, rendait sa silhouette encore plus élancée qu'elle ne l'était déjà. Et puis, il avait gagné d'autres blessures dans la Via. Soudainement, le cours de natation n'intéressait plus vraiment Ryme. Elle avait envie de redécouvrir les moindres recoin de l'épiderme de Cillian, afin de s'approprier à nouveau le jeune homme. Car, s'il devait probablement penser qu'il avait de la chance de l'avoir, Ryme se sentait probablement tout autant en veine. De toutes les femmes du monde, son choix s'était porté sur le seul fruit pourri du panier. Sur la seule qu'il n'aurait jamais dû toucher. Sur la seule qui posait réellement des problèmes. Du peu qu'elle avait vu, les femmes des îles étaient toutes charmantes et il y avait plein de jolies femmes. Il y avait certes, peu de rousse, mais si la différence ne tenait qu'a une couleur de cheveux....

Sa voix doucement sérieuse la tira de ses rêveries de rivalité. Il lui demanda si elle avait les bases. À vrai dire, le seul endroit où elle aurait pu apprendre à nager était le temple de Djose et la mer, là-bas, n'était pas des plus calmes. Elle avait toujours regardé les autres enfants du bord.

« Non, mas je sais qu'en théorie, il faut agiter des bras et des pieds, en essayant de ne pas se noyer, mais... C'est tout. » avoua-t-elle doucement.

Ne pas savoir nager n'était pas la fin du monde, mais tout de même. Ryme n'aimait pas être pris en défaut. Peut-être parce qu'on l'avait élevée pour être une 'petite miss parfaite' ou peut-être parce que justement, il était sans doute tombé sous le charme de cette perfection illusoire. De toute façon, là n'était pas la question. Pour l'instant, elle devait éloigner ses pensées négatives de son esprit afin de se concentrer sur sa mission du jour, apprendre à nager. Cillian lui demanda de continuer d'avancer. D'aller jusqu'à ce que l'eau lui arrive à la moitié du ventre. Malgré la réserve qu'elle éprouvait à l'idée de se laisser engloutir un peu plus par l'océan, elle s'exécuta.
D'abord, elle essaya d'avancer comme elle l'aurait fait sur terre. Mais, l'effort demandé n'était pas en adéquation avec sa jambe. Ryme entreprit donc de se déplacer en sautant sur sa jambe valide. Son corps était bien plus léger, bien que moins maniable. Mais bon, il n'y avait personne à éviter et au pire, elle risquait juste de rencontrer un Cillian des mers.

Une fois que l'eau lui collait la moitié de son vêtement à la peau, elle s'arrêta. L'océan était encore assez chaud. Se laisser bercer par les légers remouds était agréable. Il lui demanda ensuite d'essayer de rester à la surface. Comment voulait-il qu'elle fasse cela ? Peut-être qu'en décollant les pieds du sol, pour se mettre sur le dos... Elle avait le souvenir de gamins faisant ça et de joueurs de blitzball qui tenait cette position pour se reposer également. Bien. Elle lui accorda un petit regard pas très assuré avant d'essayer.
Ryme bascula doucement les épaules en avant, son dos toucha la surface de la mer tandis que ses jambes allaient vers la surface. Mais, en faisant ça, il verrait... Alors, volontairement, elle ne mit pas sa jambe meurtrie au même niveau que l'autre, causant son déséquilibre. Son corps commença à s'enfoncer par le bas. Automatiquement, elle se mit à battre des mains pour essayer de se redresser, éclaboussant tout sur son passage.
Elle se redressa rapidement et inspira une grande goulée d'air – car bien sûr, pendant tout ce temps elle n'avait pas respirer. Elle porta un regard désolé à Cillian. Il avait un peu perdu de sa superbe, puisqu'elle l'avait arrosé sans vergogne. Elle aussi ne ressemblait plus à grand chose : ses boucles rousses étaient lourdes d'eau de mer et tombaient avec mollesse sur ses épaules et son dos ; son vêtement était trempé, révélant l'armature de son sous-vêtement ; ses joues étaient légèrement rouges, à cause, de l'effort.

« Désolée... » Déclara-t-elle doucement en plaquant ses cheveux sur l'arrière de son visage. Cette coiffure lui donnait un drôle d'air, mais tant pis, elle était toujours plus pratique que d'avoir des mèches humides et pendouillantes devant les yeux.

« Si je mets ma jambe à la surface, tu verras ça, alors... Et, je crois que j'ai pas très envie que tu la voit. »

Ryme avait joint ses mains. Elle jouait nerveusement avec ses mains. Cillian avait déjà vu des morceaux de sa blessure, mais pas la totalité. Pas les parties les plus laides. L'ancienne Voix savait qu'il ne la rejetterait pas pour ça. Mais sa fierté un peu mal placée n'avait pas envie qu'il découvre ses chairs mutilées. Serpentant depuis le genou, les trois horribles cicatrices s'arrêtaient sur son bas-ventre. Une zone de son corps, qui autrefois lui apparaissait comme sensuel. Mais plus maintenant. L'absence du muscle de sa cuisse creusait sa jambe à l'inverse. Et la peau avait été cautérisée non pas par la magie, mais par le feu, lui donnant un aspect mort et vieillit prématurément. N'importe qui, même le plus valeureux des amants serait dégoûté par pareil corps. Peut-être que, si, tu devrais épouser un dauphin qui sait faire la cuisine... songea-t-elle un peu tristement devant son incapacité à réussir le plus simple des exercices.

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Cillian

Monsieur tout le monde

le Dim 26 Nov 2017 - 13:29
Même tout simplement avancer dans l'eau semble lui être difficile. Je me demande si c'est une si bonne idée que ça. Après tout, si sa jambe lui fait mal pour marcher, il n'y a pas forcément de raisons que ce soit mieux pour nager. Après tout, ça demande pas mal d’efforts, se mouvoir dans l'eau. Ce n'est pas aussi gratuit que ça. Et elle ne sait pas du tout nager. C'est un concept que j'ai du mal à appréhender. Ici, tout le monde sait nager. C'est naturel, presque autant que marcher. Même ma sœur, qui est pourtant la créature sur cette terre qui doit le plus voir peur de l'eau, sait nager. Ça n'a pas été facile et j'aurai des heures et des heures d'histoires et autre anecdotes devant moi pour raconter toutes les péripéties qui ont accompagné ça.

Une fois à mon niveau, elle tente de faire la planche. Au moins, elle connaît plus ou moins la technique, même si l'appliquer semble plus compliqué. Je ne suis pas un pro de la mer, mais je sais voir ce qui ne marche pas. Bon. Rapidement, je glisse mes bras sous elle en esquivant ses battements frénétiques des mais. Ce que je ne veux pas esquiver, c'est les litres d'eau qu'elle envoie voler dans tout les sens. Cependant, je n'ai pas vraiment besoin d'intervenir. Elle ne se laisse prendre le bouillon que pendant quelques secondes avant de remonter à la surface. Je m'éloigne donc un peu pour lui laisser son espace vital, avant qu'elle ne m’assène un regard triste. Je lutte pour ne pas aller la serrer contre moi et détourne un peu le regard. En jeux de transparence, je vois des choses que mon cerveau me dit qu'il n'a pas envie de voir, mais que mon cœur et mon corps appellent de leurs vœux.

Elle parle ensuite de « ça ». Sa réaction me blesse. N'est-elle pas la même personne qui s'amuse, même si le mot est peut être un peu mal choisi … Qui se délecte de voir mon œil ravagé ? Est-ce qu'elle n'a pas confiance en moi ? En mes sentiments ? Mon visage s'assombrit un peu. Si déjà maintenant elle n'a pas totalement confiance en moi, qu'est-ce que ça sera plus tard ? Je plante mon regard un peu déçu dans le sien avant de retourner vers la plage sans un mot. Une fois que je juge la distance assez petite, je passe la main sur mon crâne pour détacher mon cache œil, que je lance vers le tas de nos vêtements. Ce n'est pas exactement ça, mais il est tombé assez proche pour ne pas qu'on le perde. Je retourne ensuite à ses côtés dans toute ma gloire mutilée. Avec toute la concentration dont je suis capable, j'essaie d'ouvrir mon œil mort, malgré la douleur et le fait que muscles et nerfs aient été massacrés. Je ne parviens à générer qu'une sorte de clignement pathétique qui me fait un peu honte. Cependant, malgré tout ça et le léger rictus d'inconfort, je plante mon œil mort dans celui de ma tendre. Du moins, je plante le vivant et espère donner le change.

« Je ne peux pas te forcer à le faire. »

C'est vrai. Je ne peux, ni ne veux, au fond, la forcer à le faire. C'est sa vie au final, et je ne suis qu'un addendum écrit au crayon a papier sur le dos de la couverture. Ma voix traîne un peu, car elle est ralentie par la tristesse qui naît dans mon cœur. Je n'arrive pas à voir une raison différente au fait qu'elle soit aussi … pudique, si on peut dire le mot. Elle n'a pas confiance en moi. Elle ne pense pas que je mérite de la voire toute entière. Doucement, sûrement, je m'approche d'elle.

« Vas y, tente de nouveau. Je vais juste me remettre en position. »

Je me courbe un peu et place mes mains non loin d'elle. Normalement, si elle coule, je devrai pouvoir la rattraper. Et au pire, elle ne va pas se laisser noyer je pense. Je ferme mon œil valide, ne laissant que celui mort battre comme un poisson hors de l'eau.

« Dis moi quand tu tiens correctement, d'accord. Je suis là pour toi si ça va pas. N'aie pas peur. »

Je garde mon bon œil fermé jusqu'à ce que j'entende de nouveau parler d'elle. Une fois ceci fait, je la serre contre moi.

« Ca s'appelle faire la planche. C'est la technique la plus facile pour rester à la surface de l'eau. »

Je ne l'ai pas vue faire, alors je ne sais pas trop comment elle s'en est sortie. Doucement, je lui tapote la tête. Depuis tout à l'heure, je n'ai pas osé la regarder dans les yeux, pour ne pas lui montrer l'ombre de tristesse qui tapisse le mien.

« Tu penses être assez à l'aise comme ça, ou tu veux encore essayer ? »

Je ferme l’œil et soupire doucement pour chasser temporairement les démons. J'aurai le temps de les gérer plus tard. Peur être. Je la regarde ensuite dans les yeux. Je n'ose pas lui dire qu'elle n'a pas a avoir peur de me montrer ça jambe. Que si elle m'accepte comme je suis, elle devrait au moins avoir l’honnêteté intellectuelle de me donner au moins un minimum de crédit, de me laisser au moins la chance de pouvoir lui montrer que je ne suis pas un gros con.

Et cette façon de penser, c'est exactement pour ça que je ne dis rien. Car je ne me sens pas capble d'être constructif.

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Ryme

Invokeure

le Lun 27 Nov 2017 - 14:04
Le regard qu'il lui lança lui tordit le ventre. La sensation semblait vouloir s'évider, ne laissant d'elle qu'une coquille vide. Qu'avait-elle fait de mal ? Ses poings se serrèrent doucement alors que ses lèvres se pinçaient. Les larmes étaient prêtes à lui monter aux yeux. L'esprit de Ryme n'était agité que de 'pourquoi', qui ne trouvaient pas vraiment de réponses. Lorsqu'il s'éloigna, la jeune femme eut l'amère impression qu'elle venait de le perdre. Il s'en irait sans lui offrir un dernier regard. Il prendrait ses vêtements et retournerait à sa vie. Elle avait tout gâché, pour une histoire de pudeur. Son cœur lui faisait mal. Elle allait se retourner, crier quelque chose lorsqu'elle le vit revenir. Petit à petit, sa silhouette se précisa et avec elle, les traits de son visage.
Il avait retiré son cache-oeil et réveiller son œil disparu. La pupille blanchit et fixe était toujours impressionnante, car elle semblait toujours tout deviner. Les muscles, les tendons et la peau étaient abîmés et mouvoir la paupière était visiblement douloureux. Pourquoi faisait-il cela ? Était-ce une manière de lui faire comprendre qu'elle n'avait pas à avoir honte de son handicap puisque lui-même était mutilé ? Sa gorge se serra. Il était déçu et cela se sentait dans sa voix, dans son attitude.

Il déclara qu'il ne voulait pas la forcer. Mais à quoi ? Faire encore une fois l'exercice ? Montrer sa jambe ? Ou peut-être les deux. Malheureusement pour lui, Ryme était pugnace. Et fière. Sa remarque réveilla son orgueil un peu mal placé. Elle n'était plus une enfant et n'avait pas besoin d'être traité de la sorte. Le fait qu'elle ne désirât pas montrer sa jambe n'était pas un caprice d'adolescente trop gâtée. Pourquoi ne comprenait-elle pas qu'il lui était difficile d'avouer ses faiblesses ? Ryme fronça légèrement les sourcils alors qu'il refermait son œil valide. Leur relation ne pouvait pas être entachée par ce jeu de fierté. Mais, elle ne ferait pas le premier pas cette fois-ci. Du moins, elle était décidée à ne pas le faire. Si elle allait toujours dans son sens, il n'arriverait sans doute plus à faire l'effort de la comprendre, elle.

Doucement, l'ancienne Voix se laissa aller à la caresse de l'eau. Sa jambe abîmée pointa à la surface de l'eau, rendant la chose beaucoup aisée. Elle arriva facilement à se stabiliser. Elle garda néanmoins le silence pendant quelques instants, afin de profiter pleinement de la sensation étrange que la posture lui procurait. L'air, lui caressait la peau, la faisait presque frissonner. Sous elle, l'eau chaude semblait la porter comme un coussin. Et puis, elle pouvait voir son visage. Et ainsi, le détaillé sagement sans qu'il ne s'en rende compte.

« J'ai réussi, cette fois. » soupira-t-elle doucement en se redressant sur ses deux jambes. Lentement, elle commençait à sentir les bien-faits de l'océan : sa cuisse semblait plus légère et capable de retrouver sa souplesse d'antan.

Il l'attira à lui et tout naturellement, Ryme s'abandonna à l'étreinte. La sensation de la peau sèche de Cillian contre la sienne, humide, lui semblait étrange. Mais agréable. Avait-elle seulement le droit de se sentir si chanceuse, si bénie alors qu'il semblait l'éviter. La manière dont il lui tapotait doucement la tête était presque agaçante. Mais, elle ne répondit rien, attendant qu'il parle ou qu'il la regarde. L'attente n'avait duré que quelques secondes, une ou deux minutes tout au plus, mais elle lui avait parût être une éternité.

« Je crois que ça ira, pour ça. Il suffit que je me mette dans la bonne position. La mer n'était pas très agitée. On passe à la leçon suivante ? » demanda-t-elle avec une certaine timidité dans la voix.

« Je... »
Un ange était passé. Un silence peut-être plus destructeur que bienfaisant. Ryme n'avait pas envie que la situation s'envenime. Mais, elle n'avait pas envie de céder du terrain. Il y avait beaucoup de choses qu'elle était prête à sacrifier pour lui. Beaucoup de concessions qu'elle souhaitait faire. Mais, elle était bien décidée à lui montrer sa jambe que lorsqu'elle serait prête à le faire.

« Tu sais, ce n'est pas que... Pour ma jambe. Je sais que tu... Je veux dire... Tu... » les mots n'arrivaient pas à trouver un sens logique, une bonne explication.

« Ce n'est pas toi, le problème. C'est moi

Ryme qui jusqu'alors avait les yeux un peu baissés, les releva pour les fixer ses prunelles céruléennes dans celles de Cillian. Avec douceur, elle envoya sa main droite se promener sur le torse de son compagnon avant de remonter délicatement vers son visage. Presque, timidement, elle caressa du bout des doigts la courbe délicate de sa mâchoire.

« Je ne suis pas... Prête à montrer ma blessure. Pas encore. Peut-être bientôt, peut-être pas. Tu as déjà vu la partie la moins laide de cette jambe. Et c'est tout ce que je peux faire pour l'instant. Je sais que, toi, tu ne me regarderas jamais comme... Comme une pauvre chose. Mais, si je ne te la montre pas, j'ai le sentiment qu'elle n'est pas réelle. »

Sa voix s'était un peu enrouée, au fil des mots à cause de l'émotion qui la gagnait. Elle était prête à parier que même si un jour, elle était transformée en Morbol, il serait capable de la trouver encore jolie – dans la catégorie plante baveuse. Mais, malgré les choses qu'elle venait de formuler, il subsistait cette crainte dans son cœur : et si tout changeait à cause de la blessure ? Oserait-il encore marcher autant avec elle ? Sans doute pas. La désirerait-il encore ?... Cette pensée réveilla une crainte froide dans son estomac. Elle éprouvait du désir pour lui. Elle ne doutait pas de la réciprocité de la chose en vue de certaines réactions corporelles, mais... Était-elle encore capable d'aimer de cette manière ? Son corps qui n'avait plus rien de sacré ne lui donnerait-il pas plutôt envie de fuir ? Après tout, sa jambe n'était pas la seule marque qui gisait sur son corps. Par réflexe, elle plaça une de ses mains juste sous son sein gauche, là où les initiales de Vilhatt avait été gravée au couteau. Elle pouvait encore sentir la sensation de la lame contre ses os.

« Alors... S'il te plaît, ne me regarde pas avec ces yeux là. »

Son propre regard se voila de tristesse. Les choses qu'ils ne se disaient pas étaient peut-être encore plus dévastatrices que le reste.

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Cillian

Monsieur tout le monde

le Lun 27 Nov 2017 - 21:00
Elle a réussi. C'est bien. L'important, pour apprendre la nage, c'est d'abord de ne pas avoir peur de l'eau. C'est d'abord de maîtriser cet élément. Et faire la planche, c'est le premier pas. La première marche sur l'escalier de la natation. Je suis réellement content qu'elle réussisse, et un peu de lumière fends les ténèbres de mon regard. Je n'ai pas besoin de lui demander si elle veut recommencer, car elle m'en parle elle même. Elle l'air un peu motivée. C'est bien. Ça me permet de me concentrer sur autre chose que l'acide qui me ronge de l’intérieur. Elle marque une pause.

Quoi, encore ? Est-ce que j'ai encore mal fait quelque chose ? Posé mon regard quelque part où elle ne voulait pas ? Si elle veut, je peux aussi me crever l'autre œil. Comme ça, plus de soucis. Je me racle légèrement la gorge alors qu'elle laisse un petit blanc. Puis elle essaie d'expliquer. Ce n'est pas toi, c'est moi. Bien sur que sur le coup, ce n'est pas moi le problème. Je me tends un peu alors qu'elle passe sa main sur mon torse pour la monter jusque mon visage.

Je l'écoute avec attention. Ça bout un peu à l’intérieur de moi, et pour des raisons aussi opposées que le soleil et la lune. Je comprends ce qu'elle ressent. Je le ressent aussi pour mon œil. Mais je suis aussi déçu. Pas forcément d'elle directement, mais de la situation. On ne devrait pas avoir à se poser ce genre de questions en fait. Je me passe la main dans les cheveux avant de cacher mon œil mort avec cette main et de cligner de l'autre.

« Je suis désolé, mais c'est le mieux que je puisse faire. »

Tentative d'humour. Comme quoi, il reste encore un peu de mon père en moi. Tenter de désamorcer les situations avec de l'humour. Je meurs un peu à l’intérieur, mais je ne vois pas d’échappatoire raisonnable possible à cette situation, alors je tente de la repousser le plus loin possible. On en discutera quand il y aura moins de poids sur nos épaules. Après tout, ça a été une journée déjà chargée. Intérieurement, je remercie aussi mon maître. Yevon seul sait comment j'aurai réagi si il ne m'avait pas appris à canaliser un peu ma colère ?

« C'est juste que ... »

Je retire ma main de mon œil et laisse la paupière vivre normalement, c'est à dire se poser presque fermée. Plus de tentatives de l'ouvrir ou rien. Un air un peu plus neutre revient sur mon visage. L'orage semble passé, pour le moment. Profitons en mon amour. Profitons en.

« Tu es si … Libérale, avec mon œil. Avec mon visage. Pas que ça me dérange hein. Je préfère avoir le cache œil parce que, comme tu peux le voir, la paupière n'est plus très bien réglée et que malgré tout, le soleil peut encore l’abîmer plus, mais ... »

Je prends son visage dans mes mains avant de presque juste frôler ses lèvres des miennes, avant de le presser un peu. Je sais que quand je suis dans cet état, mon visage à du mal à refléter le calme que j'essaie de m'imposer.

« Du coup, j'ai un peu mal pris le fait que tu ne veuille pas me montrer ta jambe. Comme si … Je ne sais pas. Tu n'avais pas assez confiance en moi. Ou comme si je ne le méritais pas. Mais c'est bon. C'est okay. On en a parlé. J'ai compris ton point de vue. Je me suis trompé sur tes intentions. Désolé.»

Je dis ça autant pour me convaincre que la convaincre. Mais j'ai la foi. Et un peu la rage aussi. Je ne sais pas combien cette colère que j'ai ressentie est de mon propre chef et combien est due à tout ce qu'ils m'ont fait. Et je ne vais pas les laisser gagner. Non.

« L'important, au final, c'est que je t'aime. Et que tu m'aimes. Et qu'on s'aime. »

Je la regarde, hésitant un peu. Je la tire ensuite contre moi pour l'embrasser, moins timidement qu'il y a quelques secondes. Je ne sais pas m'exprimer. Alors je laisse mon corps le faire. J'espère juste que ça ira. Je la garde contre moi jusqu'à ce que l'on ai plus d'air, puis un peu plus encore. Je nous sépare ensuite et prends un air aussi professionnel que possible, malgré mes joues gonflées de sang et mon regard où la tristesse a été remplacée par un amour profond. Avoir une humeur facilement manipulable ne peut pas avoir que des défauts après tout. J'essaie de reprendre un air professionnel de professeur de natation, un peu en vain.

« C'était bien sur uniquement pour voir ta capacité à l'apnée. Rien de plus. »

Je lui adresse un clin d'oeil qui, avec mon œil à moitié fermé, doit plus donner l'impression que je bat simplement des cils. Eh, tant pis.

« Bon. Alors. Nager. Oui. On était là pour ça. »

J'ai un peu de mal à me concentrer. Tout bouillonne ne moi. Je pense avoir un peu atteint mon maximum émotionnel pour la journée. Sans bouger, je mime une brasse avec mes bras.

« Essaie de refaire ce mouvement, en gardant les pieds au sol. L'idée n'est pas que tu avances, juste que tu teste le mouvement des bras. Mis a part le papillon, tu devrais pouvoir à peu près tout faire niveau nage. Mais il faut que tu trouve le mouvement où tu es le plus à l'aise au niveau des bras, comme ... »

Est-ce que j'ai besoin d'en rajouter ?

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Ryme

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le Mer 29 Nov 2017 - 10:12
Il tenta de déjouer la situation en essayant de la faire sourire. Un peu d'humour. À vrai dire, Ryme s'était attendu à tout sauf... Ça. Elle retint un petit rire, plus parce qu'elle ne l'avait vu autrement qu'en étant sérieux que parce que la blague est véritablement drôle. Il fait de son mieux et c'est touchant. Cela le fut d'autant plus lorsqu'il essaya exprimer ce qui l'avait dérangé. A vrai dire, elle comprenait. Elle l'avait toujours connu et vu comme ça et quelque part, elle avait la prétention de penser que sa plaie à elle était bien pire. Bien plus laide. Bien plus... Bien plus, tout simplement. Il était si à l'aise avec son physique, qu'elle ne pensait pas au mal qu'elle faisait en agissant de la sorte.

Les mains de Cillian virent se poser de part et d'autre du visage de Ryme, relevant légèrement son regard. Malgré son discours, il y avait encore de l'amertume en lui, de la colère. Quelque part, elle préférerait qu'il explosât. Garder les choses, ce n'était pas bon, surtout pour quelqu'un comme lui. Elle s'accordait bien avec les secrets et les non-dits, car, c'était là, tout l'art de Yevon. Leurs lèvres se frôlèrent dans une langueur presque assassine avant de se rencontrer fugacement, la laissant avide de ce contact. Mais, son cœur qui avait commencé à un peu trop s'agiter se calma progressivement à mesure où il expliquait encore les choses. Ce n'était pas un manque de confiance qui l'animait, mais plus un trop-plein de fierté. Ryme était triste qu'il en souffre. Peut-être... Peut-être pourrait-elle faire l'effort de se montrer ?

La peur qui commençait à se former dans son ventre s'envola – ou plutôt passa au second plan, alors qu'il l'embrassait de nouveau. Elle n'eut pas le temps de rougir ou même de se formaliser de ses précédentes paroles. Car, cette fois-ci, ce n'était pas qu'un échange court, de simple lèvres qui se rencontraient avec légèreté. Leur échange la mena au bord de son souffle. Et lorsqu’il la relâcha, elle eut du mal à retrouver ses esprits. Ce baiser lui avait retourné le cœur, l'esprit, mais aussi les sens. Lui, avait l'air un peu plus fier, plus confiant. Mais sa manière, peu adroite de revenir au sujet la fit sourire. Finalement, il était peut-être meilleur maître nageur que Gardien.

Elle l'écouta parler de la théorie de comment nager, mais, à vrai dire, cette activité n'était plus vraiment en accord avec les envies de Ryme. Le soleil commençait déjà à entamer sa course et ils avaient vécu un peu trop de choses en une seule après-midi. Et puis, il fallait bien avouer que leur échange l'avait conduite vers d'autres préoccupations. Il semblait également un peu plus troublé.

« Cil... ?» énonça-t-elle doucement pour interrompre la leçon.
« Et si nous rentrions ? Je suis un peu fatiguée et je doute fort que l'on arrive à me transformer en poisson en un jour. On essayera demain, si tu es d'accord ?... » demanda-t-elle presque timidement.

Elle n'avait pas envie de le décevoir, mais... La natation était désormais loin dans son esprit. Apprendre quelque chose sans être disposé à le faire, ce n'était pas bon. Du moins, c'est ce qu'on lui avait toujours dit. Peut-être que lui aussi était fatigué, ou peut-être en avait-il marre de son élève capricieuse, mais, il semblait être d'accord.

« Peux-tu sortir de l'eau en premier ? »

Cette pudeur égocentriste lui forma une boule dans la gorge alors qu'il s'éloignait. Ryme était agacée par son propre comportement. Pourquoi n'arrivait-elle pas à trouver le courage de faire face et d'aller de l'avant ? Comme il l'avait dit, elle était libérale avec lui, pourquoi ne pouvait-elle pas lui rendre la pareille ? Il ne voyait pas en elle, L'invokeure ou la Voix impériale et parfaite. Il était sûrement capable de voir ça. Il avait dû croiser bien pire dans la Via. Un souffle froid sortit de ses lèvres malgré le soleil qui commençait à lui rougir dangereusement la peau.

Ryme sortit de l'eau à son tour. Un pas après l'autre, maladroit, peu assuré. L’appréhension faisait vaciller ses jambes, mais aussi son cœur. Sa gorge se serra un peu. Elle ne ramassa pas son pantalon et sans un mot, elle se contenta d'attendre qu'il se retourne. Le vent, pourtant tiède, lui donnait des frisson. Elle n'osa pas le regarder. Ni dire quoi que ce soit. Sa jambe blessée se mit à trembler légèrement. Ryme aurait souhaité pouvoir la cacher derrière l'autre, qui ne présentait aucun défaut. Mais, elle n'avait pas la souplesse pour le faire. L'absence du muscle de la cuisse se faisait d'autant plus ressentir dans cette posture droite. La rotule déformée semblait être à peine capable de la faire tenir debout. La peau était encore humide, mais son aspect plus rouge et à vif était naturelle. Les trois longues griffures lui labouraient les chairs jusqu'à la hanche.

Lentement, elle releva le haut qu'elle portait, repliant les couches humides de vêtements sur sa poitrine. La hanche était légèrement tordue et désaxée à force de tout le temps compenser la claudication. Les plaies lui remontaient jusqu'au bas-ventre et avaient été soignées sans l'aide de la magie. Et certaines marques n'existaient pas lors de son passage à l'hôpital. La jeune femme savait très bien que, Vilhatt avait ordonné certaines choses pour que son plus bel oiseau ne s'envolât plus jamais, persuadé que Cillian ne reviendrait jamais de la Via.
Ryme n'osait pas relever le nez, vers l'horizon, vers le paysage ou vers son compagnon. Sa gorge sèche et serrée rendait sa déglutition pénible. Elle n'avait qu'une envie : fuir. Peut-être que c'était ça, la solution ? Mais, elle n'aurait jamais le temps d'attraper ses affaires. Elle ne pouvait pas courir. Et il était certain qu'Ixion serait vindicatif d'être invoqué pour quelque chose d'aussi futile.

« C'est... Répugnant, n'est-ce pas ? Désolée... Je... » Ses lèvres se mirent à trembler légèrement, fissurant avec cruauté son masque de femme forte.

Elle avait honte. C'était à elle de se montrer forte, de faire en sorte que tout aille bien pour lui apporter une certaine stabilité. Il ne fallait pas donner matière à ce qu'il s'inquiète, à ce qu'il perde pied. Ryme avait l'habitude porté ce masque fier qui recouvrait tout le reste de ses sentiments. Alors, il lui était difficile de le voir aujourd'hui voler en éclats.

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Cillian

Monsieur tout le monde

le Mer 29 Nov 2017 - 13:38
Je suis prêt. Prêt a lui apprendre les arcanes secrètes de la nage. En plus, c'est un bon sport. Ça fait du bien au corps. Peut être que je devrais nager plus souvent en fait. Cependant, elle n'était pas du même avis. Un très rapide éclair de déception traverse mon œil. Elle est fatiguée. Je comprends. Moi aussi, au final. C'est vrai que ça a été une journée chargée. Et c'est vrai qu'on a quelques jours de tranquillité devant nous. Je n'ai pas vraiment spécialement envie de lui apprendre à nager, en fait. C'est juste une activité comme une autre, et même si ça me fait plaisir, je suis sur qu'on pourra faire plein d'autres choses à deux qui me feront plaisir aussi. Sans attendre son injonction, je commence à m'éloigner.

Je sais que j'ai fait tout un pataquès pour sa jambe, mais ce n'est pas pour autant que j'ai envie de la voir en petite tenue. Mon soucis n'est pas avec le fait que je veux la voir mais qu'elle ne me laisse pas. Il est avec le fait qu'elle se cache. Qu'elle préfère se mettre en danger plutôt que me laisser, d'une façon rapide, voir sa jambe. Mais bref. J'ai eu assez de mal à chasser ces nuages de mon cœur. Une fois hors de l'eau je m'ébroue avec passion. Car c'est seulement maintenant qu'un petit détail vient me frapper. On a pas de serviettes. On a pas de quoi se sécher, et on doit traverser une bonne partie du port avant d'arriver à l'auberge. Je me demande comment on va faire. Je me demande comment elle va faire. De ce que j'ai pu voir, l'eau laisse voir certaines choses chez elle qui, je pense, ne sont pas forcément à mettre à la vue de tout le monde. Au pire, je pourrai lui prêter ma veste. J'ai eu le nez fin en la mettant ce matin, en fait.

Sans me retourner, je frissonne un peu en attendant que ma peau se sèche assez pour qu'enfiler mes vêtements ne soit pas un en enfer. Je ne peux même pas remettre mon cache œil. Mon visage est trempé et mettre un morceau de cuir sur de la peau moite est un très, très mauvaise idée. Pour avoir déjà testé, c'est une véritable invitation pour les microbes et autres trucs pas très cool. Je l'entends s'approcher, mais je ne me retourne pas. Je ne sais pas si mon cœur est prêt à la voir comme ça.

Cependant, je ne l'entends pas se rhabiller. Peut être que. Peut être qu'elle veut que je la regarde. Peut être qu'elle pense que je veux la voir. Je veux la voir. J'ai juste peur de la voir. C'est une sentiment, comme toujours avec moi, très compliqué. Je respire un peu fort. Inspire Cillian. Expire. Inspire. Expire. Doucement, comme si c'était une des choses les plus dures que j'ai pu faire de ma vie, je me retourne.

Ma première réaction est purement physique, et j'en ai un peu honte. Peu importe ses blessures, elle reste la femme que j'aime et qui se trouve presque nue devant moi. Doucement, j'essaie de serrer un peu les jambes pour ne pas que ça se voit trop. Je me penche pour attraper un vêtement au pif et le tenir devant moi pour cacher les proclivités d'une certaine partie de mon anatomie.

« Tu es … Magnifique. »

Ma voix est un peu râpeuse. Comme si ma gorge était sèche. Même si, dans l'objectivité la plus totale, il est vrai que sa blessure est laide, je n'arrive pas à la voir comme ça. Au contraire, je dirai même que ça la rends plus belle encore. Ça lui donne des lettres de noblesse. Ca lui retire ce petit coté artificiel qu'elle peut parfois avoir. Je la comprends, maintenant. Quand elle dit qu'elle aime mes blessures.

« Je vais être totalement franc avec toi et de dire que voir ça me rends un peu en colère, parce que je suis sur que si ils avaient vraiment voulu, ils auraient pu mieux soigner ta jambe. Je n'arrive pas à me défaire de cette idée, et je ne sais pas si j'ai envie de le faire. »

Je m'approche d'elle, presque hypnotisé.

« Je sais que ça risque de sonner creux, car c'est parfois ce que je ressens, mais tu es vraiment magnifique. »

Je n'ose pas la toucher. Car je ne sais pas si je pourrai me retenir de faire des choses pour lesquelles mon cœur n'est pas prêt.

« Je ne sais pas quoi dire d'autre. Je ne peux pas te dire de ne pas t’inquiéter, parce que je m'inquiète moi aussi pour moi. Mais je peux te dire que ta jambe est magnifique. Que tu es magnifique. Que je t'aime. Et que je t'aime fort. Et que je t'aime même encore plus fort maintenant. Et que je pense que demain je t'aimerai même encore plus fort. Et que ...»

Je soupire et essaie de reprendre le contrôle de moi même en commençant à m'habiller. Je crois que je vais avoir cette vision gravée dans mon esprit pendant des mois, vois des années. Et je ne pense pas que ça me dérange, loin de là. Une fois mon pantalon et ma chemise enfilées, je lui tends ma veste.

« Je ne suis pas persuadé que tout Kilika a besoin de voir ton soutien gorge, par contre. »

Un étrange chaleur nait dans mon cœur. Une sorte de jalousie. C'est à moi maintenant. Plus personne n'a le droit de voir ça. Je lui lance un regard amoureux avant de lui tendre la main une fois qu'elle est rhabillée.

« On rentre, mon amour ? »

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Ryme

Invokeure

le Jeu 30 Nov 2017 - 13:27
'Tu es magnifique'. Ces trois mots, cette simple phrase l'avait touchée en plein cœur. D'abord par une forme d'incompréhension, ne voyait-il pas la même chose qu'elle ? La gorge de Ryme se serra avec force. Il n'avait pas le droit de lui dire ça. Ces paroles-là, étaient pour la jeune femme qu'elle avait été. Pas pour celle qu'elle était à présent. Et pourtant... Pourtant, peut-être, était-ce de ce genre de déclarations dont elle avait besoin. Ces mots, cette voix, cet homme. Le monde entier pouvait bien la trouver belle ou hideuse, il n'y avait que son avis à lui qui prédominait tout le reste. Et, il avait l'outrecuidance de la trouver magnifique ? Pourquoi cherchait-il à mentir ? Pour la rassurer d'une quelconque manière ?
Prête à faire un commentaire, elle releva le nez. Mais elle croisa son regard et n'y vit pas la moindre trace de mensonge. Au contraire, il avait l'air subjugué. Et il sembla à Ryme, et ce, malgré les efforts qu'il faisait pour masquer la chose derrière un vêtement que ce qu'il voyait était à son goût. Quel homme étrange tu fais, mon amour, songea-t-elle en détournant pudiquement les yeux. Cillian était aussi versatile que la mer et ce n'était pas pour lui déplaire. Mais parfois, elle ne savait pas vraiment sur quel pied danser pour rester debout face à la tornade d'émotions qu'il propageait autour de lui.

Il s'avança alors, avec ce regard qu'elle ne lui connaissait pas. Les craintes, les doutes et la colère s'envolèrent, ne laissant de place qu'a l’appréhension. Allait-il faire un pas de plus vers elle, effleurer sa peau au risque d'allumer une étincelle bien trop vive pour être contenue ? Allait-il poser encore une fois ses lèvres sur les siennes pour qu'elle perde ses propres résolutions ? Leurs corps étaient-ils prêts à s'épouser, se découvrir d'une manière inédite et grisante ? Non. Il ne fit rien de tout ça, la laissant presque interdite. Il n'avait que des mots à lui offrir, avait-il aussi peur qu'elle ? En vérité, il devait avoir bien plus peur. Repoussant sa déception et ses envies au loin, Ryme se contenta de rire légèrement à sa remarque concernant son sous-vêtement. Il était terriblement attachant lorsqu'il se montrait jaloux.

S'il disait l'aimer bien plus qu'avant, et sans doute moins que demain, Ryme ressentait la même chose. Elle était tombée amoureuse d'un héros, d'un libérateur, d'un homme qui semblait être capable de tout. Elle redécouvrait ce sentiment intense, bien que le nom et l'apparence soit la même. Ce nouveau Cillian n'avait rien d'un héros briseur de chaînes. Il était fragile, perdu et son esprit semblait parfois s'égarer aux bords des ténèbres... Mais elle savait qu'il n'hésiterait pas à retraverser une nouvelle fois les enfers pour elle. Et bien plus encore. Et c'était réciproque. Si pour lui, Ryme devait à nouveau affronter son enfer personnel, elle n'hésiterait pas. Si pour le sauver, elle devait, elle aussi sauter la tête la première dans la Via, elle le ferait.

« Tu as raison, je ne suis pas sûre que ça soit au goût de tout le monde comme spectacle. » formula-t-elle distraitement en se tournant un peu plus vers le soleil afin que son corps se réchauffe.
A vrai dire, elle ne doutait pas que les hommes de la ville soient charmés de la voir défiler ainsi. Mais, elle avec plus de doutes quant aux femmes de ces derniers. Et puis, même si elle aimait ce petit côté possessif, elle se rappelait avec un léger pincement au cœur de ce qu'il avait été capable de faire, autrefois, à un importun qui la menaçait. Le pauvre homme avait même été à l'origine de leur chute vers les abysses.

La matière du pantalon lui sembla râpeuse et désagréable lorsqu'elle l'enfila. Pourtant, sa peau était sèche. Mais, le sel de l'océan donnait à son épiderme une texture plus rêche, ce qui expliquait sans doute cette impression. Et du sable avait dû se glisser à l'intérieur. Ryme ramassa délicatement sa Perle de Kilika après avoir passé le manteau de Cillian. Elle flottait dedans. Ce n'était pas pour lui déplaire.

« Rentrons. Nous avons encore un plat à cuisiner. Et un bon bain pour se débarrasser de tout ce sel sera le bienvenu ! » déclara-t-elle en attrapant la main qu'il lui tendait en lui rendant son regard.

Soudainement, elle se sentait incroyablement chanceuse. Chanceuse d'avoir prit cette décision, chanceuse de l'avoir rencontré, chanceuse d'être aimée et d'aimer en retour. Combien de cœurs brisés, cette plage, avait-elle vu défilée ? Sans doute bien trop comparé aux instants de bonheur. Alors, tant pis si cela pouvait être égoïste, Ryme était bien décidée à profiter de ce temps avec lui. Cette parenthèse serait le moteur d'une nouvelle résolution. Le peu de temps qui lui restait devait être son inspiration pour battre Sin. Cillian ne souhaitait que l'accompagner partiellement dans son voyage, mais c'est pour lui et un avenir enfin paisible qu'elle irait affronter le monstre.

Ils ne passèrent pas par le marché pour rentrer. Et cela convenait tout à fait à Ryme. Bien qu'elle désirât être bien vue et appréciée de sa belle-famille, elle pouvait voir tout le trouble que la simple présence de la mère de Cillian avait causé chez lui. La journée, déjà chargée en émotion, n'avait pas besoin de connaître un autre revirement. Alors, ils se contentèrent de longer la lagune. Ryme, qui n'avait jamais fait la cuisine de sa vie, en profita pour demander quelques informations sur le matériel et la méthode de préparation du gigot. Il devait la trouver bien sotte pour ne pas savoir faire rôtir un malheureux morceau de viande, mais, tant pis. Cela n'avait pas d'importance : elle était son imbécile et, il s'était lui-même condamné à la fréquenter.

Une fois arrivés à l'auberge, ils attendirent que le patron vienne les trouver. C'était un homme prévenant, surtout envers ses clients les plus célèbres.
« Je vois que vous avez trouvé bien des choses sur le marché ! Ah et madame à même prit quelques coups de soleil !
Vraiment ? Répondit-elle avec un sourire poli.
Pour sûr ! Je vous ferais monter de l'huile de fruits de l'île, c'est excellent pour ça !
Vous êtes trop aimable. Nous ne voudrions pas abuser de votre générosité, mais nous avons acheté de quoi dîner et nous aimerions cuisiner un peu par nous-même...
N'en dites pas plus, je vous fais porter le nécessaire dans votre chambre. Allez donc vous reposer ! »

Ryme salua l'aubergiste poliment avant de monter à l'étage suivit de Cillian. Quelques rumeurs s'élevèrent sur leurs passages. Des commentaires plutôt positif sur la manière dont ils étaient assortis, mais également sur le fait que le couple passait tout de même beaucoup de temps en tête-à-tête au lieu d'apporter un peu de réconfort à la population. Ces remarques-là, furent un peu plus dures à entendre pour Ryme qui se contenta d'essayer de garder le sourire. La chambre qu'ils occupaient avait été faite et une odeur de drap propre flottait dans la pièce.

« Je suppose que nous n'avons plus qu'à attendre un peu. » dit-elle doucement en avançant vers la commode pour déposer le manteau de Cillian.

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Cillian

Monsieur tout le monde

le Jeu 30 Nov 2017 - 15:40
Pas au goût de tout le monde. Oui, d'accord. Après tout, on dit que tout les gouts sont dans la nature non ? Même les plus mauvais. Donc il est possible que certains ne la trouvent pas à leur goût. Les fous. Même si, au fond de moi, ça me rassure. C'est peut être pas très gentil de penser comme ça, mais si tout le monde pouvait ne pas la trouver a leur goût, ça m'aiderait un peu, je pense. Mais ce n'est pas le monde dans lequel on vit. Elle est une femme magnifique, elle est une femme aimée par tous, même si peu peuvent prétendre la connaître. Et elle est a moi. Du moins, je l'espère. Elle à l'air un peu marrante dans mon manteau. Elle flotte, ça la rends un peu plus petite et menue que ce qu'elle est déjà.

Main dans la main, on avance. Je la suis, et elle choisit l'itinéraire que j'aurai préféré sans avoir besoin de lui demander. Je n'ai pas envie de repasser par le marché. Tout d'abord, parce que c'est beaucoup de gens, et que je dois avouer que même si ça ne me dérange pas trop en temps normal, je fatigue, et la fatigue à tendance à me donner envie d'être seul. Et je n'ai pas envie de retomber sur maman. Vu comme on va revenir, j'ai le sentiment que la plupart des gens va nous prêter des activités auxquelles nous ne nous sommes pas adonnés et je dois avouer que ça me dérange. Étrangement, je suis pudique.

Et puis il faut avouer que la plage, c'est joli. Même si ce n'était pas le cas le plus tôt, le doux ronron du ressac me calme un peu. Alors que l'on marche, mon regard glisse doucement sur ma bien aimée. Elle à l'air heureuse. Je serre un peu plus sa main. Même si je suis heureux aussi, j'ai le spectre de mes démons au dessus de moi. Je ne sais pas quand sera la prochaine fois que l'on pourra être … Comme ça. J'ai envie de l’arrêter. Et de l'embrasser. Mais je n'ose pas. J'ai peur qu'elle puisse lire en moi mes doutes. Et... Je n'ai pas envie de lui faire perdre son aussi beau sourire.

Vite, très vite, trop vite, on se retrouve devant notre auberge. Je n'ai qu'une envie, c'est d'arriver dans notre chambre. Je sais déjà que le patron va venir nous parler. Je sais déjà que les clients vont nous regarder. Et je ne me sens pas capable d'affronter leur regard. Enfin, pas exactement. Capable, je me sais l'être. Je n'ai juste pas envie. Je coiffe mon plus beau sourire forcé et nous entrons dans le bâtiment. Comme prévu, les regards se tournent vers nous et les murmures se font entendre, alors que le patron vient directement sur nous comme un rapace sur sa proie. Quel enfer. Je l'écoute distraitement, me concentrant plutôt sur les babillages des autres clients. Certaines choses me font plaisir. D'autres me chauffe le sang.

Une fois dans la chambre, je m'éloigne un peu de Ryme alors que mon poing droit se serre.

« Je présume, oui. »

Doucement, une étrange odeur commence à emplir la pièce, avec moi comme point d'origine.

« Si tu pouvais rester loin de moi quelques minutes Ryme. »

Elle ne me dérange pas. J'aimerai pouvoir la serrer contre moi pour me calmer. Mais il semblerait qu'au final, je sois assez en forme pour appeler de nouveau cette magie occulte que je maîtrise, et, même si j'ai honte de l'avouer, je dois dire que je ne peux pas toujours la contrôler. Mon poing s'entoure d'une ombre rappelant peut être à la jeune femme l'énergie éthérée que j'ai utilisée contre les squames de Sin. Et je n'ai nulle part où la libérer. Doucement, je souffle.

« Tu les as entendus ? Ils osent. Ils osent se plaindre que l'on en fait pas assez pour eux. »

Mon regard est dur. Mon visage se déforme un peu alors qu'une vague de douleur me parcourt et qu'un peu de sang sort de mes pores pour venir se mêler à l'énergie.

« Sans nous, ils auraient été dévorés par les squames. Sans toi, par les monstres qui auraient surgi de leurs morts. Qu'est-ce qu'ils veulent de plus ? Que l'on arrête de vivre pour eux ? »

Même si je l'entends métaphoriquement, je ne peux pas m’empêcher de savoir que c'est exactement ça, en fait. Et pas métaphoriquement. L'ombre grandit, mais mon bras ne tremble plus. C'est sous contrôle maintenant.

« Parfois, je me demande si ils ne méritent pas Sin. En tout cas, ils ne méritent pas que tu te sacrifie encore pour eux. »

Je serre les dents et, comme elle est apparue, l’énergie commence à se dissiper. Je souffle fort et m'appuie contre le mur. Je tourne ensuite mon regard plein de tristesse et de douleur vers la femme de ma vie.

« Mon amour, est ce que je pourrai te demander un sort de soin ? »

D'une voix beaucoup plus basse, pouvant presque s’appeler murmure, je continue.

« Et un baiser ? »

C'est à ce moment là que l'on frappe à la porte.

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Ryme

Invokeure

le Jeu 30 Nov 2017 - 22:20
La peur était un sentiment avec lequel elle avait toujours vécu. Face à l'adversité, face aux changements, face aux autres. Face à Vilhatt. Ryme avait toujours su quoi faire ces craintes pour mieux se contrôler. Mais, lorsque l'odeur viciée des ténèbres gagna la pièce et que Cillian changea de visage, pour la première fois de sa vie, elle ne savait pas quoi faire de cette peur. Comment devait-elle réagir ? Elle était comme paralysée. Rampants et glacés, les tentacules de l'angoisse occupaient tout son corps. Cette chose qui s'était formée sur son poing n'était pas naturelle. Était-elle la matérialisation de ses états d'esprit ? L'Invokeure comprenait bien la colère qu'il éprouvait, mais elle ne pouvait que pardonner à la population. Car elle aussi, avait ressentit ce genre d'ingratitude. Mais... Il semblait que leurs avis divergeassent trop sur la question pour donner lieu à quelconque discussion, surtout dans cet état là.

Alors qu'il essayait d'apaiser ses tourments en verbalisant sa bile, Ryme se demanda si elle avait peur de lui ou de sa magie. L'espèce de parasite noire qui lui pompait le sang lui rappelait avec douleur le combat contre Sin. La plage, le sang, les morts. Comment pouvait-elle en vouloir à ces gens de la blâmer de son bonheur ? On ne devient pas Invokeurs pour compter fleurette après tout. Leur se fit un peu plus présente avant de s'envoler. Elle lui rappela ce qui s'était passé cette nuit-là. Sa blessure à l'épaule se mit à la lancer. Est-ce ce pouvoir qui lui avait permis de réduire Vilhatt à l'état de d'eunuque ?

Sa gorge se desserra doucement à mesure que les ombres refluaient enfin de lui. Cependant, le regard qu'il lui lança, une fois toute trace des ténèbres disparues, lui fendit le cœur. Il avait l'air perdu, effrayé de sa propre force et de ses propres émotions. Et à vrai dire, elle l'était tout autant que lui, peut-être même plus. Sa main demandait des soins, c'était une évidence, mais Ryme n'osa pas bouger avant qu'il ne réclame de l'assistance. La vision du sang la ramena bien vite à la réalité, mais, alors qu'elle allait ouvrir la bouche et faire un pas vers lui, on toqua à la porte.

« Je suis à toi tout de suite, d'accord ? » lui dit-elle en se détournant rapidement.

La femme de l'aubergiste tenait à bout de bras un chaudron, dans lequel se trouvait tout le nécessaire de cuisine et la fameuse huile promise pour les coups de soleil de l'ancienne Voix. La tenancière, un peu curieuse essaya de voir Cillian : après tout, Ryme était légèrement blême et échevelé. La rumeur d'une union ou de quelconque enfant en train d'être conçu alimenterait avec joie les ragots qui circulaient déjà sur eux. Avec politesse, la rousse congédia son hôte. Elle déposa sans plus de cérémoniel les affaires qu'on lui avait données avant de se précipiter maladroitement vers son compagnon.

« Ne bouge pas. » recommanda-t-elle après avoir regardé d'un œil expert les blessures. Le sort avait agi comme une sangsue, abîmant les vaisseaux sanguins. Réparer tout ça ne serait pas très compliqué, mais à présent, elle comprenait pourquoi il avait passé autant de temps au lit. En tant que gardienne de la vie de part les arcanes blanches qu'elle manipulait depuis son adolescence, elle ne voyait pas vraiment d'un très bon œil cette magie sinistre et mutilante. Mais, elle se garda de faire tout commentaire. Son regard sévèrement grave devait déjà être assez éloquent.
Elle apposa ses mains et ferma les yeux. La magie curative se forma d'abord au creux de sa paume, puis se déversa jusqu'au bout de ses doigts dans une lueur bienfaisante. Par sécurité, elle employait une version améliorée des soins de bases. Mentalement, elle poursuivait la carte des vaisseaux, des nerfs et des os, afin de la soigner du mieux qu'elle pouvait.

Une fois l'opération terminée, elle libéra son bras et plongea son regard dans le sien. Comme toujours, lorsqu'elle voulait l'embrasser, elle déposa avec légèreté ses paumes sur son torse afin de se mettre légèrement sur la pointe des pieds. Elle lui offrit un baiser tendre et doux à l'image du soulagement qui animait son cœur.

« Tu peux avoir plus qu'un baiser si tu le désire. » murmura-t-elle, alors qu'elle se séparait de lui.

Ils n'étaient plus des enfants. Ni des adolescents. Cette affirmation n'avait pas réellement besoin de réponse. Tout du moins pas maintenant. Elle n'était là que pour lui assurer qu'elle n'avait pas peur de franchir une certaine limite avec lui. Il n'était peut-être pas prêt à cela, mais... Tant pis. Ce qui était dit était dit. Il ferait ce qu'il voudrait de cette information.
Ryme se tourna vers les affaires déposé à la va-vite et les ramena vers l'âtre. A genoux, elle tria méticuleusement les objets. À part un couteau, rien ne faisait vraiment sens pour elle qui n'avait jamais cuisiner.

« Tu sais... Je n'arrive pas à leur en vouloir. Parce que je comprends cette avidité qui les anime. » dit-elle d'une manière timide alors que le calme semblait être à nouveau le maître de la pièce. Elle avait peur de ranimer la flamme de sa haine, mais elle était prête à faire face aux conséquences de ces paroles.

« Lorsque nous avons été séparés, je ne cessais de compter les jours qui s'écoulaient avant de pouvoir te revoir. Le temps me semblait si long... Chaque journée à t'attendre semblait infinie. Lorsque j'ai appris que tu étais libre... J'étais si... Amère. Parce que je n'arrivais pas à envisager que notre promesse ne pouvait pas être tenue immédiatement. Parce que... Je pensais que... Ton sacrifice m'était tout acquis. » Sa gorge se serra un peu, alors qu'elle sentait l'arrière de son nez la piquer cruellement, signe que les larmes n'allaient pas tarder à lui monter aux yeux.

« Ils sont pareils. Ils se sentent en sursit et attendent que quelqu'un les délivre de Sin. En acceptant de devenir Invokeure, ils ont l'impression que je leur aie cédé le temps qu'il me reste à vivre. Alors qu'il ne m'appartient qu'à moi. Qu'à toi. »

Le silence avait gagné la pièce. Elle se retourna rapidement, composant un sourire sincère quoi que tinter de tristesse.

« Je vais faire couler un bain ? Comme ça, une fois ce maudit gigot dans la marmite, on pourra se débarrasser de tout le sel que la mer nous a coller à la peau ! »

Ryme se releva avec difficulté, pas très assurée sur ses jambes. La journée verrait-elle une fin légère ? La jeune femme l'espérait de tout son cœur qui commençait à être fatigué.

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Cillian

Monsieur tout le monde

le Ven 1 Déc 2017 - 1:57
Alors que la tenancière entre dans la chambre, je me demande ce qu'elle va penser. Ça me permet de ne plus penser à ce qui vient de se passer. Entre Ryme et moi tout chancelants, elle va s'imaginer des choses. Tant pis. Que ça les amuse. Qu'ils en parlent. Qu'ils aillent en enfer, même. Et au moins, ça aura l'avantage de peut être repousser encore plus d'éventuels prétendants. Je ne prête pas attention à ce qu'il se dit, si il se dit quelque chose. Je suis fatigué, physiquement. Au final, j'ai mal calculé. Même si je suis assez remis pour manifester les Ténèbres, je ne suis pas assez remis pour les manifester comme je l'entends, et cet petit tour de magie m'a vidé. Mais normalement, une fois que l'aubergiste sera partie, Ryme pourra me remettre sur pieds.

Je lui obéit sans broncher. Ça me rappelle un peu mon entraînement. Mon maître n'était pas qu'un maître dans les arts sombres. Il maîtrisait aussi toutes formes de magies, dont les sorts curatifs. Je ne compte même plus le nombre de fois où il m'a remis sur pieds après l'utilisation de trop de mes Ténèbres. Je détourne un peu le regard. Je me sens enfant qui a fauté. Je sais, c'était une bêtise que de faire ça. Mais je ne l'ai pas fait exprès. Ma maîtrise n'est pas complète. Même si jamais je ne blesserai quelque chose que je ne veux pas blesser, du moins hors du feu du combat, il m'arrive parfois de ne pas contrôler assez bien mes émotions pour empêcher quelques petites erreurs du genre. Mais qu'elle se rassure. Ça fait aussi mal que ça en a l'air, et je ne tire rien de ce genre de situation. Cependant, sa magie curative me fait un bien fou. Ce sont des blessures faciles à guerir, car ce n'est pas directement mon corps qui est blessé. Même si du sang a été tiré, les blessures physiques ne sont que très légères. C'est ma force vitale qui est directement vidée. Un mal pour un bien.

Une fois ceci fait, elle pose doucement ses mains sur mon torse avant de m'embrasser et de me murmurer une phrase qui m’électrise. Plus qu'un baiser si je le désire. Je sais très bien de quoi elle parle. Et elle sait très bien que mon corps est plus que volontaire. Même si j'en ai honte, elle a bien vu la réaction de mon bas ventre quand elle m'a montré son corps presque nu. Mais comme toujours, c'est mon esprit qui refuse. Qui a peur. Je repense à tout à l'heure et secoue doucement la tête.Peut être que je devrai faire comme elle et sauter le pas. Mais elle est repartie et semble s'affairer devant ce que la tenancière à rapporté.

Dos à moi, elle réponds a mes accusations. Elle me parle de ce qu'elle a ressenti. Et je l'écoute. Doucement, mon corps se tends un peu, mais je garde le contrôle. Les démons hurlent, mais je garde le contrôle. Ma main tremble un peu, mais je garde le contrôle. J'ai été entraîné pour ça. Je suis assez fort. Cillian. Tu es assez fort. Tu peux ne pas t’énerver. Sois rationnel. Pense.Ce qu'elle dit, tu peux le vaincre par la raison. Tu peux le faire. Elle parle ensuite d'un bain. Riche idée. Mais avant, je me sens obligé de lui répondre. Avant toutes choses, je serre les mains jusqu'à m'en faire mal, puis relâche doucement. Comme par réflexe, tout mon corps se détends en même temps. Je reprends la manœuvre quelques fois en soufflant. Elle va me prendre pour un fou. D'une voix posée, mais quand même un peu emprunte d'un légère colère, je parle.

« Je ne suis pas d'accord avec toi. Pas sur le fond. Enfin ... »

Comme toujours, j'ai du mal à m'expliquer.

« Je comprends ce que tu as ressenti. Je pense. En tout cas, je l'accepte. Mais uniquement de toi. Et ce pour une bonne raison. »

Je pointe du doigt sa jambe.

« Tu as une médaille. »

Je pointe du doigt son épaule.

« Tu as deux médailles. »

Je présume qu'elle ne comprends pas où je veux en venir.

« Oui, un sacrifice t'a été promis. Le mien. Et je peux comprendre que tu m'en ai voulu. »

Au fond, j'ai du mal à l'accepter. Mais j'ai dit le comprendre. De la même façon que je lui en ai voulu – et lui en veut au fond encore – sur un certain nombre de choses, ne pas lui accorder la même grâce ne serait pas juste.

« Mais tu ne m'as pas attendu pour essayer de régler ton problème moi même. Ta jambe, c'est le résultat d'une première tentative d'évasion, non ? Et même quand j'étais là pour t'aider, tu as toi aussi participé. Tu aurai pu me demander de t'ouvrir un chemin. D'attaquer l’hôpital pour profiter de la cohue et t'enfuir. Mais j'ai le souvenir de t'avoir vu prendre une balle dans l'épaule pour moi. »

Cette pensée me remplit de colère. Les salauds.

« Et quand bien même tu attendais mon sacrifice. Tu pensais avoir mon sacrifice, tu n'en a pas eu besoin pour t'enfuir. Je n'ai rien a voir avec ton évasion, au final. C'est toi qui a réussi. Seule. »

Je me passe la main dans les cheveux. Mon regard est plein d'un mélange d'amour et d'admiration.

« Tu as mérité mon sacrifice, parce que tu étais prête a te sacrifier toi même. Eux, ils sont là. Ils attendent que quelqu'un d'autre fasse les choses dures à leur place. Parce qu'il y aura bien un … Excuse moi du terme … Un idiot pour le faire pour eux. Alors d'accord. Mais si ils ne sont pas capable de faire le chemin, ils ont uniquement le droit de se taire. »

Je soupire.

« Je sais que tout le monde ne peut pas être Invokeur. Ou gardien. Tout le monde ne peut pas réussir un pèlerinage. Et je ne dis pas que tout le monde doit le faire. Mais chez moi, il y a une expression. A chocobo donné, on ne regarde pas le bec. Si ils ne sont pas content, que la défaite de Sin ne va pas assez vite à leur goûts, que l'ambiance est trop morose à leur goût, rien ne les empêche de prendre la route ou d'apprendre a danser. »

Je me laisse tomber sur le fauteuil.

« Et puis, de toute façon, je me réserve le droit de ne pas être forcément rationnel. Si ils savaient ce que c'est de passer du temps avec la plus merveilleuse femme du monde, ils tiendraient un autre discours. »

J'ai un air presque enfantin sur le visage. Comme si je boudais. Mon visage se détends doucement, et je la regarde, avant qu'une lueur ne naisse dans mon regard.

« D'accord, pour le bain. Mais … Si tu veux, on pourra le prendre à deux. »

Mon ton a quelque peu changé. Je crois que je n'ai jamais eu cette façon de parler. Mon cœur bat étrangement. Je ne sais pas si j'ai en moi la force d'aller jusqu'au bout, mais j'ai envie de partager un moment avec elle. Comme si pouvoir dire ce que j'avais sur le cœur m'avait libéré d'un poids. Que j'ai envie de remplacer par sa présence. Et au pire, c'est un premier pas.

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Ryme

Invokeure

le Dim 3 Déc 2017 - 10:20
Il y avait de la tristesse dans son explication. Mais pas que ça, il y avait aussi de l'admiration et peut-être une pointe de fierté. Ryme ne pouvait pas s'empêcher de penser qu'il avait tort de la révérer de la sorte. Elle était une femme banale, si on lui enlevait les Voix et ce qu'ils avaient fait d'elle. De lui. Mais elle n'osait pas l'interrompre. Après tout, il semblait réussir à articuler ses réflexions sans se remettre en colère. D'après les gestes qu'il avait faits, cela n'avait pas dû être évident, mais... Rien n'était facile sur Spira. Et la facilité ne semblait pas exister lorsque l'on était Ryme et Cillian. Tant mieux, une vie paisible, sans aventures, sans retournements dramatiques, la jeune femme ne l'imaginait pas vraiment. Et puis, il fallait avouer que bien qu'il ait eut du mal à commencer son monologue, maintenant elle comprenait mieux pourquoi il ne lui en voulait pas et pourquoi il les détestait.

À vrai dire, le poids de la culpabilité faisait que Ryme ne réussissait pas vraiment à se défaire de cette plèbe égoïstement nécessiteuse. Bien sûr, elle avait des « médailles », comme il l'avait dit, mais... Cela n'empêchait pas qu'a un moment de sa vie, elle avait été amère en voyant qu'il n'avait pas rempli sa part du contrat. Amertume qui lui avait redonné des ailes. Amertume qui lui avait à présent confié un destin funeste entre les doigts. Peut-être que si, elle avait pu réussir à attendre un peu plus... Elle n'aurait pas eut besoin de devenir Invokeure et la journée qu'ils venaient de passer aurait été leur quotidien. Quelque part, l'ancienne Voix avait le sentiment que sa hâte avait scellé leur destin. Bien qu'ils s'étaient échangé de douces paroles, Ryme savait que sa vie ne serait pas celle des autres femmes de Spira. Même si cela prenait des années, elle terminerait ce pèlerinage. Sa seule issue était qu'un autre Invokeur ne fasse la sale besogne à sa place. L'acceptait-elle ? Etait-elle prête à voir une personne comme Akemi se précipiter encore plus vers la mort pour qu'elle puisse sagement roucouler ? Pas vraiment. Mais, en posant son regard sur Cillian, elle en avait plus qu'envie.

Elle pouvait bien s'habiller ou se nipper comme une voyageuse, se maquiller ou avoir le visage nu : elle restait un monstre. Un monstre d'égoïsme, qui n'arrivait pas à se défaire de ses envies personnelles. Ryme n'était pas l'héroïne que le peuple adorait. Ryme n'était pas la femme merveilleuse que Cillian aimait. Cette Ryme là, était un mensonge. Mais, elle ne savait pas comment être quelqu'un d'autre. Alors, il faudrait que tous se contentent de ça. Il fallait qu'elle se contente de ça.

La mine boudeuse de son compagnon lui tira cependant un sourire. Elle lui enviait un peu l'océan de trouble qui agitait son esprit, mais qui lui permettait de changer d'humeur aussi rapidement que le ciel au crépuscule changeait de couleur. Mais cette fois-ci, il y a quelque chose de différent. Un Je-ne-sais-quoi, qui n'était pas là. Sans qu'elle ne le veuille, ses joues se mirent à rougir légèrement. L'idée de partager un bain lui faisait autant plaisir qu'elle la révulsait. Son corps se souvenaient bien trop des lubies de Vilhatt, mais son cœur, lui, avait envie de s'adonner à cet instant d'intimité. Cillian était un homme bien. Et plus que cela, il était sien.

« Avec plaisir. Je vais préparer la baignoire dans ce cas. Cela te dérange si tu t'occupes de notre repas pendant ce temps ? Après tout, le vendeur nous a bien dits qu'il faudrait une bonne heure voir plus de cuisson pour ce gigot. Au plus tôt il est sur le feu, au plus tôt, il sera prêt à être mangé ! » répondit-elle avec entrain.

Lorsqu'elle passa à son niveau, elle ne put s'empêcher de déposer un rapidement baiser sur son front avant d'en glisser un autre sur son nez. Il fallait en profiter, après tout, ce n'était pas comme si, ces zones lui étaient accessibles en temps normal. Avec une bonne vingtaine de centimètres d'écart, c'était à peine si elle arrivait à toucher ses lèvres. Et, il paraissait encore plus grand avec le poids qu'il avait perdu.
Ryme avait envie de lui dire qu'elle l'aimait. Mais encore une fois, elle ne trouva pas le courage de le lui dire. Elle se contenta d'un regard sans équivoque avant de disparaître derrière le paravent qui séparait l'espace de couchage de la salle de bain. L'Invokeure regarda le baquet, comme le reste de la chambre, il avait été nettoyé avec zèle. La célébrité ne venait pas qu'avec des inconvénients. Elle ouvrit au hasard quelques bocaux qui se trouvait dans la commode. Il y avait des produits ménager, mais également des sels de bain. Ryme se demanda alors si, le patron de l'auberge ne les poussait pas un peu trop au vice. Mais, que cela ne tienne, ils étaient là, alors autant en profiter. Elle insuffla un peu de son énergie magique aux cristaux qui réchauffaient les tuyaux, avant de mettre l'eau à couler. Une ou deux cuillères suffirent à emplir la pièce d'une délicate odeur d'agrume.

Une fois satisfaite de la disposition des produits et des serviettes, elle revint vers Cillian et après une rapide étreinte, elle se positionna à ses côtés. Un rapide coup d'oeil lui permit de voir qu'il n'avait pas réellement besoin d'aide, mais... Elle essayait tout de même de se rendre utile. Ryme n'avait jamais vraiment cuisiné, mais elle n'était pas maladroite et surtout, elle était une bonne élève. Bon, il était certain que son œuvre se reconnaîtrait sans peine dans la découpe des légumes un peu tremblotantes, mais elle appréciait le fait de faire une « vraie » chose du quotidien avec lui. Son esprit lui chuchota que ce tableau était quelque chose qu'elle n'aurait jamais, mais elle chassa cette pensée d'un coup de couteau dans un fruit popoto.

« Ça sent déjà très bon. J'espère que le goût sera à la hauteur de l'odeur ! » s'amusa-t-elle doucement en le regardant mettre la marmite sur le feu après avoir coupé l'eau de leur bain.

Sa gorge se serra ensuite. Comment amorcer ce petit moment à deux ? Comment ne pas être gênée ? Ses manières lui donneraient-elles une mauvaise impression ? Pourquoi était-elle aussi stressée, alors que ce genre de caprices sybarites avait rythmé sa vie ? Peut-être parce que cette fois, elle en avait envie et que, la compagnie était bien différente. Sans un mot de plus, elle attrapa une des mains de Cillian avant de le tirer doucement vers le baquet.

On ne pouvait pas prendre un bain habillé. Enfin, si, mais, en général, la première étape, d'une manière logique, était de se défaire de ses vêtements. Devait-elle le faire pour lui et inversement ? Se déshabiller mécaniquement devant lui, lui paraissait être une idée plus que dérangeante. Alors, doucement, elle envoya ses mains s'occuper des affaires qu'il avait sur le dos. Ryme ne le regardait pas vraiment, sa gêne était palpable. Mais ses joues délicieusement rosies et son rythme cardiaque affolé, trahissait toutes les autres émotions positives qu'elle éprouvait à cet instant. Elle releva les yeux vers lui que lorsqu'elle s'attaqua à son pantalon, qui, si elle en croyait le bruit de tissu au sol, venait de tomber. Ses doigts se glissèrent avec délicatesse entre la peau de ses hanches et son sous-vêtement qui glissa à son tour.
Ryme n'était pas vraiment pudique. Elle connaissait le corps des hommes. Celui des femmes. Mais elle ne connaissait pas encore vraiment celui de Cillian. Son regard descendit légèrement vers son torse, vers la cicatrice de la blessure qui lui avait valut d'être son voisin de lit à l'hôpital. Un sourire tendre se dessina sur son visage, alors que du bout des doigts, elle dessinait les contours de l'ancienne blessure.

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