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I don't want you to hate for all the hurt that you feel [ PV Cillian ]

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Ryme

Invokeure

le Mer 28 Mar 2018 - 11:56
Le trait d'humour qu'elle s'était risqué à faire semblait avoir atteint sa cible. Après un silence, qui n'avait duré quelques minutes, mais qui avait eut la saveur de l'éternité, Cillian reprit la parole. Il demanda, d'une petite voix teinté d'un brin d'innocence, s'il avait besoin d'un motif pour frapper Holma. Ryme ne put s'empêcher de sourire à cette remarque : il était évident que frapper des gens, même avec une raison n'était pas recommandable, alors, le faire sans le moindre motif... Peut-être avait-il envie de tester les paillasses des cellules de contrition du temple, plutôt que la tendre moiteur de leur lit. Elle se garda cependant de faire cette réflexion, de peur qu'il ne la prenne pas comme une manifestation de son espièglerie, mais comme un reproche.
Puis, il se laissa choir. La tenue qu'on lui avait gracieusement prêtée n’appréciait peut-être pas le contact rugueux du sable, mais, après tout les vêtements étaient fait pour être utilisés, usés et souillés. Un air vaguement triste passa sur son visage ; mais Ryme se demanda si ce sentiment le quittait parfois. Après avoir observé le sable, il dirigea son regard vers elle. Il semblait apprécier ce qu'il contemplait, mais, Ryme ne saurait dire si cela était une bonne chose ou non.

Pourquoi voudrait-il graver dans sa mémoire pareille instant ? Certes, le cadre était beau et elle était toute en beauté, mais elle n'avait pas particulièrement envie qu'il se souvienne d'elle ainsi. Cette tenue, ce maquillage, tout cela était faux et faisait partit d'un jeu auquel Ryme participait depuis bien trop d'années maintenant. Cependant, elle ne laissa rien paraître si ce n'était un sourire aimable alors qu'il déclarait qu'elle ne devait pas avoir de regrets. C'était peut-être là, un de leurs plus gros points de désaccord : son entêtement leur avait causé beaucoup de torts. Peut-être que si elle était restée près des Voix, il se serait lassé d'elle et serait revenu vivre ici. Peut-être que si elle avait tué Vilhatt, elle aurait été dans la Via et pas lui. Peut-être que... Peut-être que si... Ryme avait établi au moins une centaine de scénarios : tous étaient bien plus heureux que ce qu'ils vivaient actuellement, du moins pour lui. Elle importait peu, elle était déjà damnée.

Ryme attrapa sa main et lia précautionneusement ses doigts à ceux de Cillian. Elle aimait se sentir toute petite, presque fragile, entre ses pattes. Il était bientôt l'heure de la fête, alors, ils se mirent en marche vers le village. Sur le chemin, il entama une phrase qu'il ne termina pas ; une vague vision d'un avenir meilleur. Des promesses qui n'étaient pas formulées, mais qui comptaient tout de même. Qui écorchaient un peu le cœur aussi. Car ces jours heureux ne pourraient très bien ne jamais voir le jour ; ou ne jamais existé.
Soudainement, une des jeunes cousines de Cillian vint à leur rencontre, les joues rosies par le plaisir d'être responsable de leur porter un message. Elle les informa à toute vitesse, qu'en effet, la fête avait débuté et que tous n'attendait plus qu'eux. Ryme la remercia d'un sourire et d'une petite caresse dans les cheveux. La gamine sembla ravie et s'en alla en quatrième vitesse, sans doute pour se vanter auprès de ses copines.

Les lèvres de Cillian vinrent se poser sur sa joue ; peut-être le dernier baiser avant quelques heures, songea-t-elle avec un léger vague à l'âme. Une fois sûrs d'eux, ils avancèrent encore un peu plus, rencontrant le patriarche de la famille. Ce dernier n'usa pas de mot pour se faire comprendre, ce qui surprit Ryme. Malgré le temps, la souffrance et la séparation, le père et le fils se comprenaient encore parfaitement. Sans doute grâce à un langage secret réservé aux personnes taciturne, s'amusa-t-elle a pensé, silencieusement.
Ils furent conduits devant un petit homme à l'âge plus qu'avancé. Sa moustache parfaitement taillée décorait son visage tout autant que les multiples rides joyeuses qui logeaient sur sa peau. Il semblait ravi de revoir Cillian. Il s'approcha de lui et lui décocha un petit coup dans l'estomac en se plaignant de ne pas avoir été encore salué.

Ryme lança un regard amusé à Cillian. Le maire du village, monsieur Ghilgo semblait être un homme avenant, avec beaucoup d'humour et malgré son âge plus qu'avancé, il avait encore un esprit vif et acéré. L'ancienne Voix se surprit à rougir légèrement alors que le vieux maire lui faisait un baisemain. De toute sa vie, personne n'avait été aussi galant avec elle – si on ne comptait pas le sacrifice de Cillian, bien entendu. La jeune femme accueillit les remarques qu'il lui fit avec un sourire sincère. Pour la première fois, depuis qu'elle était arrivée dans le village, Ryme avait l'impression d'être traitée comme... Un être humain. Pas l'Invokeur, pas la Voix, ni la femme qui avait enfin réussit à prouver que Cillian n'était pas attiré par les hommes ou les chocobos.

« Je suis ravie de vous rencontrer, Monsieur le Maire. Et c'est avec plaisir que je vous écouterais me raconter vos histoires. Je suis sûre que Cillian a dû être un enfant plus que passionnant à observer. » répondit-elle en s'inclinant légèrement.

Le Maire lui tendit aimablement le bras. Elle jeta un dernier regard à Cillian avant de se détacher de lui pour prendre place à côté du vieillard. Son bras était maigre et ses muscles légèrement tremblant, mais il semblait rayonné d'une fierté sans borne. Ryme n'aurait su dire si c'était parce qu'elle s'appuyait timidement sur son bras où si cette joie était liée au retour de Cillian. Le vieux Ghilgo semblait avoir un faible pour lui et il ne le cachait pas.
D'un pas lent, ils rejoignirent la table. On plaça Cillian à la place d'honneur, juste à la gauche du maire. Quant à Ryme, elle reçut la place réservée aux femmes dans ces circonstances : à sa droite. Ils n'étaient guère éloignés, mais cette place qui les séparait lui paraissait être des mètres. Depuis leurs retrouvailles, ils avaient toujours été ensemble, inséparables.

Le reste de l'assistance regagna sa place et les conversations commencèrent à aller bon train. La nourriture manquait encore un peu de cuisson selon un des villageois préposer à la rôtisserie. Cependant, les boissons, elles, commençaient déjà à être servies. Pourtant, personne ne toucha à son verre. Lentement, Ghilgo se leva, gobelet en main. Il se racla la gorge et aussitôt l'assemblée se fit silencieuse. Ryme, qui était déjà charmée par le personnage se surprit à être encore plus admirative. Ce silence n'était pas imposé par la peur, comme lors des assemblées où elle avait été présente par le passé, mais par le respect.

« Nous sommes tous réunis ici pour une occasion spéciale. Après des années passées loin de l'île, un enfant du pays revient enfin. Nous ne pouvions faire autrement que de célébrer son retour ! La mer et Yevon nous l'ont rendu, bénis soient-ils ! » Il leva son verre, et tous les villageois firent de même. Voyant que Cillian ne faisait pas un geste, Ryme hésita quelques secondes à lever son verre, mais elle ne bougea pas.
« Et, ce sacripant ne revient pas seul ! Il a capturé une jolie sirène sur le chemin du retour. Prions pour la longévité et le bonheur de leur union et pour que leurs enfants puissent fouler la terre sacrée de l'île, bientôt ! » Cette fois-ci, il porta le verre à ses lèvres.

Un tonnerre de sifflets et d'applaudissements se fit entendre tandis que les uns et les autres buvaient également. Ryme se mit doucement à rougir. Les mots du Maire lui faisaient plaisir ; même si l'évocation d'un futur lui était tout de même un peu douloureux. Elle porta distraitement la coupe à ses lèvres, en jetant un œil à Cillian. Son visage n'exprimait rien de particulier. Leurs regards se croisèrent et Ryme sentit son épiderme se réveiller et ses joues rosirent un peu plus.

« Alors, Monsieur Ghilgo, j'attends avec impatience vos histoires...
Nous avons toute la soirée pour ça très chère. Mais, veuillez pardonner l'égoïsme d'un vieil homme, il y a une chose que j'aimerais vous demander.
Bien sûr, je vous écoute, répondit Ryme, presque certaine de connaître la nature de la requête.
J'aimerais vraiment que vous preniez soin de lui. C'est un bon petit. Il n'a pas toujours été facile, mais il a toujours eut bon cœur. Et, j'ai entendu dire par les jeunes du village que vous aviez une voix incroyable ; pourriez-vous chanter une chanson ?
Je vous promets de faire attention à lui, aussi longtemps que je le pourrais. Et c'est avec plaisir que je chanterais pour vous. »

Ryme esquissa un sourire tristement doux et regarda Cillian. Son regard n'exprimait que des excuses. Le Maire se leva et frappa dans ses mains : aussitôt, la musique s'arrêta et d'une main délicate, il invita Ryme à se lever. L'assistance retint son souffle puis exulta lorsqu'elle vit l'ancienne Voix aller se placer vers les musiciens. Elle se plaça près d'eux, les questionna sur leur répertoire et finalement, ils se décidèrent sur une chanson. Les premières notes s'élevèrent, puis la voix de Ryme s'échappa tout en délicatesse et retenue de sa gorge, pour une interprétation veloutée d'une de ses chansons les plus connues. EN observant la foule, elle s'aperçut à quel point les villageois semblait à la fois heureux et captivé. Le Maire Ghilgo était penché vers Cillian, impossible de savoir ce qu'il lui disait, mais elle espérait que toute cette mise en scène ne l'atteignait pas trop cruellement.

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Cillian

Monsieur tout le monde

le Jeu 29 Mar 2018 - 13:33
A peine la dernière chaleur du bras de Ryme sur mon corps partie et je sens doucement les couleurs du monde se retirer doucement.. Un fin filet d'air s'échappe de mes lèvres et je sens mon cœur se ralentir doucement. Le monde perdre un peu de sa prise sur moi. Mon regard se faire un peu plus mou. Un peu plus vide. Un peu moins brillant. Je ne sais pas si les autres le remarque. Et au fond, je m'en moque un peu. Je baisse doucement la tête en suivant ma rousse et le maire. Cette impression d'être une marionnette. De sentir les fils tirer sur mes poignets. Sur mes chevilles. A cet instant, je ne suis ni maître de mon corps, ni mètre de mes émotions. Je ne fais que suivre. Et on m'a même retiré la canne qui me sert à pouvoir avancer dans ces lieux sombres. C'est étrange.

Comme un robot, je m'assoie à la place que l'on m'indique. La place d'honneur. J'ai le sentiment que ça devrait me déranger, mais dans l'espèce d'armure de coton dans laquelle j'ai l'impression d'être, cela ne m'atteint pas vraiment. J'entends vaguement une voix à coté de moi. C'est le maire. Il va porter un toast. Doucement, je porte une main vers mon verre, que j’arrête à mi chemin pour le poser sur la table. J'écoute distraitement ce qui se dit. Le mer et Yevon m'ont rendu. L'amère ironie m'aurait arraché un sourire triste si je n'étais pas dans l'état second dans lequel je me trouvais. Yevon a fait tout son possible pour que je ne revienne jamais ici, et je dois admettre qu'une très grande partie de moi souhaite qu'il ait réussi. Je tourne la tête vers la droite et croise le regard de Ryme. Je me demande ce qu'elle pense de tout ça. De toute cette mascarade. Nous ne sommes que trois autour des tables à savoir ce qui s'est passé, et je suis persuadé que la fête ne serait pas aussi belle si la vérité avait été connue.

Doucement, je pose mon coude sur la table et ma tête dans ma main. Si j'ai compris, Ryme va chanter. C'était obligatoire. Et sincèrement, je pense que cette espèce de torpeur dans laquelle je suis va jouer à notre avantage. Je ne sais même pas si la voix de l'amour de ma vie réussirait à me sortir de cette langueur mortelle. Cependant, monsieur le Maire ne me laisse même pas écouter. Il tapote sur mon bras et se penche vers moi, signe qu'il a envie de me parler. Presque mécaniquement, je me penche vers lui.

« Quand même, une Voix. Tu as sacrément de la chance, Cillian. J'espère que tu t'en rends bien compte. »

Je le regarde et hoche vaguement de la tête.

« Du nerf, gamin. Tout le monde est là pour toi. Essaie au moins de faire semblant d'avoir l'air content. »

Ça se voit tant que ça que je ne suis là que contraint et forcé ? Par moi même, certes, mais contraint et forcé quand même.

« Tu sais, d'ici la fin de l'année, ton père va prendre ma suite. Et il ne se fait pas forcément très jeune non plus. Et ce n'est pas ton frère qui pourrait lui succéder. Ça nous laisse une possibilité, gamin. »

Oh non. Oh non non non. Je vois où il veut en venir, et je ne veux pas qu'il en vienne là. Je soupire. Est-ce qu'il attends une réponse ?

« Moi, je dis ça, je dis rien. Mais c'est une possibilité, petit. Tu as un certain prestige dans le village. Je ne dis pas que tout le monde t'aime bien, mais c'est pas souvent que des gens reviennent après avoir été blessés au service de la foi. C'est des points marqués, Cillian. Encore moins de gens qui reviennent avec une des personnes les plus célèbres du monde au bras. »

Il soupire. Je le regarde et je crois que je ne l'ai jamais vu avoir l'air aussi … Vieux. C'est le mot. Vieux.

« Enfin, je ne dis pas que tu dois prendre des décisions dans l'instant. Mais le village pourrait avoir besoin de toi Cillian. »

Visiblement, notre « conversation », si on peut appeler çà comme ça, a duré le temps de la chanson. Uh. Le temps passe vite, visiblement. Tout le monde applaudit à s'en briser les doigts et je m'y met aussi. J'espère que c'est fini, par contre. Je n'ai qu'une envie, c'est de rentrer. Mais bon. Le repas n'a même pas commencé. Et vu où je suis installé, il va falloir que je reste jusqu'au bout. Une fois que tout le monde à regagné sa place, le maire reprends la parole.

« Quelle interprétation ! Ah, si seulement j'avais une vingtaine d'années de moins, je vous aurai invitée à danser, mademoiselle. Mais trêve de bavardages ! C'est l'heure de ce pour quoi nous sommes tous réunis ! A table mes amis ! »

Tout le monde applaudit de nouveau, je crois même plus fort que suite au chant de mon amour. Le maire se tourne ensuite vers Ryme.

« Ryme, mon enfant, et si vous me racontiez comment vous vous êtes rencontrés ? Comment un simple enfant des îles un peu benêt comme Cillian à pu rencontrer la célèbre Ryme ? Je dois avouer que c'est une histoire que je meurs d'envie d'entendre de votre bouche depuis que je suis au courant de tout ça, ce qui ... »

Il me tape sur le bras.

« … A été bien après pas mal de monde, sale garnement. »

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Ryme

Invokeure

le Sam 31 Mar 2018 - 16:59
Chanter devant un public. Cela faisait si longtemps que ce n'était pas arrivé. Et bien que le nombre réduit de musicien ne rendait pas vraiment honneur à la chanson, Ryme se sentait bien. Elle ne pouvait pas mentir là-dessus : l'admiration que lui procurait son statu et sa voix, était un sentiment agréable. Se sentir écoutée, se sentir importante... Ces sentiments, elle les avait presque oubliés. Mais ils revenaient au galop, d'autant plus qu'elle chantait pour faire réellement plaisir aux villageois. A des gens, des vrais gens, qui avaient sans doute besoin d'un peu de réconfort avec les derniers événements. Les Voix de Yevon ne venaient pas dans les îles, car, même sans la présence de Sin, les voyages étaient dangereux... Mais Ryme avait toujours trouvé cela ridicule ; et elle trouvait la chose bien plus vaine ce soir.
Cillian était en pleine discussion avec le maire, alors il ne devait pas vraiment faire attention à elle, ni au fait qu'elle joua de ses cordes vocales. Hormis eux, l'assemblée était captivée, silencieuse, savourant ce moment unique où une des créatures les plus connues de toute l'île, donnait de sa personne dans une ambiance intime.

Rapidement, la chanson s'acheva, et même s'il y eut des « encore » de crier, le discours du maire cessa toute discorde et mis tout le village sur la même longueur d'onde : la nourriture. Et, maintenant qu'elle y pensait, Ryme aussi avait un petit creux. Elle s'éloigna de la scène pour retrouver sa place. La jeune femme fit exprès de passer près de Cillian, pour pouvoir le frôler gentiment du bout des doigts avant de devoir reprendre la place qui lui avait été attribuée. Elle but une ou deux gorgées d'eau, pendant que le maire lui posait LA question. Cette histoire n'avait-elle pas déjà fait le tour de l'île ? Qu'avaient-ils inventés lors de leur transport depuis le port ? Un sourire tendre s'échappa de ses lèvres lorsqu'elle vit le vieil homme frapper gentiment Cillian. Un lien fort les unissait et cela la rendit joyeuse. Il y avait encore des choses qui comptaient. Des choses qui le reliaient à la vie, en dehors d'elle.

« Pour être honnête avec vous, je crois que vous êtes la première personne à prendre la peine de nous questionner sur notre rencontre et non pas les raisons qui ont conduites à notre union. » répondit doucement Ryme en lançant un regard complice à Cillian. Mais il semblait... Différent, contrarié presque éteint.
« Voyez-vous, durant une tournée des Voix de Yevon, j'ai été malencontreusement blessée à la jambe, ma blessure n'est pas un mystère et elle explique la démarche maladroite...
Fadaise, votre pas est très élégant ma chère !
Merci, mais je sais très bien que je ne suis guère plus habile qu'un canard boiteux.
Mais indéniablement plus charmant ! Mais je vous en prie, continuez, continuez !
J'ai dû être hospitalisée des suites de cette blessure, dans un des centres de soin de Bevelle. Le destin a voulu que Cillian soit mon voisin de chambre. Nous avons sympathisé, puis nous nous sommes rendus compte que ce n'était pas uniquement de la franche camaraderie qui nous liait.
Oh oh, en même temps, qui pourrait vous résister ?
A vrai dire... Lui. Il m'a même repoussée au début. précisa-t-elle en rougissant un peu.
Eh bien... En même temps, je ne peux être très surpris ! Ce chenapan a toujours eut du succès sur l'île, même ma petite fille, Marnie, avait envie de devenir sa fiancée ! Mais aucune jeune femme de l'île n'a réussi à réellement lui mettre la main dessus. Il a bien de la chance d'avoir finalement porté son choix sur vous !
Non, c'est moi qui suis chanceuse. »

Malgré sa réponse polie et son sourire aimable, l'humeur de Ryme c'était fait un peu plus sombre. Encore cette ''Marnie'' ; Jienne l'avait mentionné un peu plus tôt dans la soirée. Elle n'avait pas envie de douter de lui, de croire qu'il lui avait menti... Mais après tout, elle n'avait jamais prit le temps de le questionner sur ses rapports aux femmes lorsqu'il était à l'hôpital. Mais, malgré tout l'Invokeure faisait le choix d'avoir la foi. Et ce, malgré la psyché brisée qui logeait dans son compagnon.
Le maire l'invita à manger d'un léger mouvement de couvert ; c'est vrai que le repas allait être froid. Mais, elle ne s'en préoccupait plus vraiment, à la fois trop curieuse et craintive de ce que le passé de Cillian pourrait mettre à jour. De ce que son passé pourrait changer à leur relation, à leur futur.

Les premières personnes à avoir fini leurs repas s'étaient déjà élancées sur la piste de danse, au centre des tables. Les cousines de Cillian dansaient déjà avec entrain. Ryme sentait le poids des regards sur eux. Les hommes de l'assemblée attendaient avec impatience que l'invité d'honneur termina son assiette pour venir le harceler de questions. Les femmes et plus particulièrement les jeunes filles, quant à elles, dévoraient l'ancienne Voix du regard. La soirée promettait d'être longue et lointaine. Finalement, il y aurait peu de chances pour qu'elle et Cillian puissent fuir comme deux jeunes gens amoureux au milieu d'une fête de village.
Les prédictions qu'elle avait faites s'avérèrent exactes : à peine avait-elle posée ses couverts et essuyer précautionneusement sa bouche qu'une horde de jeunes femmes vint la chercher pour aller discuter un peu près du feu. Ryme adressa un regard désolé à Cillian, avant de se laisser entraîner par la petite troupe d'adolescente. Elle pouvait bien discuter un peu avec elle, leur faire plaisir. La vie sur les îles n'avait pas l'air d'être une partie de plaisir : les jeunes grandissaient vite, peut-être trop.

Assise au coin du feu, Ryme répondit gentiment à ce qu'on lui demandait, même si certaines des questions revenaient parfois. Beaucoup n'osaient pas approcher, trop timide. Jienne se fit alors un plaisir de les pousser en avant pour pouvoir échanger quelques mots avec Ryme ; malgré la peur qu'il y avait dans leurs yeux, l'étincelle du plaisir brillait également. Au bout de quelques minutes, l'ancienne Voix tourna la tête. Cillian n'était plus à table également, mais elle ne le trouvait pas du regard. Il ne devait pas être bien loin : il devait sans doute supporter les conversations grivoises des hommes de l'île à son sujet ; ou répondre à des questions vis-à-vis de ses aventures.

« Jienne ?
Ouaip ?
— Aurais-tu vu Cillian ? J'aurais aimé danser un peu avec lui, ça va faire une petite heure que je ne l'ai pas vu...
Mmh, la dernière fois que j'l'ai vu il allait vers la crique ; mais j'crois qu'il discute avec Marnie.
Oh.
Haha, fais pas cette tête ! T'as pas à t'en faire ! C'est de l'histoire ancienne tout ça ! » lui répondit-elle en lui donnant une vigoureuse tape sur l'épaule.
Ryme lui répondit en esquissant un petit sourire et essaya de chasser au mieux le nœud qu'elle avait dans l'estomac. Jienne l'invita à danser, mais au bout de quelques rondes, la fatigue commença à se faire sentir et Cillian n'était toujours pas revenu. Alors, discrètement, Ryme s'éclipsa silencieusement, à son tour.

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Cillian

Monsieur tout le monde

le Dim 1 Avr 2018 - 11:49
Dans toute autre circonstance, je pense qu'entendre la voix de Ryme m'aurait aidé à sortir de l'endroit sombre dans lequel je suis. Malheureusement, à cet instant, elle ne peut que m’empêcher de m'y plonger un peu plus. C'est déjà bien, remarquez. Sûrement plus que ce que n'importe qui d'autre sur cette planète maudite puisse faire. Je l'écoute distraitement raconter cette histoire, les yeux mollement placés sur elle. Je mâchonne un morceau de viande alors qu'elle parle. J'aime bien l'écouter quand elle parle. Elle raconte même que je l'avais repoussée au début. C'est vrai. La peur, surtout. Peur qu'elle ne s'attache à moi que parce que j'étais la première personne à la traiter comme un être humain. Et aussi, au fond, la non-réciprocité. Si je suis amoureux d'elle maintenant, je pense que ça à commencé au moment de mon arrestation. Lui faire croire autre chose que cela avant n'aurait pas été bien, tout simplement.

La fête bat son plein. Doucement mais sûrement, ceux qui ont fini de manger commencent à vaquer à d'autres occupations. Certains vont danser. D'autres ont été chercher des balles pour faire des parties un peu plus loin des tables. Les bouteilles de liquide ambré commencent à tourner gentiment. Certains parle. Certains rient. La vie, tout simplement. Je balaie du regard l'assemblée. Est-ce qu'ils ont vraiment besoin d'un incapable comme moi pour chef ? Je suis sur que même Holma, que je présume être l'espèce d'idiot assis à coté de ma sœur, serait meilleur que moi pour le rôle. Même Holma ! C'est dire. Il faudra que j'en parle à Ryme. Ce n'est pas le genre d'informations que je peux lui cacher. Non. Même plus. Que je veux lui cacher.

Ma fourchette tape sur l'assiette. Ah. J'ai fini, il semblerait. Hum. On me passe un nouveau plat, que je refuse. Je crois que j'ai assez mangé. Je ne sais pas vraiment. Je serai bien incapable de dire combien j'ai mangé là maintenant. Mais je n'ai plus faim. Enfin, plus. Je n'avais pas faim du tout. Mais … Je n'ai qu'une envie, c'est me lever et aller me coucher. Dormir quelques jours. Voir plus. Mais … Je les voit, là, tous. Une petite dizaine d'hommes. Certains que je reconnais vaguement. D'autres, non. Ils me regardent. Je sens qu'une fois que j'aurai posé ma fourchette, je vais me faire assaillir de questions en tout genre. Je soupire, et pose mon couvert. Allez.

Et effectivement, je me retrouve bien vite entouré. Je n'ai même pas le temps d'aller chercher un peu d'affection auprès de ma rousse. Je les regarde. Certains sont jeunes. Certains sont vieux. Je ne sais pas quel genre de questions ils vont me poser. Est-ce qu'ils vont me poser des questions sur Ryme ? Sur mon voyage ?

Ah. Déjà, on me félicite d'être rentré. Hum. C'est vrai que, techniquement, j'étais parti pour ne pas revenir. C'est … Plutôt gentil, en fait. Okay, cool. Ensuite, il y a des questions de tout genre. Certains s'inquiètent de mon œil. On me demande si le monde n'est pas bizarre, avec un œil en moins. Bon, okay, j'ai un peu plus de mal à évaluer les distances, et c'est vrai que j'ai plus besoin de tourner la tête qu'avant, mais ça va. On me demande jusqu'où j'ai été. Visiblement, Garan n'a pas trop voulu raconter notre voyage. Facile comme réponse. Le plus haut que je suis allé, c'est Bevelle, non ? Certains me demandent comment j'ai rencontré Ryme. A l’hôpital, facile. D'autres posent des questions plus intimes, mais étrangement, ceux là ont tendance à vite disparaître de la foule. Cela me rassure un peu. Ils ne sont pas hyènes avides de potins. De temps en temps, je glisse un œil vers Ryme. Elle est aux prises avec le même genre de soucis, juste avec un chromosome différent.

Au bout d'un moment, je me lève et leur fait comprendre que j'en ai assez. Bien sur, il y a des gens pas contents. Ils n'ont pas pu demander tout leur saoul, mais je leur rappelle que je ne compte pas disparaître du jour au lendemain. On pourra toujours se voir. Je n'en ai pas envie, certes, mais bon. Avec un peu de chance, ils vont boire un peu trop et oublier cette pseudo-promesse. Ryme est encore aux prises avec ses admiratrices, alors je ne vais pas aller l'embêter. Je vais vers Jienne, et lui indique que je me dirige vers la crique pour me reposer un peu. Si jamais Ryme me demande, qu'elle lui dise. Si jamais quelqu'un d'autre me demande, qu'elle dise ne pas savoir. Elle opine du chef. Je crois qu'elle m'a compris.

Une fois un peu éloigné de la fête, je m’assois sur le sable. Trop de monde. Trop de questions. Trop de tout. Je crois que ma tête pourrait exploser sous toute cette pression. Ce n'est pas agréable. Très loin de là. Mais je crois que j'entends des pas dans le sable.

« Ryme, c'est toi ? »

Elle ne réponds pas. Approche un peu plus. Une voix que je ne connais pas me réponds.

« Désolé, ce n'est pas elle. C'est moi, Marnie. »

Marnie. Un nom qui revient un peu trop à mon goût. Malheureusement, je ne sais plus qui elle est vraiment. Tout ce que je sais, c'est ce petit goût amer dans ma gorge, comme quand je pense à Holma.

« Je t'ai attendu, Cillian. »

Quoi ?

« Et tu reviens avec une … traînée du continent. »

Okay. Ca, ça va pas être possible. Pas du tout. Avec un peu de fureur dans les jambes, je me lève et me tourne vers elle. Effectivement, je la connais. Plutôt petite, assez en formes, une longue chevelure brune qui lui descends jusqu'aux cuisses. Un air … Étrange, sur le visage. Ce n'est pas de la méchanceté. Enfin, pas que. Si on me demandait mon avis, j'aurai aussi parlé d'une sorte de tristesse. Je ne sais pas.

« Je te prierai de ne pas parler de Ryme comme ça, s'il te plaît. »

Ma voix est lasse. Mon regard presque suppliant. Je n'ai plus envie de me battre. Pas ce soir. J'en ai assez.

« Je fais ce qui me plaît. Tu t'es bien moqué de moi, en tout cas. A dire que toi et les femmes, c'est pas trop ça. A dire que je serai celle que tu choisirai, si tu devais te marier. »

Je fronce les sourcils. Effectivement, c'est le genre de choses que j'aurai pu dire. Avant.

« Je suis désolé, mais les choses ont changées, Marnie. Et puis, tu le sais comme quoi que j'étais parti pour ne pas revenir. Et de toute façon, on ne fonde pas une famille uniquement sur du dépit. Je suis désolé de t'avoir dit ça. Mais cela ne pourra pas se faire. Tout simplement. Désolé Marnie. Mais c'est Ryme que je veux. Pas toi. »

Le vent tourne et l'odeur acre de l'alcool me parvient aux narines. Ouh, je crois qu'elle est bourrée en fait.

« Je t'ai attendu tout ce temps, Cillian. Tout ce temps. Alors tu sais quoi ? »

Je suis pris par surprise. Son poing vole dans mon ventre et je me retrouve par terre.

« Si tu ne veux pas me donner ce que je veux, je vais le prendre. »

J'ouvre les yeux pour la voir commencer à défaire sa robe. Son pieds arrive de nouveau dans mes côtes. Je … N'arrive pas à réagir. Je dois être dans un cauchemar, en fait.

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Invokeure

le Lun 2 Avr 2018 - 10:40
Quel était ce sentiment qui lui vrillait l'estomac ? Chaque pas semblait un peu plus difficile que le premier. Un peu plus hésitant. Des questions, des doutes – bien qu'il n'y ait pas de raisons d'en avoir. Elle lui faisait confiance, alors, pourquoi... Pourquoi avait-elle peut ? Cette crainte lui brûlait le cœur aussi vivement qu'un brasier. Son esprit s'agitait de toute part : et s'il se souvenait de quelque chose en rapport avec cette fameuse Marnie ? Pourquoi n'était-il pas venu la sauver de ces conversations sans fins, s'il voulait qu'ils passent enfin un peu de temps ensemble ? Et puis, quelque part, elle ne pouvait pas s'empêcher de se maudire de ne pas avoir la même confiance en eux, que celle qu'avait Jienne. Ryme savait pourtant sur le bout du cœur, de la langue et du corps, qu'il l'aimait. Mais... Le Cillian qui l'aimait était celui qui avait perdu tout un tas de souvenirs, tout un tas de petits morceaux de lui. Et peut-être que cette Marnie, en était un.
La crique était plutôt silencieuse. Au loin, elle vit la masse d'un couple enlacé. Mais pas la trace de Cillian ou de la petite fille du maire. Son cœur se serra un peu : étaient-ils déjà partis ? Elle devait en avoir le cœur net. Tant pis pour les batifoleurs, ils verraient leur amour légèrement interrompu, le temps d'une question. D'un pas maladroit, Ryme s'avança dans le sable. Lentement, le dos nu de la jeune femme se dessina : à califourchon, penchée sur le visage de son amant, elle avait l'air autoritaire. Tout du moins, elle semblait savoir ce qu'elle voulait.

Soudain, petit à petit, la sensation bileuse de tout à l'heure lui revint : ce pantalon... Ce corps... C'était Cillian. Pas de doute possible. Son cœur se figea, comme gelé. Puis, il lui sembla que tout son être n'était plus qu'un immense vide. Les battements de son cœur ne trouvaient pas d'écho. Cette vision, ces lèvres qui n'étaient pas les siennes sur celles de son compagnon. C'était un cauchemar. Un véritable cauchemar. Ses yeux commencèrent à brûler. La cruelle morsure des larmes continua de monter, juste avant d'exploser silencieusement, alors que Marnie éloignait son visage de celui de Cillian, avant de pousser un soupir d'aise.

« Tu vois... Je suis quand même bien mieux que cette garce... murmura-t-elle en caressant désagréablement sa mâchoire. Ryme serra le poing, mais resta muette. En plus, tout le monde sait que les Voix sont des putes. Moi... Moi... Je t'ai attendu ! Je suis pure. Je suis toute à toi. »

Le silence de Cillian face à cette remarque était la goutte d'eau de trop. Ryme s'avança un peu plus. Son éternel sourire avait disparu. Son visage était sévère, inexpressif. Seuls les rougeurs dans ses yeux et les traces salines et humides de ses larmes sur sa peau, trahissaient ses réels sentiments. Elle se racla la gorge, espérant que cela suffirait à surprendre les deux amants. Marnie n'entendit rien. Quant à Cillian, Ryme ne savait pas vraiment quoi penser. Elle savait à quoi il ressemblait lorsqu'il était... Quelque chose clochait. Sa fureur s'envola un peu, lui permettant de retrouver un peu de lucidité.

Il... Non... Soudainement, une tout autre colère naquit en elle. Avec une force qu'elle ne se connaissait pas, Ryme attrapa l'élément perturbateur par les épaules et la désarçonna. Marnie tomba dans le sable. Elle sentait l'alcool à plein nez et son regard vitreux était un bon moyen de savoir que la jeune femme avait perdu la raison. Mais, cela n'excusait en rien son geste. Et pour la première fois de sa vie, Ryme se surprit à haïr une autre personne que Vilhatt. Avec une appréhension froide, elle jeta un œil à Cillian. Sa chemise avait été remontée, mais les mains maladroitement ivres de Marnie n'avaient pas réussi à se défaire de toutes les ceintures qui ceignaient son pantalon. Mais le mal était fait. Doucement, l'ancienne Voix s'approcha de lui, avant de se saisir de sa main et de faire redescendre la chemise sur son torse.

« Je suis peut-être une... Pute, mais je n'ai pas eut à le forcer pour découvrir son corps. » siffla Ryme en se retournant vers Marnie, qui semblait encore sonnée de la situation.

« Tu vas bien ? » demanda-t-elle à Cillian.

Ryme n'eut pas le temps d'entendre la réponse que la demoiselle ivre se rua sur eux. Ou plutôt sur elle. Marnie la fit basculer en arrière et Ryme tomba sur le dos. Elle pleurait à chaudes larmes. Les deux femmes se regardèrent pendant quelques secondes, puis, Marnie commença à frapper. Ses coups étaient maladroits, mais sous le joug de l'alcool, elle ne contrôlait pas vraiment sa force et la plupart était douloureux.

« Pourquoi il t'a choisi, toi ?! Pourquoi, hein ?! Pourquoi pas moi ?! Moi je lui ai tout donné ! Sans condition ! Il n'avait qu'à demander pour m'avoir !! Il avait tout pour être heureux ici !!Alors, pourquoi... Pourquoi tu existes ?! IL avait promis de m'épouser MOI ! Pas TOI !! Si tu disparais, il m'aimera à nouveau.... » Ses mains se refermèrent sur la gorge de Ryme et progressivement, elle commença à serrer.

« Je...suis...désolée... » murmura l'Invokeure. Désolée, mais de quoi ? Pourquoi ? Avant de venir ici, elle ignorait tout de son existence. Cillian n'avait jamais mentionné une femme qui l'attendait sur l'île. Mais, devant tant de désespoir, elle ne pouvait que constater que cette pauvre femme était désespérément amoureuse de lui et depuis bien plus longtemps que Ryme. Mais l'homme qu'elle avait connu était différent à présent. Et si par le passé, il avait pêché, il n'était plus vraiment responsable.
Alors, Ryme essaya de se redresser. De lutter. Pendant quelques secondes qui lui semblait être des minutes, elle crut pouvoir reprendre le dessus. En vain. La main de Marnie agrippa une des boucles d'oreille de Ryme. Elle tira. Le lobe se déchira et le bijou tomba dans le sol, accompagné de quelques gouttes de sang.

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