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Open them wide - Ryme

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Ryme

Classe : Mage blanc

Points de rang : 1454



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Ryme

Invokeure

le Mar 8 Jan 2019 - 10:23
Le visage de Ryme se transforma légèrement, imitant une moue tout d'abord choqué puis outré : elle, une sale fille ? Comment pouvait-il oser ? La mimique ne dura pas longtemps, juste le temps de se transformer en un rire délicat. Il était vrai que, Cillian n'était pas un personnage ordinaire, un homme classique. Enfin, de ce qu'elle aurait pu définir comme classique. Son intérêt plus que limité pour la gente féminine avait toujours surprit Ryme. Bien que biaisée par les années au sein des Voix, la jeune femme connaissait les hommes, leurs défauts, leurs travers. Et si, son compagnon n'était pas le plus vertueux des hommes, son attrait limité pour le beau-sexe était surprenant à bien des égards, surtout pour elle qui avait toujours été désirée.
Ryme avait d'autant plus de mal à considérer la chose car, malgré les blessures actuelles et passées, Cillian avait beaucoup de charme en plus de posséder une beauté sauvage, brute presque animale. Elle en était certaine : le Cil' du passé avait dû avoir son succès auprès des femmes et pourtant, il n'y avait jamais répondu à ces appels, à ces facilités. N'importe quel autre homme, bien que dénué de sentiments aurait profité de la situation. Et quelque part, elle était fière qu'il eut ce comportement, que par son caractère, il ait la force de combattre les avis des autres, mais aussi de faire d'elle quelqu'un d'unique. Elle était le grain de sable dans le rouage, celle qui lui avait montré que toutes les femelles de l'univers n'étaient pas de perfides créatures... Et ce rôle lui plaisait.

“Tu sais, je n'étais pas très féminine lorsque j'étais enfant.” répondit-elle d'une voix amusée lorsqu'il posa ses lèvres sur sa joue.
“A vrai dire, avant de rejoindre les Voix, je ressemblais plus à un petit singe roux hirsute qu'à un être humain.” le complément de réponse ne trouva pas de réponse, ou alors s'il y'en eut une, elle ne l'entendit pas.

Un sourire triste se dessina sur ses lèvres : il avait le nez caché dans son cou. Il faisait toujours ça, lorsque des choses négatives, de mauvaises pensées ou les incertitudes venaient frapper à la porte de son esprit. Il fallait juste attendre que l'orage passe. Silencieuse, elle leva les yeux vers le ciel : la canopée morcelait le ciel bleu comme si elle le grignotait. Les plantes-cloches sonnèrent encore, animant la clairière de leur mélopée si particulière. Ryme se demanda alors si, un jour, elle pourrait à nouveau produire un son aussi clair. Sa voix n'était plus que le vestige triste de ce qu'elle avait été, produisant des bruits rauques, fragiles et indisciplinés. Certes, c'était bien suffisant pour parler et se faire comprendre mais... Il lui manquait malheureusement l'essentiel. Privé Ryme de chanter était presque pire que l'empêcher de respirer.
Puis, la voix de Cillian brisa le silence et ses réflexions. Il partageait son sentiment : tant qu'ils seraient là, l'un pour l'autre et l'un avec l'autre, tout irait bien. Une sensation de bien-être, de soulagement se faufila à l'intérieur de son cœur, l'alourdissant un peu. Comme la lune au milieu de la nuit, cette déclaration repoussait les ténèbres des doutes et de la solitude. Cependant, le romantisme fut de courte durée puisqu'il ramena la conversation vers des choses bien plus pragmatique. Il se demandait – à juste titre, l'heure et le temps qu'ils avaient mit pour parcourir ce chemin. Malheureusement, Ryme n'avait pas de montre ou de sortilège pour connaître la temporalité précise.
Cependant, cela ne semblait pas dérangeant : peut-être était-ce une question dans le vent, juste pour ancrer les choses dans la réalité ? Il proposa alors deux solutions, repartir pour profiter pleinement de la cascade semblait être une idée plus que tentante. Le paysage devait y être sublime, l'eau limpide et ils pourraient disposé d'une certaine intimité pour peut-être continuer les cours de natation avortés de Kilika. Ou tout simplement pour faire une sieste sur les rochers chauffés par le soleil.

Néanmoins, Cillian semblait avoir d'autres plans. Doucement, lentement, il guida leurs deux corps jusqu'au pied du grand saule. Les branches larmoyantes les entouraient, comme pour préserver leurs plus dangereux secrets. Ainsi nichée contre lui, Ryme ne trouva pas la force de faire une contre-proposition à son plan, surtout s'il avait besoin de se reposer comme il l'affirmait. Mais, elle soupçonnait fortement qu'il voulait s'arrêter pour elle. L'Invokeure ne l'avouerait pas, mais sa jambe était déjà douloureuse et s'aventurer jusqu'à la cascade serait sans doute une épreuve irraisonnée.

Après un léger silence, il évoqua la longue période où, leur temps à deux avait été grandement amputé. Il avait raison, avec tout ce qui s'était passé récemment, le séjour sur l'île de Besaid ferait presque passé leur temps à l'hôpital pour une promenade de santé. Un sourire vint sur le visage de Ryme : c'était probablement une, si ce n'était la période la plus heureuse de son existence. En fermant les yeux, elle pouvait encore sentir les embruns de la mer de Bevelle, l'odeur des pins et des draps de coton un peu trop rêche de leur chambre. Mais elle était la seule à pleinement s'en souvenir. Les rires, les larmes, les instants volés et autres petites pépites n'existaient plus que dans sa mémoire à elle. Sa gorge se noua légèrement tandis que lui-même resserrait ses bras autour d'elle. Avait-il senti les ombres prendre en tenaille son cœur ?

Puis il y eut ces mots, si uniques, si merveilleux et rassurant. Ces mots qui avaient le don d'effacer tous les chagrins, les doutes et les peurs. Son cœur explosa et lorsqu'il se calma, Ryme ferma les yeux tout en poussant un soupir d'aise. Elle ne répondit pas tout de suite, tournant le visage, nichant l'arête de son nez contre ce qui devait être le creux de la mâchoire de Cillian, ou peut-être sa joue. Comme le ferait un chaton coeurl cajoleur, elle frotta sa frimousse à la sienne. Mais ce n'était pas assez, trop superficiel comparé à la tempête qui l'habitait.

Avec la maladresse qui la caractérisait, Ryme arriva à réduire l'emprise des mains de Cillian sur son corps. Elle manqua très certainement de lui donner un mauvais coup quelque part, de l'éborgner – encore un peu plus, par mégarde, mais elle parvint à lui faire face. Elle plongea son regard dans le sien, pétillant de l'étincelle de leur histoire. Leurs silhouettes ainsi entremêlées offraient une stabilité ainsi qu'un confort relatif. Légèrement rehaussée par l'appui qu'elle avait sur ses jambes, elle le contempla toujours silencieuse. D'un geste presque hésitant, elle guida les paumes de Cillian vers ses cuisses, lui faisant découvrir le contraste entre le tissu de sa jupe, la moiteur de sa peau et la rugosité du cuir qu'elle portait. Un soupir brusque quitta ses lèvres, le brasier qui gisait au creux de ses reins et de son cœur se retrouvait avivé par la situation. Peut-être était-ce trop ? Trop tôt ?
Ryme laissa glisser à son tour ses mains sur lui, découvrant encore sans aucune lassitude la courbe volontaire de son menton, le creux cruel que la Via avait laissé au milieu de ses clavicules et la douceur de sa peau zébré de cicatrices.

“Moi aussi, je t'aime. Tu m'as manqué.” murmura-t-elle dans un souffle et d'une voix rugueuse.
“Est-ce que je peux t'embrasser ? Même si je suis une sale fille ?”

Elle connaissait déjà la réponse, alors, elle se pencha vers lui mais ne prit pas tout de suite ce qu'elle voulait dérobé. Ryme fit semblant d'hésiter un peu, se mordant la lèvre, jouant avec leurs souffles courts et mélangés. Le reste du monde semblait s'estomper, ne plus exister. Il n'y avait plus que lui, que sa chaleur, sa peau, son odeur et celle de l'écorce du tronc contre lequel ils se reposaient.
Puis, l'Invokeure céda à ses envies. Elle joignit leurs lèvres dans un ballet de tendresse et d'affection, un acte délicat mais dévorant qu'ils connaissaient si bien et pourtant si peu. Ryme se retrouva à court de souffle plusieurs fois, mais retrouva toujours de quoi gonfler ses poumons pour s'abandonner toujours un peu plus à l'ivresse qu'il faisait naître au creux de son être.

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Cillian

Classe : Chevalier Noir

Points de rang : 898



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Cillian

Monsieur tout le monde

le Mar 8 Jan 2019 - 20:56
J'ai un peu du mal à m'imaginer une Ryme pas très féminine. Mais c'est vrai que toute enfant … Un petit singe roux hirsute. Peut être qu'elle vient de part ici au final. Il y a des singes qui ressemblent à ça dans la région. Je me retiens bien sur de lui dire. Nous sommes dans un moment malheureusement trop précieux pour que je le brise avec une remarque pas forcément très gentille.

Je la sens remuer autour de moi. Je me demande bien ce qu'elle essaie de faire, et doit retenir un petit cri en sentant son coude s'enfoncer dans mes côtes flottantes. Elle ne le fait pas exprès, j'en suis certain, mais ça ne change pas que ça me fait mal. Mais bon, je suis fort. Et enfin, je comprends. Elle s'est retournée pour me faire face. Nos visages sont incroyablement près l'un de l'autre, et je sens un petit feu s'allumer en moi. Maintenant que j'y pense, c'est vrai que ça fait un moment qu' on a pas eu de temps libre rien qu'a nous deux.

J'écrase bien vite ces pensées. Nous sommes dans une journée de marche et de découverte, pas de stupre et de luxure. Elle ne doit sûrement pas avoir envie de perdre du temps avec des câlins un peu poussés, non ? Enfin, c'est ce que je crois, mais je dois avouer que ses actes me font douter un peu. Avec tendresse, mais fermeté, elle guide mes mains sur ses cuisses, à l'orée quasi-divine de sa jupe. Comme si j'avais presque oublié, la peau de mes paumes se délecte de la douceur de sa peau. Un peu plus, le feu en moi grandit et je crois bien que le sang monte un peu dans mes joues.

En bougeant un peu, je sens la rugosité du cuir. Une lanière. Qu'est-ce que ça peut bien être ? Je recule un peu mes mains, surpris par cette découverte. Autant nous concentrer de nouveau sur son visage, non ? Je n'ai presque pas entendu sa phrase. Elle me demande le droit de quoi ? M'embrasser ? Non, j'ai du mal entendre. Elle sait bien qu'elle peut le faire tout le temps, non ? Oui, j'ai du mal entendre, car elle n'attends pas la moindre réponse pour approcher son visage encore plus du mien. Ma respiration se fait de plus en plus courte. De plus en plus erratique. Ryme est une belle femme, c'est un fait. Mais je crois bien qu'elle n'est jamais aussi belle que quand elle est comme ça. Avec la férocité qu'elle montre dans nos ébats, elle m'embrasse.

Je dois avouer que j'ai un peu de mal à comprendre ce qui m'arrive. Il y a quelques minutes, nous étions en train de discuter du passé, et de l'avenir. Là maintenant, on est en train de s'embrasser comme si notre vie en dépendait. Sans que je ne le contrôle vraiment, mes mains remontent ses cuisses jusqu'à se poser sur ses hanches, mettant sans dessus dessous sa jupe. Sa chair chaude et ferme sous mes doigts m'arrache des battements de cœur qui m'ont manqué.

Ce baiser dure une demi éternité qui semble pourtant beaucoup trop courtes. Les souffle court, les joues rosies par l'émotion, je la regarde mon œil presque hagard. J'ai des fourmillement partout et des idées plein la tête, si bien qu'il me faut quelques instants pour reprendre conscience des événements. C'est un peu comme si toutes ces pensées créaient une sorte d'embouteillage. C'est aussi navrant que bon.

Je la regarde, ne sachant pas quoi dire.

Puis je l'embrasse de nouveau. Qui a dit que seuls les mots permettent de communiquer ? Je pars à l'assaut de ses lèvres comme un voyageur prendrait d'assaut l'eau d'une oasis en plein cagnard. C'est marrant, quand j'y pense. Pendant ces mois de chasteté, cela ne m'avait presque pas manqué, comme si mon corps et mon esprit avaient presque oublié les sensations. Mais maintenant qu'elles se sont rappelées à moi, j'ai le sentiment de devoir lutter pour ne pas les laisser nous dévorer. Mes mains , moins disciplinées que mes lèvres, courent le long du dos de ma chère et tendre.

Toutes ces sensations oubliées remontent en moi. La tendresse de ses lèvres. La chaleur de son haleine. La goût de ses baisers. Le feu dans mes veines. Le rythme fou de mon cœur. Je crois que si nos corps n'étaient pas emmêlés comme ça, je l'aurai déjà poussée au sol.

La fin de notre baiser rends un peu de clarté a ma tête. Je la regarde, un peu penaud. J'ai peur de la brusquer. J'ai peur de la blesser. J'ai peur de presque tout, en fait. Mais j'essaie de garder un air fort. Pendant quelques secondes, je me demande si un jour, je réussirai à ne plus penser à tout ça. A ne plus douter quand vient le moment de nos amours. J'espère. Plutôt que de trop penser, je lui embrasse la joue avec un peu de force.

« Je t'aime. »

Je l'embrasse de nouveau sur l'autre joue en me rendant compte que mes mains n'en finissent pas de pétrir avec délicatesse la chair de son dos.

« Est-ce que tu as envie de ... »

Je ne sais pas si je réussirai un jour a prononcer ces mots avec facilité. J'en doute un peu. Je lui lance un regard que j'aimerai être de braise, mais qui doit sûrement trahir mon inexpérience, certes toute relative, mais qui pèse encore trop sur moi, avant de l'embrasser avec le plus de fougue que je peux. Essayer de lui faire comprendre, sans mots, ce que je désire : elle.

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Ryme

Classe : Mage blanc

Points de rang : 1454



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Ryme

Invokeure

le Sam 12 Jan 2019 - 10:43
Les paumes irradiantes de chaleur glissèrent avec douceur sur sa peau, presque hésitantes. Puis, il verrouilla plus fermement ses doigts sur la chair. Le pouls de Ryme manqua un battement, pour ensuite reprendre sa course vers l'avant lui arrachant un soupir profond. Depuis combien de temps n'avaient-ils pas pris le temps de s'embrasser comme ça ? Un peu plus longtemps et, elle aurait pu oublier les sensations, le bien-être, mais aussi la douleur de sa poitrine vibrante sous les coups secs et incessants de son cœur. Cillian se détacha d'elle, libérant son souffle et apaisant pendant quelques instants, le tourbillon des émotions qui mettaient sans dessus-dessous son esprit.

L'instant de silence qui suivit sembla s'étirer, comme si chacun redécouvrait l'autre, mais aussi, ce que ce genre de moment volé signifiait. Le voile d'une légère confusion brillait dans l'unique pupille dans laquelle Ryme se perdait, presque suppliante. Y avait-il seulement des mots capables de porter le sens de ce qu'ils éprouvaient ? En un sens, ce vide avait bien plus de significations que n'importe quelle parole. La jupe de L'Invokeure était aussi froissée et en désordre que les pétales d'une fleur arrivant au crépuscule de son temps, dévoilant sa peau laiteuse sauvegardée du soleil. Les lanières de cuir qui ceignait son corps accentuaient encore un peu plus ce contraste, mais ils n'en étaient pas là. Ils auraient le temps de se redécouvrir plus tard.

Puis, soudainement, Cillian céda et leurs lèvres se joignirent de nouveau dans un ballet complexe, mélange de tendresse et d'urgence. Dans la précipitation, tout n'était pas parfait mais c'était aussi là, le charme de leur échange. Les mains de Ryme jusqu'alors délicatement posées sur son torse, remontèrent caressant, dessinant, traçant le contour de sa gorge et sa mâchoire. Bien que les gestes se voulaient doux, il y avait sur le bout de leurs lippes dévorantes, la même férocité que lors des combats qu'ils avaient menés. L'avidité, le besoin de se sentir vivre l'un par l'autre était plus forte que la raison.

Une nouvelle trêve se dessina sous les oraisons de leurs souffles courts. Les joues de Ryme s'étaient délicatement empourprées, son regard, lui, s'était paré des éclats d'un désir vibrant. Mais, elle ne trouva pas la réplique de son expression dans celui de Cillian. Il avait l'air... Inquiet. Le brasier qui gisait dans le cœur de la jeune femme s'adoucit un peu, sans pour autant mourir. Il approcha à nouveau d'elle, mais cette fois-ci, embrassa chacune de ses joues. Etait-ce pour se donner du courage ? Cacher quelque chose ? Se donner un peu de constance ? Elle ne le connaissait pas encore sur le bout des doigts, mais les attitudes de son compagnon n'avaient déjà presque plus de secrets pour elle.

Il lui posa ensuite une question, une interrogation aux teintes presque fatidiques dans sa bouche : avait-elle envie de lui ? Cillian accompagna sa demande d'un regard intense, mélange étrange de feu et de glace. Un frisson naquit dans les reins de Ryme pour remonter jusqu'à son cœur, pour y exploser. Elle n'eut pas le temps de lui répondre qu'il venait lui ravir ses lèvres avec une sauvagerie dévorante. L'Invokeure, d'abord presque surprise garda les yeux ouverts puis, s'abandonna à ce baiser, fermant son regard et oubliant le reste du monde.
Elle le laissa maître de ce bateau ivre, laissant leurs corps s'exprimer aux grées de leurs envies. En le laissant guide, Ryme voulait essayer de diminuer les inquiétudes qu'il pouvait avoir. Elle savait que ces instants de communion purs étaient peut-être les seuls où l'esprit de Cillian n'était pas chargé des nuages sombres de la Via. Ainsi, elle répondait en toute sincérité à ces actes, ne cherchant pas à minimiser ou magnifié ce qu'elle éprouvait. Elle lui montrait son désir, ses émotions dans l'état le plus brut possible.

Leurs lèvres se décrochèrent pour que leurs poumons aillent chercher avec violence un peu d'air. Un sourire perça alors sur celles de Ryme.

“Je t'aime.” murmura-t-elle d'une voix courte à son oreille, tout en déboutonnant les premières pressions de son chemisier, laissant apparaître l'orée de sa poitrine, mais également enchevêtrement de cuir qui leur servait de gageur. Ces mots d'amour avaient la saveur interdite du désir en eux.

Puis, elle s'éloigna un peu, empêchant la reprise de leur valse de baisers, dégageant du temps pour qu'entre eux, un jeu de regard puisse avoir lieu. Sans ménagement, elle l'observa, notant toutes les nouvelles coupures, les nouvelles blessures et marques qu'il pouvait avoir, les pupilles chargées d'un brasier sombre et dévorant. Mais un détail la gêna.

“Je veux te voir entièrement, tel que tu es.” sa langue lui sembla bien rappeuse contre son palet et sa voix, bien trop rauque. Ryme s'approcha encore un peu plus, collant presque leurs visages, son regard plongé dans celui de Cillian. Délicatement, elle défit le haut cache-oeil qui lui masquait une partie du visage, dévoilant sa pupille blessée et vitreuse. Le morceau de cuir glissa de derrière son oreille, se nichant autour de son cou.

Certains pouvaient trouver la plaie monstrueuse, d'autres la trouveraient certainement sage comparée à la perte d'un membre gangrené, Ryme y voyait toute la personnalité, la force et le courage de son amour. De la courbe si particulière de ses lèvres jusqu'aux légères rides d'expression de son front, en passant par le gris de son œil valide, Cillian ne pouvait plus se cacher. Sa gorge se serra, comme toujours, elle le trouvait sublime. L'Invokeure éleva légèrement ses lèvres, déposant un baiser tendre sur la paupière meurtrie. Une fine pellicule de sueur s'était déposée là, ajoutant une saveur saline à sa peau. L'odeur de la forêt courrait sur lui, aussi fraîche qu'enivrante.

“Il n'y a pas à avoir peur de ce que tu désires. Tout va bien, puisque c'est toi.” ajouta-t-elle en prenant son visage en coupe dans ses mains. Ryme apposa son front à celui de Cillian, mélangeant un peu plus leurs corps déjà complètement imbriqués. Elle espérait que son message pourrait balayer les éventuelles craintes qu'il pourrait avoir : elle avait beau connaître beaucoup de choses, en la compagnie de son protecteur et amant, tout lui semblait nouveau. Les mauvais souvenirs ne disparaissaient pas, mais il ne tenait qu'à lui d'imprimer sa marque à la place des cauchemars qui la hantaient.

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Cillian

Classe : Chevalier Noir

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Cillian

Monsieur tout le monde

le Jeu 17 Jan 2019 - 16:24
Je sais pas combien de temps est-ce que l'on est restés comme ça, dans cette clairière. Tout ce que je sais, c'est que j'avais besoin de ce genre de moments. Que ce soit émotionnellement ou, et c'est plus étonnant pour moi, physiquement. Et j'ose espérer que c'est la même chose pour elle. Qu'elle a pu tirer autant de plaisir que moi de ce petit moment rien que nous deux.

Doucement, je lui caresse les cheveux. Je sens comme une sorte de torpeur dans mes muscles. Comme si j'avais passé une bonne nuit de sommeil. Mon regard balaie paresseusement la clairière. Ça et là, nos habits sont un peu dispersés. Il n'y a que ma veste qui nous sert de tapis pour ne pas être directement en contact avec le sol de la jungle. Je me penche un peu pour embrasser sa joue.

« Ca va mon amour ? »

Cela fait maintenant quelques minutes que l'on a pas parlé. J'ai l'impression que l'on est plongés tout les deux dans cette sorte de torpeur .De contentement. Comme si l'on avait, au final, pas besoin de se parler là maintenant. Je resserre mes bras autour d'elle. A cet instant précis, je me sens en paix. Tranquille. Comme si j'étais le seul occupant de ma tête. Le seul occupant de mes délires fragiles. Je ferme l'oeil pendant quelques secondes. J'inspire doucement. Expire de la même façon.

« Tu veux qu'on se remette en route Ryme ? »

Je n'ai pas vraiment envie de quitter cette position. Si le choix m'était donné, peut être bien que je choisirai de rester ainsi jusqu'à ce que je le monde tombe en ruines. Mais ce n'est pas possible. Et je sais qu'elle avait envie de voir la cascade aussi. Ce n'est qu'a quelques heures de marche, on a encore sûrement le temps si on ne traîne pas trop.

« On peut aussi rester encore un peu ici, si tu veux. »

Et peut être reprendre nos activités. Au plus on passe de temps ensemble, au plus je me découvre un certain appétit pour les plaisirs de la chair, et je dois avouer que le petit brasier qui commence doucement à revenir dans le creux de mes reins m'inspire volontiers quelques autres minutes de batifolage. Mais je secoue un peu la tête. Il ne faut pas abuser des bonnes choses. Doucement, je l'attire quand même vers moi pour l'embrasser avec peut être un peu plus de luxure que ce que j'aurai souhaité imprimer. Mais … Je ne suis qu'un homme, malheureusement.

Une fois que je n'ai plus vraiment d'air, je la relâche, sans pour autant arrêter de la ceinturer doucement de mes bras. J'ai un peu l'impression que j'essaie d'imprimer le plus possible la chaleur de sa peau contre la mienne, comme si je remplissais un seau d'eau en vue d'une sécheresse. Je n'ai absolument aucune idée de quand on aura de nouveau le temps de passer du temps comme ça, et ça me terrifie un peu.

« Je me disais ... »

Comment avancer ça sans passer pour un rustre ? Pour un pervers ? Je regrette un peu, presque, maintenant, de ne pas avoir un peu plus pratiqué les femmes que cela ; Du moins, comment leur parler. Au final, je m'étais toujours dit que quand j'aurai rencontré la bonne ,si cela arrivait, je saurai trouver les mots. Malheureusement, il semblerait que ce ne soit pas le cas. Je sais que je ne peux pas totalement me blâmer, mais bon. Je sais que mes soucis sont sûrement, eux aussi, les résultats de ce que j'ai pu subir. Surtout que mon amour a été un des angles d'attaque de mes tortionnaires. J'espère, qu'un jour, tout sera normalisé. Même pour quelques minutes. Même pour quelques secondes.

« Je me disais, peut être qu'on pourra prendre un peu plus souvent des moments pour nous, non ? »

Je la serre un peu. Plus que l'intimité, rien qu'être avec elle, comme ça, tranquillement, me fait un bien fou. Je pose de nouveau mes lèvres sur son front. Puis sur sa joue. Puis sur ses lèvres. Il faut que je profite de cette clarté rare dans mes pensées.

Je frissonne doucement. Ou bien est ce que c'est elle que je sens frissonner ? Je ne sais pas, mais le résultat est pareil. Il faut chaud pourtant. Nous sommes dans une jungle. Je me bouge doucement pour attraper ma chemise qui traîne non loin et je nous la laisse tomber dessus comme une couverture de fortune. Si j'avais su. Peut être qu'on aurait du prendre une couverture, pour nous protéger ou nous réchauffer. Cela aurait cependant brisé un peu la spontanéité du moment.

Une nouvelle fois, je glisse mon regard sur son visage. Vraiment, je pourrai tout donner pour elle. Tout ce que j'ai, et bien plus.

Oh, tiens. Je crois qu'une larme coule le long de ma joue.

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Ryme

Classe : Mage blanc

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Ryme

Invokeure

le Mer 23 Jan 2019 - 15:33
Comment décrire ce sentiment ? Était-il simplement possible de le faire ? Non, les mots ne pourraient jamais porter autant de sens, de significations. Un léger courant d'air balayait les herbes folles qui les entouraient, chatouillant la peau nue de Ryme. Les rayons du soleil s'y posaient également, mais d'une manière plus fugace, au grès des caprices de la canopée. Nichée contre Cillian, l'Invokeure profitait du calme et de cette langueur si particulière qui s'insinuait dans son corps. Le temps ne comptait plus, le reste du monde non plus. La respiration lente de son amant agitait les quelques mèches les plus volatiles de sa chevelure. Contre sa joue, l'épiderme agréablement tiède battait au rythme de son cœur. Un moment parfait, sans égal, mais malheureusement, bien trop rare.

D'une voix douce, Cillian rompit le silence qui s'était établit entre eux. Ryme releva paresseusement la tête vers lui, les paupières paresseuses, mais les pupilles encore troublé par la myriade de sensations qui avaient perclus son corps. Le plaisir, le désir, l'amour, la rage, le contentement. Son corps ne semblait être alors fait que d'un bloc de coton velouté. Un sourire sincère se dessina sur son visage tandis qu'il resserrait son étreinte sur elle après lui avoir offert un baiser sur la joue. Avec précaution, la jeune femme bascula sa jambe blessée contre lui, lui offrant sa chaleur et sa présence. Elle n'avait pas envie de parler, de briser cet instant de pure félicité. Alors, à sa deuxième question, elle se contenta de répondre en frottant le bout de son nez, un peu froid, contre son torse.

La cascade pouvait bien attendre leur prochaine escapade, elle n'allait pas disparaître. Aucun paysage, aussi magnifique fût-il ne méritait que l'on brise cet instant de bonheur à l'état brut. Depuis combien de temps n'avaient-ils pas pus laisser leurs corps s'exprimer aussi librement ? Depuis combien de temps les privait-on de pouvoir s'aimer, tout simplement ? Beaucoup trop longtemps, tout du moins, au goût de Ryme. La jeune femme ne pouvait guère statuer pour lui, car au final, le désir, l'appétit qu'ils nourrissaient l'un pour l'autre, n'étaient pas des sujets qu'elle abordait avec lui. Peut-être devrait-elle, pour savoir ce qu'il pensait de tout ça ? Mais, si elle en jugeait par les légères traces sur sa peau, elle avait l'espoir qu'il appréciait autant qu'elle, sinon plus, leur danse charnelle.

Un nouveau baiser fut échangé, plus appuyé et maculé d'une fine couche de désir, attisant les braises d'une passion qui ne s'éteignait jamais. Ryme réprima ses propres vices pour ne pas interpréter cet échange comme une invitation à la luxure. Bien trop rapidement, Cillian se sépara d'elle, mais quelque part, elle pouvait sentir cette petite résistance en lui, cette petite chose qui lui disait qu'il ne voulait pas abuser des bonnes choses. Peut-être avait-il raison, mais malheureusement pour lui, l'avarice était un vilain défaut que la jeune femme avait développé le concernant. Ainsi, elle se cala un peu plus confortablement, installant le haut de son crâne contre son menton un peu mal rasé. Et, cette fois-ci, elle laissa courir ses doigts le long de sa poitrine, découvrant sans lassitude sa peau et sa musculature.

Le silence se retrouva à nouveau dilué par les mots. Pour quelqu'un de taciturne, il était presque bavard aujourd'hui. Devant l'hésitation qu'il marqua, Ryme quitta son nid, relevant la tête pour pleinement écouter ce qu'il avait à dire. Alors qu'il semblait chercher ses mots, elle en profita pour glisser une main bienveillante vers son visage, pour ensuite aller se loger dans ses cheveux, pour remettre un peu d'ordre dans sa coiffure. Les longues mèches tombaient en désordre, là où elle voulaient, sans contrainte ni discipline, à l'image des feuilles du saule qui abritait l'ancienne cabane. Puis finalement, la question trouva un chemin, tombant avec délicatesse parmi les murmures de la jungle.

“Oui, tu as raison. Tu m'as tant manqué...” commença-t-elle, d'une voix inégale et fragile, tandis qu'il déposait avec attention, sa chemise sur leurs corps emmêlés.
Plus que le sexe, plus que l'attirance dévorante qu'elle éprouvait pour lui, c'était sa simple présence qui lui avait le plus fait défaut. Un instant de partage silencieux, entre eux, valait des milliers de mots vain avec autrui. Avec Cillian, Ryme n'avait pas peur d'être elle-même, de lui montrer tous les défauts qu'elle possédait pour pouvoir lui offrir le meilleur sans crainte d'une erreur. Son cœur manqua un léger battement dans sa poitrine alors que leurs regards se croisaient : elle l'aimait sincèrement, profondément.

Son expression se décomposa, perdant toute la béatitude de ses sentiments amoureux, pour se parer d'inquiétude. Une larme roulait sur la joue de Cillian. Ryme l'attrapa délicatement de la pulpe des doigts. Ce n'était pas la première fois qu'il se laissait submerger par des sentiments négatifs et l'Invokeure ne pouvait s'empêcher de se demander dans quel endroit avait pu l'emmener ses sombres pensées.

“Qu'est-ce qu'il y a ?” demanda Ryme, un sourire doux, presque compatissant sur les lèvres.
Elle essayait de faire bonne figure, mais quelque part, la magie qui régnait alors s'était évaporée. La réalité commença à la rattraper, remplaçant le sentiment plein et heureux qui l'animait jusqu'alors. Dans quelques heures, il faudrait rentrer au village, faire face aux prêtes et prêtresses, aux villageois qui ne voyaient en elle, au mieux qu'une Voix de Yevon, au pire une sale traînée venue du continent ayant volé le fiancé d'une innocente enfant de l'île.

“Tu crois que l'on peut découcher ? Je n'ai pas très envie de rentrer au village.” enchaîna-t-elle, pour essayer de donner un peu plus de légèreté à l'atmosphère, au cas où, il n'aurait pas envie de partager ce qu'il ressentait.

“J'aimerais bien qu'on puisse passer le restant de notre vie comme ça. Enfin, pas comme ça, là maintenant, vivre nu dans les bois ne me semble pas être une bonne option. Mais, tu me comprends.” un soupir quitta ses lèvres tandis qu'elle se blottissait à nouveau contre lui. Avec une note d'émerveillement dans le regard, Ryme constata que la peau de Cillian s'était réveillé au contact de son expiration : une fine chair de poule donnait plus de volumes à sa peau.

“Tu sais... Si un jour, le destin décide de nous séparer, peu importe mon pèlerinage et mes responsabilités : je reviendrais ici et je t'attendrais jusqu'à ce que tu reviennes me chercher.”

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Cillian

Classe : Chevalier Noir

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Cillian

Monsieur tout le monde

le Sam 2 Fév 2019 - 14:42
Je lui ai manqué. C'est rassurant à savoir ,et ça me met un peu de baume au cœur, mais étrangement, ça ne fait pas s’arrêter les larmes. Peut être que ça les fait couler un peu plus, même. C'est une sensation difficile à expliquer, comme si j'avais une sorte de poids sur le cœur. Mis un poids pas forcément désagréable. Ce n'est pas comme quand l'angoisse, la peur ou la colère m'enserrent dans leurs griffes délétères. Elle me demande ce qui se passe, mais je serai bien incapable de lui répondre. J'ai envie, mais …

Elle demande ensuite si on peut découcher. Pouvoir, oui, mais est-ce que c'est une bonne idée ? Je ne sais pas. Je pense qu'il faut en parler. Y réfléchir. Je renifle un bon coup histoire de couper court aux effusions de larmes. Moi aussi, j'aimerai bien pouvoir être tranquille avec toi. Et ici, pourquoi pas. Au final, si il n'y a que nous pour voir, pas de soucis avec la nudité, non ? Mais je comprends ce qu'elle veut dire. Et puis, c'est le meilleur moyen d'attirer les moustiques. Elle se blottit contre moi et me dit des mots rassurants. Je la serre un peu.

« On pourrait découcher, oui. »

Pourrait. C'est là tout le sens de mes mots. Pourrait.

« Mais vu ce qui s'est passé hier et … Tout ce qui s'est passé depuis notre arrivée, je pense que ce serait le meilleur moyen pour déclencher une alerte au village. Et j'ai pas envie de ... »

Je soupire.

« Ça me dérange pas de les stresser un peu, mais si on fait ça, c'est sur qu'on aura toujours quelqu'un pour nous coller au train après. Et ça, j'en ai encore moins envie que de rentrer. Alors ... »

Je caresse doucement son visage.

« Mais rien ne nous empêche de revenir. Non ? »

Je souris faiblement. Le poids sur mon cœur est toujours là, mais il est un peu moins écrasant. C'est vivable, maintenant.

« Fais attention en disant ça, par contre. Ça pourrait me donner envie de disparaître, juste pour te savoir ici, en sécurité. »

Je soupire de nouveau. Je ne suis toujours pas forcément d'accord avec le fait qu'elle continue son pèlerinage, mais je ne peux pas l’empêcher. Je ne serai pas mieux que Vilhatt si je voulais la remettre en cage.

Je reste ensuite silencieux quelques secondes. Le temps d'écouter un peu la nature. Le calme. Ca m'avait manqué aussi, au final.

« Je me sens un peu bizarre, pour être franc. »

Allez, essayons de nous expliquer.

« Je ne pleure pas parce que je suis triste. Au contraire. Je me sens heureux. Trop, peut être ? Est-ce que c'est ça qui me fait pleurer ? »

Je baisse mon regard sur elle et, de nouveau, le poids se fait plus pressant.

« J'ai l'impression de t'aimer trop fort. Enfin. Trop fort pour moi. Quand je te regarde, ça m'écrase un peu le cœur, parce que ça prends trop de place. »

Je souris faiblement.

« C'est pas mal hein. Je dis pas ça comme si ça me dérangeait. Au contraire. Et puis quand c'est toi, c'est pas tout mes démons. Et toi je t'aime, alors c'est bien. »

Doucement, je me perds dans ses yeux. Puis je me penche pour l'embrasser. Yevon, ce que je peux l'aimer, cette femme.

Après une longue étreinte, je la relâche doucement pour commencer à me relever.

« Allez mon amour. Si on ne se remet pas en route maintenant, on ne partira jamais. »

Avec un peu de mal au cœur, je commence à ramasser les vêtements qui traînent un peu partout pour en faire deux tas. Un à moi, et un à elle. Je lui tends ensuite la main pour l'aider à se relever et me rhabille doucement.

« Je pense qu'on pourrait leur dire qu'on exige un jour de repos par semaine. Je ne sais pas ce que tu en penses. J'ai encore des trucs à te faire découvrir dans le coin, et je pense que tu as encore des trucs a me faire découvrir aussi. »

Je lui lance un regard un peu en coin. Je pense qu'elle voit tout à fait de quoi je parle. Même si j'ai beaucoup d'enthousiasme pour les choses de la chair, il n'en reste pas moins que je suis un débutant. Et que j'ai envie d'apprendre comment pouvoir encore mieux lui procurer ce dont elle a besoin et envie. Ca me semble la moindre des choses. Une fois habillés, je lui tends mon bras.

« On y va, mon amour ? »

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Ryme

Classe : Mage blanc

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Ryme

Invokeure

le Sam 9 Fév 2019 - 11:12
Le temps de Félicité qu'ils avaient partagé semblait déjà si loin. Même s'ils étaient encore blottis l'un contre l'autre, Ryme avait l'impression qu'une distance s'était créée ente eux. Ou plutôt, cet écart avait repris sa place naturel. La jeune femme regrettait cette proximité simple et sincère issue du mélange de leurs chairs. Elle se souvint d'une chanson qu'elle avait souvent interprétée lorsqu'elle était encore une Voix, pendant qu'il lui expliquait pourquoi ils ne pouvaient pas découcher. C'était une chanson d'amour, triste malgré l'enrobage délicat, où la protagoniste éplorée semblait être toujours en quête de son aimé qui s'était perdu dans les ténèbres. Déjà, à l'époque, Ryme avait trouvé que cette mélopée lui avait été taillée sur-mesure. Mais, elle constatait avec amertume que c'était toujours le cas. Et demain, ne serait probablement pas différent.

La paume douce contre sa joue la soutira à ses pensées. La jeune femme esquissa un sourire timide. Oui, ils pourraient revenir, mais cet autre instant n'aurait pas la même saveur que celui qu'ils avaient vécus. La suite de ce qu'il avait à dire la crispa un peu ; elle n'aimait pas entendre ce genre de choses. Quel bien cela pourrait-il faire ? Se demanda-t-elle silencieusement, la mine renfrognée. Et puis, il semblait oublier une donnée essentielle : personne n'était à l'abri sur Spira tant que Sin serait en vie.
Un silence s'installa entre eux ; Ryme n'avait rien à dire qui pourrait égayer la conversation subitement devenue dense. Les soupirs et l'ivresse de leur amour avaient été remplacés par des visions plus funestes. Peut-être était cela, leur relation dans le fond : une chose aussi destructrice que salvatrice.

Les bruits de la jungle s'élevaient en écho autour d'eux. Les chants envoûtants d'oiseaux nichés dans la canopée se mélangeaient avec justesse aux cris des primates. La nature ne semblait pas être en proie aux mêmes doutes, aux mêmes questionnements. Doucement, Ryme délia son corps de celui de Cillian afin d'observer le ciel, à plat dos sur leur tapis de fortune. Les nuages blanchâtres glissaient paresseusement dans le ciel.
Soudain, il reprit la parole. Ryme se tourna vers lui, pour mieux écouter, mieux comprendre. Les larmes ne dégringolaient pas de ses yeux à cause de la tristesse qui lui dévorait le cœur, c'était même tout le contraire. Pendant quelques instants, elle resta interdite, ne comprenant pas vraiment ce qu'il voulait dire. Ryme n'avait jamais pleuré pour autre chose qu'exprimer sa peine, sa douleur ou sa frustration. Il parla ensuite d'un poids qu'il avait sur le cœur lorsqu'il était avec elle, mais d'après lui, c'était une bonne chose. La jeune femme, elle, n'en était pas aussi certaine : dans sa voix, elle ressentait une sorte de peine, d'affliction qui ne pouvait pas aller de pair avec les choses qu'il ressentait. Etait-il en train de lui mentir ?

Cillian se pencha et lui offrit un baiser, une longue étreinte pleine de douceur. Le cœur de Ryme s'agita un peu dans sa poitrine, tandis que le feu qui coulait dans ses veines trouvait un nouvel élan. Elle caressa sa peau, accrochant certaines marques, certains détails avec la pulpe de ses doigts. Mais il se défila et la chaleur qui l'avait envahit se dissipa. Il fallait rentrer. L'Invokeure le regarda faire deux petits tas de vêtements, mettant clairement un terme à cette parenthèse enchanteresse. Avec l'aide qu'il lui proposa, Ryme se releva et commença à remettre ses habits. Elle n'osa rien dire, tandis qu'ils retrouvaient un aspect présentable. Être mutique n'était guère dans ses habitudes, mais elle était bien trop déçue pour trouver un sujet de conversation léger.

Néanmoins, Cillian arriva à lui faire abandonner son expression neutre avec sa remarque suivante ; un jour de congé était une bonne idée. Mais il faudrait essayer de prouver l'utilité de ce dernier et Ryme n'était pas certaine que leur badinage serait un bon motif à présenter au temple. Avec un sourire malicieux, elle attrapa délicatement le bras qu'il lui tendait.

“On est vraiment obligés de rentrer ?” tenta-t-elle une nouvelle fois, tout en sachant que cela ne servait à rien de demander. Elle accompagna sa fausse question de son air le plus innocent et doux, juste avant de se mettre sur la pointe des pieds pour venir l'embrasser fugacement. Ils se mirent ensuite à marcher d'un pas lent, pour essayer de faire traîner le plus possible le chemin du retour.

“Je crois qu'il y a bien plus de choses à voir sur cette île que de choses que je puisse te faire découvrir, tu sais.” confia-t-elle d'une voix neutre. Cillian semblait avoir tendance à oublier que, même s'ils n'avaient pas la même expérience concernant les arcanes de la reproduction humaine, celle de Ryme avait été profondément biaisée. Vilhatt était un homme à l'imagination débordante de cruauté, mais aussi de luxure.

“Je pense qu'il vaut mieux que tu utilises ton imagination ou ton instinct dans ce domaine. Il paraît que d'ordinaire, les hommes parlent beaucoup de ce genre de choses entre eux, mais... Je ne t'imagine pas discuter de ça tranquillement autour d'un feu de camp avec les autres hommes du village.” continua-t-elle avec une note plus légère en fin de phrase.
Non, elle ne l'imaginait définitivement pas en compagnie des autres mâles du village pour avoir une conversation ô combien viril autour des choses de la vie. Il risquait – probablement, de s'agacer voir même de coller quelques coups-de-poing à certains. Il valait peut-être mieux qu'elle lui serve de professeure, après tout.

“Mais, si tu as des questions, n'hésite pas ; je te répondrais sans détour.” ajouta-elle en lui rendant son regard en coin.

“Je comptais aller quérir la grâce de Valefor dans les jours à venir. Je ne serais alors plus obligée de me plier avec autant de rigueur, aux diverses préparations physiques et spirituelles. Çà nous dégagera un peu de temps pour nos expérimentations.” conclut-elle, les commissures des lèvres remontées dans un sourire séduisant. Après tout, elle aussi avait beaucoup de choses à découvrir à son propos.

“Tu te souviens de ton cauchemar de cette nuit ? Veux-tu en parler ?” demanda-t-elle après un petit silence.
Le chemin tracé par les villageois se profilait, mais il faudra encore au moins une voir deux heures de marche pour retourner au village. Lorsqu'ils reviendraient, la nuit ne se serait pas encore tout à fait invitée. Le crépuscule était le moment de la journée que Ryme préférait.


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Cillian

Classe : Chevalier Noir

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Cillian

Monsieur tout le monde

le Dim 17 Fév 2019 - 10:39
Mon cœur manque de s’arrêter quand elle redemande si on est vraiment obligés de partir. Je dois avouer que l'envie de lui dire que non, on peut rester ici pour autant qu'elle le désire me caresse l'esprit, mais il ne faut pas. Les autres s’inquiéteraient et se mettraient en danger pour venir nous chercher. Et la dernière chose dont j'ai envie, c'est de savoir qu'un de mes gamins s'est fait blesser, voir pire, en faisant une battue dans la jungle. Cependant, ça ne nous empêche pas d'avancer lentement, presque a reculons. Tant qu'on est rentrés pas trop tard, ça devrait aller, non ?

Que je fasse confiance à mon imagination et mon instinct ? C'est pas facile, ce que tu me demandes là, mon amour. Cela n'a jamais été mon point fort. J'ai ce que l'on appelle un esprit pratique. Je suis bon pour trouver des solutions quand j'ai le problème sous les yeux, mais si on me demande d'imaginer des situations, ça devient vite plus compliqué. Enfin, des situations qui ne sont pas simplement d'autres façons de me torturer mentalement. Et je dois avouer que j'ai toujours fui ce genre de discussion. Tout d'abord, parce que je n'y avais pas ma place. Je sais que moult jeunes hommes participent en s'inventant des histoires et parlent de la chair des femmes sans jamais avoir eu le plaisir de s'y perdre, mais ce n'est pas mon genre.

Et surtout, je ne me vois pas partager les secrets de notre intimité avec d'autres. Surtout que … Je ne me fais pas d'illusions. Tu es une star, mon amour. Une célébrité. Et tu es magnifique. Je ne peux pas m’empêcher de me dire que certains d'entre eux pensent, ou ont pensé, a toi lors de leurs longues nuits solitaires. Je dois avouer que je n'ai pas vraiment envie de parler de ça avec eux. Ça me semble un peu trop bizarre, et risque de m’énerver un peu trop.

Je souris faiblement quand elle me dit que si j'ai des questions, elle répondra. Ça me semble être le meilleur plan, surtout qu'on pourra allier la théorie à la pratique. Puis elle change de sujet. Elle compte aller affronter l'épreuve du temple. Je me demande si elle aura besoin de mon aide. Je me dis que normalement, c'est a Gordias de s'en occuper, vu qu'il est son gardien officiel, mais peut être qu'elle me préférera. Il faudra que je lui pose la question. Je serre a un peu sa main après sa dernière remarque. Je dois avouer que j'ai un peu hâte. Je ne me pensais pas comme ça. Aussi volontaire pour les choses de la chair. C'est rassurant, dans un sens. Après tout, c'est normal, non ?

Puis elle me pose une question sur mon cauchemar. Je me raidis un peu. J'avais oublié cette histoire moi, mais maintenant qu'elle en reparle, les images me reviennent en tête. Je m’arrête et ferme les yeux quelques secondes avant de reprendre la marche, a un pas encore plus lent, si c'était possible.

« Et bien ... »

Je soupire un bon coup. J'ai envie de lui en parler. Je pense que ce serait une bonne chose, qu'on soit capable de parler de ça. Mais ce n'est pas facile.

« J'ai rêvé que je me réveillais dans notre chambre au temple. Et tu n'étais pas a coté de moi dans le lit. Alors je me suis mis a m’inquiéter. Jusque là, c'est normal, non ? »

Je lui lance un regard un peu inquiet, comme si je cherchais son approbation.

« Et là, j’aperçois ta silhouette de dos, tu sais, au niveau de la coiffeuse. Avec difficulté je me lève et je marche vers toi. Et quand j'arrive a ton niveau, tu te retourne, mais en fait, tu es pas toi. Tu es Marnie. C'est Marnie qui est dans la chambre avec moi. Et à ce moment là, elle me pousse sur le lit et ... »

Je frissonne. Je ne me souviens plus bien de la fin du cauchemar. Je crois que c'est à ce moment là que je me suis réveille.

« Voila. C'était pas très agréable, mais je peux t'avouer un truc ? »

Je me sens un peu coupable.

« Dans un sens, je suis content d'avoir cauchemardé de ça. Ca veut dire que j'ai pas cauchemardé de pire, comme d'habitude. »

Je me demande si elle peut comprendre ce genre de sentiment. Je suis partagé entre l'envie, peut être un peu égoïste, de ne pas être seul à souffrir de ce genre de choses, et l'envie qu'elle n'aie pas à souffrir de ça.

« Mais tu sais, ça veut pas dire que je désire Marnie ou quoi que ce soit hein. C'était vraiment pas agréable comme rêve, et tu es la seule dans mon cœur. Je te le promet. Plus que tout. Tu es la seule femme que j'aime, d'accord ?»

Je ne sais pas pourquoi je me sens obligé de lui dire ça. Elle est intelligente. Elle doit bien s'en douter, non ? Je la regarde, un peu de tristesse dans le regard. Je suis centent de lui avoir parlé de ça, mais ça m'a un peu fait mal. Je présume que c'est ça, l'amour.

« Et toi, tu veux parler du tien ? Ne te sens pas obligée parce que je t'ai raconté le mien, hein. C'est vraiment si tu veux. »

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Ryme

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Ryme

Invokeure

le Lun 18 Fév 2019 - 14:29
Une courte pause, une hésitation, un doute ; voilà ce que pouvais lire Ryme dans l'attitude de Cillian lorsqu'elle l'avait questionné à propos de son cauchemar. Elle le comprenait. Mais, elle était aussi résolue à ce qu'il n'endure plus les tourments qui l’assaillaient d'une manière solitaire. Ils s'étaient promis d'être l'un à l'autre assez de fois pour qu'il le sache qu'il n'était pas seul dans les méandres sombres de la peur. Ryme ne voulait pas le forcer : à bien des égards, Cillian ressemblait à un animal sauvage blessé. Cependant avec le temps et des efforts aussi bien de la part de son compagnon que d'elle-même, l'Invokeure espérait qu'il trouvât le chemin de la guérison.

Une légère brise venue de la mer s'engouffra dans la jungle et fit trembler tous les troncs d'arbre alors qu'il trouvait le courage de parler. Il était tout un retenu, ce qui était normal. Après tout, elle ne pouvait pas le blâmer pour cela. Ryme ne lui faisait pas part de tout ce qu'elle avait dans la tête non plus. Ils étaient proches – voir même plus que cela, mais lorsque des sujets délicats entraient en jeu, chacun se drapait dans une sorte de voile mutique. Pour elle, il s'agissait d'un épais manteau de fierté brodé au fil d’orgueil. Enfin, c'est ce que Ryme se plaisait à croire, car elle savait qu'au fond d'elle, gisait un vide, un gouffre et que Cillian serait le parfait instrument pour combler cette plaie. Il serait facile de le manipuler, de le pousser à rester, à lui faire dire des mots qui les mettraient en péril juste pour qu'elle se sente bien. Mais, jamais elle ne cédait à cette odieuse tentation. Elle n'y songeait même pas.

Ryme l'écouta attentivement, imprimant chaque mot dans son esprit. Il chercha son regard pour quelconque approbation qu'elle fut plus que ravie de lui donner : tout était bon pour qu'il continue à s'ouvrir, à partager pour laisser le poison de la Via s'écouler. Dans le cauchemar de son compagnon, elle avait disparu des draps pour attendre devant la coiffeuse. L'Invokeure se figurait parfaitement l'agencement de la pièce. Mais le reste du récit troubla la jeune femme. Ce n'était pas elle devant le meuble, mais Marnie qui par la suite avait profité de la confusion pour... Pour Ryme ne souhaitait pas que son cerveau imagine d'avantage de chose. Plus que ce cauchemar sans importance apparente, elle se demanda si cela n'était pas un écho de la réalité. Machinalement, sa main plongea dans ses boucles rousses pour venir tâter du bout des doigts, l'absence de son lobe à son oreille gauche.

Peut-être que Cillian remarqua son air troublé, mais il se justifia, jurant qu'il ne voulait absolument pas de cette prétendante bien trop collante dans son lit. Ryme lui offrit un sourire sincère avant de rire un peu : il n'avait pas besoin de lui offrir autant de verbiage, elle savait. L'Invokeure s'approcha de son compagnon alors qu'il détournait la question vers son propre cauchemar. Elle n'avait pas spécialement envie d'en parler, mais puisqu'il avait fait un effort pour elle... Peut-être que, pour une fois, elle pourrait cesser de jouer à la femme forte et inébranlable. Ryme vint saisir le visage de Cillian en coupe, entre ses mains, avant de l'inviter à se pencher vers elle. Elle colla leurs deux fronts et inspira profondément.

“Je sais bien que je suis la seule méchante et vilaine fille que tu aimes, gros bêta.” répondit-elle d'abord en esquissant un sourire.
“Tu sais... Je ne suis pas sûre de te l'avoir déjà dit, mais tu es mon premier amour.” Ses mains glissèrent délicatement, touchant les joues légèrement rugueuse à cause de sa fine barbe.

Ryme fit quelques pas en arrière pour pouvoir discuter d'une manière plus confortable. Ses bras se croisèrent devant son ventre, dans une posture un peu rigide, celle qu'elle utilisait toujours pour se donner un peu de courage et de contenance.

“J'ai rêvé de Vilhatt.” souffla-t-elle après qu'un léger silence se soit installé.
“J'étais dans ma chambre à Bevelle. Pas celle que j'avais au Temple avant que l'on tente de s'enfuir, celle l'on m'a donnée après, quand je suis sortie de l'hôpital pour de bon.”

La jeune femme n'avait jamais réellement parlé de ce qui s'était passé après cette triste nuit. De peur qu'il ne se sente obligé de parler de la Via sans qu'il ne soit prêt à le faire ; de peur qu'il ne décide de l'abandonné pour partir en croisade contre l'église ; de peur de raviver des blessures un peu trop fraîches. L'odeur des draps revint à la mémoire de Ryme. Un parfum de lessive fraîche, de sueur et de sang.

“Il n'y avait pas de fenêtres, pas de lumière ou que très peu, dans cette pièce. One ne me laissait pas sortir.” continua-t-elle le regard perdu dans le lointain.
“Comme on ne pouvait pas me faire marcher dans la Via, ils avaient décidé que ma pénitence se ferait en huit-clos. Peu de gens savaient. Officiellement, j'étais encore au repos. C'était cette période, mon cauchemar. Tout était si... Réel. Ce sentiment d'être perdue dans ce lit à l'odeur capiteuse, de sentir les menottes à mes pieds. Et puis, la peur. Parce que même si Vilhatt... Il ne pouvait plus...” Elle n'osa pas finir sa phrase, car elle savait très bien que Cillian comprenait ce à quoi elle faisait allusion. Après tout, il s'était personnellement appliqué à ce que plus jamais le prêtre ne puisse avoir des gonades fonctionnelles.

“Il a insisté pour me punir. Bref, j'ai senti ma robe de chambre se déchiré, je pouvais entendre le sifflement des lanières du martinet en cuir. Il allait m'admonester lorsque je me suis réveillée.” Sa gorge se serra, elle n'avait pas envie d'en dire plus pourtant son expression demeurait la même, ce masque figé d'un sourire digne. Il avait déjà vu et toucher les marques dans son dos pour savoir de quoi elle parlait sans qu'elle ne détaille plus les évènements.

“Est-ce que tu crois que ton cauchemar pourrait être un indice sur ce qui s'est passé sur la plage ?” demanda Ryme pour changer de sujet. Après tout, ils n'en avaient pas reparlé : peut-être avait-il retrouvé la mémoire ou peut-être que les souvenirs essayaient de se frayer un chemin dans sa psyché, d'une manière ou d'une autre.

“Est-ce que tu crois qu'elle a ?...”

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Cillian

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Cillian

Monsieur tout le monde

le Dim 24 Fév 2019 - 13:53
Elle semble ne pas mal prendre mon rêve. Ça me rassure. Je me laisse aller au contact de son front contre le mien. C'est comme si une tranquillité nouvelle s'emparait de mon cœur troublé. Il n'y a qu'elle qui est capable de ça, je pense. Elle m'avoue ensuite que je suis son premier amour. Étrangement, ça me rends triste pour elle. Moi, je suis un garçon bizarre. Personne n'est surpris que je n'ai jamais aimé avant elle, je pense. De toute façon, qui m'aurait aimé en retour ? Mais elle … J'ai peut être tort, mais je me dis que c'est naturel, pour les filles, d'aimer. Et je suis triste que la vie ne lui ait pas laissé cette possibilité.

Elle s'éloigne et je lui lance ,sans le vouloir, un regard vaguement triste. J'aurai aimé qu'elle reste près de moi, comme ça. Mais non. Elle croise les bras sur son ventre. Si mon Ryme n'est pas rouillé, ça veut dire qu'elle cherche des forces en elle. Elle va me raconter son cauchemar, je présume. Et elle le fait. Vilhatt. Je ne suis pas vraiment surpris. Dans un sens, j'espère qu'il n'y a que lui qui est capable de lui inspirer une telle terreur. Elle raconte son rêve et je serre un peu les poings. Au final, son rêve n'est pas si éloigné du mien. Je serre les dents en continuant à l'écouter. J'aurai du le tuer, ce fumier infâme. J'aurai du le tuer a ce moment là. Ryme aurait pu vivre sans moi, sans aucun soucis. J'aurai du supprimer cette raclure tant que j'en avais la possibilité. Je vois bien qu'elle essaie d'être forte, mais je sais assez lire en elle pour voir que ce n'est qu'une facade, malheureusement.

Elle me pose ensuite une question qui me prends un peu a revers. Un indice ? Je m'adosse à un arbre. Bonne question. Je ferme les yeux quelques secondes en soufflant avec force, comme pour chasser de l'énergie négative de l'interieur des poumons. Doucement, je concentre mes attentions sur ma mémoire. Celle de ce moment.

Quelques secondes passent.

De frustration, je frappe doucement sur l'écorce de l'arbre, ce qui me fait un peu mal à la main. D'une foix un peu triste, je réponds enfin à l'amour de ma vie.

« Je ne saurai pas le dire. »

Doucement, je me laisse glisser contre le tronc jusqu'à m'asseoir. Les lingères risquent de ne pas apprécier, mais tant pis pour elles.

« Je n'arrive pas à me souvenir. Peut être. Peut être que c'est indice. Peut être pas. J'espère pas. »

Je soupire.

« Elle ne pourrait pas être malade à ce point, non ? Je veux dire, si elle m'a ... »

Je sens comme un poids dans le creux de mon ventre. Rien que l'idée de dire ce mot me donne la nausée.

« Si elle m'a fait ça, ça voudrait dire qu'elle est complètement cinglée, non ? Elle ne peut pas l'être a ce point, quand même ? »

Une partie de moi se dit que si. Elle peut l'être à ce point. Elle nous a attaqué. Est-ce que me faire ça serait vraiment hors du champs des possibles ? Je ne sais pas. Mais une autre partie veut s’accrocher au fait que non. Que ce n'est pas possible. Qui refuse même cette simple possibilité, car elle rendrait la vie plus dure. Beaucoup plus dure. Je soupire et me relève avant de marcher vers la rousse.

« Quoi qu'il en soit, c'est toi que j'aime, hein ? Tu le sais vraiment hein. Même si elle m'a ... »

Non, décidément, je ne vais pas réussir à dire ce mot.

Un craquement dans la foret me fait me retourner, surpris. Une silhouette. Deux silhouettes. Qui est-ce que ça peut bien être ? Des sbires de Vilhatt ? Encore ? C'est pas possible, on ne peut pas être tranquille cinq minutes, non ? Doucement, je fais signe à Ryme de ne pas parler, avant de commencer à concentrer mon énergie et me mettre en position pour combattre.

La voix d'un gamin perce le silence relatif de la jungle.

« Ah, vous êtes là, chef. »

Ils sont trois ou quatre. Mes gamins. Enfin, ceux que j’entraîne. Ils ont sur le visage un air mi tranquille, mi inquiet. Je fronce les sourcils. Qu'est ce qu'ils font ici ?

« Dame Ryme est ici aussi, d'accord. »

Les gamins se détendent un peu. Je reconnais leur air. Celui du travail accompli. Le plus âgé s'approche un peu plus.

« Vous pourriez laisser un message quand vous allez en balade comme ça. Tout le monde se fait un sang d'encre au village. »

Je me sens un peu comme un gamin qui s'est fait attraper en train de faire un bêtise. Presque toute la tension de la situation s'est évaporée, j'ai l'impression.

« Vous nous avez bien fait crapahuter, en tout cas. Heureusement que Jienne a pensé à votre ancienne cabane, chef. Je pensais qu'un bon garde ne devait pas être prévisible. »

Je souffle doucement, presque un éclat de rire.

« Tu as raison, c'est vrai. »

Le gamin, lui, éclate de rire, avant de se reprendre.

« Le père Garan nous a demandé de vous ramener. On est pas forcément obligés de dire qu'on vous a trouvés et se perdre un peu plus dans les bois, si vous nous promettez de rentrer au plus vite. Vous avez peut être pas envie de vous faire chaperoner par des enfants comme nous. »

C'est plutôt sage, pour des enfants. Je me tourne vers Ryme en l'interrogeant du regard.

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Ryme

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Ryme

Invokeure

le Mar 26 Fév 2019 - 9:59
L'écorce du tronc craqua sous l'impact du coup-de-poing que Cillian venait de lui porter. Ryme sursauta légèrement de surprise avant de regarder vers la canopée : une grosse noix semblait se dodeliner sans pour autant semblé être décidée à tomber. Lorsqu'elle replaça son attention sur la conversation qui se déroulait, son interlocuteur s'était laissé glisser contre l'arbre. Des traces de mousses et de terre maculaient ses habits. Les souvenirs semblaient être cruellement absents ou alors, on lui en refusait l'accès ; mais peut-être était-ce là pour le mieux. Peut-être mieux que quiconque, Ryme comprenait. Marnie, Vilhatt, finalement, ils n'étaient pas si différents l'un de l'autre. Ils nourrissaient une obsession délétère pour une personne qui ne pouvait pas leur appartenir. Ce constat paraissait bien amer à la jeune femme : ce monde, Spira, était déjà un endroit où la vie n'était pas idyllique. Derrière les paysages somptueux, l'eau cristalline et les sourires des gens, se cachaient une noirceur que seul les Invokeurs pouvaient dissiper.

Le bruissement des feuilles au sol sortit Ryme de ses pensées, Cillian était de nouveau debout et s'avançait vers elle. Ouvrant les bras, elle l’accueillit avec plaisir. Bien sûr qu'elle savait qu'il l'aimait, même si une sale peste avait posé sa griffe sur lui. Ils avaient partagé tant de choses, tant de joies et de peines que rien n'y personne, sinon eux-mêmes, ne saurait un jour briser ce qui les liait. Ryme lia ses doigts aux siens, un sourire tendre lui laquant les lèvres. Elle allait amorcer sa réponse, probablement ponctuée par un baiser et une invitation à chasser ses mauvais souvenirs, lorsqu'il lui fit signe de se taire.

Le regard de Cillian avait changé, plus froid, plus dur et impitoyable. Son corps se mua dans une tension des muscles parfaitement calculée alors qu'une odeur de magie se rependit dans l'air. Contrairement aux sorts que Ryme utilisait, qui avaient un parfum rafraîchissant, ceux de son compagnon avait une tout autre fragrance, plus lourde et capiteuse. Entre deux bosquets frémissant, la voix incertaine d'un adolescent perça. Ryme le reconnut aussitôt : il s'agissait d'un des jeunes que Cillian formait. Plusieurs autres frimousses s'extirpèrent des bois. Avec soulagements, les enfants constatèrent qu'ils étaient ensemble. Une petite pluie de reproches s'abattit sur eux ; un sourire naquit sur le visage de Ryme. Cillian, lui aussi semblait être aussi amusé qu'elle de la situation. Un attachement réel semblait le lié aux petits qu'ils formaient et cela faisait énormément plaisir à voir.

Le plus vieux déclara qu'on les avait chargés de les chercher, mais il proposa de fermer les yeux sur leur présence pour s'enfoncer un peu plus dans les bois. Ici, ils étaient en bordures de charmes de protection : si un monstre apparaissait, il leur suffirait de faire quelques mètres pour être en sécurité, plus loin, ce ne serait pas le cas. Même si la proposition était tentante, il n'était pas responsable de sa part de l'accepter. Ryme s'avança, s'approcha du chef de cette étrange escouade et déposa un rapide baiser sur sa joue.

“C'est très gentil de votre part, mais je pense que ça serait mieux pour vous comme pour nous, si nous rentrions tous ensemble non ?” déclara l'Invokeur, juste avant de jeter un coup d'oeil à Cillian.
“Après tout, c'est une de vos premières missions, autant que vous profitiez de votre réussite.” conclut-elle en se redressant.

Une gamine, armée d'une lance à peine aiguisée, regardait Ryme avec intensité. L'enfant semblait ravie de pouvoir passer un peu de temps avec elle, alors, l'Invokeur se plaça à côté d'elle et lui tendit la main. La petite s'empressa de la saisir, elle devait avoir une dizaine d'année.

“Merci d'être venus à notre rencontre.” souffla Ryme en pressant un peu la petite main dans la sienne avant d'initié la marche vers le village.
Même si la compétition au sein des Voix lui avait montré les pires côtés des enfants et des adolescents encore malléables, Ryme aimait la compagnie des gamins de l'île. Avec toutes les histoires que Cillian et Jienne lui avaient racontées, elle avait l'impression de retrouver un petit bout d'eux dans chacun des enfants présents. Le leader du groupe, qui bombait le torse comme un adulte, lui rappelait son compagnon. Par plusieurs fois, elle chercha le regard de Cillian par dessus son épaule et lorsqu'elle le croisait, elle lui souriait à pleine dents.

“Qu'est-ce que vous faisiez là-bas, tout seul ?” demanda une voix enfantine, juste derrière Ryme. La jeune femme ne répondit rien, laissant l'autre adulte en présence trouvé un petit mensonge quant à leurs activités.

Elle n'écouta sa réponse que d'une oreille, prise à son tour dans un flot de questions un peu naïves. Est-ce que vous allez avoir un bébé ? Est-ce que vous allez, vous mariez ? Est-ce que tu vas vaincre Sin ? Être questionnée de la sorte ne dérangeait pas Ryme, au contraire. Mais les réponses vagues qu'elle apportait ne la satisfaisait pas vraiment. Cependant, elle ne pouvait pas en vouloir à ces gamins qui se posaient des questions légitimes quant à la situation de leur maître.

Avec le dynamisme et la fougue de leurs petites jambes, le village principal se profila bien trop rapidement au goût de Ryme. Si Garan avait demandé à ce qu'on les recherche, elle était certaine de subir des remontrances plus ou moins sévères. Et que dirait Gordias ? Peut-être aurait-elle dû le prévenir au moins lui. Après tout, il pouvait comprendre : il avait été Gardien.

“Les voilà !” cria la vigie du village en faisant signe que l'on ouvre les portes. La nuit commençait presque à tombé et le fond de l'air était en train de devenir plus doux. Quelques étoiles perçaient le fond du ciel.
Plusieurs villageois s'étaient entassés auprès des portes, curieux de voir si les deux fugitifs avaient été retrouvés. Ryme ne distingua pas son Gardien parmi eux, elle savait que les reproches viendraient plus tard, en privé.

Soudainement, Jienne fendit la foule. Son front était en sueur et quelque chose ne semblait pas aller.
“Cil', vient on a un problème.” déclara-t-elle, le souffle court.

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