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Al Bhed


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« Home is where the heart is. » - Kwo.

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Lilia

Bannisseur

le Mar 1 Aoû 2017 - 12:43


❝Home is where the heart is.
ft. Kwokkak
Lilia éclata d'un rire aussi joyeux que sincèrement amusé.

— Toutes mes excuses, Votre Grandeur. J'ai sous estimé vos capacités !

Incapable de s'arrêter de rire, elles s'octroya tout de même le loisir d'une révérence aussi exagérément basse qu'élégante, avant de le contourner pour aller chercher de quoi terminer de dresser le couvert. Son accès de déprime avait disparu aussi vite qu'il n'était arrivé, à son grand plaisir et voilà qu'elle se retrouvait désormais à se laisser tomber sur l'une de ses chaises en lui souriant aussi largement que d'ordinaire. Lilia ne déprimait jamais bien longtemps, de toute façon, et l'idée même d'un voyage avec Kwokkak suffisait à la requinquer comme jamais. Sûrement même encore plus lorsqu'elle s'amusait avec lui comme elle le faisait. C'étaient ses instants légers et précieux. Leurs instants légers et précieux. Qu'elle chérissait peut-être même plus que beaucoup des souvenirs qu'elle avait.

Quand bien même il était de nouveau torse nu sous son nez. Rien de bien perturbant mais elle ne pouvait pas réellement empêcher à ses joues de légèrement se colorer. Il n'était pas nu, après tout et elle l'avait déjà vu aussi peu habillé, auparavant... Quelque fois. La première, elle avait littéralement manqué de faire une syncope. Plus parce qu'elle avait été surprise qu'autre chose, ceci dit. Soit, elle était vierge, chaste et tout ce que Yevon lui voulait, mais elle n'était pas plus effarouchée que n'importe quelle autre. Loin de là, même. Si elle n'y pensait jamais, elle savait tout de même ce que les relations amoureuses impliquaient et...

Lilia secoua tout doucement la tête, comme pour chasser ces pensées parasite de sa tête. S'introspecter sur ce genre de sujets avec un Kwokkak à moitié habillé à côté n'allait pas l'aider.
Manque de chance, elles revinrent au galop et amenèrent avec elle toute la gêne dont Lilia se serait volontiers passée. Fabuleux. Elle en avait presque envie de creuser un trou pour s'y cacher.

Pourtant, et parce qu'elle ne pouvait décemment pas disparaître au fond du jardin pour y fouiller un terrier sans paraître totalement timbrée, elle accueillît la question de Kwokkak presque salutaire. Et autant dire qu'elle n'eût aucun mal à s'adonner corps et âme à la réflexion. Surtout âme.

— Mh... J'aimerais voir les îles du Sud. Surtout Kilika. Ce que j'en ai entendu me donne envie d'y aller depuis... Bien des mois, mais je n'ai jamais réellement pris le temps de me pencher sur la question. Et puis, c'est un peu à l'extrême opposé mais j'aimerais de nouveau m'arrêter à Bevelle. En fait... Je crois que tous les endroits me vont tant que ce n'est pas la Forêt de Macalania.

Soupir. Elle n'était pas prête à y retourner. Absolument pas. Et pourtant, si elle voulait voir la plus grande ville de Spira, elle n'aurait pas le choix. Néanmoins, cette seule pensée suffît à l'amener à se mordre les joues et elle grimaça légèrement avant de se reprendre au mieux. Un peu de contenance. Elle ne serait pas toute seule et puis, elle avait changé, mine de rien.

— Mais je n'aurai pas le choix alors ça ira. Et puis, on pourra toujours compter sur tes talents de charpentier pour nous confectionner un abri anti-monstres improvisé !

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Kwokkak

Bannisseur

le Mar 1 Aoû 2017 - 14:23
Son rire remplit la maison et je souris. Son rire. Il m'avait manqué. Même si je ne l'avais que trop peu entendu lors de notre voyage, je dois avouer qu'il m'avait manqué. Je suis content que ma blague ait marché. Ça explique le sourire fier qu'arbore mon visage. Je continue à remuer dans la nourriture alors qu'elle parle de ses envies. Ça sent … okay, je présume ? C'est pas de la grande cuisine, mais c'est ma cuisine. Un mélange de trucs et de machins. Ça tient au corps, au moins. Et puis, personne n'en est jamais tombé malade. C'est donc une victoire que je prends avec plaisir. Je ne peux pas avoir tout les talents.

Elle évoque ce qui s'est passé avant que je la trouve. Et quand je dis avant, c'est vraiment juste avant. Je sens comme une vague froide partir de mon cœur et venir frigorifier mes extrémités. Je me demande a quel point ça doit être désagréable pour elle, vu comme ça l'est pour moi. Je suis habitué à la tragédie. C'est un peu ce avec quoi je fais mon beurre, dans un sens. Les gens parfaitement heureux n'ont pas vraiment besoin de mon aide. Et je ne vais pas dire que ça ne me touche pas habituellement. Mais si je veux ne pas devenir fou, il faut que je fasse une sorte de barrière entre moi et les restes du monde. Je ne peux pas tremper dans le malheur des autres. C'est pour ça que souvent, même si j'aide, ce qui arrive aux autres, je réussis a ne pas trop le vivre. Je le vis, un peu, mais je ne laisse pas trop tout ça m'atteindre. Sinon, je me fous en l'air je pense.

Mais Lilia, ce n'est pas juste une gamine comme ça, que j'ai rencontré, aidé et laissé. Enfin, si, mais … C'est peut être parce qu'on a passé du temps ensemble. Je ne sais pas. Peut être parce que cette soirée est la plus agréable que j'ai passée depuis un bon moment. Peut être que simplement je n'ai pas, sans aucune raison particulière, réussi a totalement me détacher de ce qui a pu lui arriver.

Bref. Ça me fait mal au cœur de la savoir comme ça. Je me doute bien qu'oublier aurait été impossible. Elle a vu des choses qui auraient brisé des personnes moins fortes. Lilia est sûrement un des individus les plus courageux que j'ai pu rencontrer. Et je m'inclus bien sur là dedans. Certes, je suis autant un déraciné qu'elle, mais je n'ai jamais eu a confronter ce qu'elle a eu a confronter. Doucement, je repose le couvercle sur la gamelle. Je n'ai même pas entendu sa dernière phrase. Je la regarde.

Je m'approche d'elle.

Doucement, mes bras passent autour de son cou et se ferment doucement, la pressant contre moi.

Ce n'est pas une accolade pour dire bonjour.

C'est un câlin.

Pur et simple.

J'espère que le rythme tranquille de mon cœur réussira a chasser les nuages du sien. Que le rythme de ma respiration pourra ralentir le sien. Que la chaleur de mon corps pourra allumer les flammes de son courage.

« Je serai là avec toi, de toute façon. Rien de mal ne pourra t'arriver, j'en fait le serment. »

Doucement , je la relâche et m’éloigne d'un pas. Le pourpre monte un peu à mes joues. Effectivement, c'est une femme.

« Au pire, on fera le voyage en bateau si tu veux. »

Je ne sais pas si elle sait que je suis mortellement effrayé de la mer. En tout cas, dans mon ton, il n'y a qu'une chose, c'est que ce que je dis, j'en suis sur et certain.

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Lilia

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le Mar 1 Aoû 2017 - 17:58


❝memory is a curse more often than a blessing.
ft. Kwokkak
Elle se serait attendue à tout, sauf à ça. Une gentille tape sur la tête, une main réconfortante sur son épaule, n'importe quoi. Même le geste le plus anodin pour tenter de la rassurer, mais pas ça.
Lorsqu'elle l'avait vu s'approcher, quand bien même ses yeux s'étaient un peu arrondis sous la surprise, elle n'avait pas réellement cillé. Elle l'avait regardé faire et c'était l'équivalent d'une baignoire entière d'eau brûlante qu'elle avait eu l'impression de sentir se déverser de sa tête à sa poitrine. Et ses émotions balançaient entre surprise et étrange soulagement, s'entremêlaient pour l'amener à rougir, légèrement, sans qu'elle ne s'en formalise plus que de raison. Sin aurait pu arriver qu'elle aurait mis un temps fou à le réaliser. Luca aurait pu s'effondrer qu'elle aurait eu un mal incroyable à revenir au monde réel.
Plus que l'étreinte en elle même, c'était la symbolique de ce geste, qui la surprenait. Assez pour l'amener à se taire, tout en ne se focalisant que sur sa voix. Assez pour sentir son palpitant s'écraser violemment dans sa poitrine, au même rythme que ses veines, qui lui martelaient les tempes.

Elle aurait pu trouver un milliard de raisons de rougir, de se sentir gênée, et même de maladroitement babiller. Au lieu de quoi, Lilia se retrouva à rire légèrement, en dépit de son coeur qu'elle sentait presque peser une tonne, sous le poids de tout ce qui s'y mêlait. En dépit des larmes qui commencèrent sur ses joues, sans qu'elle n'arrive à les retenir, parce qu'elle était soulagée. Affreusement triste, mais soulagée. Alors elle tenta au mieux de se concentrer sur ce qu'elle voulait dire, pour s'empêcher de craquer. Chercha une façon comme une autre d'empêcher à sa voix de trembler, sans succès.

— Je crois que... Ca fait un peu trop longtemps que... Enfin... J'en avais besoin, je crois. Merci.

Et à peine eût-elle le temps de laisser entendre un second rire, un peu plus nerveux, qu'elle se sentît de nouveau ramenée contre le torse, un peu trop réconfortant, de Kwokkak. Elle y aurait pris goût, si elle ne se sentait pas aussi chamboulée. Ou alors peut-être qu'elle l'aurait repoussée, par gêne, mais elle en avait besoin, plus que jamais.

— Je m'y ferai, de toute façon. Il faudra bien que je retourne là-bas un jour alors... Ne t'embête pas, ça ira pour moi.

Elle mentait, un peu. Juste un peu. Autant qu'elle savait que tout lui reviendrait en plein visage dès qu'elle y remettrait les pieds. La simple évocation du nom de cette forêt suffisait à lui soulever l'estomac au même titre qu'un frisson, effroyable, courût le long de son son échine. Elle était terrorisée, quand bien même elle essayait de le cacher. Elle avait peur de ce qu'elle y trouverait. Aussi bien des preuves physiques que des restes d'un passé qu'elle avait voulu fuir, sans jamais se retourner. Elle ne tremblait pas mais son coeur, lui, vibrait de toute l'angoisse qui lui nouait les membres à la seule idée d'y retourner. Elle n'avait plus réellement peur de ne pas être en mesure de se défendre, non. C'étaient les images qui lui remplissaient la tête, qu'elle voulait chasser. Loin de sa vie, loin de son coeur, loin de ses pensées. Elle aurait voulu oublier et, pourtant, elle n'aurait pas pu s'y résoudre quand bien même on le lui aurait proposé.

 Je sais qu'il ne m'arrivera rien, Kwo. Je te fais confiance... Mais... Je crois que j'ai peur de me retrouver seule face à moi-même, là-bas. Plus que ce qui pourrait m'arriver... C'est ce que j'y ai vu, que j'aimerais éviter. Mais il va falloir que je m'y fasse et que j'apprenne à vivre avec.

Elle ponctua ses mots d'un soupir épuisé, appuya son front contre Kwokkak en fermant les yeux, comme pour s'empêcher de continuer à pleurer. Aussi vainement que le reste. Les images de corps – ou tout du moins ce qu'il en restait – de ses compagnons revinrent lui retourner la tête et elle rouvrît les yeux, instantanément. Pour y échapper. Elles hantaient déjà ses nuits, il était hors de question qu'elles s'immiscent jusque dans ses journées.

— Je ne veux pas t'encombrer alors... Je ferai avec. Je n'ai pas envie de te freiner ou de t'apporter un quelconque fardeau, et je n'ai pas non plus envie de t'infliger l'océan. Le mal de mer c'est vraiment très désagréable, tu ne trouves pas ? Alors on ira à pieds, ça ira. Tu me connais, non ?

Il avait pu voir qu'elle avait réussi à se relever. À passer au-dessus des souvenirs qui la tiraient vers le bas et la terrorisaient. Elle ne mentait pas à soi-même au fond, elle évitait juste de se molester l'esprit en s'infligeant sa mémoire, pour l'accepter.

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Kwokkak

Bannisseur

le Mer 2 Aoû 2017 - 0:38
Visiblement, elle est plus fragile que ce que j'imaginais. Non. Ce n'est pas une histoire d'elle être fragile. Même le plus solide des barages ne peut pas retenir toute l'eau du monde. Dire qu'elle est fragile serait insultant. J'avais plutôt sous-estimé la force des soucis qu'elle pouvait avoir. Elle essaie de donner le change, mais même moi je ne peux pas faire semblant d'être dupe. Surtout quand des perles d'eau se mirent à glisser le long de ses joues. Geste purement réflexe, je l’attire de nouveau à moi. C'est une façade, rien de plus. Je ne suis pas un orateur. Je n'ai jamais vraiment sur dire ce qu'il fallait pour calmer les gens. Je n'ai jamais vraiment su trouver les mots. Comme il y a quelques secondes, tout ce que je peux espérer, c'est que le contact de mon corps calme la tranquillise. C'est tout ce que je sais faire, et ça marche, parfois. Ma main gauche gratte doucement son dos alors que la droite la tapote.

J'ai vu ce qu'elle a vu. Enfin, le résultat, du moins. C'est moi qui ai apporté repos aux âmes de ses défunts camarade. Du moins, tant que j'ai pu, en tuant une partie des monstres qui avaient attaqué. Plus « banalement », j'ai un peu l'habitude des scènes pas très jolies. Mais encore une fois, personne de proche n'est mort devant mes yeux. J'ai cette chance, si on peut appeler ça ainsi, je toujours arriver après la bataille. Mais je peux imaginer ce qu'elle a du ressentir. Je ne réponds pas à ce qu'elle me dit. Aucun des mots que je pourrai dire maintenant ne l'aiderait, de toute façon. Les lèvres toujours fermées, alors que je la serre tout contre moi, je hume une comptine de mon jeune temps. C'est un de mes … trucs, si on peut appeler ça comme ça, pour quand la vie est un peu trop … trop pour moi. Elle va sûrement me prendre pour un taré. Mais tant pis. C'est ce que je fais, et c'est comme ça, même si je dois avouer me sentir pas mal désarmé.

Au bout d'une petite minute, je la relâche. Je la regarde et passe ma main sur son visage, essuyant ses larmes, avant de chercher un morceau de tissus pour qu'elle puisse se refaire, si on me permet l'expression, une beauté. Je lui donne un torchon et la pousse doucement vers son siège.

« Tu sais, on m'a toujours dit qu'il n'y avait rien de mieux pour soigner un cœur chargé qu'un bon repas. Alors assieds toi et mange, d'accord ? »


Je prends la casserole et la pose sur la table. Ensuite, j'attrape ce qui ressemble le plus à une louche et je pèche des légumes, que je met dans l'assiète de mon amie. Je prends ensuite le morceau de viande, que je découpe avant d'en servir une bonne portion à la jeune femme. Je me sers ensuite.

« Ce n'est pas grand chose, mais j'espère que ce sera bon. Bon appétit. »

Je m’assois et prends ma fourchette.

« Tu sais Lilia. Je te connais. Tu es forte. Sûrement plus que moi. Sûrement plus que ce que je serai jamais. Mais ce n'est pas une raison pour te faire souffrir inutilement. Si on peut trouver un moyen de passer sans devoir visiter Macalania, on le fera. »

Je pique dans une patate.

« Ce n'est pas que je ne pense pas que tu puisses le faire. Mais je n'ai pas besoin de vérifier la solidité de mon mur tout les jours. »

C'est une expression de mon père ça. Je lui souris un peu.

« Et puis, je suis bien désolé pour toi, ma chère, mais une fois qu'on sera ensemble sur la route, seule face à toi même, c'est fini hein. Je suis là. Et tu me connais. »

Je mange un peu.

« C'est pas mauvais. J'ai déjà fait mieux, mais bon. »

Effectivement. J'ai déjà fait mieux. Bien mieux, même. Mais bon. L'important, c'est que c'est palatable et que ça requinque. Et pour le coup, ça va requinquer.

« Et puis, au pire, si on repasse par Macalania, c'est grand. Rien ne nous force à employer le même chemin, non ? Ca t'irait mieux si on fait des détours ? Moi, ça ne me dérange pas. Si tu es heureuse, je suis heureux. »

Je lui fait un grand sourire et m'attaque à ma viande. C'est bien, d'être un peu simple comme mec.

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Lilia

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le Mer 2 Aoû 2017 - 11:10


❝memory is a curse more often than a blessing.
ft. Kwokkak
Elle se sentait légèrement ridicule, après coup. Pas que le comportement de Kwokkak l'ait amenée à se voir de cette façon, au contraire, mais avec un peu de recul, il lui fallait admettre qu'elle s'était laissée aller avec une aisance qui la déconcertait elle-même. Elle ne flanchissait jamais, en général. Parce qu'elle était faite d'un bois aussi solide que celui des vieux arbres, encore bien enracinés, derrière sa maison. Parce qu'elle était forte et que, habituellement, il ne lui suffisait que d'un sourire pour réussir à lever tous ses doutes et envoyer valser les peurs qui venaient lui nouer l'estomac, lorsqu'elle s'en allait. Elle n'aimait pas se battre, le faisait pour empêcher à d'autres de vivre ce qu'elle avait elle-même vécu, et la faiblesse n'était pas mise dans ce genre de combats.

Alors elle s'arma d'un nouveau sourire, lorsque Kwokkak la relâcha pour essuyer ses joues. Un peu plus faible mais tout aussi délicat, avant qu'elle ne s'empare du mouchoir qu'il lui tendait, pour essuyer son visage et se redonner un tant soit peu de contenance. Un peu vainement si on prenait en compte son nez rougi au même titre que ses joues. Pleurer ne réussissait à personne après tout.
Et pourtant, elle se sentait étonnamment bien, un peu mieux qu'avant, quoique toujours effrayée mais tout de même légèrement rassurée. Elle ne s'était pas attendue à ce qu'il use de ses mots pour la consoler, ni à ce qu'il la blâme. Et le simple fait qu'il ne l'ait pas jugée suffisait à rendre son coeur un peu plus léger. Bien sûr que non, il ne t'aurait pas jugée, Lilia. C'est Kwo. Elle ne pouvait pas prétendre le connaître « mieux que n'importe qui », mais elle savait qu'il était de ceux qui écoutaient sans parler. Sans juger. Ou du moins avec elle, en tout cas.

Néanmoins silencieuse, elle le remercia d'un petit signe de tête avant d'elle même attraper sa fourchette, tout en l'écoutant parler, après un « Bon appétit » relativement discret. L'émotion passée, elle avait l'impression de se sentir comme l'enfant qu'elle avait été, quelques années auparavant. Chagrinée au possible, mais également rassurée à la vitesse de la lumière. Elle avait pleuré, souvent, lorsqu'elle tombait, lorsqu'elle s'écorchait, lorsqu'elle se cognait, et la douceur de sa mère avait soufflé sur chacune de ses larmes comme si elles n'avaient jamais existées. Kwokkak n'était pas vraiment comme sa mère – loin de là, même -, mais il avait réussi à la rassurer uniquement en étant ce qu'il était. Pourtant cela ne l'empêcha pas, l'espace d'un instant, de l'imaginer porter les robes de sa génitrice et cette image lui arracha un rire qui la fît presque s'étrangler avec le légume qu'elle venait d'engloutir.

— Excuse-moi, je... Ne le prends pas mal. Ce n'est pas ce que tu dis, c'est...

Sa phrase fût coupée court par un second rire, un peu plus franc. Plus pour se soulager que parce qu'elle en avait réellement envie, en vérité. Parce que rire apaisait son coeur à peu près autant que sa présence, à lui, le faisait. Elle avait entendu tout ce qu'il avait à dire, évidemment. Elle l'avait écouté chasser ses craintes comme si elles n'avaient rien été. Parce qu'elles n'étaient rien, de toute manière. Elle n'avait aucune raison d'avoir peur, elle n'était plus seule. Peut-être pour une courte période, mais l'instant présent lui convenait bien plus qu'un futur tout envisagé.

— Merci, Kwo. Pour ce repas, pour ce câlin et... Pour être toi, sûrement.

Elle reposa sa fourchette, le temps de parler, les lèvres légèrement tremblantes du rire qu'elle avait encore un peu du mal à retenir et qui y restait suspendu.

— Je n'ai pas besoin de prouver que je suis forte non plus, ne t'en fais pas, ajouta-t-elle en secouant doucement la tête. Pas plus à moi-même qu'à qui ce soit. J'ai mes faiblesses, comme tout le monde, et je n'aurai jamais la prétention de dire que je les utiliserai pour avancer alors que j'arrive à peine à les regarder. Donc c'est encore un peu délicat pour moi, et j'aurais eu du mal mais je me serais forcée. Enfin ce que je veux dire c'est que... Je n'ai pas réellement envie d'être un frein. Mais après coup, paraître « faible » ne me dérange pas.

Ses yeux se perdirent un moment dans le vague et elle soupira légèrement, afin de se reprendre avant de récupérer sa fourchette, pour croquer dans un autre légume.

— Alors, j'admets totalement que l'idée de faire un détour me va également, mais je ne tenais pas à te gêner parce que j'ai mes propres problèmes. C'est stupide, je te connais et je sais que tu n'aurais pas vu ça comme un réel dérangement mais... Je suppose que je n'ai pas vraiment réfléchi.

Elle lui sourît à nouveau, désolée. D'avoir peut-être douté, ne serait-ce qu'un instant. Mais elle était humaine, de toute manière, faite de doutes, de craintes, de joies et d'appréhensions. Leur voyage ne serait pas de tout repos mais elle savait, avec certitude, qu'elle n'était pas seule. Et c'était tout ce qui comptait.

— Quand j'étais petite et que j'avais un chagrin, ma mère me prenait dans ses bras et... Me parlait pour m'aider à me calmer. Ça marchait généralement très bien, j'arrêtais de pleurer en quelques minutes et je retournais jouer en ayant presque oublié que je m'étais cognée ou éraflée. C'est ce que ton geste m'a rappelée. C'est aussi pour ça que j'ai rigolé, pas parce que ton repas est mauvais, hein, sois rassuré. Il me convient très bien, même.

Elle n'avait jamais réellement été compliquée. Tout lui allait, tant qu'il n'était pas question de poisson et d'épices. Un peu plus parce que c'était lui, sûrement, et elle ne pouvait décemment pas nier que c'était également pour ça qu'elle s'était aussi vite calmée. Sa mère, dans ce cas, n'aurait pas pu la calmer comme il l'avait fait. Et cette constatation à elle seule suffît à la faire l'aimer un peu plus, sans qu'elle n'arrive à s'en empêcher. Elle n'avait, de toute manière, pas envie de s'en empêcher. Il ne le savait pas, et ça lui allait très bien comme ça.

— Mais c'est peut-être aussi parce que c'est toi, admît-elle tout de même dans un sourire.

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Kwokkak

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le Mer 2 Aoû 2017 - 14:42
Une nouvelle fois, son rire illumine la pièce. Oui. Illumine. Vous ne savez pas comment un rire peut illuminer une pièce ? Et bien, c'est que vous n'avez jamais entendu Lilia rire alors. Et je suis un peu triste pour vous, pour être tout à fait franc. Elle s'excuse. Je plante mon regard dans le sien, car je ne comprends pas vraiment. Et elle repart dans son rire. Ça me va. Si elle ne s'excuse pas de nouveau du moins. Ah. Non. Elle me remercie d'être moi. C'est étrange comme concept. Me remercier d'être moi. On m'a déjà remercié d'être venu. Remercié d'avoir aidé. Mais d'être moi, jamais. Pourtant, si il y a bien une chose dans la vie pour laquelle je n'ai pas de mérite, c'est être moi, non ? Je veux dire. C'est ce que je fais naturellement. Je ne pourrai pas ne pas être moi. Enfin bon. Elle doit être encore un peu sous le choc de ses souvenirs. Mais ça me fait quand même monter un peu le pourpre aux joues.

Je l'écoute ensuite. Encore des excuses. Des explications. Je m'en fout Lilia. Tu fais ce que tu veux. Ce que tu peux. Ce dont tu as envie. Tu n'as pas à m'expliquer. Te justifier. Et enfin. Un frein. N'importe quoi. Je balaie l'air devant moi de la main, comme pour jeter de coté ces idées ridicules. Je grince un peu des dents ensuite. Je n'aime pas trop quand on agit suivant ce que l'on pense que je pense. SI on veut me plaire, autant me demander directement. Surtout que là, j'ai proposé des choses. Mais je ne lui en veut pas. Elle ne doit pas être dans son assiette. C'est compréhensible. Elle me parle ensuite de son enfance. Je crois que c'est la première fois qu'elle me parle comme ça de sa vie avant l'incident. Enfin, sans que je lui demande. Je souris doucement. En plus, elle aime le repas. C'est vrai qu'elle n'est pas forcément difficile, tant que ce n'est pas du poisson. Je souris doucement en entendant sa dernière remarque.

Avant de répondre, je mange un morceau de patate. J'ai le sentiment que je dois bien choisir mes mots. C'est étrange. D'habitude, je parle snas réfléchir. C'est un bien, comme c'est un mal. Mais là, j'ai un sentiment étrange qui point en moi. Le sentiment que je ne dois pas dire de bétises. Comme si c'était extrêmement important. Je suis un peu troublé. Son regard me même un peu mal à l'aise. Non. Ce n'est pas le mot. Mais en sentant son regard sur moi, j'ai le sentiment que tout mes défauts ressortent. Qu'elle ne voir que ça. Comme si je devais être parfait pour elle. Je repsire. Calme toi Kwokkak. Calme toi. Ce n'est que Lilia.

« Oh, tu sais, c'est peut être aussi parce que c'est toi. »


Je ne sais pas trop le sens de ma phrase. J'ai l'impression qu'on peut la prendre d'un millier des façons différentes, mais cela ne me dérange pas. Je ne sais même pas moi même.

« Pour en finir sur le sujet, qu'on passe à des histoires un peu plus gaies. Je veux qu'on soit clairs sur un sujet. ».

Je plante ma fourchette dans un morceau de viande dans mon assiette.

« Tu ne pars pas avec moi. »

Je laisse un petit temps.

« Ce n'est pas comme il y a un an, où tu me suis. Je ne suis pas le maître et toi l'élève. On est partenaires. Si il y a des choses qui te dérangent, on évite. C'est normal. Pareil si des choses me dérangent. D'accord ? »

Je mange un morceau.

« Tu es plus une petite fille. Tu es une femme maintenant. Tu as voix au chapitre tout autant que moi. »


Je me lève.

« Tu veux de l'eau ? »

J'espère que le repas va retrouver son calme. J'aime le calme avec Lilia.

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le Mer 2 Aoû 2017 - 17:09


❝home is where the heart is.
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Le cœur de Lilia rata deux battements. Et peut-être même trois, après coup. Sûrement plus mais elle arrêta de compter dès qu'elle eût l'impression de le sentir se stopper... Pour mieux repartir juste après. Kwo la transformait en véritable ressort émotionnel et elle venait à ne plus trop savoir où donner de la tête. Le sens de sa première phrase avait semé, dans son esprit, un fouillis dont elle eût un mal fou à se dépêtrer, avant de presque se figer. Et ciel, elle lui aurait presque tiré les oreilles, pour la frayeur qu'il venait de lui coller. Elle aurait dû s'y attendre, au fond. Sa façon de s'exprimer était aussi travaillée qu'un coup de hache balancé en travers d'un combat et, si elle n'arrivait pas à le lui reprocher, elle devait tout de même admettre qu'elle manquait encore et toujours de se faire avoir. À chaque fois. Et puis, les circonstances s'y prêtaient, après tout. Excepté pour sa première prise de parole, qui avait laissée Lilia un peu bête, sur le coup.

Parce que c'était elle ? Elle aurait pu donner un milliard de signification à cette phrase. Et le fait qu'il ait légèrement rougi peu avant n'avait absolument pas aidé, autant que les quelques autres fois où c'était arrivé, au cours de la journée. Si tu pensais que je ne l'avais pas remarqué...
Pourtant, et parce que la désillusion l'effrayait tout de même un peu, elle préféra se dire qu'il n'était aussi « gentil » que parce que c'était elle, ignora son cœur qui lui hurlait de chercher plus loin, au même titre que ses pensées. Elle aurait voulu creuser, fouiller, essayer de comprendre mais il n'y avait jamais de sens caché aux mots de Kwokkak. Il disait tout naturellement ce qu'il pensait, et si sous entendu il y avait, il l'aurait sûrement mieux relevé. Ça ne lui ressemblerait pas, de toute façon.

— C'est d'accord. Tant que ça te va, ça me va.

Préférant tout de même redonner un cours un peu plus naturel à la conversation, Lilia se prêta elle-même au jeu et hocha doucement la tête, à sa proposition.

— Mh, s'il te plaît.

De quoi faire descendre la boule qui lui nouait la gorge et lui donnait furieusement envie de  soupirer. Néanmoins, sa voix avait retrouvé son habituelle douceur et elle n'eût pas à forcer pour également redonner à son visage son éternel air bienveillant. Elle n'avait jamais à le faire, de toute manière, tout lui venait naturellement. Au même titre que le sourire qui revînt prendre place sur ses lèvres lorsqu'elle s'accouda à la table, les yeux rivés sur son invité.

— Il faudra que tu me dises aussi ce que tu manges et ce que tu ne manges pas, aussi. Ma cuisine n'est pas aussi catastrophique que mes talents à l'escrime mais... Je ne suis pas non plus un grand chef et j'aimerais mieux éviter de te rendre malade ou de t'empoisonner.

Elle avait pris l'habitude de ne cuisiner que pour elle avec le temps et, parce que c'était le cas, s'était faite au goût de la nourriture sans trop s'en soucier, lorsqu'elle lui semblait... Littéralement mal faite. Elle n'était pas mauvaise mais elle avait ses ratés, comme tout le monde, et c'était quelque chose qu'elle aimait mieux lui épargner. Au même titre que beaucoup d'autres, mais elle était trop excitée par l'idée de s'en aller, pour y penser. Autant qu'elle l'était par l'idée de partager quelques mois, et pourquoi pas des années, à ses côtés. Elle était peut-être un peu trop optimiste mais au fond, tant qu'il serait là, tout lui irait. Même s'ils devaient un jour s'arrêter. Même s'il lui annonçait qu'il voulait, très étonnamment, s'arrêter de voyager et vivre une vie un peu plus posée. Peut-être même qu'il aurait envie de la vivre avec elle, après coup. Et peut-être que tu devrais redescendre sur Terre un peu, ma fille.

 Je crois que j'ai encore un sac et de quoi m'en sortir, par là, mais je devrais sûrement passer par le marché, pour mieux me préparer. Le réel problème sera sûrement la maison, mais je trouverai sûrement un ami, chez les Bannisseurs, qui acceptera de me la garder.

Autant partir optimiste, non ?

— J'ai tellement hâte que j'ai l'impression que je vais exploser ! Et pour être sincère... J'espérais voir ce jour arriver. Pas seulement celui où je m'en irais, mais j'ai aimé voyager, même si ce n'était qu'à peine, avec toi alors... Je suis plus contente que jamais, je crois.  
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Kwokkak

Bannisseur

le Mer 2 Aoû 2017 - 17:56
Voila. On est d'accord. C'est parfait. Tout va bien dans le meilleur des mondes possibles. Je suis content et je m'enfonce dans mon siège après avoir servi l'eau. Je me sens bien, et elle retrouve son sourire pur et beau. Damnation, que c'est bon d'être moi en ce moment. Bon. D'accord. C'est bon d'être moi tout le temps, mais là encore plus.

« Je mange de tout. Littéralement. Il ne faut pas s’inquiéter pour ça. A force d'avoir voyagé, j'ai un estomac super solide, si tu savais. Tant que ce n'est pas trop dégouttant, je devrais pouvoir y survivre. Niveau goûts … Il n'y a pas grand chose qui me plaît pas. Du moins, dans ce que j'ai déjà pu goûter. Je ne cours pas forcément après les choses trop épicées ... »


Je marque une petit pause alors que je réfléchis.

« Épicées dans le genre piquant je veux dire. Parfumé, j'aime bien. Épicé, c'est un peu plus compliqué. Mais si tu le prépares avec amour, je le mangerai avec plaisir, donc je ne me fait pas d'idées là dessus. Et puis, j'aime bien préparer à manger, ne t’inquiète pas. »

Je me passe la main dans le cou et reprends mon entreprise de finir mon assiette.

« On est pas obligés de partir là maintenant tu sais. Je peux trouver un petit travail le temps que tu te prépares. Parce que bon, il faut bien y veiller hein. A tes affaires et tout. Il se peut qu'on passe un moment en tête à tête, tu sais. »


Une chose me taraude le cœur. Ah, oui. Forcément.

« Enfin, c'est si ça ne te dérange pas de me garder ici quelques jours. Sinon, je vais prendre une chambre d'auberge. Je me débrouillerai. Tu me connais, non ? »

Je lui souris.

« En tout cas, je suis content si j'ai reussi à planter la graine du voyage dans ton cœur. Du moins, que je ne l'ai pas détruite. »

Je me passe la main sur le menton.

« Tu sais, moi aussi je suis content de voyager avec toi. »

Je finis ma bouche et la rince avec un peu d'eau.

« Il est arrivé des moments où je me suis dit que je voyagerai bien avec quelqu'un. Et en y réfléchissant, la seule personne qui me venait à l'esprit, c'était toi. Y'a qu'avec toi que je pense pouvoir partager ma vie comme ça. »


C'est vrai. Elle est forte. Je n'ai pas à m’inquiéter pour elle. Elle sait se faire petite si besoin. Elle est agréable.

« Enfin, parmi les gens que je connais. Et tu vois, si je peux t'avouer quelque chose. »

Hum. Est-ce que c'est une bonne idée ? Elle va peut être avoir la mauvaise idée de moi. De me prendre pour un satyre ou je ne sais quoi. Mais elle mérite que je sois franc avec elle.

« Quand je t'ai déposée. J'ai hésité. Je suis resté quelques jours à Luca. J'ai hésité à venir te rechercher. Te proposer de repartir avec moi. »


Je marque une petit pause. J'ai l'impression d'avoir un morceau de viande coincé entre les dents, ce n'est pas très agréable.

« Au final, je me suis dit que tu avais besoin d'une maison. Et d'apprendre. Je ne pense pas être un si bon maître, malheureusement. Et puis, tu avais droit à une vraie … fin de jeunesse, si on peut dire ça comme ça. »


Je regarde mon assiette vide ; J'ai encore un peu faim, mais j'ai envie de sucré.

« Mince, je n'ai pas pensé à acheter de dessert. Et je pense que les pâtisseries, ce serait mieux en petit déjeuner demain, non ?»


J'espère qu'elle à envie d'un dessert elle aussi. Il me reste un peu d'argent.

« Si tu veux, on peut aller au marché du soir, acheter quelques fruits ? »

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Lilia

Bannisseur

le Mer 2 Aoû 2017 - 19:14


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Elle aimait l'entendre et le regarder parler. Tellement qu'elle avait l'impression que le temps lui-même s'arrêtait, lorsqu'il le faisait. Pour se surprendre à ses lèvres, le temps qu'il brise le silence, pour aimer l'écouter comme elle le faisait, et finalement mieux reprendre son cours, après. Elle aurait pu passer une nuit entière, et même plus, à énoncer ce qu'elle aimait chez lui, sans s'arrêter. Et plus elle le regardait, plus elle sentait ses propres sentiments s'amplifier. Elle qui voulait les étouffer... L'échec était cuisant. Mais elle ne s'en voulait pas, loin de là. Elle acceptait ce qu'elle vivait, alors elle avait fini par ne plus chercher à empêcher son cœur de l'aimer. Elle aurait pu, si elle ne l'avait pas retrouvé. S'il était revenu des années plus tard, une fois qu'elle aurait eu tourné la page parce qu'un autre aurait fini par le remplacer... Ou pas. Elle aimait ce qu'elle vivait. Elle aimait ces sentiments purs qui la faisaient tendrement sourire, sans qu'elle n'arrive à réellement s'empêcher.

Tellement qu'elle en oubliait son assiette, qu'elle s'efforça tout de même à terminer en manquant presque d'avaler de travers lorsqu'il évoqua l'idée de rester, le temps qu'elle termine de se préparer. Elle n'y avait pas réellement réfléchi mais les préparatifs risquaient effectivement de prendre du temps et, même si elle savait que ce n'était que pour un petit temps, l'idée de vivre avec lui réchauffait les joues et faisait battre son cœur si fort qu'elle en avait peur de le voir atterrir dans son assiette. Chose qui empira aux mots qui suivirent. Elle ne savait plus réellement si elle était rouge ou si elle sentait simplement sa tête chauffer, mais Lilia dût passer ses mains sur son visage avant de terminer son verre d'eau d'une traite, pour essayer de se calmer. Et il n'aidait pas, absolument pas.

Et je partagerais la mienne avec toi de bien des façons, si tu savais.
Elle lui aurait offert sa vie toute entière, s'il avait décidé de lui laisser ne serait-ce qu'une chance de le faire. Et le simple fait de l'entendre dire qu'il avait voulu revenir la chercher suffit à faire perdre les pédales à son palpitant déjà bien trop emballé. Si emballé qu'il en devenait douloureux. Mais elle était heureuse, plus que jamais. Heureuse de savoir qu'il avait voulu revenir la chercher, quand bien même il ne l'avait pas fait. Heureuse de savoir qu'elle était celle avec qui il se voyait le mieux arpenter Spira, tant que la vie le leur accorderait. Elle aurait peut-être été un peu trop immature, un an auparavant. Un véritable fardeau, même, sûrement. Ces douze mois d'introspection et de solitude l'avaient amenée à se redécouvrir elle-même et il lui fallait admettre qu'elle en avait eu besoin, pour réussir à avancer.

Finalement la question des fruits lui passa presque au-dessus de la tête et elle nota intérieurement de lui répondre, dès qu'elle aurait terminé de presque se sentir s'envoler.

— On t'as déjà dit que tu es quelqu'un de merveilleux ?

Les mots étaient sortis avec un naturel tel qu'elle se pinça violemment les lèvres, pour s'empêcher de trop parler. Évidemment qu'il l'était. Mais la façon dont elle l'avait annoncé n'était peut-être pas la meilleure. Alors elle tourna littéralement sept fois sa langue dans sa bouche, avant de doucement se redresser.

— Je ne te parle pas des gens qui te disent que tu es incroyable, merveilleux ou quoi que ce soit parce que tu as réussi à les aider, non. Je veux dire... Tu es le genre de personne qui donne aux gens l'envie d'avancer. À moi en tout cas. Tu n'aurais pas pu détruire cette graine, Kwokkak, au contraire. La pureté des convictions que tu as fait naître en moi m'a aidée à la garder saine et sauve. Tu m'as poussée à aller de l'avant et, même si je n'ai pas de raisons de le faire, j'ai envie de te le dire.

Convictions et sentiments, qu'elle se garda pourtant de préciser, pour finalement continuer :

— Enfin... Je dois avoir l'air folle, ou... J'ai peut-être l'air de dire n'importe quoi mais je voulais que tu le saches. Tes actes ont peut-être une importance dérisoire, pour toi, mais ils signifient beaucoup. Oh et puis, la question de si tu peux rester ici ou pas ne se pose même pas. Bien sûr que tu peux.

Elle le gratifia d'un sourire un peu plus tendre. Délicat. Bercé par tout ce qu'elle ressentait.

— Je t'ai attendu aussi, tu sais. J'avais espéré que tu reviennes me chercher. Mais... J'étais sûrement encore trop faible, à l'époque. Immature et j'avais besoin d'évoluer. De grandir. De me trouver. Tu ne me l'as peut-être pas réellement apportée, mais tu m'y as guidée, à ta façon. Et j'en avais besoin pour pouvoir avancer comme je le fais.

Sur ces mots, elle se pencha tout doucement sur sa table et déposa un baiser aussi rapide que délicat contre sa joue. Dénué de gêne et de sous-entendus. Un simple baiser, aussi pur et vrai que tous les sentiments qui emplissaient sa poitrine.

— Alors je rendrai ce voyage aussi agréable pour toi que pour moi. Je ferai de mon mieux, Kwo. Merci, pour tout.

Elle était ravie. Motivée et requinquée, tout ce qu'il lui fallait pour faire un pas vers l'avant, hors de sa vie à Luca.

— Bon, et si on allait chercher ces fruits ? Je suis assez d'accord pour les gâteaux, c'est dommage, ils sont délicieux ! Mais avec un peu de chance, on trouvera de quoi se faire plaisir au marché.

Elle se sentait un peu plus légère. Heureuse et légère. C'était sûrement niais, mais elle aimait ce qu'elle vivait, et c'était tout ce qui comptait.  

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Kwokkak

Bannisseur

le Jeu 3 Aoû 2017 - 14:22
Elle rougit. J'ai dit une bêtise ? Je n'ai pas cette impression pourtant. Hum. Je ne comprendrai jamais les gens en fait, je pense. Parfois, je me demande pourquoi j'essaie encore. Sa remarque me fait sourire. Bien sur qu'on me l'a déjà dit. Je passe ma vie à aider les gens Lilia. On m'a déjà fait sûrement tout les compliments qu'on puisse imaginer, que ce soit avec la bouche ou autres. Mais ne t'inquiète pas, chaque fois est comme la première. Je n'aime pas que l'on me complimente pour rien, ce n'est pas ce que je veux dire. Mais c'est toujours agréable d'avoir la reconnaissance d'un travail bien fait. Et Lilia, tu es bien faite. Elle s'explique ensuite. Je dois avouer que je ne vois pas la différence, franchement. Ce n'est pas un remerciement parce que je t'ai aidée, mais en fait c'est parce que je t'ai aidée ? Mais peu importe. Ça fait plaisir comme compliments, même si je ne pense pas avoir cette portée là. Ce que tu vois en moi Lilia, ce n'est qu'une réflexion de ce qu'il y a en toi.

Attention, je ne dis pas que je joue un rôle. Pas du tout. Ce n'est absolument pas ce que je veux dire. Mais je pense, et sincèrement, que tu es un être humain bien meilleur que votre serviteur. Et ta graine, elle aurait grandi quoi qu'il en soit je pense. Mais si j'ai pu donner un petit coup de pouce, alors ça me va. De toute façon, toute cette philosophie, ça ne me va pas. Mais je suis content de sa réfléxion aussi. Elle aurait pu m'en vouloir de l'avoir laissée, je pense. Mais non. Elle comprends ce que je pensais. Elle le pensait aussi elle même. Ce n'a peut être pas été facile pour elle de le comprendre. Je me souviens, quand je l'ai laissée, elle m'avait dit vouloir venir avec moi.

Par contre, le petit bisou, j'aime. Son souffle légèrement chaud sur ma jour m'envoie un choc électrique qui remonte le long de ma colonne vertébrale. Elle m'a déjà fait des bisous. Ce n'est pas la première fois. Je préfère ne pas penser à ce que cela veut dire. Je dois être fatigué, c'est tout. Et malgré tout le respect que j'ai pour elle, elle est une magnifique jeune femme. Ah, si seulement j'avais dix ans de moins. Allez. J'enterre bien profondément ces pensées. Elle ne mérite pas ça. Je ne mérite pas ça non plus. Mais ses mots. Sa façon d'être. Si je n'étais pas la personne douée en relations que je suis, je pourrai presque croire qu'elle a le béguin pour moi. Je m'étire. Et baille.

« Allez, on est partis. »


Je me lève et me dirige vers la porte. Fort heureusement, je passe devant un miroir. Peut être a t'on mal fermé la porte de la salle de bain? Peu importe. Ce que je vois, me rappelle un détail. Je retourne vers Lilia.

« Je crois que ça va pas être possible, en fait. »

J'avais oublié que mis a part l'espèce de pantashort dans lequel je suis, je n'ai pas d'habits praticables. Je fais la moue. Zut. Je retourne m'asseoir contre le plan de travail.

« J'avais envie de fruits moi. »


Je passe ma main dans mes cheveux. En vrai, cela ne me dérangerait pas particulièrement de sortir comme ça. Mais je pense à la réputation de Lilia. Qu'est ce que les gens penseraient d'elle si ils la voyaient sortir avec un vieux a moitié nu.

Je soupire.

J'ai l'impression d'avoir cassé l'élan de la soirée. Ca se voit sur mon visage en plus, j'en suis sur. Je me gratte le menton, pensif.

« Au pire, on peut manger les pâtisseries ce soir. Mes vêtements devraient être secs demain, non ? Tu en penses quoi ? »

Je prends les gâteaux, retourne m'asseoir à table et lui sourit. Comme pour la motiver, je prends un petit chou et le tends vers sa bouche. Allez, mange !

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Lilia

Bannisseur

le Jeu 3 Aoû 2017 - 16:10


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Ah, oui. Ce détail lui avait peut-être légèrement échappé.
Il fallait dire que son petit nuage de bonheur l'emmenait si haut qu'elle se sentait plus tête en l'air que d'ordinaire. Un véritable record en soi. Quand bien même elle savait se montrer sérieuse et impliquée, lorsqu'elle revêtait son armure, il lui fallait admettre qu'elle comprenait la suspicion des gens, lorsqu'elle se présentait à eux comme étant Bannisseuse. Elle n'était pas maladroite, non. Plutôt... Souvent dans la Lune et perdue dans le flot, instoppable, de ses pensées. Elle réfléchissait, constamment. Parfois sur des choses parfaitement insensées, d'autres fois sur des questions existentielles qu'elle n'arrivait jamais réellement à comprendre elle-même. Trop de choses lui échappaient, alors elle aimait se perdre dans ses propres idées.

— C'est vrai que ça risque d'être un peu délicat.

Elle avait un peu de peine pour lui.
Rien ne valait les bons fruits frais qu'on pouvait trouver au marché de Luca et elle aurait volontiers séché ses habits plus vite, si elle avait pu user de magie. Un petit coup d'Air et ses vêtements auraient été aussi secs que s'ils étaient restés étendus toute la nuit...
Sauf qu'elle n'était malheureusement pas mage et pas plus réellement sûre que ses voisins apprécieraient l'idée d'un courant d'air aussi violent, près de chez eux. Soupir. Qu'elle ravala bien vite en l'écoutant proposer de finalement se contenter des pâtisseries qu'ils avaient ramenées, l'air soucieux. Ou tout du moins elle le vît de cette façon là et, si son semblant de contrariété arracha une moue curieuse à Lilia, elle ne manqua pas de légèrement hausser les sourcils, lorsqu'elle se retrouva avec un chou, tenu par Kwokkak, sous le nez.

— Mh... On pourra aller en acheter demain matin, si tu veux.

Sur ce, Lilia se pencha finalement sur la pâtisserie puis glissa doucement une main sous son menton, pour s'empêcher d'éventuels dégâts en croquant dedans. La tenancière du petit café avait l'habitude de fourrer ses gâteaux de surprises qui régalaient, certes, mais qui dégoulinaient parfois plus qu'elles ne le devaient, et elle en avait trop souvent fait les frais pour se risquer à mordre insouciamment dans tout ce qui venait.

— Oh... De la crème.

Pas cette fois, visiblement. Soulagée, Lilia piocha à son tour un petit gâteau dans le panier avant de le lui tendre en souriant légèrement. Il n'y avait pas de raisons pour qu'elle soit la seule à en profiter, non ?

— Fais attention, elle a... La main très lourde sur la confiture. Une fois j'ai limite mangé de la confiture au gâteau plutôt que l'inverse. C'est délicieux, mais... Tu as bien vu que c'est facile de s'en mettre partout, lâcha-t-elle dans un petit rire amusé.

Ses yeux se baladèrent alors un court instant sur son visage et elle eût un mal fou à résister à l'envie qu'elle avait de le prendre entre ses doigts. Elle avait envie de le toucher, de le prendre ses bras pour ne plus jamais le lâcher, de lui avouer qu'elle était aussi heureuse de le revoir en partie parce qu'elle l'aimait, plus que ce qu'il devait s'imaginer. De lui avouer tout ce qu'elle avait à lui avouer, tout simplement. Autant que de l'aimer comme elle voulait l'aimer.
Au lieu de quoi – puisque le moment était mal choisi et inconvenable -, Lilia le regarda en attendant patiemment qu'il daigne croquer dans le gâteau qu'elle lui tendait et... recula la main dès qu'il fût à portée.

— Ah. Je ne pensais pas que ça marcherait.

Son rire résonna une fois de plus entre les murs de la maison et elle laissa quelques secondes s'écouler avant de le lui tendre à nouveau, les yeux rieurs.

— Pardon... C'était plus fort que moi. Promis, je ne le refais pas.

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