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Fisherman's Horizon - Ryme

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Cillian

Monsieur tout le monde

le Ven 13 Oct 2017 - 10:14
Ça a été une bataille sanglante. Voir même plus. Étrangement, mon corps n'avait presque aucune coupure. Je présume que le squame avait été trop occupé à attaquer d'autres cibles. Tant mieux. Doucement, mon rythme cardiaque se calme alors que l'énorme créature se transforme en d'innombrables nuées de furolucioles. Je cligne des yeux. Incroyable. Vraiment incroyable. Dans mes mains, ma rame me semble incroyablement lourde. Comme si elle était faire de fer. De plombe ; Ou encore de cet étrange matériau dont sont faites les chaises de la Via Purifico.

La monde tourne autour de moi. Il ne faut pas rester en place. Si on reste en place, on risque de se faire attraper par un des monstres. L'odeur des furolucioles et du sang attire les prédateurs, surtout ceux enfermés avec nous. J'avance doucement. Lourdement. L'odeur du sang me monte au nez et je me prends les pieds dans un cadavre. Je ne le reconnais pas. Depuis combien de temps était il là ? J'entends des cris. Certains de joie. Certains de douleur. Ma vision se trouble. Le manque de basculer en avant, et seule ma rame m’empêche de finir la face écrasée dans le sol maculé de sang. Il faut que je continue à avancer. Il faut que je trouve la sortie.

J'entends des voix autour de moi. Il est blessé. Qui est blessé ? J'avance. Rien que le ver ma jambe me donne envie de hurler à la mort. On me dit de ne plus bouger. C'est à moi qu'on parle ? Impossible. Personne ne connaît mon nom par ici. On ne s'appelle pas par nos noms. J'ai envie d'abandonner. Allez. Encore un pas. Je peux le faire. Le monde tourne. Je sens le sol. Je pousse sur mes bras. Rien ne bouge. Je hurle de douleur. Rien ne change. Un voile tombe sur mes yeux. D'accord. Adieu.

Je suis sur un nuage. Un nuage en tissus. Je suis sur un nage. Je sens que je pourrai ouvrir l’œil. Je ne veux pas. Je veux rester sur ce nuage. Si j'ouvre l’œil, je verrai que je suis en fait sur une des paillasses immonde de la Via Purifico. Ça sens la rousse. Hallucinations olfactives. J'ai l'habitude. Je tourne. Je ne rencontre personne. Ça change. Est-ce que ça à un rapport avec tout les corps d'hier ? Est ce que je suis de nouveau seul ? Je ne veux pas être seul. Je t'en prie Yevon ? Je n'ai plus rien. Ton clergé m'a tout pris. Même elle. Ne me laisse pas seul. Je t'en prie. Je continue un peu à rouler. Tout mon corps n'est qu'une plaie. J'ai un vil goût de magie dans la bouche. Il faut que j'ouvre l’œil.

Noir. Il fait noir.

Ah, non. Doucement, mon œil s'adapte à la lumière tamisée. Les rideaux son tirés, mais il fait visiblement jour. J'ai du mal à voir. Même ouvrir l’œil me fait mal. Tout ce que je sais, c'est que je suis dans un lit. Je me tate. Torse nu. Ah, j'ai au moins mes sous vêtements. J'essaie de me souvenir de ce qui a bien pu se passer, mais tout est flou. Au moins, mon épée m'attends dans un coin. Je me redresse. J'ai mal. J'essaie de me lever.

Impossible. Putain. J'ai du trop forcer. Mon crane commence ça me faire mal. J'ai soif.

Je crie pour signifier que je suis réveillé et que je n'arrive pas à bouger.

J'espère que quelqu'un va vite venir. En attendant, je me roule dans les couvertures. Elles sentent bon. J'esquisse un sourire.

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Ryme

Invokeure

le Ven 13 Oct 2017 - 10:51
Les derniers jours avaient été épuisants. Après que le dernier squame envoyé par Sin ait été tué, il avait fallut faire la cérémonie d’accompagnement. Ryme avait à peine eut le temps d’indiquer que Cillian était son Gardien, afin qu’il soit amené à l’auberge dans laquelle elle résidait une fois les premiers soins opérés. Elle l’avait quitté à contre-coeur et avec culpabilité. La jeune femme avait l’impression que, quoi qu’ils fassent ou vivent, Yevon la rappelait toujours avant lui.
Une fois, les morts en paix, l’Invokeure avait dû assumé ce rôle. Chaque personne qui le voulait, pouvait venir la consulter. Et tous trouvaient une parole aimable, un sourire, un contact rassurant. Et puis, malgré tout, sous la pression de la foule, elle avait aussi tenu son rôle d’ancienne Voix et donna de sa personne plus d’une fois, notamment auprès des enfants et des adolescents présents cette nuit-là. À son amer regret, elle ne put veiller sur Cillian que lorsqu’on la libérait enfin.
Le combat l’avait laissée exsangue, mais le cérémoniel et les contraintes liées à son statut finissait de l’épuiser totalement. Peut-être était-ce mieux ainsi. Si elle arrêtait juste une seconde de s’occuper l’esprit, les souvenirs reviendraient. De cette nuit, mais aussi d’autres soirées, qui la torturaient depuis des mois.

Ryme avait choisi de laisser son lit à Cillian. Tous les matins, elle lui lançait un dernier regard, mais n’osait pas l’approcher, le toucher. Les paroles, qu’il avait eut à son encontre trouvait encore un écho funeste dans sa poitrine. On lui avait dit que, le jeune homme avait tout simplement consommer toute son énergie magique et que, se faisant, il avait puisé un peu trop dans son corps lors du combat. Quelque part, cela ne l’étonnait pas. Lorsqu’il entrait dans la mêlée, Cillian était un autre homme. Un homme qu’elle n’appréciait pas forcément de voir, bien qu’il avait son charme. Mais il faisait partit intégrante de celui qu’elle aimait. Qu’elle avait aimé.

L’aube du troisième jour après l’attaque se dessinait. Il dormait toujours profondément, selon les dires du médecin qui venait deux fois par jour. Ryme attendit qu’on vienne la chercher pour quelconque devoir, mais personne ne vint. La sensation froide, rampante et dévorante de l’angoisse commença à la saisir. Que faire s’il se réveillait ? Que devait-elle lui dire ? Après tout ce temps… Après tout ce qu’on lui avait dit, comment devait-elle réagir ? Devait-elle lui laisser le bénéfice du doute ? Monter au créneau pour essayer de le reconquérir ? En tout cas, une chose était sûre, ce n’était pas en sentant le chocobo que leur relation allait évoluer.
Le fait d’être un visage connu et reconnu, lui avait octroyé le droit d’avoir une baignoire dans la chambre. Bien que rudimentaire, le baquet était bien suffisant pour faire ses ablutions. Ryme prépara elle-même l’eau, parfumant le bain d’agrumes et de fleurs séchées. La jeune femme se débarrassa rapidement de ses vêtements avant de plonger son corps.

Elle observa quelques détails, au travers de la surface. Elle avait changé. Tout comme lui. Du peu qu’elle avait vu de son torse, il était maigre. Toujours relativement musclé grâce au voyage et aux efforts, mais sa silhouette était sèche. Tout comme la sienne. Devenir Invokeure et voyager l’avait amaigrit. Et sur sa peau, serpentaient les différentes punitions qu’elle avait subit pour s’être révoltée. La balle, sa jambe, mais également les lézardes de quelques coups de fouet. La vie ne les avait pas épargnés. Et, quelque part, elle n’arrivait pas à lui pardonner de n’être jamais revenu. La vie ne les avait pas épargnés.
Elle plongea la tête sous l’eau alors qu’elle sentait les larmes lui monter aux yeux. Dans ses oreilles, bourdonnaient encore les paroles des prêtres. « Cillian est libre » lui avait-on dit un beau jour. De là, elle n’avait eut de cesse de patienter, de guetter et de l’attendre. Mais les jours devinrent des semaines et les semaines des mois. Jusqu’à ce que finalement, un prêtre de l’ordre de Yevon, ne vienne lui annoncé que celui qu’elle attendait, s’était installé à Besaid avec une amie d’enfance. Et que le frère de Cillian, Arnould, avait lui-même célébrer la noce. Cela avait été l’élément déclencheur de cette nouvelle fuite : elle aurait tout de même des ailes et payerait sa dette en rapportant l’épée qu’il lui avait laissée.

Elle refit surface, reposant sa tête contre la paroi. L’eau chaude la détendit petit à petit. Le sommeil la saisit, sans pourtant la conduire vers d’agréables rêves. Quelques minutes plus tard, c’est un cri rauque qui la sortit de sa léthargie. Son cœur s’affola et se serra, car elle reconnaissait sans peine cette voix. Il était enfin de retour.
Ryme sortit du bain sans le moindre bruit et sécha rapidement son corps. Elle passa en vitesse les vêtements qu’elle avait préparés avant de grimper dans la baignoire. Ses cheveux roux étaient à moitié sec et tombaient dans son dos. Tout un tas de questions, de la plus complexe et la plus futile lui traversèrent l’esprit. Elle inspira avant de se détourner de son reflet, puis dépassa l’épais paravent. Roulé ainsi dans les draps, il n’avait rien d’un guerrier féroce. Un sourire tendre perla sur son visage. Mais il disparut totalement lorsqu’elle sentit que leurs regards allaient se croiser.

Sans un mot, elle avança vers le lit et prit place sur la chaise qui était disposée à côté. D’une main un peu tremblante, elle versa un peu d’eau dans un verre.

« Tu dois avoir soif. Tu dors depuis trois jours. Ne force pas. Tu as dépensé toute ton énergie magique lors du combat et le reste de ton corps à compenser les besoins. » dit-elle doucement en lui tendant le gobelet avant de réaliser que, peut-être, il ne pourrait pas boire seul.
Lentement, elle s’avança un peu plus, portant une main bienveillante à l’arrière de sa tête pour la soulever légèrement, tandis qu’elle le ferait boire.

Elle lui servit précautionneusement trois verres avant de reposer la coupe sur la table de chevet. Ryme remit ses mains sur ses genoux. Pendant tout ce temps, elle avait rêvé de ce moment, des choses qu’elle lui dirait une fois qu’ils pourraient être à nouveau ensemble. Mais, rien de tout ce qu’elle avait imaginé lui venait en tête. Juste des reproches qui avaient un goût de cendres sur sa langue.

« Veux-tu que je fasse prévenir quelqu’un, à Besaid ? Tes parents… Ton épouse ? » demanda-t-elle avec une pointe de reproche dans la voix.

Son regard était triste. Son sourire aussi. D’autant plus qu’il osait encore porter à son poignet, le collier qu’elle lui avait offert.

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Cillian

Monsieur tout le monde

le Ven 13 Oct 2017 - 11:37
D'abord, aucun bruit. Le silence. Ce silence si effrayant. Ce silence si mortel. Puis, doucement, un bruit. Du fond de la pièce que j'ai du mal à voir. Est-ce que c'est un paravent ? Je ferme l’œil et tente de me reculer le plus possible. Il n'y a rien a porté pour me battre. Est-ce encore un des pièges de nos amis d'en haut ? Je serre les dents et me prépare au pire.

Ce que je vois sortir de derrière le paravent me coupe la respiration.

Elle. Je plonge mon visage dans mes mains alors qu'elle s'approche. Qu'est-ce qu'elle fait là ? Qu'est-ce qu'elle fait, si belle, dans le Via Purifico ? Alors qu'elle se pose a coté de moi sur une chaise, je la regarde. Mais j'ai du mal à me fixer. Est-ce que c'est elle que je regarde ? Un point très loin ? J'ai peur de me fixer. Que ce soit un monstre qui utilise mes souvenirs pour me piéger. Mon rythme cardiaque s'accélère alors que je vais chercher de la main le bracelet. Quand ils ont essayé de me … faire des choses. Voir. Changer ce que je pense. Ils ont toujours essayé d’effacer le bracelet.

C'est une sorte de totem. Qui m'indique qu'au moins, ce n'est pas l'église qui essaie de jouer avec mon esprit. Il est là. Pendant quelques instants, je suis renvoyé pendant ce mois de rêve. L'odeur des pins de Bevelle. Le goût sucré de lèvres et d'une promesse. Quelle était cette promesse déjà ? Pourrais-je la remplir un jour ? La chose-Ryme s'approche de moi, un gobelet d'eau à la main. C'est vrai que j'ai soif. Que je sue. Que je sens le chocobo. Cependant, je ne peux m’empêcher de reculer légèrement. J'ai peur. Est-ce un autre piège ? Y'a t'il, de l'autre coté, des gardes avec des faisceaux pour me taper ? Ou suis-je dans ces vidéosphères dont vous êtes le héros ? Je me recroqueville doucement, mais la promesse de la boisson est trop forte. Je frissonne en sentant la main de la chose-Ryme sur mon dos. Je ferme l’œil et respire à grande bouffées. Mon corps se détends un peu. Ça sent la Ryme.

Un verre. Deux verres. Trois verres. C'est assez, il semblerait. Je regarde partout, sauf l'ancienne voix. J'ai une sorte de peur primaire en moi. Elle parle encore. C'est toujours sa voix. Mais elle est emplie de reproche ? Mon épouse ? De quoi parle t'elle ? Je me tiens la tête, comme pour essayer d’empêcher mes pensées de partir dans tout les sens. Épouse. Je n'arrive pas à mettre de nom sur ce mot. Je n'arrive pas à mettre de visage sur ce mot. De toute façon, quand est-ce que je me serai marié ? Avant la via Purifico ? Ils m'auraient déconstruit d'aussi loin ? Je me recroqueville en regardant mes mains. Pas d'alliance. Pourquoi parle t'elle d'épouse ?

Je la regarde. J'ose la regarder et la colère monte, bien vite subduée par l'interrogation. D'une voix presque enfantine, je lui demande.

« Je suis marié ? C'est toi, non ? »


Je n'ai pas le souvenir de m'être marié. J'ai des souvenirs de mariage, mais pas le mien. Le sien. Avec … Ce prêtre affreux. Qu'elle a dit aimer. Où est il ? Il va venir se moquer de moi ?

« Vilhatt n'est pas là hein ? »

Il y a une certaine peur dans ma voix. Pas vraiment de lui, mais ce qu'il représente.

« Je ne veux pas y retourner. J'ai été sage. J'ai été sage. J'ai été sage. Je suis sorti ... »

Ma voix se confonds en un murmure. Mon visage prends un air plein de questions.

« Je suis sorti ? Non. C'est un piège. Je ...»

Une panique soudaine m'envahis.

« Sin ? Est ce que tout le monde va bien ? »

Je me recroqueville. Je n'ai plus envie de me battre. Je veux aller sur une plage de Besaid. Je veux sortir de la Via Purifico. Doucement, je me prends la tête dans les mains et je murmure un air pendant quelques secondes, presque une minute. Ca me calme. Je la regarde.

« Je ne suis … Je ne pense pas être marié. Désolé. »

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Ryme

Invokeure

le Ven 13 Oct 2017 - 12:46
Leurs regards se croisèrent enfin. Et le coeur de Ryme se fendit en deux. Sa rancœur à l’égard de Cillian s’envola pour aller nourrir sa haine de l’église, des Voix. On lui avait menti. Il n’avait pas besoin de le formuler, de se défendre ou d’argumenter comme elle l’avait imaginée. Elle savait à présent, qu’il n’était pas revenu parce qu’il était encore prisonnier de la Via Purifico. Peut-être pas physiquement, mais mentalement. Sa promesse n’était pas oubliée. Il ne pouvait juste pas l’honorer. Combien de nuits avait-il passé, seul, à combattre les fantômes de ses tortionnaires ? Combien de fois avait-il rêvé de la liberté pour qu’elle lui soit aussitôt retirée ?
Ses lèvres, aussi blêmes que le reste de son visage, se mirent à trembler. Les larmes, lui étaient montées aux yeux. Les émotions de l’Invokeure se mélangeaient dans un puissants maelström. La colère, la tristesse, la rage semblaient cohabiter avec l’amour, la tendresse et… La pitié. Qu’avait-il osé faire de lui ? L’homme sous ses yeux, étaient bien plus meurtris qu’elle ne l’aurait imaginé.

Il semblait croire qu’elle était mariée. Ryme devina sans peine l’investigateur de toute cette mascarade, lorsqu’il évoqua le nom de Vilhatt. Bien sûr que les prêtres n’avaient pas tenu leurs paroles. Ce qui devait être un chemin de croix, c’était transformé en bien pire. Jusqu’où l’avait-il décousu, déconstruit, ruiner ? Cillian semblait avoir gardé quelques petites choses en mémoire. L’ancienne Voix ravala ses larmes. Pleurer n’arrangerait rien. Ni pour elle, ni pour lui. Doucement, elle avança une main vers la sienne, un sourire tendrement triste sur le visage.

« Ne t’excuse pas, Cillian. Je ne suis pas fâchée. Tu as été sage. Tu es avec moi, à Kilika. » commença-t-elle en affirmant sa prise sur ses doigts, comme pour lui prouver qu’elle était réelle, qu’elle n’était pas un fantôme ou un monstre surgit du passé.

« Tu te souviens, tu as empêché le mariage. Le mien. Souviens-toi, je n'avais pas envie. Tu m'as sauvée. C’est pour ça que l’on a été séparés. Vilhatt est loin, très loin, il ne peut rien te faire. Je te le promets. »

Ryme soupira doucement. Que faire. La reconnaissait-il seulement ? Si oui, qu’avaient-ils réussi à lui mettre en tête à son propos ? L’homme qu’il fût n’était à présent guère plus qu’un enfant terrorisé. Toute l’attaque avec Sin, avait-il l’impression que cela avait été un rêve ? Car, il semblait… Normal, alors. Il semblait se souvenir d’elle, de ce qui s’était passé. Peut-être était-ce la fatigue qui révélait à présent ses faiblesses les plus cruelles.

« Est-ce… Est-ce que tu te rappelles de moi ? » demanda-t-elle d’une voix douce.

La jeune femme essayait de sourire malgré tout. C’était comme ça qu’il l’avait toujours connu à l’hôpital, avec le sourire. Son apparence était différente, adieu robe de chambre aseptisée et chignon sévère, bonjour joli robe de lin blanche et cascade de cheveux roux. Il fallait qu’il se souvienne. Les réponses qu’il cherchait était juste là, sous la couche d’ineptie qu’on lui avait mis de force dans le cerveau.

« Je peux te toucher ? »
La question semblait peut-être un peu absurde, mais… Yevon seul savait ce que ses servants lui avaient fait. Peut-être arborait-il les contacts physiques à présent ? Peut-être que sa seule présence le mettait au plus mal ? Il était encore faible et le solliciter de la sorte n’était pas vraiment bon, mais… On frappa à la porte avant qu'elle ne puisse entendre la réponse. Lentement, Ryme détacha sa main de celle de Cillian avant d’aller ouvrir. Visiblement, le personnel de l’auberge avait entendu le cri qu’il avait poussé tout à l’heure et avait préparer un repas en conséquence. Il était assez frugal, mais, serait suffisant pour lui redonner un peu de force.

D’un pas maladroit, la jeune femme porta le plateau jusqu’au lit. Le contenu avait de quoi faire sourire : un peu de bouillon, des fruits frais et des biscuits. Cela lui rappelait une époque révolue et les rôles étaient inversés.

« Tu n’aimes toujours pas les biscuits ? » Ses lèvres s’étirèrent alors qu’elle plaçait les biscuits devant son visage. Il devait sans doute les trouver délicieux à présent, ces foutus biscuits. Après son passage dans la Voie, il pouvait sans doute manger n’importe quoi.

« Tu veux manger un peu ? Ça te fera du bien, j’en suis sûre. Veux-tu que je t’aide ? »

‘Dis mon nom. Dis-moi quelque chose qui pourrait me permettre de t’atteindre, de reconstruire le puzzle. Rappelle-toi d’un détail, d’un geste, d’une odeur. De tout, d’un rien. Je t’aiderais. Mais fais le premier pas, s’il te plaît, parce que je ne sais plus rien de toi.’ songea-t-elle, le cœur lourd.

L’homme qu’elle aimait n’existait plus. Il était mort. Elle ne le retrouverait jamais. Elle aurait beau chercher, encore et encore. Il était parti. Le deuil soudain du Cillian qu’elle avait connu la frappait avec violence. La culpabilité qu’elle ressentait lui vrilla l’estomac. Finalement, peut-être qu’elle aurait dû accepter qu’il soit tué. Peut-être qu’elle aurait dû tuer Vilhatt. Tout aurait été un destin plus doux. Mais surtout, tout était de sa faute.
Comment pouvait-elle prétendre encore rester à ses côtés ? Sa vue se troubla légèrement. Elle cligna des yeux. Des larmes s’évadèrent, dégringolant sur son visage malgré le sourire qu’elle continuait d’afficher, malgré son cœur brisé.

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Cillian

Monsieur tout le monde

le Ven 13 Oct 2017 - 12:49
Doucement, comme pas par pas, je reviens au monde réel. Enfin, autant au monde réel qu'il m'est capable de comprendre. D’appréhender. Je la regarde alors qu'elle me parle. Comme si j'étais un enfant. Je ferme l’œil. Ça fait mal. Mais je comprends. Doucement, elle glisse sa main dans la mienne. Premier contact physique agréable depuis des années. Ça fait presque mal. Je pourrai en pleurer. Elle se retient, elle. Alors je vais le faire aussi. Lorsqu'elle parle de mariage, je ne peux m’empêcher de passer ma main sur mon œil valide. J'ai pourtant vu. J'ai pourtant entendu.

Que m'ont ils fait ? Qu'ont ils fait ? Doucement, mes ongles rentrent dans ma chair. Ça fait mal. La douleur physique aide à calmer la douleur mentale. Je reprends aux paroles de mon maître. Vilhatt est loin. Il ne peux rien me faire. Je ne peux rien lui faire. Je ne suis rien comparé à Vilhatt. Frisson de dégoût. Mon œil est toujours fermé. Je me perds dans la main. Dernière ancre dans un monde en folie. Je ne sais pas si elle est réelle. Mais je sais qu'elle me fait du bien.

Elle me demande si je peux me rappeler d'elle. Je la regarde. On dirait Ryme. Mais en beaucoup plus … Je ne sais pas le mot. Les mots manquent en ce moment. J'ai l'impression de voir l'original d'un tableau dont je n'ai pu voir que des copies. Ses longues boucles rousses m'hypnotisent. J'ai envie de pleurer. C'est trop beau pour ne pas être faux. Alors c'est que c'est faux, non ? Pourquoi est ce que Ryme serait ici alors qu'elle est mariée est heureuse chez les voix. Mais pourtant, Ixion ? Je ferme l'oeil.

Elle me demande si elle peut me toucher. Doucement, je lâche sa main et l'approche de sa joue. C'est comme si c'était faux. J'hésite à la gifler. Prendre par surprise le félon qui prends ses traits. Mais j'ai le bracelet. Elle ne peut pas être un mensonge. Sin. Les squames. Ce serait trop inventer pour eux, non ? Oui ? J'espère. On frappe à la porte. Je sursaute et m'enfonce dans le lit. Je le savais. C'est un piège. On va encore me rosser. Encore me jeter aux monstres. Mais maintenant, je peux combattre. J'essaie d'invoquer ma magie, mais ça me brûle. Est ce que j'ai pu le faire un jour ? Non. Oui. C'est juste la fatigue. Je soupire. L'aubergiste.

Sur un plateau, du bouillon, des fruits et des biscuits. Elle me demande si j'ai besoin d'aide en me narguant avec les biscuits. Je soupire doucement et sort mon bras d'en dessous de la couverture en lui retirant le biscuit un peu sèchement des mains avant de le poser sur le plateau. Je ferme l’œil et inspire. Touche le bracelet. Ré ouvre les yeux. La regarde. Elle n'a pas l'air en bon état non plus. D'une voix blanche, je lui dit.

« Les biscuits, je préfère que tu les prenne. Tu aimes ça mieux que moi, non ? Je vais me contenter du bouillon. »

Je lui sourit un peu et porte le bol à ma bouche. C'est chaud. Trop, presque. Mais je bois. J'ai faim. Et je ne sais pas quand j'aurai droit à un nouveau repas. Tout le temps, non ? Le Bracelet est là. Ryme est là. Je tousse.

« Tu t'appelles Ryme. Tu es une Voix de Yevon. Tu es mariée à ... »

Je marque une pause. Mon regard se perds. Je suis confus.

« Tu n'est pas une Voix, car tu as une chimère. Mais ... »

Je m'énerve un peu. Pourquoi est-ce que le monde ne fait pas sens. Merde. C'est son rôle pourtant, non ? Faire sens.

« Ils m'ont dit que tu étais mariée. Que tu étais heureuse chez les Voix. Que tu ne voulais plus fuir. Que tu ne voulais plus me voir. »

Je prends un morceau de fruit et croque dedans. Un peu de jus coule le long de mes lèvres. Je le lèche.

« Mais hier. C'était hier ? Je ne sais plus trop le temps. »

Je marque une pause. Comment m'exprimer correctement ?

« Quand Sin était là. Tu avais Ixion, non ? Alors tu t'es enfuie. Ils ont menti, non ? »

Forcément. On ne peut pas être Invokeur et Voix. Mais alors, pourquoi est ce que je sais qu'elle est Voix et heureuse de l'être ? Je ne comprend spas. Je ne comprends pas. Ca ne fait pas sens. Pourquoi le monde ne fait pas sens ?

« J'essaie Ryme. Mais ce n'est pas facile. Je suis sorti. Je crois. Mais je ne suis pas venu te chercher. Mon maitre m'a dit que ... »

J'ai honte. Je n'ose plus la regarder.

« Ils m'ont fait beaucoup de mal. J'ai essayé de me soigner pour toi. »

Je m'enfonce un peu dans le lit et prends un autre morceau de fruit.

« Je ne sais pas si j'ai reussi. Je ne sais pas si j'ai des raisons de penser. Je ne sais pas. Je ne sais pas. »

Je marque une pause.

« Tu ne me déteste pas, hein Ryme ? »

Je la regarde, l'oeil plein d'espoir. Doucement, je repousse le plateau et me tends vers elle.

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Ryme

Invokeure

le Ven 13 Oct 2017 - 16:22
Si tu savais comme je ne les aimais et comme je ne les aime pas ces biscuits, songea-t-elle doucement en le regardant porter le bol de bouillon à ses lèvres. La sécheresse de ses gestes était toute pardonnée par le sourire qu’il lui avait accordé avant d’avaler la soupe avec envie. Les repas devaient être plus que rare dans la Via. Et même après, si son esprit lui jouait des tours régulièrement, chaque bouchée de nourriture devait être une denrée rare. Il semblait pourtant avoir quelques manières de se raccrocher au réel, à ses vrais souvenirs. Ryme croqua distraitement dans les sablés cartonneux alors qu’il rassemblait ses pensées.
On lui avait fait croire qu’elle était mariée et heureuse. Qu’elle n’avait plus envie d’être avec lui. Qu’il n’était plus rien pour elle. Malgré le sourire tendre et compréhensif qu’elle affichait, une sensation froide lui saisit le cœur. La colère se déversait en elle avec force, balayait tout sur son passage. L’Invokeure se jura de leur faire payer par n’importe quel moyen. Mais avant, elle devait expier ses propres fautes envers Cillian et l’aider, lui donner les clefs pour se reconstruire. Puis, elle s’en irait. Elle n’avait plus le droit d’être dans sa vie, de vouloir sentir sa peau contre la sienne.

Elle ne lui répondit pas, attendant que le fil de ses souvenirs se déroule. La plupart de ce dont il se souvenait semblait avoir été corrompu. La jeune femme se sentait monstrueuse d’avoir cru aux paroles des prêtres Yevon, d’avoir eu un soupçon de rancœur à l’égard de son ancien Gardien. Elle se sentait également odieuse de vouloir l’embrasser en voyant le jus des fruits coulé légèrement le long de ses lèvres. Son cœur s’agitait avec force et réclamait à grand coup de pulsations, ce dont elle avait envie depuis des mois. Sa culpabilité revint rapidement dans son esprit : elle était la responsable de ce carnage. Elle ne devait pas lui faire plus de mal. Cependant, cela répondait facilement à la dernière question de Cillian. Elle ne le détestait pas. Elle ne pourrait jamais le haïr. Mais pouvait-elle encore l’aimer ? Avait-elle encore le droit de l’aimer ?

« Je ne pourrais jamais te détester. Jamais. Je suis désolée si j’ai l’air… Vindicative. Je suis en colère, c’est vrai. Mais après Yevon. Après moi
. » commença-t-elle doucement en finissant de grignoter le biscuit qu’elle avait commencé. Il avait un goût de cendre.

« Ils m’ont dit que tu étais libre. Je t’ai attendu. Mais un jour, on m’a annoncé que tu avais choisi de rester à Besaid. Parce que tu avais épousé une amie d’enfance. Ton frère avait même célébré la cérémonie. J’ai… Son cœur s’agitait avec force et réclamait à grand coup de pulsations, ce dont elle avait envie depuis des mois. Je me suis enfuit à nouveau pour devenir Invokeure, pour trouver un but à ma vie… Et, pour payer ma dette envers toi, à défaut de pouvoir vieillir à tes côtés. » soupira-t-elle doucement, la voix remplit de petits accidents. Plusieurs fois, elle avait fait des pauses pour éviter que d’autres larmes ne dégringolent de ses yeux. Elle se sentait stupide, triste et amère. Si seulement cette version de l’histoire aurait pu avoir été vraie. Si toutes les autres versions de l’histoire avaient pu être vraies.

« Tu te souviens, de la raison pour laquelle tu as été enfermé
? » demanda-t-elle doucement en se relevant après s’être servie un peu d’eau pour faire passer les biscuits.
« C’était ma faute. Vilhatt… Il n’a jamais été mon époux. Il était mon bourreau. »

Ryme reposa doucement le verre sur la table de chevet. Elle n’osait pas regarder Cillian, alors son regard se perdait dans la baie de l’île. Délicatement, elle écarta un peu les rideaux, pour qu’un peu plus de lumière entre dans la pièce. Puis, elle détacha un à un les liens de sa robe, avant de laisser le vêtement glisser au sol. Yevon pouvait enregistrer sa voix. Yevon pouvait imiter son apparence avec des vêtements, mais il y avait plusieurs choses sur sa peau nue, qu’ils ne pouvaient pas imitier, qui la rendait réelle, tangible.
Ses joues ne s’empourprèrent pas. Elle s’avança lentement vers le lit, dans lequel, elle grimpa et se positionna à genoux. Timidement, elle s’en alla chercher une des mains de Cillian. Elle passa les doigts sur son visage, puis sur son cou. Premier arrêt.

« Un soir, il a décidé que je ne devais plus être ami avec toi. Il m’a mordu, juste là. Pour envoyer un signal.
» C’était discret, mais une petite bosse à la texture légèrement différente était sous ses doigts.

Elle descendit vers l’impact de balle encore bien visible.

« Il m’a tiré dessus, ce soir-là, tu te souviens ? »


La main quitta l’épaule, elle la guida vers son dos. Des coups de fouet. Les striures étaient fines, mais présentes. Ryme se retourna légèrement. De loin, il était impossible de les percevoir. Et l’excuse de l’attaque qui l’avait laissée mutilée était parfaite pour expliquer ses lésions.

« Après ton départ. On ne m’a pas laissée libre. On m’a punie aussi
. » déclara-t-elle avec pudeur. C’était sans commis de mesure face à ce qu’il avait enduré, mais, elle avait besoin de lui faire savoir, même si cela n’excusait rien de ses fautes.

La jeune femme se décala à nouveau pour lui faire face. Il restait, ce qui était la pire chose à ses yeux. Mais aussi la plus belle. La preuve de sa rébellion. De leur révolte. Ryme guida la paume de Cillian jusque sous son sein. Gravé au couteau, A - V. Les traits étaient grossiers, tremblotant. Un travail de boucher. Sa gorge se serra. Elle avait envie de pleurer, qu’il la prenne dans ses bras. Combien de fois avait-elle rêvé que tout ceci était une blague, un mauvais rêve sordide et qu’elle allait se réveiller dans ses bras qu’elle aimait tant, à Besaid ?

« Il s’est amusé à me faire ça, à l’hôpital. Parce qu’il savait que je t’aimais. Pour que, si jamais tu venais à m’aimer en retour, tu saches que j’étais à sa propriété.
» Sa voix se brisa. Finalement, c’était peut-être vrai. Malgré sa liberté, il arrivait tout de même à la contrôler. Il avait réussi à briser la seule chose qui comptait pour elle.

Avec douceur, elle décolla la paume et la reposa un peu plus haut sur sa poitrine. Sous les couches de sa peau, son cœur battait avec force. L’organe s’agitait, se tordait, convulsait sous les émotions qu’elle ressentait. Cela en était presque douloureux. Son regard ne rencontrait toujours pas celui de Cillian. Si seulement, elle pouvait faire un marché avec Yevon, pour prendre sa place. Si seulement...

« Ils peuvent imiter ma voix. Mon apparence. Mais ils ne peuvent pas imiter ça, ces choses que je ressens pour toi. Quand je suis avec toi. Jamais, ils ne pourront les copier. »

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Cillian

Monsieur tout le monde

le Ven 13 Oct 2017 - 17:56
J'avais voulu qu'elle me serre contre elle, mais visiblement, non. Au moins elle mange le biscuit. Je ne sais pas comment ils ont su, mais visiblement, quelqu'un dans la hiérarchie des Voix s'était amusé à remarquer que je n'aimais pas ces biscuits. La quasi-majorité des rations de nourritures qu'on m'avait apporté dans la Via Purifico était uniquement composée de ces biscuits, avec interdiction de les échanger contre quoi que ce soit d'autre.

Je regarde Ryme. Elle a l'air triste. Est ce que c'est de ma faute ? Parfois, je me dis que j'aurai mieux fait de ne pas sortir. Si je suis sorti. Ou bien de rester. Un accident est si vite arrivé. Mal parer. Ne pas esquiver. Plus de problèmes pour elle. Plus de problèmes pour moi. Ce serait parfait, non ? Mon cœur gronde. Comme un bateau qui se déchire sous l'effet d'une marée trop forte pour lui. Elle ne me réponds pas. C'est si pire que ça ? Je comprends. Je ne peux pas lui demander de m'aimer.

Ce ne serait pas juste. Lui dire « Regarde, Ryme, j'ai souffert a cause de toi, alors tu me dois des choses. » Ça ferait de moi quelqu'un de pas mieux que les Voix. De pas mieux que les Voix. Car après tout, je ne désire que sa chair, non ? Rien de plus ? Je ferme les yeux et me recroqueville un peu. Il ne faut pas. Il ne faut pas. Un bon serviteur de Yevon ne pense pas à ça. Il ne veut pas souiller la jolie Voix de Yevon.

Elle ne me déteste pas. Je soupire. Elle me raconte des mensonges. Toujours des mensonges. Encore des mensonges. Je serre les dents. Moi, marié ? Une amie d'enfance ? Mon frère. Il n'a même pas essayé de me contacter, alors que j'étais dans la … Je ferme les yeux. Qu'est-ce qui est vrai ? Qu'est ce qui est vrai ?

Elle me demande si je me souviens pourquoi j'ai été enfermé. Bien sur. Par contre, pourquoi dit elle que c'est sa faute ? Bien sur que ce n'est pas sa faute. Elle a tenté de me séduire et de m'abandonner égoïstement. Bien sur que c'est sa faute. J'ai tenté d'arracher et de souiller cette pauvre jeune demoiselle qui n’aimait que les Voix. Bien sur que c'est ma faute.

Le nom de Vilhatt me fait me serrer les dents. Je le déteste. Je veux qu'il meure. Il est trop fort pour moi. Il peut me faire du mal à tout moment. Je suis désolé Vilhatt. S'il vous plaît, monseigneur. Pas encore. Pitié. Je suis désolé. Je ne remarque même pas qu'elle retire sa robe.

Je ne remarque même pas qu'elle s'approche de moi. Qu'elle grimpe sur le lit.

Elle prends une de mes mains et je la voit. Aucun son ne sort de ma bouche. C'est sur, je suis mort. Et un ange est venu me chercher. Elle est si belle. Pourquoi voudrait-elle d'un paysan comme moi ? Vilhatt est tellement … Les Voix sont tellement.

Je me retiens de pleurer.

Ma main glisse sur sa peau et rencontre ses blessures. Elle explique. La colère gronde en moi. J'entends la voix de mon maître. Elle continue. Elle parle de punitions. Je le sais. C'est de ma faute. Mais elle est heureuse avec les Voix, car elle n'a pas été punie. Elle m'a trahi et n'a rien eu. Mais elle a souffert a cause de moi. Je ferme les yeux.

« Ils ne peuvent pas faire que quelqu'un appartienne à quelqu'un d'autre. Ils ont essayé. Ils ont essayé. Ils ont essayé. Ils ne peuvent pas. »

Je soupire et la laisse encore guider ma main sur quelque chose de doux et de chaud. Mon regard retrouve soudainement des échos du temps d'avant. Il redevient concentré. Pendant quelques instants, celui que j'étais avant revient. C'est plus fort que tout ce qu'ils ont pu me faire. Elle m'aime.

Je la regarde alors que doucement, ma main masse doucement son sein.

« Tu m'aimes Ryme. Et même si je n'ai pas le droit, je crois que ...»

Je ferme les yeux et remonte ma main, passant mon pouce sur son téton, remontant la courbe de sa clavicule avant de me retrouver avec sa joue dans ma main. Je la regarde dans l’œil.

« C'est à cause de toi qu'ils m'ont fait ça. »

Je remue légèrement le bras. Le tintement du collier devenu bracelet résonne dans la pièce.

« C'est grâce a toi que je suis … Mieux. »

Doucement, je passe mes mains sur les cicatrices du fouet alors que mes lèvres joignent les traces de morsure.

« Ca partira. Je suis ... Là ?»


Avec douleur, je me penche et la pousse un peu. Sans prendre vraiment de précaution, je remonte un peu son sein et pose mes lèvres un instant fugace sur la marque. Je la regarde ensuite, rouge comme une pivoine, ce qui est étrange, car depuis peu, mon sang à d'autres occupations que le haut de mon corps.

« Ca partira aussi. Tu es libre. Je … Suis ... »


Le dire est impossible, alors que la serre contre moi.

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Ryme

Invokeure

le Ven 13 Oct 2017 - 18:03
Son coeur ne battait plus. Il était prêt à exploser. Dodom, dodom, dodom. Le son lui remontait jusque dans la gorge et éclipsait même le chant des oiseaux, ou la vie qui suivait son cours à l’extérieur de la chambre. Elle était toute à lui, dans son plus simple appareil. Vulnérable, fragile, fébrile. Pour lui faire comprendre que tout ceci était réel ; que les sentiments qu’ils nourrissaient l’un envers l’autre, n’étaient pas des mirages. Et puis, il y eut cette lueur dans son regard, celui qu’elle avait toujours connu. Cet éclat, curieux mélange de douceur et de sauvagerie, qui n’était qu’à lui. Ryme laissa les doigts de Cillian se refermer autour de son sein. Son visage se para alors d’une délicieuse teinte rouge. Elle n’était pourtant loin d’être une vestale. Mais pour la première fois de sa vie, elle était effleurée par l’objet de son affection.
Combien de nuits s’étaient écoulées alors qu’elle rêvait, agitée par les envies d’un tel contact physique ? Combien de fois, s’était-elle mise à divaguer sur le mélange de leurs chairs, dans la fameuse crique dont il lui avait parlé ? Bien trop souvent. Si bien que ce, ce qu’elle éprouvait lui semblait irréel. Cette paume, pas vraiment sage sur son sein, était-elle bien réelle ?

Le contact inattendu et presque taquin de son pouce sur le mamelon, lui arracha un hoquet de surprise tandis que le bourgeon de chair ainsi malmené se dardait un peu plus, réclamant à nouveau de l’attention. La main qui receuillit sa joue lui semblait froide tant ses joues étaient brûlantes. Mais elle n’avait pas le droit de faire ça. Elle n’avait pas le droit de prétendre à ça. Cet instant de lucidité ne durerait peut-être pas. Un simple geste pouvait le replonger dans la détresse de ses meurtrissures. Le coeur de l’ancienne Voix, exigeait d’être rasasié. Mais son esprit lui interdisait d’accéder à cette requête. Elle avait perdu ce droit. Et pourtant, dans un instant de faiblesse, elle se laissa aller aux caresses qu’il lui prodiguait.
Un frisson de plaisir déferla dans tout son corps alors qu’il déposait ses lèvres sur sa gorge, là où les cicatrices pointaient à la surface de sa peau.

Il se pencha et la repoussa légèrement. L’illusion d’avoir retrouvé celui qu’elle avait quitté, des années plus tôt était presque parfaite. Sa gorge se serra avant de relâcher un soupir de bien-être lorsqu’il embrassa les cicatrices qui ornait le dessous de sa poitrine. Ils échangèrent alors un regard. Elle le découvrait sous un nouvel angle qui la poussait un peu plus vers les souhaits de son coeur et de son corps, plutôt que de ceux de sa raison. Il était attendrissant, presque timide et avait les joues aussi rouges que les siennes. Mais il avait tort. Ils étaient libre. Pas elle uniquement.
Pour elle, il avait brisé les tabous de l’église, bravé les épreuves d’un purgatoire qui l’avait tout de même conduit en enfer. Maintenant qu’elle pouvait à nouveau le serrer dans ses bras, il n’était pas question de se détourner. Il faudrait tout réapprendre. Tout recommencer.

Ryme se laissa aller à l’étreinte. Avec tendresse, elle referma ses bras autour de lui. Il avait toujours la même odeur, sous la sueur et le sang. Il y avait les senteurs de la mer, des embruns et du sable chaud. La fragance de ce fils des îles qui avait dérobé son coeur. Ses doigts, comme doté d’une volonté propre, s’évadèrent à son contrôle pour redécouvrir sa peau. Chaque muscle se vit détaillés, chaque cicatrice fût étudier, chaque respration savouré. Malgré tout, il était bel et bien là. Ils n’avaient pas réussit à lui arracher ce qu’il ressentait pour elle. Sa gorge se noua, alors que son souffle chaud sur sa peau, attisait les braises d’un foyer en sommeil depuis des mois.
Elle le désirait. Au plus profond de son être, elle avait envie de lui, de sentir leurs corps ne faire plus qu’un. Mais, elle ne franchirait pas cette barrière. Son instinct, malgré tout, lui disait que tout cela était mal. Il n’était pas maître de lui-même. A la frontière du réel, sa psychée était bien trop fragile pour faire ce choix.

Doucement, elle se détacha de lui. La chaleur de son être lui manqua immédiatement. Mais ce n’était pas raisonnable. Lentement, elle se redressa légèrement pour pouvoir le regarder dans les yeux, face à face. L’ancienne Voix envoya une de ses mains sur la taille de son Gardien. Elle glissa lentement jusqu’a se poser à côté de son coeur. L’autre paume suivit le même mouvement. La scène était familière.

Dans une infini douceur, elle l’embrassa. Un baiser lent, sensuel, chargé d’émotion. Son propre coeur manqua un battement alors qu’elle l’invitait à approfondir l’échange. Ryme se détacha de lui à regret, mais le souffle commençait à lui manquer. La jeune femme se pencha, déposant sa joue contre le sternum de son compagnon. Le coeur de Cillian était aussi agité que le sien, si ce n’était plus.

« Je suis là. Tant que tu voudras de moi, je serais là. Je ne te laisserais plus jamais. » déclara-t-elle doucement.
« Quoi que l’on ait pu te dire, quoi que l’on ait pu te faire croire… J’ai choisi de te donner mon coeur et mon corps, à toi et à toi seul. »

Elle savait que, rester avec lui pour le restant de ses jours était impossible. Maintenant que Sin était de retour, son destin en tant qu’Invokeure était déjà tracé. Un jour, elle le quitterait, car la mort viendrait la saisir sur le champ de bataille. Pour qu’il puisse enfin en paix. Mais elle pouvait l’aider à se reconstruire, à vivre de nouveau parmi les vivants, pour qu’après sa mort, il puisse rebâtir une vie qui vaudrait la peine d’être racontée.

Ryme se racla légèrement la gorge avant de fermer les yeux. Elle ne chanta pas à pleine voix, se contentant de murmurer les paroles de la chanson qui lui venait en tête. La toute première qu’elle lui avait chanté. Et quelques brides de celle qu’il lui avait offerte, aussi. Le mouvement de la mer que l’on entendait au loin portait la mélopée avec douceur.

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Cillian

Monsieur tout le monde

le Ven 13 Oct 2017 - 19:51
Je ne sais plus. Je ne sais plus a qui appartient ma chaleur. A qui appartient sa chaleur. Notre peau brûlante se colle, se mélange, alors que nos souffles semblent si longs et si courts. Je laisse retomber mes bras sur le let alors que c'est elle qui me serre. Je sens son parfum si familier, mais sur lequel je ne sais pas poser de nom. Il en est pour moi devenir celui de Ryme.

Dans ma tête, mes démons reviennent doucement. Ils se rappellent à moi. A tout ces moments où le parfum de Ryme avait été utilisé pour me faire du mal. Dans cette semi clarté, cette demi conscience, je peux me rendre compte des jeux pervers auxquels ils ont joué avec mon esprit. Mais c'est aussi seulement maintenant que je me rends compte que jamais ils n'ont réussit à capturer la fragrance qu'est ma douce rousse.

Je la sens me caresser. Me décrire. Me jouer, comme une partition dont elle n'avait pas oublié les notes avec le temps. Il serait mentir de dire que certaines n'ont pas bougé. Le temps n'a pas été très gentil avec mon corps. Mon esprit n'est pas le seul à avoir souffert. Je sens ses mains glisser, approcher sans l'oser de certains endroits, avant de partir. Elle se recule et déjà, elle me manque. Ses mains sur mon corps, qui remontent jusque mon cœur, qui ne savait pas sur quel pied danser.

Elle m'embrasse et je me sens partir. Ce n'est plus une envie, mais un besoin. J'ai besoin d'elle. Besoin de la sentir vibrer. De la sentir se cabrer. De la sentir balancer sous moi au rythme de notre amour.

Non. Il ne faut pas. Elle est la femme de Monseigneur Vilhatt, et il n'aime pas que l'on joue avec ses jouets.

Aussi vite qu'elle est venue, cette lueur disparaît. Je repense à la Via Purifico. Je frissonne doucement alors qu'elle me dit des mots que je n'entends plus. Elle essaie de se mentir sûrement. Elle doit le savoir, non, qu'elle appartient aux Voix ? Et regardez.

Elle chante. Du moins, elle scande les paroles d'une chanson. Doucement, je remonte mes mains vers mes oreilles et les bouche alors que des larmes commencent à couler le long de mes joues. Avec un peu trop de force, peut être, je me dégage d'elle pour aller me mettre dans un coin du lit. Elle chante. Elle aime être chez les Voix. Tout ceci n'est qu'un mensonge. Un jeu des créatures de la Via Purifico.

D'une voix chevrotante, j'essaie de parler, mais les mots ont un peu de mal à sortir.

« S'il te plait. S'il te plait. S'il te plait. Ne chante pas. Je le sais que tu préférerai être avec les Voix. Mais s'il te plait. Ne chante pas. Ne chante pas. »

Mon regard se perds au loin vers les îles.

D'une voix blanche, je parle.

« Je suis désolé Ryme. J'aurai du mourir. Tuer Vilhatt et mourir. Tu aurai été libre. Je suis désolé Ryme. Je suis désolé. Désolé. »

Je me roule en boule malgré la douleur qui reste dans mes muscles trop usés. Je prends ma tête entre mes mains et de ma bouche ne sort plus que trois mots, en une boucle sans fin.

« Je suis désolé »

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Ryme

Invokeure

le Ven 13 Oct 2017 - 20:41
Il la repoussa brutalement, brisant l’instant de lucidité qu’ils avaient pourtant réussi à créer avec la sincérité de leurs corps. Ryme se cogna contre le rebord du lit avant de tomber au sol. Ce n’était pas volontaire, elle le savait et pourtant… Ce geste lui laissait une brûlure froide à la place du cœur. Sa gorge se serra alors qu’elle envoyait sa main chercher sa robe. Tant bien que mal, elle essayait de déglutir pour digérer les larmes qui lui montaient aux yeux avant qu’elles ne dégringolent. Il n’avait pas besoin de ça. Toutes les larmes qu’elle pourrait verser ne feraient pas ressortir le Cillian qui était prisonnier des ténèbres.
Distraitement, elle passa sa robe, sans pour autant la refermer correctement à cause du choc. Elle réalisait à présent l’ampleur de ce qu’on lui avait fait. Ils avaient tout fait pour qu’elle devienne une figure de cauchemar. La jeune femme ne pouvait plus chanter pour lui, elle ne pouvait plus lui parler, elle ne pouvait que le toucher. Et encore, les contacts semblaient animés des choses, mais peut-être pas les bonnes pour qu’il retrouve un semblant de santé.

Il répétait sans cesse qu’il était désolé. Qu’il aurait dû mourir. Et cela lui crevait le cœur. Finalement, les larmes qu’elle retenait se mirent à tomber. Un véritable torrent, de frustration, de colère, mais aussi de tristesse et d’amertume. Un véritable torrent, de frustration, de colère, mais aussi de tristesse et d’amertume. il n’y croirait pas. Il ne comprendrait pas. Son esprit brisé ne lui permettrait jamais de lui apporter le réconfort dont elle avait tant besoin. Pour la première fois depuis longtemps, elle se sentait seule, dépourvue et perdue. Cillian, l’idée de le retrouver, même juste pour lui rendre son épée, avait toujours été l’étoile qu’elle suivait pour retrouver son chemin. Mais maintenant que cette lumière était éteinte… Elle n’avait plus de repères, plus de voie à suivre, plus de quête principale pour mener sa vie à bien.

Avec précaution, Ryme se releva. Elle ne regarda pas la silhouette terrorisée dans le lit. Elle en savait déjà bien assez. Ses dents pincèrent si fort ses lèvres que ces dernières explosèrent, déversant un goût ferrugineux dans sa bouche. Le sang se mêla à la bile. Que faire ? Son regard remonta jusqu’au grand miroir qui ornait le mur d’en face. Son reflet lui renvoya un frisson de dégoût. Elle et elle seule était responsable de ce carnage. Si seulement, elle n’était pas entré dans sa vie, tout ça n’aurait jamais eut lieu. Après quelques semaines, il aurait été de retour sur son île et peut-être que dans cette réalité alternative, il aurait vraiment épousé cette fameuse amie d’enfance et Ryme, la Voix, n’aurait jamais existé pour lui. Il ne l’aurait jamais aimé.
Peut-être que finalement, c’était cela la solution. Le conduire jusqu’à Besaid. Puis disparaître. Avec le temps, il oublierait son visage, les détails de sa personne et ses sentiments. La Via ne s’éteindrait jamais dans sa mémoire, mais, peut-être que les souvenirs deviendrait plus supportable si elle n’était pas là.

La Voix de Cillian commença à se fatiguer de répéter les trois même mots. Ryme essuya son visage rapidement, avant de faire le tour du lit et de s’assoir près de lui. Il était épuisé, sans doute avait-il encore faim. Pour son propre, bien, il fallait qu’elle s’oublie à son profit.

« Ne sois pas désolé. Ne sois jamais désolé. Tu m’as donné bien plus que ce dont je rêvais. » commença-t-elle d’une voix douce, en caressant ses cheveux. Ils étaient poisseux, un bon bain lui ferait du bien.

« Tu as encore faim ? Je vais aller chercher de quoi manger à nouveau, quelque chose de plus solide cette fois. De la viande, peut-être, s’il y en a. Ca te ferait plaisir ? Et puis après, tu prendras un bain. Ca doit faire longtemps que tu n’en as pas pris, ça devrait te faire du bien. »

Ryme n’espérait pas vraiment obtenir de réponses. Mais, le relier à la réalité, à des choses matérielles essentielles pouvait le remettre en confiance. Elle ne souhaitait pas le guérir, juste l’apaiser un peu. Parce qu’elle ne pourrait jamais panser ses blessures. Sa seule présence en créait d’autres, tout de le temps.
Elle lui adressa un sourire tendre, avant de déposer un baiser sur sa tempe. L’envie de pleurer revint. Mais elle continua de lui offrir un visage rassurant, doux, protecteur.

Doucement, elle se leva. Elle renoua rapidement les nœuds de sa robe et passa sa main dans ses cheveux. De son pas maladroit, elle quitta la pièce, non sans un dernier regard en arrière. Le laisser seul lui était difficile. Mais, il fallait que dés maintenant, elle se prépare à faire ses adieux définitifs.
Quelques minutes plus tard, elle revint avec un plateau garni de choses plus appetante que du bouillon à manger. Les odeurs de viandes rôties se mélangèrent avec celle de la pièce. Ce n’était pas un festin, l’île n’étant plus approvisionnée depuis quelques jours, mais pour le « gardien de dame Ryme » les aubergistes avaient fait un effort que la jeune invokeure avait remercier chaudement.

« Ca sent bon, n’est-ce pas ? » demanda-t-elle pour essayer d’éveiller un peu l’attention de son compagnon.
« Je te prépare la baignoire, pendant que tu manges ? »

Revenir à la vie se ferait pas à pas. Avant de pouvoir prétendre retrouver le Cillian qu’elle avait perdu, il fallait que ce Cillian là, redevienne humain.

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Cillian

Monsieur tout le monde

le Ven 13 Oct 2017 - 22:48
Inspiration. Expliration.

Cette mélopée qui sort de ma bouche semble ne plus m'appartenir. Moment rare et tout bonnement terrifiant. A quel moment est-ce que je m’arrête ? A quel moment est ce que la chose-Cillian qu'ils ont essayé de créer. Quelque part, enfermée en moi, je sens cette voix qui veut hurler à Ryme. Lui hurler qu'il l'aime. Qu'il ne lui fera jamais de mal. Mais cette voix n'est que noyée par des milliers d'autres, plus graves, plus aiguës. Certaines sont les voix des autres Cillian qui ont été créés. Certains sont directement les voix de ceux qui m'ont brisé.

Et tout ceci me terrifie. Prisonnier dans mon propre corps. Prisonnier dans mon propre esprit. Assez lucide pour le voir. Pas assez pour y faire quelque chose. Jamais je ne sortirai de la Via Purifico. Pour une simple raison. Ils ont incrusté une partie de mon bagne en moi. Je me recroqueville encore plus. Il n'y a vraiment plus qu'une solution pour moi. Dès que Ryme sera sortie de la pièce, j'attraperai le bol, je le fracasserai contre le sol, je prendrai un des tessons et …

Non.

Doucement, j’arrête de m'excuser. Ce ne sont pas mes pensées ça. Je me suis entraîné contre ça. Ce ne sont pas mes pensées, et je ne vais pas me laisser contrôler par ça. Ce ne sont pas mes pensées. Ce ne sont PAS mes pensées. Doucement, je fais ce que mon maître m'a appris. J'inspire profondément. Cette odeur me calme. C'est une des rares choses qu'ils ont réussi à ne pas corrompre. Doucement, je passe mes doigts dans le bracelet qu'elle m'avait offert. C'est marrant, quand elle me l'a donné, faire le tour avait été difficile. Maintenant, je peux y passer des doigts.

Elle me parle, mais je ne l'entends pas vraiment. Je me concentre sur mes pensées. Sur trier le vrai, du faux. Ce qui est à moi, et ce qui n'est pas a moi. Je sens sa main dans mes cheveux et je soupire doucement. Je sens ses lèvres sur ma tempe et je souris un peu. Puis je reprends mes exercices. Doucement, mon corps se détends. Mon regard se perds un peu moins. Il n'est pas tout à fait là, mais il n'est plus totalement perdu non plus. Les grilles se sont retournées. Je soupire et m'allonge correctement. Je suis seul.

C'est étrange. Elle me manque. Je sais que ce n'est pas bien. Que monseigneur Vilhatt ne serait pas content, mais elle me manque.

Une odeur m'allèche. De la viande. La porte s'ouvre et je vois ma … sa … ma magnifique rousse entrer avec un plateau dans les mains. De la viande. Elle pose à coté de moi. Je lui réponds dans vraiment la regarder.

« D'accord. C'est vrai qu'un bon bain ne me ferait pas de mal. Je présume que personne ne m'a nettoyé pendant que je dormais. »

Je fronce les sourcils. C'est un mystère qui n'a pas été dévoilé ça.

« D'ailleurs, je suis resté comme ça, a dormir, combien de temps ?

Doucement, je m'attaque aux morceaux de viande. Ce n'est pas la viande la plus fameuse que j'ai pu manger de toute ma vie, mais bordel, c'est bien mieux que le gruaux immonde ou les biscuits qu'on me forçait à avaler Via Purifico. Je mange comme un petit cochon avant de m'interrompre, l'air un peu coupable.

« Tu veux partager avec moi ? Il y en a assez pour deux, tu sais ? »

Le plus triste dans cette histoire, c'est que c'est vrai. Mon estomac c'est habitué à de très petites portions. Avec le bouillon et l'eau d'avant, il ne me reste très largement pas assez de place pour toute cette nourriture.

Je lui adresse un sourire. Même si je ne suis pas complètement revenu au niveau de tout à l'heure, mes yeux doivent indiquer un état de tranquillité. Pas vraiment le Cillian d'avant, mais pas vraiment la créature que j'ai pu être il y a quelques minutes. Je repousse le plateau et me redresse sur le lit. Je sens le bain m’appeler. Sans aucune pudeur, je retire le peu de vêtements qui me couvre. Je ne remarque même pas que certaines parties de mon anatomie ne sont pas encore totalement remises de la situation d'il y a quelques minutes, qui maintenant semblait si loin. Le plus simplement du monde, je me retourne vers Ryme.

« Tu veux le partager avec moi ? »

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