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Al Bhed


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Open them wide - Ryme

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Cillian

Monsieur tout le monde

le Sam 10 Nov 2018 - 11:28
Ne pas parler, quand on sait des choses, c'est difficile. En entendant l'ancien se congratuler de l'utilité de sa petite fille, je n'ai eu qu'une seule envie, c'est de lui hurler qu'elle est sûrement la pire personne qui ait résidé sur cette île depuis très longtemps. Qu’elle n'est que le suppôt d'un vieil homme maléfique, et qu'elle n'aurait pas plus grand plaisir dans ce monde que voir ma pauvre Ryme retourner dans le giron putride de cet homme malade. Bref.

Dans un autre registre, la discussion avec Gordias, le gardien de Ryme, avait été toute aussi étrange. Il nous avait d'abord écouté dans le silence le plus total. Je sais que je suis sensé faire confiance a cet homme, mais il est tellement … Bizarre. Je n'arrive pas a lire cet homme. Certes, je n'ai jamais été forcément très bon pour ça, mais … Quand même. Il a toujours la même expression. Mais si Ryme l'aime bien, alors je l'aime bien, je présume. Même le fait que j'ai une chimère en moi n'a pas semblé le surprendre plus que ça. Est-ce qu'il est juste très bon pour cacher ce qu'il pense, ou bien est ce que je dois lire plus dans la situation que ça ?

La nuit a été calme. En même temps, par rapport à cette journée très mouvementée, tout devait sembler calme, non ? Je n'ai pas rêvé. Ou, si je l'ai fait, je ne m'en souviens pas. J'aurai pensé faire des cauchemars, mais … Peut être, au final. Je me suis quand même réveillé plusieurs fois. Elle est belle quand elle dors, Ryme. Enfin, elle est belle tout le temps, mais il n'y a que quand elle dort qu'il y a ce calme olympien sur son visage. Je pourrai tout donner pour qu'elle puisse avoir la même béatitude quand elle est réveillée. Seigneur Yevon, ce que je peux aimer cette femme.

Et il semblerait que pour le reveil final, elle se soit levée avant moi. La lumière du jour commence à peine à percer, je crois. Il doit être encore tôt, mais c'est ce qu'on avait prévu. Partir tôt, avant que tout le monde ne soit reveillé. Ca évite les questions. S'habiller, préparer un petit sac, passer par les cuisines pour chaparder de quoi manger, et partir.

Les membres encore pleins de langueur, je remue dans le lit.

« Bonjour Ryme. »


Elle n'est pas a coté de moi. Pendant une fraction de secondes, la panique m'envahit. Où est ce qu'elle est ? Est ce qu'on est venu la voler pendant mon sommeil ? Heureusement, j'entends bien vite un bruit d'eau. Elle doit faire un peu de toilette.

« Tu as bien dormi ? »

Après m'être étiré autant que possible, je me redresse dans le lit. Je me sens un peu pâteux. Sûrement le contre coup de mon petit problème fruitier d'hier. Au final, je ne sais pas si j'étais juste allergique, ou si le fruit était empoisonné. Je serais surpris que Jienne nous ai préparé ce fruit si jamais il était mauvais pour moi, mais elle ne peut pas se souvenir de tout, non ? Je baille un grand coup avant de rouler vers le bord de la couche. Il va falloir que je me lève. Difficilement, je sors une jambe d'en dessous des couvertures. Puis la deuxième. Effort surhumain. Je me lève.

D'un pas hésitant, je me dirige vers elle. Pas hésitant parce que je ne veux pas la voir, mais parce que mes jambes sont encore a moitié endormies, il semblerait. Avec difficulté, j'avance jusque la jolie femme qui me tourne le dos et pose doucement ma main sur son épaule.

« Je t'aime, Cillian. »

Je sens un poids dans mon estomac. Ce n'est pas la voix de Ryme. Doucement, la femme devant moi se retourne et me pousse. Je n'arrive pas a la repousser. Avec délicatesse, elle passe ses mains sous mes vêtements. Je n'arrive qu'a regarder son visage. Et ce visage, c'est celui de …

*********

Je me réveille en sursaut. Un cauchemar. C'était un cauchemar. Un putain de cauchemar. Instinctivement, je me rapproche de Ryme, qui dors encore a coté de moi, et je l'entoure de mes bras comme un koala s'agrippe a un arbre. Dans un sens, je suis un peu rassuré. Si je cauchemarde de Marnie, je ne cauchemarde pas de pire. Mais …

« Ryme ? »

Je la secoue un peu.

« Ryme ? C'est l'heure de se réveiller. »

C'est un peu un mensonge. C'est vrai qu'il est presque l'heure, mais pas totalement. J'ai juste besoin qu'elle me parle. De l'entendre. De la sentir. Qu'elle me serre contre elle. Je me sens terriblement faible à cet instant précis. Ah, je crois qu'elle se réveille enfin. Mon cœur se calme un peu.

« Bonjour mon amour. »

Je ne lui laisse pas le temps d’émerger. D'un mouvement rapide, ma tête va se cacher dans son cou et je respire a grandes goulées son odeur. Ca me rassure un peu.

« Je crois que j'ai fait un cauchemar. »

Je garde ma tête contre elle. Je n'ose pas lui montrer mon visage, honteux.

« J'ai revé que tu étais remplacé par Marnie. Ne me laisse pas, s'il te plait. »

Cette detresse dans ma voix me retourne le ventre. C'est quand même étrange, qu'on puisse a la fois être aussi fort, et aussi faible.

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Ryme

Invokeure

le Mer 14 Nov 2018 - 21:32
Le toucher sur sa peau n'était pas celui doux et agréable de Cillian. Ryme était de retour dans sa cage, parsemés de miroirs aux alouettes. Elle avait beau l’appeler, crier, supplier du plus fort que ses poumons le lui permettait, il ne venait pas. Le monstre rodait déjà dans les couloirs, elle pouvait entendre le tintement de son trousseau de clef. L'envie de vomir lui remonta le long de la gorge. Elle essaya de se dégager du lit sur lequel on l'avait installée, mais sa cheville, bloquée par des fers, l'empêcha de s'en aller. La panique la gagna, elle déchira les draps de ses ongles, dans l'espoir vain de voir une échappatoire à son calvaire se dessiner.
La clef tourna dans la serrure, animant le mécanisme de cliquetis. Un grincement sinistre se fit entendre. La silhouette se Vilhatt se dessina en contre-jour. Les claquements des lanières de cuir, lacérèrent le silence de la pièce.

“Ce que tu as fait est impardonnable, Ryme...” dit-il tout en s'approchant du lit.
Le souffle court, l'ancienne Voix essaya à nouveau de trouver une issue, sous le rire sinistre du prêtre. Ses mains se placèrent sur elle, circulant sur sa peau, s'enroulant autour d'un sein, respirant à plein poumon l'odeur de ses cheveux.

“Tu es à moi. Pour toujours.” il déchira sa robe de nuit, dévoilant son dos. Il arma son poing, les lanières du martinet claquèrent les unes contre les autres. Elle ferma les yeux, espérant que la douleur ne serait que passagère.

***

Ryme se réveilla brutalement. Ses tempes et la naissance de ses reins étaient humides. Son cœur, qui battait la chamade se calma un peu lorsqu'elle discerna la silhouette familière de Cillian. Ce n'était qu'un mauvais rêve. Il se nicha contre son cou et elle l’accueillit avec le plus grand des plaisirs. La nuit, lui donnait toujours une odeur légèrement musquée, masculine, qu'elle appréciait particulièrement.
Il avoua, d'une petite voix, qu'il avait fait un cauchemar. Ce n'était pas rare que son sommeil soit agité. Les mains de Ryme glissèrent contre son dos large. Elle voulait lui montrer qu'elle était là, pour et grâce à lui. Le chemin de la Via Purifico était bien plus difficile pour l'esprit qu'elle ne l'aurait jamais envisagé. L'Invokeure ravala ses propres peurs, comme elle le faisait bien souvent. Il avait besoin d'elle, de la figure fière et forte qu'elle se donnait.

“Je n'irais nul part sans toi.” murmura-t-elle, d'une voix frêle et cassée. Le réveil n'était pas tendre avec ses cordes vocales encore blessées. Elle se racla un peu la gorge, avant de laisser ses mains glisser vers le visage de son compagnon. D'un geste doux, elle lui fit lever le nez vers elle.
Ryme ne se lassait jamais d'observer son visage, même cet œil fauché et à la paupière meurtrie. Il niait souvent sa beauté, mais elle lui trouvait un charme fou. Un sourire tendre naquit sur son visage alors qu'elle jouait distraitement avec les mèches les plus longues de la coupe brune de Cillian. Elle s'approcha doucement, déposant un baiser chaste presque maternel, sur son front.

“Il faudra me tuer avant que ça n'arrive.” conclut-elle tout en écartant ses bras, pour venir se nicher contre lui.
“J'ai fait un cauchemar, moi aussi. Mais ça ne m'étonne pas vraiment, avec la journée qu'on a passé hier.” elle ferma les yeux quelques secondes. Son corps était encore chaud des draps, dans son ventre, la délicieuse torsion du désir se réveilla. Discrètement, elle se mordit la lèvre, espérant qu'il ne devinât pas les blasphèmes qu'elle avait dans le cœur. La fatigue et les événements de la veille ne leur avaient pas donné l'occasion de plonger une nouvelle fois dans le vice. Et puis, l'ancienne Voix avait l'impression qu'il fallait qu'elle le laisse venir à elle.

“Qu'est-ce qui se passait dans ton rêve ? Enfin, si tu as envie d'en parler.” Elle se détacha doucement de lui, avant de s'enrouler à nouveau dans les draps, sur le ventre. Les courbes de son corps se dévoilaient toutes en retenues et en tension, sous le coton.
Son regard se perdit vers les vitres de la chambre. Il l'avait réveillée en avance, le soleil était encore sous l'horizon. Ses tourments avaient dû être violents, afin qu'il éprouvât le besoin de la réveiller. Ryme s'étira, dans un concerto d'os et de vertèbres craquantes. Il n'avait toujours pas répondu, alors, elle préféra changer de sujet. S'il ne lui demandait pas de parler de son propre rêve, ce n'était pas grave. La jeune femme n'avait pas spécialement envie de se souvenir du toucher vicié de son ancien maître sur sa peau.

“Tu crois que l'on arrivera à voler quelque chose de sympathique, dans les cuisines ? Hier soir, je crois qu'ils ont fait du ragoût, mais ça ne sera absolument pas pratique à emporter pour un pique-nique. On devrait peut-être trouver au moins quelque tranches de viande.” Ses lèvres se relevèrent dans un sourire doux et délicat. Elle lui déroba un baiser, aussi léger qu'un papillon avant de glisser hors des draps.

La fraîcheur de la chambre lui donna la chair de poule. Sa chemise de nuit était certes, confortable, mais son tissu, lui était léger. Mécaniquement, elle se dirigea vers sa coiffeuse et brossa ses cheveux. Elle prit soin de ses dents, avant de quitter son reflet dans le miroir.

“J'ai hâte de cette journée.” dit-elle en revenant près du lit, pour choisir la tenue qu'elle porterait. Après quelques minutes d'hésitation, son choix se porta sur une tenue classique de l'île. Même si sa chevelure rousse était reconnaissable, entre mille, des vêtements simples lui permettrait d'être un peu plus discrète. Connaissant le manque d'intérêt pour Cillian de ce genre de choses, elle décida de lui préparer également une pile de vêtements. Elle espérait que ce choix lui plairait.

“Je t'ai préparé des affaires” lui dit-elle d'une voix douce, en se retournant vers lui.
Sans grande pudeur, elle laissa tomber à terre sa chemise de nuit. Elle passa un sous-vêtement complexe, une forme de combinaison et de lanière. L'ensemble lui assurait le maintient de sa poitrine, mais également de ses bas. Ryme s'observa quelques instants dans le miroir avant de mettre la jupe et le chemisier qu'elle avait choisi. Si on oubliait sa peau pâle et ses cheveux roux, elle aurait pu parfaitement s'intégrer dans le paysage de l'île.

“Je crois qu'à cette heure-ci, tout le monde dort encore. C'est le moment idéal pour aller piller le garde-manger !” sa voix se fit plus chantante, ravie de cette expérience délicieusement régressive. Dans son regard, la malice pétillait comme du cidre. Elle se mordit légèrement la lèvre, attendant sagement qu'il décide de la suite des événements. Elle avait envie de lui redemander des choses à propos de son cauchemar, mais garda le silence à ce sujet, cette journée devait être parfaite.

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Cillian

Monsieur tout le monde

le Dim 18 Nov 2018 - 10:49
Je n'irai nulle part sans toi. Les mots de Ryme résonnent dans ma tête sans vraiment trouver de prise pour s'y agripper. Je pense que je suis encore un peu trop plongé dans cet espèce de marasme délétère provoqué parce que cauchemar pour qu'elle puisse percer aussi facilement le nuage noir dans mon cœur. Mais elle essaie, et c'est tout ce qui est important, au fond. Elle joue un peu avec mes cheveux avant de venir se lover contre moi. Te tuer avant que ça n'arrive ? Impossible. Car il faudra me tuer avant de pouvoir te tuer. Et dans ce cas là … Ouf, c'est un peu trop compliqué pour moi en ce matin. Je la serre un peu, puis elle me dit elle aussi avoir fait un cauchemar. Peut être qu'on devrait passer la journée ici, à lézarder. Le monde extérieur est un peu trop mauvais pour nous, je crois bien.

Elle me demande quel a été mon cauchemar et mon cœur sombre un peu plus. Je n'ai pas trop envie d'en parler. Pas maintenant. Je pense qu'elle peut le comprendre, si je lui dit. Je pourrai aussi lui demander de quoi elle a rêve, mais … Si elle est comme moi, je pense qu'elle a envie de tout sauf de se replonger la tête dans ce proverbial baquet d'eau froide. Cependant, si je ne lui demande pas, est-ce qu'elle ne va pas mal le prendre ? Je veux dire, par exemple, le prendre comme une marque de manque d’intérêt ? D'une voix basse, je lui dit qu'on parlera de ça plus tard. Après quelques secondes d'un silence gênant, elle perce le silence.

« Je ne sais pas trop. Tu crois qu'ils gardent des choses bien dans un temple ? »

Je ne vais pas me plaindre. Depuis qu'on est ici, j'ai toujours mangé a ma faim. Mais il faut admettre que c'est très … Basique. La plupart du temps, on a droit à une sorte de soupe qui réussit à la fois à avoir trop et pas assez de goût en même temps, ou leur traditionnel ragoût. J'en suis presque a jalouser ceux qui ne sont que de passage et qui ont droit aux fruits frais et autres trésors. Ça doit faire partie de cette sorte d'auto-flagellation qu'adore le culte de Yevon, au final. Ryme m'embrasse fugacement avant de sortir du lit. Je n'ose le dire, mais son baiser a avivé en moi des flammes dans le creux de mon ventre. Cela fait maintenant longtemps que l'on a pas eu la possibilité de … De partager des moments d'intimité. Entre le travail et la fatigue, les moments où on se couche ensemble son rares. Souvent, je dors quand elle rentre, ou inversement. Et je dois avouer que son toucher charnel me manque un peu. Cependant, bien loin de moi l'idée de l'embêter avec ça. Je pense qu'elle sait que si elle me désire, elle peut venir me prendre. Moi, je ne vais pas lui imposer ça. On l'a assez fait dans sa vie.

J'évite d'un peu trop la regarder pendant qu'elle se change. Les hommes ont se désavantage que leur corps soit parfois un peu trop lisible, et j'essaie donc d'éviter de jeter de l'huile sur mon feu. Je regarde par la fenêtre le ciel encore sombre de la nuit.Moi aussi, j'ai hâte. Hâte de pouvoir, le temps d'une journée, oublier tout nos soucis. Dès que je sens que mon corps a de nouveau réussi a cacher les affres de son désir, je me lève pour me diriger vers ce que Ryme m'a préparé.

« Alors, voyons voir ça. »

Ce qu'elle ma prévu est très classique. Des habits fonctionnels, car c'est vrai qu'on va devoir crapahuter un peu. Je crois que niveau couleurs, ça s'accorde avec ce qu'elle a mis. Habillé comme ça, j'ai vraiment l'air d'un natif de l'île. Ce que je suis, au final. Elle propose d'aller piller le garde manger et je me tourne vers elle pour enfin la voir.

« Tu … »

Mon souffle est coupé. Mon sifflet est coupé. Seigneur Yevon tout puissant. Elle est magnifique. Ma gorge s’assèche un peu alors que je sens de nouveau mes joues rougir. Je me demande ce que j'ai bien pou faire pour mériter ça. Est-ce que j'ai sans m'en rendre compte sauvé des milliers d'orphelins ? Je déglutis avec difficulté.

« Tu es magnifique. »

Je ne trouve pas de mots, car j'ai le sentiment que tout ce que je pourrai dire ne serait qu'un affront envers la divinité que je vois devant moi. Je crois que je ne me suis jamais rendu compte que Besaid avait autant besoin de rousses avant maintenant. J'ai presque du mal à la regarder tant je sens une étrange timidité venir enserrer mon cœur.

« Tu as raison. C'est l'heure d'aller chercher a manger avant qu'on vienne nous assommer de taches. »

J'attrape un petit sac a dos avant de me diriger vers la porte.Il faut vite partir avant que je ne perdre toute envie de faire autre chose que l'amour. Elle a besoin d'une sortie. Elle a besoin qu'on aille s'amuser. Je pense qu'assouvir mes besoins animaux doit être la dernière chose sur sa liste. D'un pas décidé, je nous guide vers les cuisines. Ça fait un moment qu'on habite ici, alors je connais presque par cœur le plan du temple. Qui l'aurait cru. Une fois dans le lieu de notre larcin, je regarde Ryme.

« Je te laisse t'occuper de la viande, je pense que c'est plus sur si je m'occupe des fruits. »

Je lui adresse un petit sourire en coin. Je ne pense pas qu'elle connaisse assez les fruits du coin pour la laisser choisir. Malheureusement, pour les citadins, choisir des fruits de Besaid s'avère assez compliqué, car il faut souvent aller à l'opposée de ses instincts. La plupart des fruits de l'île qui ont l'air vraiment appétissants sont mauvais, et inversement. C'est un peu comme moi en fait. Je commence a remplir un torchon de fruits quand un bruit résonne dans la pièce d'a coté. Est-ce que c'est déjà l'heure ? Mince. C'est vrai que j'ai parlé comme si je savais, mais je n'ai aucune idée de l'heure du début du service moi. Je regarde Ryme, interrogatif.

« On fait quoi ? »

Au final, je ne sais même pas si on a le droit ou pas d'être ici. Est-ce que c'est vraiment punissable ce qu'on est en train de faire ?

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Ryme

Invokeure

le Mar 20 Nov 2018 - 9:37
Un sourire tendre perça sur les lèvres de Ryme alors qu'il lui faisait un compliment. Ce n'était peut-être là que vanité, mais elle aimait que Cillian lui dise qu'il la trouvait belle. Ses mots dans sa bouche n'avaient pas le vice et la crasse qu'elle avait toujours connu chez d'autres hommes. Les joues légèrement rosies par la flatterie, tandis qu'il finissait de se préparer, elle décida de prendre sa canne de marche plutôt que sa lance d'Invokeur. Bien que très belle, l'arme n'était pas discrète et cela allait à contre-courant de ce qu'ils voulaient aujourd'hui : être les plus anonymes possibles.

Ils s'aventurèrent alors dans le temple encore empli d'une lourde torpeur. Les couloirs étaient vides et seul l'odeur du chanvre et de l'encens de cérémonie démontrait la présence de la vie. Bien malgré eux, les deux jeunes gens connaissaient presque par cœur le temple. Tant et si bien, que même si c'était la première fois qu'ils venaient chaparder quelque chose, ils n'eurent aucun mal à trouver la cuisine.
La grande table en bois, au centre de la pièce, donnait un aspect convivial à la cuisine. Ryme y avait déjà déjeuner, une fois ou deux, même si la plupart du temps, on lui faisait porter ses repas à l'infirmerie. Ses doigts se posèrent sur la matière brut, tandis que ses yeux s'habituaient à la pénombre. Cillian donna la répartition de leurs rôles : elle était chargée de dénicher de la viande, tandis que lui s'occuperait des fruits. Sa remarque lui tira un petit froncement de nez amusé, que l'Invokeur ponctua de sa langue tirée. Un sentiment agréable lui gonflait le cœur, depuis combien de temps ne s'était-elle pas amusée de la sorte ? Depuis combien de temps avaient-ils été aussi complice ?

Elle l'observa se diriger vers les placards des produits frais. Ryme, elle s'en alla vers la cellule de fumage. Prendre la viande fraîche n'était pas une bonne idée. Le peu de temps qu'elle avait passé sur l'île lui avait appris que l'humidité et la chaleur, n'étaient pas les alliés d'une nutrition sans danger. Décrochant une venaison dodue, elle chercha un petit couteau, puis se mit à découper de longues lamelles de viandes. Soudainement, des bruits de pas et de discussions se firent entendre à côté. Cessant tout larcin, Ryme emballa ce qu'elle avait déjà prélevé – et qui était amplement suffisant et rangea les objets à leur place.

“Cache-toi” murmura-t-elle doucement à Cillian, avant de se glisser sous un des meubles. Sa silhouette était plus facile a dissimuler que celle de son compagnon, mais sa jambe raide l'empêchait de partager sa cachette avec lui.
La porte grinça et le bruit des chaussures de cuir d'une personne se fit entendre sur la pierre du sol. Une deuxième personne entra à son tour.

“Je suis fatiguée, gémit une jeune apprentie, j'aurais bien voulu dormir encore un peu !
— Moi aussi, répondit une voix légèrement plus grave, mais c'est notre tour d'être de corvée de cierge ce matin... Les bougies du temple ne vont pas s'allumer toute seule...
— Et puis, si la sœur supérieure se lève et que rien n'est prêt, je ne donne pas cher de notre peau. On ferait mieux de se dépêchées...
— J'aimerais bien que le frère Garan nous prête main forte...
— Moi, j'aimerais que ce soit son frère qui nous aide ! Sire Cillian est terriblement beau. Dame Ryme en a de la chance !”
Les deux jeunes personnes se mirent à glousser. Leurs silhouettes passèrent près de Ryme. L'Invokeure retint son souffle, tentant de faire le moins de bruits possible. Personne ne sembla remarquer sa présence, ni même celle de Cillian. L'odeur fétide d'un fruit pototo que l'on épluche chatouilla les narines de la jeune femme, puis, les apprentis s'en allèrent de la cuisine, visiblement de bonne humeur malgré tout.

Une fois sûre que personne d'autres n'était dans les parages, Ryme s'extirpa de sa cachette, rejoignant son partenaire de crime. Elle en profita pour dérober une miche de pain et une gourde vide.

“On devrait filer, même s'il nous reste du temps avant l'officine du matin, les gens du temple vont commencer à se réveiller avec tout le bruit que ces deux-là font !” déclara-t-elle, un trait d'amusement sur le visage. Elle ouvrit le sac à d'os de Cillian et logea avec attention, le fruit de son larcin.

Dans un geste délicat, elle joignit leurs mains. Puis, comme deux voleurs, elle amorça leur fuite par la porte de service. L'aube n'était pas encore là, mais on pouvait déjà voir les couleurs de l'aurore percées la nuit. Les étoiles mourraient les unes après les autres, dans un requiem silencieux. L'air encore frais s'engouffra entre les vêtements de Ryme, réveillant délicieusement son épiderme et lui faisant prendre conscience de la bêtise qu'ils étaient en train de faire. Un sourire ravi se dessina sur son visage, tandis qu'elle se retournait vers Cillian.

“On est dehors ! Il n'y a plus qu'a quitter le village ! Tu te souviens de l'endroit où était ta cabane ?” demanda-t-elle à voix basse, réfrénant son excitation du mieux qu'elle pouvait. La jeune femme avait l'impression d'être une jeune adolescente, découvrant le plaisir de faire le mur avec son petit copain. L'adrénaline lui procurait une sensation de liberté et de légèreté incomparable. Dire que leur histoire avait commencé par la situation inverse : ils avaient essayé, désespérément, d'aller à un temple.

Avant que le village ne commençât à se mettre en marche, ils se faufilèrent hors des sentiers battus, en n'oubliant pas d'aller glisser un petit mot à l'intention de Jienne chez les parents de Cillian. La nature était encore engourdie par le sommeil elle aussi, les monstres dormaient dans leurs tanières, leur assurant un passage serein vers l'intérieur des terres et de la jungle. Quelques oiseaux s'étonnèrent de leur présence, manifestant contre l'intrusion qu'ils commettaient par des cris disparates. Ils ne pouvaient pas avancer côte à côte, mais d'une main timide, Ryme tenait le haut de Cillian du bout des doigts, s'assurant ainsi de ne pas être trop lente.

“Je suis tellement excitée. J'ai le cœur qui bat si vite ! J'ai l'impression d'avoir quinze ans et de faire une grosse bêtise !” sa voix se fendit d'un rire léger. Son adolescence n'avait pas été des plus classiques, déjà prisonnière sans le savoir, des griffes d'un monstre. Mais, ce qui la ravissait était toutes les choses qu'ils partageraient. Elle avait déjà maintes fois imaginer comment Cillian devait être adolescent, mais le fait qu'il lui fasse découvrir les choses avait une saveur inédite.

“Tu crois qu'ils seront fâchés ? Je suis presque sûre que Gordias va me passer un savon ce soir !” continua-t-elle, sur la même voix chantante, les joues rouges du plaisir coupable qu'elle éprouvait. Elle imaginait déjà son impassible Gardien, la chercher partout, fendillant son masque froid d'une saine colère.

“Tu crois que l'on aura le temps d'aller voir la grande cascade ? J'ai entendu dire que l'on pouvait s'y baigner. J'aimerais bien voir à quoi ça ressemble, là-haut.” C'était peut-être beaucoup demander à son corps, mais aujourd'hui était une journée spéciale, une journée ou les excès étaient permis. Ryme serait bien assez raisonnable demain.

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Cillian

Monsieur tout le monde

le Mar 27 Nov 2018 - 18:13
Se cacher. Se cacher. Pendant une fraction de secondes, je ne me sens plus dans la relative sécurité de la cuisine du temple de Besaid, mais de retour dans la Via. Sans même avoir besoin de prendre le temps de réfléchir, je m’aplatis sous le sol avant de rouler sous un meuble. Être capable de se cacher vite et silencieusement fait partie des choses que l'on apprends vite quand on est coincé là bas. Même si une forme primaire de peur s'empare de moi, je sens mon corps rester calme. Ma respiration rester la plus faible possible. C'est marrant, ce que le corps peut apprendre, parfois. Et aussi, ce qu'il ne peut oublier. Mes sens se tendent aussi fort que possible. Mon ouïe, surtout. Entendre sans être entendu. C'est ce qui, souvent fait la différence entre la vie et la mort. Bon, heureusement, ce ne sont pas des monstres qui se baladent, mais deux disciples qui semblent plus enclins a badiner qu'a travailler. Il va falloir que Cillian en glisse un mot à son frère. Pas pour la fainéantise, non. Mais pour le fait qu'on puisse s'introduire comme ça dans le temple. Je grince un peu en entendant les remarques a mon égard.

Mais heureusement, ils ne restent pas longtemps. Il semblerait qu'ils ne soient que venus chercher des provisions. Une fois que je suis sur qu'ils ne sont plus dans le coin, je pousse un soupir en sortant de ma cachette. Malgré tout mes efforts, je reste quand même tendu. Si on a reussi a se cacher comme ça, qu'est-ce qui me dit que l'on est vraiment en sécurité ici ? Je secoue un peu la tête avant que Ryme ne me rejoigne. Il ne faut pas que je commence à penser comme ça. Non, vraiment. Bon. Je hoche la tête à la remarque de Ryme et m'abaisse un peu pour qu'elle puisse ranger son butin. Elle prends ensuite ma main et mon rythme cardiaque retrouve un peu sa normale. Elle est là. Elle est avec moi. Tout va bien se passer.

Après avoir emprunté une porte dérobée, on se retrouve dehors. Il ne fait pas encore jour, mais cela devrait arriver d'ici quelques minutes. Je regarde le ciel. Ce n'est pas quelque chose que l'on peut voir aussi bien dans les grandes villes. Là bas, ils ont la manie de tout le temps laisser des lumières allumées. On ne peut plus vraiment voir les étoiles. Je pousse un léger soupire. Je suis content de toujours pouvoir voir le ciel. Mon esprit, toujours encore un peu coincé dans la Via, se calme encore un peu plus. Ce n'est pas parfait, mais … Çà ira pour le moment.

Je hoche la tête a sa question.

« Malheureusement, non. Mais je pense que je serai capable de retrouver le chemin une fois en route. Doit y avoir moyen de reconnaire le chemin, non ? »

C'est peut être un peu exagéré de ma part. C'était il y a si longtemps, il y a peu de chances pour que le chemin n'ait pas été déboisé ou quoi que ce soit. Mais bon, ce n'est pas comme si on avait le choix, non ?

« Fâchés, peut être, mais plus inquiets que fâchés, je pense. »

Est-ce qu'il y a vraiment une différence ?

« On a pas forcément la meilleure histoire sur l'île, entre Marnie au banquet et … »

Marnie hier. Je n'ai pas besoin de le dire je pense, elle fera le lien d’elle même.

« Peut être qu'on aurait du laisser un mot dans la chambre. C'est sûrement le premier endroit qu'ils vont chercher, et ça aurait pu calmer les inquiétudes. Non ? »

Est-ce que ça vaut vraiment le coup de s’inquiéter pour ça ? Ce qui est fait est fait, et plus le temps passe, moins nos chances de se réintroduire dans le temple pour ne ressortir ensuite sans se faire voir se réduisent. Doooonc. Tant pis. Advienne que pourra.

« La cascade. Ca devrait le faire. Depuis le temps, ils ont sûrement du dégager un chemin, non ? Quand j'étais gamin, c'était pas encore trop ça, si je me souviens bien. »

C'est marrant comme certains souvenirs reviennent et d'autres pas. Le chemin de la cascade, c'est quand même moins important que ma cabane de quand j'étais gamin, non ? Alors, pourquoi est-ce que je me souviens de ça ?

« Par contre, c'est moi le guide, alors c'est moi qui décide si on peut suivre un chemin ou pas, d'accord ? Okay, c'est une journée spéciale, mais y'a plein d'endroits qu'on peut voir sans se mettre en danger, alors ... »

Je soupire.

« Je dois avouer que j'ai un peu eu ma dose de soucis pour le moment là. »

Les avertissements faits, on peut se mettre en route, non ?

« Bon. La cabane ... »

Alors que l'on marche, je réfléchis.

« Je pense que le plus logique, ce serait de commencer par chez moi. Mes parents ont pas déménagés depuis le temps, alors … C'est la piste la plus sensée, non ? »

Il va sans dire qu'il va falloir qu'on soit discrets comme le vent. Et que donc, on ne s'approche pas trop. On avance dans le silence de la journée qui commence. Doucement, les volets s'ouvrent. Les premiers travailleurs commencent à sortir de leur masures. C'est la matin, Besaid s’éveille. Ce n'est pas un coté de l'île que j'ai pu beaucoup voir quand j'étais gamin. Comme j'étais plus un oiseau de nuit, se lever tôt, ce n'est pas quelque chose que j'ai souvent fait. On arrive assez vite près de chez mes parents.

« Alors. Par où est-ce que ... »

Je ferme les yeux pour essayer de me souvenir. Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai le sentiment qu'il faut partir vers l'est. Ou vers le nord est. Les deux me semblent aussi probables.

« Je … Je crois que c'est par là, ou par là. »

En tout cas, ce n'est pas comme si je montrais des directions complètement loufoques. Genre a l'opposée. Un des chemins à l'air un peu plus dégagés que l'autre. On a qu'a le prendre. Une fois que l'on est un peu éloignés du village, je commence à parler. On ne devrait pas nous entendre ou nous reconnaître maintenant.

« Tant qu'on est là, tu as des questions sur mon enfance ? »

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Ryme

Invokeure

le Mer 28 Nov 2018 - 9:45
Ryme plaça sur son compagnon, un regard doux et bienveillant. Cela faisait tellement longtemps qu'ils n'avaient pas été ensemble, tous les deux, comme ça. Elle se souvenait avec un peu de nostalgie, les quelques jours qu'ils avaient passé à Kilika avant de venir. Bien que devant répondre à ses devoirs d'Invokeurs, ils avaient eut le loisir de n'être que Cillian et Ryme, s'aimant de la manière la plus banale dans ce monde. Cette époque pourtant pas si lointaine, lui manquait et elle se demandait sincèrement si l'aimant à problème, ce n'était pas elle. Mais elle chassa rapidement ces sombres pensées, aujourd'hui devait être spécial, mémorable, fantastique.

Plongé dans des réflexions pratiques, lui aussi semblait vouloir que la journée se passe bien. Ryme se sentit flattée de pouvoir bénéficier d'autant de concentration, juste pour une petite promenade et quelques instants volés. Le programme semblait se dessiner, d'abord partir en quête de la cabane, si elle n'avait pas été détruite par le temps. Puis, la cascade : visiblement, d'autres gens avaient eut la même idée qu'elle, rendant le chemin vers les hauteurs de l'île plus accessible.

Cependant, le sourire de l'Invokeure perdit un peu de son éclat, lorsqu'il formula des sortes d'avertissements. Bien qu'extérieure à l'île, elle n'était pas une enfant. Sa jambe l'empêchait simplement de marcher avec aisance, pas de faire appel à son bon sens. Ryme était légèrement vexée par ces mises en garde, que croyait-il ? elle aussi, était fatiguée d'être ennuyée sans cesse. A peine avait-ils mis un pied sur l'île que les étoiles semblaient s'être désaxées, leur jouant des tours. D'abord Marnie et sa jalousie, sa voix envolée, les longues journées à l'infirmerie et ensuite Halbyon... Son cœur se serra un peu, c'était donc ça, la vision qu'il avait d'elle ? Un poids ?

Ryme se renfrogna un peu, baissant légèrement la tête, se contentant de suivre avec obéissance le mouvement. Alors que l'île commençait à se réveiller, elle abaissa sur son visage un capuchon, afin de dissimuler sa chevelure rousse. Dans l'ombre rassurante du tissu, elle pouvait se permettre d'effacer son éternel sourire. Il suffisait juste de le remettre en place si Cillian se retournait vers elle, rien de compliqué pour elle.
Ils se dirigèrent vers la maison des parents de Cillian dans le silence. Les villageois, même s'ils étaient d'une infinie gentillesse, n'étaient pas des personnes très fines. Si jamais ils faisaient un peu trop de bruits, surtout habillés ainsi, Ryme était certaine que les menaces pleuveraient et seraient mises en exécution avant même qu'ils ne réalisent qui ils attaqueraient. Mais, d'un côté, ces réactions pleines et aussi tumultueuses que la mer, faisaient le charme des habitants de l'île.

Deux chemins s'offraient à eux, l'un était dégagé ; l'autre en mauvais état. L'instinct de Ryme lui disait de choisir celui qui était le plus sauvage. N'importe quel enfant choisirait un endroit reculé, presque secret pour construire son repère. Mais Cillian semblait plus enclin à marcher sur un chemin sans danger. En vue des avertissements qu'elle avait reçut, Ryme n'osa pas le contre dire, se contentant de le suivre sagement. Derrière eux, Besaid commençait déjà à s'éveiller, quittant sa tranquillité nocturne pour la douce mécanique du matin. Les pêcheurs seraient les premiers à partir, pour regagner la mer tandis qu'eux s’engouffraient dans la forêt profonde.

Pendant quelques minutes, ils avancèrent dans le silence. Une situation qui convenait à Ryme, ainsi, elle n'aurait pas à faire attention à ses paroles, à ce que sa voix ne soit pas voilée par la déception qui lui compressait le cœur. La journée ne commençait pas si bien que ça, mais elle avait envie de tout de même laissé une chance à cette expédition. Soudainement, Cillian reprit la parole, l'invitant à poser des questions sur son enfance. En temps normal, l'Invokeure aurait sauté sur l'occasion pour assouvir sa soif de connaissance à l'égard de son compagnon... Mais elle n'arrivait pas à s'enthousiasmer, continuant malgré ses efforts de faire mauvaise figure.

“Garan est l'aîné de ta fratrie, Jienne la cadette, c'est bien ça ?” demanda-t-elle, après quelques secondes de silence, pour amorcer la conversation.
“Vous vous entendiez bien lorsque vous étiez enfants ? Je ne sais pas pourquoi, mais je t'imagine bien te chamailler tout le temps avec ta sœur et ton frère, essayer de faire l'arbitre.” continua-t-elle, d'une voix un peu plus joyeuse cette fois-ci. La scène était presque palpable et Ryme avait du mal à imaginer une autre relation que celle-ci entre la fratrie de son cher et tendre.

“C'est agréable, d'avoir des frères et sœurs ?” elle ne savait pas et ne saurait jamais. Fille unique, du moins, à sa connaissance, Ryme n'avait presque pas de souvenirs de ses plus jeunes années. Le premier vrai souvenir qu'elle possédait, était celui de la victoire de Lady Yocun, avant son cerveau avait choisit de ne pas enregistrer les informations.

“Je sais déjà que tu n'étais pas l'élève le plus appliqué de l'île... Et que tu étais déjà un redresseur de torts... Mais, si tu prenais la clef des champs, qu'est-ce que tu faisais ?” oui, tiens, qu'est-ce qu'il faisait de tout ce temps passé dehors, sous le ciel de l'île plutôt qu'à apprendre les préceptes au temple ?
Après avoir été recueillie par le temple de Djosé, Ryme avait passé le plus clair de son temps dans les salles d'études de Yevon, pour rattraper son manque de connaissances et son retard. A dix ans révolu, elle ne savait ni lire ni écrire jusqu'à ce que le grand prêtre s'en aperçoive et qu'il la prenne sous son aile.

“Tu te souviens plus de ton enfance ? De ton adolescence ?” demanda-t-elle ensuite, afin de mieux cibler les questions qu'elle pouvait posé.
“Moi, je ne me souviens de presque rien avant que Lady Yocun affronte Sin. Le reste de mes souvenirs n'est pas vraiment intéressant non plus... Mais si tu veux savoir quelque chose, n'hésite pas à me poser une question.” après tout, peut-être que lui aussi, était curieux de quelque chose la concernant. Elle en doutait fortement, après tout, tout Spira ou presque, connaissait sa vie. Pauvre orpheline recueillie par l'église qui devint par la suite un symbole vivant de l'espoir.

La végétation avait doucement changé, devenant plus dense. L'humidité commençait à plaquer quelques mèches de ses cheveux contre ses tempes, elle ôta alors sa capuche. Le chemin était bien dégagé et des clôtures magiques empêchaient les monstres les plus faibles de venir s'aventurer sur la route. Par endroits, Ryme discernait des tâches de chatoyantes au milieu de la jungle : des fruits colorés et charnu perçait la verdure de la frondaison. Mais, elle se souvenait de la leçon : ici, les choses les plus belles étaient souvent les plus dangereuses.

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Cillian

Monsieur tout le monde

le Sam 8 Déc 2018 - 16:02
La jungle déroule doucement devant nous. Je crois que j'ai bien fait de prendre ce chemin, en fait. Pas que je me rappelle spécialement, mais … Aucune chance que l'autre n'ait été là alors que j'étais gamin. Je connais mon père, jamais il n'aurait laissé un passage se perdre dans la fange, pas aussi près de chez lui. Ça doit sûrement être un nouveau passage qui n'est pas encore vraiment emprunté. Mais peu importe. Prendre un chemin comme l'autre, ça aurait quasiment été du suicide. C'est un truc qui a encore du mal à rentrer dans le crâne des gens. Avec la fin de la Félicité vient un certain renouveau dans l'activité des monstres. D'autant plus qu'il reste malheureusement des squames qui traînent sur l'île. La plupart ont été repoussés pour l'instant, mais ce n'est qu'une question de jour avant qu'un ne s'approche trop prêt d'un village. J'en viens presque à me demander si c'était une bonne idée, cette sortie.

Et la voix de Ryme me conforte un peu sur cette idée. Je ne sais pas pourquoi, mais je n'ai pas l'impression qu'elle a l'air super heureuse. J'espère qu'elle ne pense pas que je prends des gants avec elle parce qu'elle a son soucis à la jambe. Non. Ce n'est pas son genre. Elle sait que je ne pense pas comme ça, non ? Ou alors … Ugh. J’essaie. Je promet que j'essaie. De ne pas laisser les démons décider. De ne pas les laisser me parler dans l'oreille. Mais ce n'est pas facile. Il faut que je me concentre sur ses questions plutôt.

« Non, c'est moi le plus jeune. »

C'est vrai que Jienne fait pas mal plus jeune que moi, mais non. Je pense que c'est parce qu'elle a un peu plus de chair sur les os que moi. J'ai un peu cet air squelettique et fatigué qui fait qu'on me donnerait facilement dix ans de plus, alors qu'elle a l'air beaucoup plus emplie de vie.

« Et pour le coup, quand j'étais petit, c'était plus avec Garan que j'avais des soucis. Enfin, soucis. On se chamaillait quoi, mais il n'y a jamais eu de grands problèmes, je crois. Dans mes souvenirs, il a toujours été assez … Comment dire. Porté sur les règles. Et moi … Heh. »

Elle connaît mon amour pour les règles, je crois.

« C'était plutôt ça les points de friction. Et il ne me semble pas que Jienne s'en mêlait, sauf quand ça la dérangeait. Nos parents étaient plutôt … Je ne vais pas dire absents, même si papa travaillait beaucoup, mais … Ils nous laissaient faire nos expériences. Il étaient là pour éviter qu'on se fasse trop mal où qu'on se mette trop dans l’embarras, mais pas plus. C'est … Une façon de faire. Quand il n'y a personne pour ramasser les pots cassés pour nous, on apprendre assez vite à ne pas les casser, au final. Ou a aimer ramasser de la poterie, je présume. »

Je hausse ls épaules.

« Enfin, je crois. Je dois t'avouer que n'ai pas la confiance la plus totale en mes souvenirs. »

Dans le coin du regard, je vois un arbre étoile. Wah. Je fronce les sourcils. Je crois que ça débloque quelque chose dans mon crâne. Je pointe du doigt l'arbre que Ryme est en train de regarder.

« Hey, tu as l'oeil mon amour. C'est un arbre étoile. On l'appelle comme ça parce que quand le fruit est mûr, la peau … Euh. Comment dire. Elle garde la lumière du soleil ? Du coup, la nuit ça fait des petites lueurs. Comme des étoiles. »

Je m'approche de l'arbre.

« Ils n'ont pas encore l'air tout à fait bons. D'ici quelques jours ça devrait être bien. Par contre, je te déconseille de les manger. Leur peau est vraiment pas bonne au goût et a tendance à faire aller aux toilettes. Ils sont un peu comme ce poisson là. Si tu sais exactement le préparer, ça peut être bon, sinon il vaut mieux pas le manger. Je pourrait demander à ma mère si tu veux. »

Doucement, je me rapproche de la jolie rousse avant de la prendre un peu contre moi.

« Ça va ? La jungle, ça te plaît ? »

Pour l'instant, on a de la chance, on a encore croisé aucun soucis. Pas de monstre qui se perds ou rien. Les charmes protecteurs tiennent pas mal. Après l'avoir câlinée un peu, je m'éloigne doucement. Il faut reprendre le chemin.

« L'arbre me dit quelque chose. On ne doit plus être loin. »

Et effectivement, a quelques pas d'ici, le chemin se sépare de nouveau en deux. Enfin, plutôt un petit chemin fait fourchette. Je pense que c'est par là qu'il faut aller. Maintenant qu'on es ici, je crois me souvenir que j'avais taillé un petit bout tout seul, pour être sur que personne ne découvre ma cabane. Peu après l'arbre étoile. Ça ferait sens que ce soit ça. Après tout, j'ai été jusque cette cabane assez tard. Je pointe le chemin du doigt.

« Allez, on va faire un peu de hors piste. Il va falloir faire attention, d'accord ? Normalement, il n'y a pas beaucoup de monstres dans ce coin, mais avec les squames ... »

On ne sait jamais. Allez, en route.

« Sinon, je ne me souviens plus de grand chose. Mais je pense que j'étais du genre à … Rétablir ce qui me semblait être juste, si tu vois ce que je veux dire. A combattre les brutes, tout ça. C'est peut être pour ça que je suis un peu idiot. Je me suis peut être un peu trop fait cogner sur le crâne quand j'étais enfant. Ca ferait sens. »

Et maintenant, des questions pour elle.

« Ne le prends pas mal, mais je ne me souviens plus vraiment … C'est au temple de Djose que tu étais quand tu étais petite, non ? Avant d'être recrutée par le petit cirque des horreurs. »

Je me gratte le menton.

« Tu as encore des liens avec les gens de l'époque ? Les prêtres, tout ça. Je … Je ne sais pas trop comment ça fonctionne, tout ça. Et quel âge ils pouvaient bien avoir. »

J'ai une autre question tiens.

« Tu avais des amis, avant ? Et pendant les voix ? Des vrais amis, pas les espèces d'histoires que l'église concocte pour faire plaisir au public. »

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Ryme

Invokeure

le Dim 9 Déc 2018 - 11:00
Au final, tout ce qu'elle s'était imaginé était faux. Il était le plus jeune de sa fratrie et enfant, il se disputait avec Garan. Bien qu'elle se soit trompée, Ryme imaginait sans peine la situation quand-même : un petit Cillian, aux cheveux plus courts et au sourire partiellement édenté, qui s'opposait à son grand-frère déjà conformiste. Un sourire s'installa sur ses lèvres, faisant s'envoler toute trace d'ombre dans son cœur. Peut-être qu'au final, il n'avait pas tant changé que cela. La Via n'avait pas tout prit, tout détruit, tout saccager. Les souvenirs, bons comme mauvais, étaient là, quelque part. Et si son cerveau ne s'en rappelait pas, sa chair elle, savait.

Son regard perdu dans la canopée, se laissa distraire par la vidéosphère de ses souvenirs. Bien que plus cachectique, plus sombre aussi, Ryme savait qu'il restait une part de celui dont elle était désespérément tombée amoureuse en lui. Elle n'en doutait pas, n'en avait jamais douté. Il y a des choses que même la pire des épreuves ne peut pas vous arracher. Sa défiance envers l'église, briser les règles et les tabous, son indépendance et sa soif vorace de liberté, ces qualités étaient toujours là, intactes.
L'invokeure allait lui faire part de ce sentiment, lorsqu'elle s'aperçut qu'il regardait dans la même direction qu'elle. Il la félicita sans raison, ce qui la dérangea un peu : elle n'avait pas l'oeil, juste de la chance d'avoir le nez tourné vers le ciel au bon moment. La chance ne pouvait pas être récompensée.

L'arbre étoile était un végétal étrange ; son tronc n'était pas le plus grand ni le plus épais des arbres de la jungle. Mais pourtant, il réussissait tout de même à s'épanouir, sans doute grâce à cette particularité de captation de la lumière. Ils s'approchèrent et Ryme essaya de regarder s'il était le seul représentant de son espèce. Après un soigneux examen de la frondaison, il semblait être le seul Arbre étoile de la zone. Dommage, car maintenant, que Cillian avait parlé de la nuit éclairé par les fruits, la jeune femme avait eut envie d'une nouvelle escapade, nocturne cette fois-ci, pour contempler le spectacle des arbres en pleine luminescence.
Prenant son rôle de guide très au sérieux, Cillian lui expliqua que les fruits de cet arbre merveilleux n'étaient pas comestibles. L'île devait sans doute avoir d'autres usages pour eux. Rien ici, n'était laissé de côté : le ciel, la terre et la mer, fournissaient tout ce dont les habitants avaient besoin pour vivre. Perdue dans sa contemplation, Ryme ne vit pas que son protecteur s'était rapproché d'elle. D'un geste tendre, il la captura dans ses bras et elle se laissa aller avec grand plaisir à cette étreinte, tout en riant légèrement. Tout semblait naturel, à sa place dans l'univers.

“Heureusement que tu es là, sinon je pense que je serais déjà perdue.” avoua-t-elle en guise de réponse quant à sa question, un léger sourire passant sur ses lèvres.
Le crépuscule de sa rancœur s'était déjà levée : pourquoi n'arrivait-elle pas à être plus sévère avec lui ? Pourquoi fallait-il qu'il trouve toujours le moyen de regagner ses faveurs ? Il se sépara d'elle, évoquant la réminiscence de souvenirs grâce à l'arbre étoile. Il désigna un chemin, plus sauvage et plus ténu, guère plus visible qu'un passage d'animal.

Ryme se contenta d’acquiescer silencieusement tout en le suivant, elle attrapa timidement le bout flottant de sa tunique, espérant ainsi pouvoir garder un rythme décent. Il continua de parler des maigres brides de souvenir qu'il possédait encore, comme elle se l'était imaginé lorsqu'ils avaient parlé d'Olma, Cillian avait toujours été un petit redresseur de tort, quitte à s'attaquer à plus fort que lui. Une bonne partie des cicatrices qu'il possédait avait sans doute été gagnées sur cette île. Peut-être qu'un soir, elle devrait le pousser à faire l'exposer de chacune d'entre elles. Le rouge lui monta aux joues, heureusement que cette soudaine poussée de fièvre était masquée par le climat chaud de la jungle.

Quelques mèches de ses cheveux commençaient à frisées ou bien à se coller contre sa peau. Le capuchon qu'elle portait pourtant rabattue lui semblait de plus en plus suffoquant. L'Invokeure espéra que la cabane de son bien-aimé, n'était pas loin de la route qui menait à la cascade, afin de pouvoir s'y rafraîchir. Soudainement, alors qu'elle allait reprendre la conversation pour l'orienter dans ce sens, il lui posa quelques questions. À vrai dire, elle ne s'y attendait pas ; personne ne lui posait jamais de questions sur sa vie, puisque tout le monde la connaissait. Et puis, ce n'était guère intéressant et ne différait pas fondamentalement de l'histoire de beaucoup d'habitants de Spira. Une sorte de tristesse mélancolique nappa son visage : ils s'étaient déjà raconté tout ça, avant.

“À vrai dire, je n'ai pas beaucoup de souvenirs avant les environs de mes dix ans. Je me souviens d'avoir été de temple en temple, mais sans vraiment me rappeler des détails. Mes parents me laissaient pour des périodes plus ou moins longues là-bas. Mais lorsqu'ils ne sont pas revenus après la victoire de Lady Yocun, c'est à Djose que j'ai été confiée, oui.” répondit-elle en essayant de formuler les choses d'une manière claire et simple. Ryme essayait également de prendre de grandes inspirations, gonflant ses poumons, pour pouvoir continuer à converser tout en marchant hors du sentier sécurisé.

“Le grand-prêtre de Djose m'a aidée lorsque j'ai voulu devenir Invokeure. Gordias m'attendait là-bas, il avait pour mission de me reconduire à Bevelle. C'est lui qui m'a offert mon bâton. Mais sinon, malheureusement, toutes les autres personnes m'étaient inconnues. Mes anciens camarades sont sans doute tous partis. Et puis, je n'étais restée que quelques mois avant de partir pour la capitale.” continua-t-elle, légèrement plus essoufflée qu'avant. Il eut la gentillesse de ralentir le rythme, permettant à Ryme de reprendre un peu ses esprits et de boire une lapée d'eau fraîche. Elle poussa un soupir satisfait en sentant l'agréable cheminement du liquide dans sa gorge.

“Pour être honnête, à Djose j'étais très amie avec Ezra. Mais après mon départ, je n'ai pas vraiment eut la chance de le revoir. Bien que nous nous soyons recroisés il y a peu : il était devenu un joueur de Blitzball très connu. Mais nous nous sommes disputés à cause du fait que j'étais devenue Invokeure. Depuis je ne l'ai pas revu.” commenta-t-elle d'une voix un peu maussade.

“Si je dois être honnête, je ne pense pas avoir eut des amis au sens... Classique du terme. J'ai rencontré des gens, mais à cause du fait que j'étais une Voix et donc, toujours en déplacement où dans nos quartiers à Bevelle, nouer des relations n'était pas une chose aisée.” sa voix était redevenue plus plate, c'était un fait : difficile de devenir très amie avec une personne que l'on croisait que très rarement et qui, vous enviait la plupart du temps.

“Et au sein des Voix... On pourrait penser que la plupart des artistes se serrent les coudes, mais, malheureusement non. Les avantages, les privilèges ne sont pas les mêmes pour tous. Pour mener une “belle vie”, il fallait être parmi les artistes les plus populaires. La compétition était, de ce fait très rude qu'il n'y avait malheureusement pas de place pour les amitiés sincères. Il fallait toujours porter un masque, cacher ses émotions, ses faiblesses et ses failles... La moindre brèche pouvait être fatale.” Ce système avait été, pendant trop longtemps, son unique repère. Elle aussi, à sa grande honte, avait joué le jeu des Voix. Ryme n'avait jamais été mesquine ou vipérine comme certaines, mais elle n'avait rien fait pour changer les choses.

“Mais, j'avais une rivale. Elle s'appelait Violaine, une vraie peste. Elle me détestait. Avec le recul, je crois que c'était la seule relation sincère que j'entretenais avec quelqu'un là-bas.” que devenait-elle ? Etait-elle toujours aussi populaire ? Ryme avait entendu la rumeur comme quoi, son ancienne rivale avait demandé à devenir Invokeure elle aussi. Mais elle ne l'avait jamais croisée, ni rencontré au cours de ses voyages.

“Tu avais construit cette cabane pour quelle raison ? Tu y allais souvent ? Ça n'inquiétait personne que tu t'éclipses souvent ou que tu manques les cours ?” demanda-t-elle pour relancer la conversation sur quelque chose de plus joyeux. La vie de Cillian, ici, avait sans doute été bien plus intéressante que la sienne.

Des points de couleurs délicats et un son attirèrent l'attention de Ryme. Elle s'arrêta de marcher, observant la jungle. Une fleur, qui poussait délicatement tout en longueur, semblait l'invité à venir vers elle. Ses pétales, en forme de clochettes, tintinnabulaient au gré d'une légère brise. La corolle changeait de couleur en oscillant sous les rayons discrets du soleil. La jeune femme observait la chose, fascinée.

“Cette fleur est magnifique, tu sais comment elle s'appelle ?” demanda-t-elle tout en luttant contre son envie d'aller plus près.
Ryme se mit sur la pointe des pieds, essayant de projeter son regard plus loin. Une clairière parsemée de ces plantes semblait se dessiner. D'autres pousses, moins élégantes, mais tout aussi surprenantes sortaient de terre.

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Cillian

Monsieur tout le monde

le Ven 21 Déc 2018 - 23:27
Bien sur que tu serais déjà perdue sans moi, Ryme. La jungle, ce n'est l'amie de personne, au final. Je ne relève pas sa remarque et choisit de continuer à avancer. Nous ne sommes pas encore arrivés après tout, et je commence à douter un peu, au final. Cette cabane, au final, quelles sont les chances qu'elle soit encore debout ? La jungle est toujours changeante. J'espère juste que Ryme ne sera pas trop déçue si on ne tombe pas dessus. Moi, je dois avouer que je me sens assez ambivalent. Même si j'aimerai bien la retrouver, au final, je ne ressens plus tout l’attachement que je pourrai avoir pour cette partie de mon enfance. Encore quelque chose qui n'a pas survécu a la via.

Je l'écoute sagement quand elle réponds, sans totalement me concentrer sur ce qu'elle dit. Après tout, je suis pionnier, un peu, entre nous deux. C'est à moi de retrouver le chemin. Effectivement, elle a bien été élevée à Djose. Un point pour ma mémoire. J'ai le sentiment, au fond de moi, que c'est une discussion que l'on avait déjà pu avoir. Cependant, ma mémoire … Je ne suis même pas sur qu'au final, notre discussion actuelle va totalement être imprimée dans mon cerveau. C'est un réaltié déprimante, mais une réalité quand même, et je n'ai pas envie de m'en soucier plus que cela. En tout cas, ce qui est sur, c'est que la suite, je n'en suis pas au courant.

C'est le prêtre de Djosé qui l'a aidé a fuir. Intéressant. Et bon a savoir. Si jamais on se croise, il faudra que je pense a remercier le bonze. Elle parle ensuite de son gardien. Il avait donc pour mission de la reconduire à Bevelle. Mission qu'il a visiblement décidé d'abandonner. Un pari risqué, parce que même si le manteau de Gardien est sensé être protecteur, tout le monde ici sait que quand l'église a décidé de vous chier dans les bottes, elle le fera qui que vous soyez.

Elle s’arrête pour boire avant de mentionner un nom. Ezra. J'ai le sentiment, encore une fois que c'est un nom que je suis sensé connaître. Un peu, au moins. Encore une célébrité ? Je fronce les sourcils quand elle explique que c'est un homme. Un peu de jalousie naît dans mon cœur. Peut être qu'elle serait mieux avec lui, au final. En plus, lui non plus ne veut pas qu'elle risque sa vie pour les ingrats. Peut être un gars pas trop mal, au final. Elle explique ensuite ne pas avoir d'amie dans les Voix. C'est compréhensible, surtout en écoutant ce qu'elle explique. C'est vrai que ça ne doit pas être une situation facile. Raison de plus pour faire tomber le système. Elle parle enfin d'une rivale. Violaine. Encore ce sentiment d'être sensé connaître, sans pouvoir mettre une image ou une raison dessus. Enfin, une raison, si. Si elle était une voix rivale de Ryme, il est probable qu'elle soit connue elle aussi.

« Pour quelle raison j'ai construire la cabane ? »

Je me gratte la joue. Il y a besoin d'une raison pour ça ?

« Pour m'amuser, je présume. Pour avoir un endroit à moi aussi. Si … Si je me souviens bien, on vivait avec les grands parents, à l'époque. Je présume qu'ils ont … Oh. »

Oh, en effet. Si ils ne sont plus là, il n'y a qu'une raison. Cela ne m'attriste pas vraiment. Et cela m'attriste, de ne pas être attristé. Est ce que c'est parce que je ne m'entendais pas bien avec eux ? Est-ce que c'est parce que je ne me souviens simplement plus d'eux ? Ou bien encore est-ce a cause des choses que l'on m'a fait dans la via ? Je ne veux plus y réfléchir et enchaîne.

« Et pour l'école … Tu sais, par ici, c'est plus une suggestion qu'une obligation, l'école. On y va si on a envie plus qu'autre chose. Enfin, non. On est sensé y aller, mais personne ne va aller nous chercher si on y va pas. Beaucoup de familles ont besoin des bras des enfants pour faire tourner boutique. Je crois que c'était ça. Quand ils ont vu que ça ne me plaisait pas. J'ai .. filé des coups de main ? Je … Je crois. »

Je secoue un peu la tête.

« Ce qui est sur, c'est qu'ils avaient de toute façon assez de scolarité avec mon frère. Je crois que Jienne non plus n'est pas restée longtemps à l'école. »

Elle change ensuite de sujets en montrant du doigt d'une fleur. Mon regard s'illumine un peu.

« Pas vraiment, mais j'ai de meilleures nouvelles. »

D'un bond, je m'éloigne pour m'approcher de la clairière. Normalement, il devrait y avoir un … Oui, un saule Hagalu. Oui ! Je me souviens maintenant. Rpidement, je me dirige au pied de l'arbre.

« Viens voir Ryme ! »

Je pointe du doigt le bas du tronc. Gravé dans l'écorce et maintenant presque disparu, on peut y lire, dans l'écriture d'un enfant peu instruit : Allez vous en ! 

« C'est ici. Regarde, l'arbre derrière, en … haut. »

Effectivement, ma cabane est là. Enfin, était serait peut être un meilleur mot. C'est logique ,ce qui s'est passé. La jungle n'est l'amie de personne, n'est-ce pas ? De la cabane, il ne reste que les planches éparses. Le temps n'a pas été délicat avec ma petite construction de bric et de broc. Mon cœur se pince un peu.

« Je crois qu'on ne va pas pouvoir aller dedans. »

Je soupire.

« En tout cas, c'est un joli endroit. Si Jienne n'a pas encore choisi de lieu, ça pourrait être bien ici, non ? Tu en penses quoi ? »

Je souffle un coup avant de me recomposer. Il ne faut pas que je fasse la tête. On est venus ici pour passer un bon moment.

« Tu veux te reposer un peu ? On a pas mal bourlingué déjà, et je ferai bien une petite pause moi. Ca t'irait ? »

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Ryme

Invokeure

le Lun 24 Déc 2018 - 10:41
Pour le simple plaisir, l'amusement Cillian avait érigé ce petit bastion. Ces notions paraissaient étranges à Ryme, qui, de son enfance n'avait garder que le souvenir d'être balloté au gré du vent, un sentiment de solitude, mais également une discipline de fer. Les joies futiles n'avaient guère eut de place dans sa vie, c'était peut-être pour cela qu'elle n'était pas la personne la plus drôle ou la plus joyeuse du monde : ces choses-là, ne s'apprenaient pas comme on ingurgite des partitions.
Mais, elle comprenait bien plus son désir d'indépendance. Lorsqu'elle avait eut sa propre chambre au sein des Voix et non plus à partager un dortoir, elle avait été heureuse d'avoir enfin une chose véritablement à elle. Même si, au final, c'était un cadeau empoisonné. L'Invokeure n'avait plus de famille depuis longtemps, elle ne se souvenait pas d'en avoir connu une, mais elle imaginait sans peine l'ambiance pullulante qui devait régner à l'époque dans la petite maison de famille de son compagnon.

Un sourire flanqué sur le visage, Ryme essayait d'imaginer Cillian à cette époque : les cheveux plus clairs et un peu mal coupé en brosse, le teint caramel à cause du soleil, du sel et de la mer, avec deux grands yeux gris comme les embruns moqueurs. La culpabilité lui revint au ventre : arriverait-elle un jour à passer outre ce sentiment ? Elle n'avait pas la réponse, mais elle espérait que petit à petit, ces tourments s'apaisent. Sans quoi, bien que liés pour l'éternité par bien des promesses et des contrats, ils devraient probablement renoncer l'un à l'autre.

Ryme se pencha lentement pour mieux observé la fleur merveilleuse qu'elle avait mit en exergue. Elle voulait retenir le plus de détails possibles à son sujet, afin de chercher son nom plus tard, lorsqu'elle serait de retour à son officine. L'envie d'en cueillir une lui vint, mais elle lutta contre celle-ci : Cillian l'avait déjà assez prévenu que les plus belles choses de l'île, celles qui attiraient le regard, n'étaient pas forcément des choses bénéfiques. Soudainement, il s'avança dans la clairière d'un bond, avançant dans les herbes hautes jusqu'à atteindre un immense saule. Le tronc épais indiquait que l'arbre était très vieux. Malgré la végétation alentour, il perçait fièrement vers le haut, étirant ses branches le plus possible pour atteindre les rayons du soleil.

La jeune femme suivit le mouvement, avec un peu moins d'en train. Ses muscles s'étaient légèrement refroidis, perdant leur souplesse, réveillant les veilles blessures. Ryme boitilla ainsi jusqu'au tronc, pour y découvrir avec émotion, l'écriture maladroite et antique de Cillian. La cabane n'était plus très loin, puisqu'ils étaient entrés dans le périmètre qu'à l'époque, il avait déclaré être son territoire. L'arbre juste derrière le saule abritait les restes malmenés par le temps de l'abris. Quelques planches avaient été absorbées par la jungle qui avait reprit ses droits.

“Non, en effet. Et je pense que je n'aurais pas été capable de m'y hisser de toute façon.” répondit Ryme d'une voix douce. L'absence d'une partie de son muscle l'empêchait de faire certaines choses et si monter certains escaliers lui était déjà pénible, elle n'osait pas imaginer le résultat si elle avait dû grimper à la corde ou prendre une simili échelle de meunier.
Elle s'approcha tout de même de son pas, si distinct mélange de prudence et de maladresse. La clairière s'étendait encore sur plusieurs mètres derrière les arbres. Quelques matériaux de construction étaient étalés sur le sol, vestige de la cabane.

“Ce n'est pas dangereux de s'abriter aussi profondément dans les terres ?” demanda-t-elle vis-à-vis de la proposition d'installer le cadeau de Jienne ici.

“Et puis, je ne connais que très peu la jungle, mais... C'est plutôt... Humide, non ? La maison elle-même risque d'avoir du mal à tenir, alors je pense que nos affaires ne feraient pas long feu.” Loin d'être matérialiste, Ryme n'avait pas peur de perdre ses possessions, mais il fallait reconnaître qu'elle avait du mal à croire la vie possible ici. La chaleur ne cessait d'augmenter et sa robe était déjà constellée de gouttes de sueur.

“Allons faire une petite pause, plus loin dans la clairière oui. Je commence à être un peu fatiguée.” avoua-t-elle poliment en amorçant le mouvement. Elle trouva une grosse pierre, pleine de mousse qui trônait paisiblement au soleil. La roche brillait d'un éclat sauvage et sa surface était chaude. Ryme s'y installa avec plaisir, laissant sa jambe pendre pathétiquement afin de détendre les muscles qui étaient trop contractés.

“Je suis contente que l'on ait retrouvé ta cabane. Même si elle est en mauvaise état.” dit-elle doucement, pour briser le silence qui s'était installé entre eux. Le cris des oiseaux accompagnait sa voix légèrement rauque, encore un peu brisée.

“J'ai de l'admiration pour le toi du passé : ça fait un sacré chemin pour un enfant, même du coin. Ça a dû être une expérience incroyable de la construire ! Tu l'avais fait tout seul ?” Elle le savait débrouillard, mais pour un préadolescent, entreprendre la construction d'une telle construction semblait être un chantier titanesque, l'ancienne voix était épatée.

“Tu aurais pu faire un très bon bâtisseur” ajouta-t-elle. Ce n'était qu'une petite remarque de rien, il ne verrait probablement pas l'allusion – elle en était même sûre, mais elle essayait de lui donner des idées pour... L'après. Après la haine, après la revanche, après le voyage, après l'église, après elle.

“Je crois que j'aimerais, définitivement, mieux vivre dans un endroit plus... au sec.” plaisanta-t-elle en essuyant son front avec son mouchoir en tissu. Les fibres se gorgèrent de sueur avec avidité, mais sa peau redevint aussitôt poisseuse. Une moue d'inconfort perça sur son visage serein.

“Mais je suppose que je survivrais à tout, du moment qu'on est ensemble !” ajouta-t-elle en pressant un nouvelle fois le carré de tissu contre ses tempes.
Entre les hautes herbes folles qui lui caressaient les pieds, quelque chose de brillant attira le regard de Ryme. La jeune femme se pencha avec précaution et elle trouva, un cristal tout en longueur, aussi translucide que du verre, mais légèrement plus sombre. Elle porta sa découverte vers un rayon de soleil : la lumière se fractura dans un arc-en-ciel.

“C'est du verre volcanique ?” demanda-t-elle timidement, après tout, elle n'y connaissait rien.
“Même si, ce n'en est pas, je pense que je vais l'emporter, en guise de souvenir !”

Une légère brise souffla dans la clairière, faisant tintinnabuler toutes les fleurs-clochettes. Ryme tourna presque timidement son regard vers Cillian. Le soleil le touchait, comme si Yevon lui-même lui accordait sa grâce. Les ombres de son visage lui donnaient un air beaucoup plus sérieux, mais elle pouvait déjà voir les progrès réaliser en quelques semaines sur l'île. Malgré la chaleur qui l'étouffait un peu, Ryme s'approcha un peu plus, serrant au creux de son poing, sa trouvaille. L'invokeure déposa un baiser au creux de son cou, juste en dessous de la mâchoire.

“J'aurais bien aimé que l'on se rencontre enfant. Je suis sûre qu'on aurait fait un duo de choc !” un rire presque enfantin, s'éleva de sa gorge, tandis qu'elle se repliait, s'éloignant comme l'océan pour un court instant.

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Cillian

Monsieur tout le monde

le Lun 31 Déc 2018 - 13:13
Effectivement, ça aurait été difficile pour elle de monter. Il aurait fallu faire un système de poulies, je présume. Une sorte d'ascenseur. Et je ne crois pas avoir ce qu'il faut avec moi pour le faire. Il y a bien des morceaux de cordes qui traînent, mais vu leur état et leur age, je ne donne pas cher de quoi que ce soit que l'on fabriquerait avec. Si Ryme pouvait ne passe se briser une jambe à cause de moi, ça m'arrangerait assez, au final. Le point qu'elle lève ensuite fait sens. C'est vrai qu'on est loin de tout enchantement protecteur. Mais après … Bon, okay, je ne sais pas comment ils fonctionnent, mais peut être que c'est possible de les étendre ? Au final, ils ont bien du être créés ces enchantements, non ? Donc en créer de nouveau devrait être possible. Après, c'est vrai que … Les gens ont peut être autre chose a faire que penser à ça. Par contre, pour ce qu iest de l'humidité … C'est vrai que j'ai du mal à me mettre à la place des autres. Pour moi, c'est naturel. Peut être qu'elle a raison.

Je la suis jusqu'à ce qu'elle s’assoit et m'appuie contre un arbre non loin. J'ai le sentiment que si je m’assois maintenant, me relever sera très compliqué. Il y a comme une sorte de fatigue qui s'installe doucement dans mes jambes. Peut être que je me pousse un peu trop fort. C'est vrai que ça fait un moment que je n'ai pas eu de vrai repos. Cependant, je ne m'attarde pas trop sur ces pensées, car Ryme me parle. Moi aussi, je suis assez content. Ça veut dire que tout n'est pas encore tout enfoui dans mon crâne. Pour la cabane en elle même, je dois avouer que je pensais que je serais un peu plus content que ça de la retrouver, mais bon. C'est la vie. Je me passe la main dans les cheveux, gêné, quand elle me complimente. Ce n'était pas si dur que ça, au final. Je pense que c'est plutôt parce que tu n'as pas l'habitude de la nature, mon amour. Du travail manuel. Et non. J'aurai fait un bon bâtisseur si ce que j'avais construit avait tenu. Un bon bâtisseur, ses constructions ne disparaissent pas en quelques années.

Elle ramasse quelque chose par terre et le met au soleil. La réfraction de la lumière réponds, sans qu'elle le sache visiblement, a sa question. Enfin, quasiment. C'est soit du verre volcanique, soit une excellente imitation. Et au vu de l'endroit, il est fort a parier que c'est du vrai. Qui irait semer du faux verre en plein milieu de la jungle de Besaid, a quelques kilomètres de, très sûrement, quelques jolies veines. Doucement, elle s'approche de moi et pose ses lèvres dans le creux de mon cou, avant de faire une remarque qui me fait rire doucement.

« Tu sais, je n'en suis pas persuadé de ça. »

Je baisse doucement mon regard et soupire très légèrement. Ce qu'elle peut être belle, putain.

« Je n'ai passé ma phase « Oh mon dieu, les filles c'est sale et c'est méchant » qu'il y a peu. En toute vraisemblance, si on s'était rencontrés gamin, on ne se serait jamais parlé. Du moins, à l'époque. Tu aurais été une sale fille. »

J'écrase volontairement le dernier mot, pour imiter un enfant mal luné. Ensuite, alors qu'elle s'éloigne un peu, je passe mes bras autour de ses hanches pour l'attirer de nouveau contre moi.

« Après, je pense que si il y a bien une fille qui aurait pu me faire changer d'avis, c'est toi. »

Je pose délicatement mes lèvres sur sa joue.

« Après tout, c'est toi qui m'a fait changer d'avis quand j'étais adulte. »

C'est vrai. Peut être que si je ne l'avais jamais rencontrée, j'aurai fini vieux garçon. Honnêtement, je ne me vois pas me mettre en couple ou me marier juste comme ça, parce qu'il faut le faire. Surtout dans l'état dans lequel je suis. Mon visage s'attriste un peu. Je suis content de t'avoir rencontré, Ryme, mais je dois avouer que parfois, ce qui m'est arrivé pèse. Même si ce n'est pas ta faute. Pour éviter de montrer mon trouble, je cache mon visage dans son cou. Je reste en silence comme ça quelques secondes, à ne rien faire d'autre que respirer son odeur. Enfin calmé, je me redresse un peu.

« Je suis d'accord avec toi. Tant qu'on est ensemble, tout me va. »

Un autre petit soupir échappe mes lèvres. Je me sens tellement las, en fait.

« Je me demande l'heure qu'il est tiens. On a mis combien de temps pour revenir jusqu'ici ? »

Ce n'est pas que je m'ennuie, non. Mais en sachant a combien on est du village, je peux me faire une idée du temps qu'il nous faudra pour atteindre la cascade.

« Je pense qu'on a deux choix, mon amour. Soit on part tout de suite et on arrivera pour midi a la cascade, et on mange là. Ou alors, on se garde la cascade pour plus tard, dans l'aprem, et on se ballade encore un peu dans la jungle pour trouver un endroit sympa pour manger. »

Je souris.

« Ou alors, on peut rester ici aussi, ça ne me dérange pas. Je peux essayer de nous bricoler rapidement une petite table. Ça pourrait être marrant aussi. »

Doucement, je nous attire jusqu'à ce que nous soyons assis au pied de l'arbre.

« En tout cas, j'ai envie de me poser un peu. Si ça ne te dérange pas. »

J'inspire un bon coup.

« En tout cas, ça fait longtemps qu'on a pas été tout les deux tout seul comme ça. Ça m'a manqué. »

Je serre un peu plus mes bras, comme si j'avais l'impression qu'elle pouvait disparaître a tout instant.

« Je t'aime, Ryme. »

Parfois, il y a des choses qu'il faut dire. Et entendre. Et s'entendre dire.

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