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I don't want you to hate for all the hurt that you feel [ PV Cillian ]

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Cillian

Monsieur tout le monde

le Dim 4 Mar 2018 - 23:12
Même si c'est une bonne nouvelle, je n'arrive pas pour autant à être content de ce tour des événements. Et dans les mots de Garan, on peut tout à fait trouver pourquoi. Je vais devoir m'appuyer sur ma famille. Je vais devoir utiliser son nom. Sa renommée, si modeste soit elle. Et ça ne me plaît pas vraiment. L'impression de revenir en arrière. De ne plus vraiment être un adulte libre. J'essaie de ne pas le montrer. Il faut que je sois fort. Il faut que je rassure ma douce rousse aimée. Au pire, on parlera de mes états d'âme plus tard. Quand il sera trop tard pour reculer. Quand elle ne pourra plus briser ça. Je t'aime Ryme, et je sais que tu m'aimes. Et je pense que parfois, ça peut nous faire défaut.

Et effectivement, le chef des banisseurs pourra être un problème. Ravi de raconter cette histoire ? Je ne pense pas. Cependant, bon. Pourquoi pas après tout. Je préfère qu'elle l'entende de ma part plutôt que dans une soirée par un membre de la famille un peu trop arrosé. Je soupire un peu. Je n'ai pas envie de passer par là, mais je sais qu'il va falloir le faire. C'est un fait. C'est infect, mais c'est un fait. Je ronchonne un peu quand il dit que je pourrais être un soucis. Si ça fait chier, je peux aussi bien partir hein. Je savais que revenir est une mauvaise idée. Encore une fois, Ryme m'appelle son navet. Je lui tire la langue et la regarde aller jusque la coiffeuse.

C'était une discussion intéressante. Pas ma préférée, mais bon. On ne peut pas toujours parler comme je le voudrai. Surtout que, plus ou moins, cela signifierait qu'on ne parlerait pas. Mais bon. Je vais travailler avec l'église. Hah. Si on m'avait dit ça il y a un mois, je pense que j'aurai rit. Ou pleuré. Je ne sais pas. Mon cœur est lourd. Bien plus qu'avant cette discussion en tout cas. Il va falloir que je fases attention. A ce que je dis. Ce que je fais. Je risque d'attirer les béni oui oui après tout. Pas le genre de gens devant qui il est de bon ton de parler du clergé en des termes négatifs. Et bon, je n'ai pas vraiment envie de causer des soucis. Pas que je m'inquiète pour ma famille. Non. Loin de là. Mais je n'ai pas envie de complications. Je regarde Ryme se préparer. Surtout pas pour elle. Elle ne mérite que le mieux. Que le plus grand des calmes. Elle mérite que je fasse des efforts. Je soupire un peu avant de me relever. Je dégouline. D'un geste lent, j'attrape un pain de savon avant de me frotter. Autant essayer de faire semblant de pouvoir être présentable, non ? Après tout, je ne veux pas ficher la honte à la plus belle femme du monde.

« Si tu veux, je peux déjà te raconter des trucs. »

Je lui adresse un sourire un poil forcé. Je n'ai pas envie, mais comme dit plus haut, je préfère que ce soit moi qui raconte. Au moins, je sais que ce sera la vérité qui sera dite. Suivant les personnes, on me fera passé soit pour un héros, soit pour un bourreau. Et je ne suis ni l'un, ni l'autre. Je commence à ressembler a un bonhomme de neige, avec toute la mousse.

« Pourquoi le chef de banisseurs ne m'aime pas, par exemple. »

J'ai le sentiment que c'est la plus grande des histoires qui m'est arrivée ici. Je crois. Je ne vois pas autre chose, là comme ça. Mais après, qui sait ce que j'ai bien pu oublier ? Bref.

« Alors. Ce qu'il faut savoir, c'est que le chef des banisseurs à un fils. Holma. Il a quoi ? A peu près mon âge ? Peut être un peu plus vieux. On va sûrement le voir ce soir, si il ne s'est pas cassé de l'île. Mais vu comme c'est un fils à papa, je doute qu'il se soit barré. Bref. »

Je marque une petite pause et commence à me rincer.

« Un gros con, cet Holma. Vraiment. Ce qu'il faut savoir, c'est qu'il y a pas des masses de notables sur l'île. C'est pas comme dans les villes du continent, où y'a genre des chefs d'entreprise, tout ça. Ici, le chef des banisseurs, c'est un gros poisson. Et seigneur Yevon, Holma a pu essayer d'en profiter. Depuis tout gamin, il a toujours été horrible. Le genre ç vouloir toujours passer premier, a faire chier le monde en se disant que personne oserait rien faire contre lui parce que son père c'est le chef des banisseurs. Tu vois le genre ? »

Il doit y avoir ce genre de petits enculés dans les orphelinats de l'église. C'est forcé. Dans les Voix aussi, sûrement. Elle a du en connaître, des cons qui utilisent leur famille, ou leurs relations, pour obtenir ce qu'ils veulent.

« Bref. Et personne osait rien faire. Et comme bien sur, au moins on osait répliquer, au plus il prenait des libertés avec nous. Le pouvoir appelle le pouvoir. »

Je soupire avant de sortir de la baignoire et de m'entourer d'une serviette. Je commence à me sécher.

« Un jour, j'en ai eu marre. Je … Je suis incapable de te dire pourquoi. Ce qui m'a poussé. Tout ce que je me souviens, c'est que je lui ai cassé la figure. Salement. Ils ont du se mettre à plusieurs pour nous séparer. Enfin, non. Pour me séparer de lui. Parce que bon, comme il pensait que la réputation de son père ferait tout, il n'avait jamais songé à genre apprendre à se défendre ou rien. »

Je soupire. Je n'étais pas le plus malin des hommes. Doucement, je me dirige vers elle et pose mes lèvres sur ses cheveux.

« Tu m'aimes quand même hein ? Même si j'étais un gamin qui tapait sur ses camarades ? »

C'est dit sur le ton de la boutade, mais au fond de mon œil, y'a quand même un éclat de peur.

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Ryme

Invokeure

le Mer 7 Mar 2018 - 21:39
Malgré tout les efforts qu'il faisait, Ryme sentait que tout ça le travaillait au cœur, mais aussi dans sa psyché. Comment pouvait-il en être autrement ? Lui qui semblait si heureux d'être libre devait s'enchaîner à une famille qu'il souhaitait renier et à un culte qu'il abhorrait. Mais, elle faisait le choix de ne rien dire ; de ne rien relever. S'il voulait lui dire combien il se sentait mal, il pouvait le faire, il le savait. Et aussi bien elle que lui, détestait la pitié. Alors, même si cela lui pinçait le cœur, l'ancienne Voix faisait mine de ne pas déceler les petits signes de malaise venant de lui. Elle devait être son ancre, son repère, même si elle pouvait parfois lui donner l'impression d'avoir besoin d'être protégée et guidée.

Après avoir enrouler quelques mèches à l'aide d'épingles finement ouvragées, elle commença à créer son masque. Ce visage qui souriait tout le temps, cette moue aussi hautaine qu'ingénue. La Ryme de ses souvenirs et cauchemars refaisait doucement surface. Un peu de rouge sur les joues, un peu d'ombre à paupières et l'illusion serait parfaite. Distraitement, elle le regarda faire mousser le pain de savon jusqu'à devenir un petit homme des neiges. Elle manqua de rater le trait de khôl qui soulignait son regard en se retenant de rire devant cette apparence pour le moins... Etrange. Pourrait-elle un jour se passer de ce temps précieux ? Ces minutes à deux, complices, sincères terriblement joyeuse, mais un peu triste également.
Alors qu'il commençait à raconter son histoire, elle stoppa ses préparatifs pour l'écouter attentivement, un sourire sur les lèvres. Ryme aimait qu'il se confiât à elle, qu'il lui raconte des petites brides de sa vie. Cela assouvissait sa curiosité de savoir à quoi l'homme de sa vie ressemblait avant leur rencontre, mais, elle se disait également, que s'il souvenait encore de tout ça, de toutes ces choses... Cela voulait dire que ''l'ancien Cillian'', celui qu'il déclarait si vite mort, était encore un peu là, dans son cœur. Et puis, il fallait bien l'avouer : en tant qu'ancienne courtisane, Ryme avait un léger goût pour les potins.

Il évoqua alors le chef des Bannisseurs, qui avait un fils. Un fils de l'âge de Cillian. Rien qu'aux mots durs qu'il employait, Ryme pouvait deviner que ce n'était probablement pas le grand amour entre son compagnon et le fameux « Holma ». A la description qu'il en faisait, le souvenir fluet et timide de Violaine, lui revint en mémoire. Pendant quelques secondes, l'Invokeure se demanda comment allait son ancienne rivale. Après tout, il n'avait pas le monopole des histoires conflictuelles... Bien que le caractère de Cillian rendait le tout bien plus explosif. Et, c'est sans peine que Ryme imagina une version plus jeune de son cher et tendre, en pleine rébellion face à l'oppression du fils tyrannique du chef des Bannisseurs. La nouvelle la fit sourire, car, quelque part, les vieilles habitudes ne mourraient jamais : même haut comme trois pommes, Cillian avait la fibre d'un redresseur de torts.
Et puis, elle ne pouvait pas vraiment le juger : avant d'entrer dans les ordres, elle aussi avait produit son lot de nez cassés et de dent de lait envolées. Mais ça, elle ne devrait probablement pas lui dire. Esra était le seul à connaître cette facette de sa personnalité et c'était peut-être mieux ainsi. Ces histoires resteraient dans l'ombre, un doux secret entre frère et sœur.

Il sortit de l'eau et s'enroula aussitôt dans une serviette. Et mit le point finale à son histoire : comme elle s'en doutait, il n'avait pas réussit à dominer son sale caractère. Mais cela faisait aussi son charme. Elle l'aimait ainsi. Après tout, c'étaient ces traits de caractère qui lui avait offert une paire d'aile pour s'envoler loin de sa cage ecclésiastique. Cependant, lui ne semblait pas fier de ses premiers faits d'armes. C'est avec une légère inquiétude dans le regard qu'il lui demanda si, malgré ces terribles révélations, elle l'aimait encore. Avec douceur, elle chercha à attraper une de ses mains encore un peu humide, avant de la porter à ses lèvres. Dans une tendresse infinie, Ryme déposa un baiser à l'intérieur de la paume avant de se retourner vers lui. Elle se leva et l'entoura de ses bras. Ainsi lovée, la jeune femme s'autorisa à pousser un soupir satisfait.

« Je crois que, rien de ce que je pourrais apprendre sur toi, dans cette vie ou une autre, ne pourrait me faire cesser de t'aimer. » murmura-t-elle doucement.
« J'aurais bien voulu voir ça. Petit-Cillian avait déjà l’étoffe d'un redresseur de torts. Et puis, je suis sûre qu'il ne l'avait pas volé. » continua Ryme en relevant le visage vers lui. Chacun de ses gestes, chacun de ses mots étaient sincères.

« Et puis... Tu sais, moi aussi, je n'ai pas toujours été une enfant sage comme une image ! » avoua-t-elle, alors que ses joues se paraient d'une jolie teinte rosée.

Ryme se détacha doucement de lui, consciente qu'elle en avait trop dit ou pas assez : mais les informations sur une Voix se méritaient. Et puis, il était également dans son droit à lui, de ne pas être curieux de la personne qu'elle avait été. La plupart de ses souvenirs étaient soit troubles, soit liés aux Voix... Peut-être n'avait-il pas envie d'entendre ces souvenirs. Et elle le comprenait.
Avec soin, elle sortit les vêtements qui leur avait été attribuée de la gaze qui les protégeait. Pour l'occasion, le temple prêtait à Ryme une superbe robe aux couleurs de l'île. Le mélange de bleu et de vert des multiples volages légers évoquait subtilement les vagues de la mer. La coupe était simple, dans un style empire, qui ne manquerait pas de mettre en valeur son buste et toute la zone de sa gorge. Cependant, un détail la choqua : l'unique sous-vêtement fournit était un bas, simple. Bien que possédant une poitrine modestement généreuse, porter des robes sans soutien-gorge n'était pas vraiment dans les habitudes de Ryme. Pendant quelques secondes, elle hésita à poser la question à Cillian, mais... Il ne devait probablement pas savoir. Alors, à contre-coeur, elle passa sa tenue. L'ajustement du décolleté lui prit quelques minutes, mais, au finale, l'ensemble n'était pas désagréable, aussi bien à porté qu'à l'oeil.

«Veux-tu que je te brosse les cheveux ? » demanda-t-elle en revenant près de la baignoire, tout en attrapant distraitement une paire de boucles d'oreille en verre volcanique qui avait été mis à sa disposition.

« Je me demande si mes parents sont venus ici, un jour... » murmura-t-elle doucement, pensive, après avoir croisé son reflet distraitement dans le miroir. Tout ce dont elle se souvenait à propos de ses parents étaient vagues, sauf un détail : la chevelure écarlate qu'elle partageait avec sa mère.

« Comment se passent généralement les fêtes à Besaid ? Y a-t-il des jeux ? Des choses spécifiques ? » le questionna-t-elle afin de changer de sujet, pour que la nostalgie ne réussisse pas à percer l'éclat faussement joyeux de son regard.

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Cillian

Monsieur tout le monde

le Ven 9 Mar 2018 - 15:21
Elle ne réponds pas de suite. Et ça ne fait rien pour m'aider avec la peur qui me ronge le ventre. Non. C'est sur. Elle ne peut pas aimer un homme comme ça. C'est forcé. Comment pourrait on ? Je suis même sur qu'au fond, elle doit avoir peur de moi. Peur que je craque. Peur que je devienne fou. Que je la frappe, peut être ? Je ne sais pas. Et je sens sa main chaude sur ma main. Mon cœur s'enfonce un peu dans ma poitrine. La douceur se ses lèvres sur ma paume. Je frissonne. Elle se lève et me serre contre elle. Je fonds. Si seulement on pouvait rester toute notre vie comme ça. Doucement, je lui caresse le dos. Je n'ose pas trop bouger. Peur de la décoiffer. D’abîmer son maquillage qu'elle a pris tant de temps à faire.

Elle me rassure. Rien de ce que j'ai pu faire ne pourrait la faire ne plus m'aimer ? J'ai un peu de mal à y croire, pour être franc. Pas que j'aie fait des choses particulièrement haineuses, non. Mais … Je me souviens encore de son air effrayé, le jour de ma capture, quand j'ai frappé le clochard qui a, au final, fini par nous dénoncer. Et il y a aussi la question du futur. J'ai peur. Je sais que je dois lui faire confiance, mais … C'est peut être un peu trop difficile pour moi. Du moins, en ce moment. Peut être qu'un jour, j'y arriverai. J'espère. Je fais tout pour, en tout cas. Sa remarque m'arrache un sourire. Redresseur de torts. Je n'avais pas vu ça comme ça. Je présume que c'est un peu vrai. J'ai toujours été plutôt porté sur le fait de faire chier ceux qui font chier. Cruellement, elle se détache de moi pour aller s'habiller. Je suis partagé. J'aimerai bien encore la voir nue, pour être franc. Mais bon, elle ne peut pas passer sa vie comme ça. Je ne suis pas très partageur, comme personne. Pendant qu'elle s'habille, je m'affaire à finir de me sécher. Je n'aime pas mettre des vêtements en étant mouillé.

Alors. Qu'est-ce qu'ils m'ont prévu. Hum. La première chose que je vois, c'est un pantalon en veloutine d'un bleu rappelant celui de la mer. Hum. Ce n'est pas forcément mon style, mais pourquoi pas. Avec ça, une chemise en ce qui semble être du lin. Couleur nature, c'est à dire cet espèce de beige caractéristique. Bien sur, au niveau du cœur, un blason de Yevon. Je présume que ça ne pouvait pas être autrement venant de vêtements offerts par l'église. La veste, dans le même tissu que le pantalon. Et … Une .. Deux .. Non .. Trois ceintures ? Qu'est ce que ? Elles sont toutes d'une couleur différente. Une est d'un gris anthracite, l'autre d'un noir de jais. La dernière est de la même couleur que le pantalon. C'est étrange ça. Qui porte autant de ceintures ? C'est quoi le pas suivant ? Un pantalon ou une robe entièrement en ceintures ? Je me gratte un peu la tête avant de tout poser sur le lit et d'enfiler le sous vêtement donné en prime.

Je me retourne ensuite vers Ryme et ne peux que réprimer un sifflet. Elle est magnifique. Enfin, non. Elle est encore plus magnifique que d'habitude. Je me sens rougir. C'est idiot hein. Mais je rougis de la voir comme ça. Je détourne un peu le regard alors qu'elle me propose de me peigner les cheveux. Est-ce qu'elle a senti mes yeux sur elle ? Je ne sais pas. J'opine du chef. Pourquoi pas. Après tout, je n'aime pas le faire ça.

« Attention par contre, j'ai tendance à avoir pas mal de nœuds. »

Je m'assois bien sagement comme un petit chat sur le siège devant la coiffeuse et l'attends. Je l'écoute parler. Elle mentionne ses parents. Cela m'attriste un peu. Encore un sujet de tristesse chez la femme que j'aime sur lequel je ne peux pas aider. J'ai tenté. Tenté de faire un peu de recherches. Pour savoir. Pas forcément avec de bonnes intentions, à l'époque, mais bon. Je n'ai pas trouvé d'infos. Pour être franc, ça me dérange un peu. Ce manque d'informations. J'ai le sentiment, dans mon ventre, que ça cache quelque chose. Mais bon. Je ne suis pas en l'état de faire ça. Et j'ai, même si c'est pas forcément gentil, dit comme ça, d'autres chats a fouetter. Elle pose une autre question, comme pour chasser le nuage noir de nos têtes. Je lui tends la brosse avant de répondre.

« Il y a des jeux, oui. On joue au ballon. Tu sais, le même genre que pour le Blitzball. Il y a une équipe dans le coin, mais s’entraîner n'est pas facile quand on a pas d'équipe. Alors les gamins aiment bien. Il y a des jeux a boire aussi. Mais je ne les connais pas trop, malheureusement. »

Je me creuse un peu plus la tête.

« Si on te propose un Tourneur Dorsal, dis non. Enfin, tu peux dire oui hein. Mais j'espère que tu tiens bien l'alcool dans ce cas. On danse pas mal aussi. Il y a souvent un groupe de musique qui joue. »

Je me gratte la joue.

« Tant que j'y pense. On te demandera peut être de chanter. Si tu ne veux pas, dis le moi. Je préviendrai mes parents. Y'aura pas de soucis, je pense. Et si il y en a un, ils iront se faire voir, de toute façon. Mais je pense que ça passera plus facilement si on prévient avant. Elle pourra peut être calmer le jeu. »

Je la regarde dans le miroir en souriant. Je n'ai pas envie qu'elle se sente mal.

« Oh, et tu pourra sûrement goutter tout les fruits qu'on a pas pu goûter l'autre fois. »

Mon regard brille un peu. Il faut trouver l'envie où on peut, non. Je pousse un soupir d'aise. Elle fait ça bien, brosser les cheveux.

« Tu voudra qu'on aille faire un petit tour avant la fête ? Je dois t'avouer que ça m'arrangerait. Que je puisse me préparer mentalement à tout ça. »

Si elle ne veut pas, je comprendrai aussi. Mais bon.

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Ryme

Invokeure

le Mer 14 Mar 2018 - 19:17
C'était étrange comme les petites choses du quotidien pouvait facilement toucher le cœur de Ryme. Après s'être habillé, il était venu se poster devant la coiffeuse, sage comme une image. Ce genre de gestes, elle les avait pensés perdus. Morcelé comme il l'était, Cillian ne devait pas percevoir le monde, les gens et la vie comme elle. Pourtant, l'ancienne Voix était prête à sacrifier bien des choses pour pouvoir grappiller quelques jours, minutes ou secondes aux côtés de celui qu'elle aimait. Elle savait que ce n'était pas facile pour lui, et pourtant, il faisait tous les efforts du monde pour elle. Un sourire se dessina sur les lèvres de Ryme alors qu'elle se saisissait de la brosse à cheveux. Quelques mèches rousses séjournaient encore entre les picots. Elle les retira en l'écoutant parler des fêtes à Besaid. La mention sordidement triste de ses parents était déjà oubliée.

Des festivités à Besaid étaient toujours accompagnées d'un jeu de ballon qui devait être peu ou prou du Blitzball. Cela n'étonnait pas vraiment la jeune femme : avec les Voix, ce sport était l'autre grande distraction du peuple. La popularité des joueurs, surtout de ceux des grandes villes, comme les Luca Goers, était évidente. Ryme se demanda si Esra allait bien, avant de se questionner quant aux qualités de Cillian avec une balle au pied. Il était bon escrimeur, un redresseur de torts fort habile, mais au final, elle ne connaissait presque rien de lui dans un contexte... ''Normal''. Quelque part, ce constat lui laissait une petite nappe âpre dans la bouche : ils s'étaient rencontrés à l'hôpital en étant chacun estropié ; avaient passé leur convalescence à fomenter des plans d'évasions et tenir tête à l'église ; ils s'étaient perdus sur les marches du temple et finalement, ils s'étaient retrouvés sur une plage dévastée par Sin... Non, vraiment, leur histoire n'avait rien de classique ni de plan-plan.

Lorsqu'il commença à parler des jeux à boire, Ryme commença à passer la brosse dans la chevelure mi-longue de Cillian. Comme prévue, sa tignasse était criblée de nœuds. Ce n'était pas vraiment dérangeant, en étant encore un peu humides, la brosse glissait tout de même et puis, elle s'appliquait pour ne pas lui faire mal et rendre la chose agréable. Il avoua ne pas être très bon en matière d'alcool ; Ryme ne l'était pas non plus. L'alcool abîmait impitoyablement les cordes vocales, ainsi, les Voix n'avaient guère le droit de boire, sauf quand on leur ordonnait ou quand les membres les plus dissidents et fêtards arrivaient à se procurer de quoi faire la fête d'une manière clandestine.
En parlant de Voix, le sujet du groupe de musique amena forcément à une éventuelle représentation de Ryme la Voix de Yevon. Elle tenta de sourire gentiment à la remarque de Cillian, mais à vrai dire, c'était plus pour lui qu'elle ne tenait pas à chanter... La réaction qu'il avait eut dans la chambre était gravé dans sa mémoire au fer rouge et elle ne voulait pas lui faire revivre ça, même si cela voulait dire qu'elle devait sacrifier tout une partie de sa vie et de sa personnalité pour son salut.

Ryme paracheva le brossage alors qu'il lui proposait d'aller faire un tour avant la fête, juste après avoir déclarer que grâce à cet événement, elle pourrait sans doute goûter tous les fruits de l'île qui manquait encore à sa connaissance. Les spécialités culinaires de l'île ne la tentaient pas tellement, mais, découvrir de nouvelles choses avec Cillian comme guide était une chose plaisante. À chaque fois, Ryme avait l'agréable impression qu'il se reconnectait avec son ancienne vie, avec le monde et un peu avec elle. L'Invokeure se pencha en avant pour reposer la brosse ; à regret que la séance de coiffure se termine déjà. Mais, il avait les cheveux encore un peu trop court pour pouvoir faire quelconque natte ou tresse – et puis, elle n'était pas sûre que ce genre de choses soient vraiment dans ses goûts.

« Moi aussi, j'aimerais sortir un peu. Je n'ai pu voir que succinctement le village et les alentours. J'ai hâte de découvrir un peu tout ça. » déclara-t-elle en se penchant sur lui pour lui embrasser presque timidement la joue.

D'un geste doux, mais pourtant franc, elle se saisit de sa main et l'invita à se lever. Ryme le guida sans gêne hors de leur chambre, rejoignant le hall du temple. Le chant du priant résonnait dans les vieilles pierres, lui rappelant cruellement qu'elle n'était que de passage et que, malgré les réjouissances, c'était sa mort future que l'on célébrait. Le regard inquisiteur de la prêtresse qu'ils avaient fâchée plus tôt dans la journée lui glaça un peu le sang. Alors, elle se détacha doucement de Cillian, lui signant de rester là quelques instants. Ryme s'avança vers la statue de la dernière Grande Invokeure. Une dizaine d'années de paix leur avait été offerte... La jeune femme soupira doucement avant de s'incliner aussi bas que possible après avoir effectué le salut yevonite devant la statue. Elle n'était pas très religieuse, un comble pour une enfant pupille de l'église, pourtant, elle ne pouvait s'empêcher d'implorer Yevon ou quiconque l'entendrait de bien vouloir protéger et prendre soin de Cillian.
Dans un élégant mouvement de jupes et de jupons, elle se détourna de la statue et adressa un signe de tête polie aux religieux présent avant de sortir du temple. La nuit commençait déjà à tombé, nimbant le ciel de couleur bleu et rose. Il n'était pas si tard que cela, pourtant... Mais le temps n'avait sans doute pas la même emprunte sur cette île, la plus au sud de tout Spira.

« Même ici, on peut sentir la mer... » murmura-t-elle à la fois pensive et ravie.
« On y va ? » un sourire se dessina sur ses lèvres, remontant délicieusement ses pommettes, tandis qu'elle lui tendait la main.

Elle sentit la paume de Cillian venir dans la sienne et s'y loger. Ils se mirent en marche, tout d'abord sans un mot, puis Ryme se racla légèrement la gorge, alors qu'il longeait un coin un peu plus tranquille du village.
« J'ai... j'ai vraiment l'impression d'être dans une sorte de rêve éveillé.» soupira-t-elle timidement.
« J'ai le sentiment que, notre promesse de venir à Besaid ensemble, remonte à... Si loin... J'ai presque du mal à réaliser que, c'est pourtant vrai. Que tu es là, avec moi. Et que je suis ici et pas à Bevelle... » Sa gorge se noua un peu. Elle sentait l'émotion la gagner, mais, toujours dans un souci de fierté Ryme ne souhaitait pas que cela paraisse.

« Merci, Cillian. »

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Cillian

Monsieur tout le monde

le Ven 16 Mar 2018 - 16:39
Et bien, alors y alors. J'ai encore la chaleur de son baiser sur ma joue qu'elle me traîne doucement par la main. Je la suis avec plaisir. Avec elle, je devrais supporter de revoir cette île. J'y crois. Je serre un peu sa main alors que l'on traverse le temple. Certains regards se font lourds sur nous. Des gens qui nous ont entendu ? Mais je m'en moque. Qu'ils aillent tous en enfer, les un comme les autres. Même la vieille, qui nous lance un regard ulcéré. J'hésite à lui répondre d'un geste vulgaire, mais je me retiens. Si je dois travailler avec l'église, autant ne pas les antagoniser plus que de raison. Ryme s’arrête ensuite devant la statue de la dernière Grande Invokeuse. Je pousse un très léger soupir. Dix ans. Sa vie ne nous aura apporté que dix ans de répit. Comprenez moi, je ne parle pas mal de son sacrifice. Je la remercie même. Mais … C'est triste. Que le monde soit comme ça. Mon regard redescends ensuite vers Ryme, et mon cœur se serre un peu. Je sais qu'il ne me reste pas grand chose, mais ce que je donnerai pour que jamais une telle statue d'elle ne soit érigée …

Mais bref. Elle se remet en route après avoir adressé le salut de Yevon à la statue. Moi, je m'en passe. Encore une fois, le regard des croyants présents est lourd sur moi. Mais je m'en moque. Sans leur adresser un regard, je suis Ryme dehors.

La nuit commence doucement à tomber. Le ciel, peint de ses magnifiques couleurs, m'attriste un peu. C'est un spectacle magnifique, je le sais bien, mais c'est un spectacle que je n'ai que trop vu. Et que j'aurai aimé ne jamais revoir, en fait. Mon bras glisse doucement autour des épaules de ma rousse, sans s'appuyer sur elle. Pas question de lui faire mal.

« Oh tu sais, où que tu sois sur Besaid, tu as la mer pas très loin. »

Si elle veut qu'on marche, je ne suis pas dans la position la plus efficace. Je glisse ma main le long de son dos jusqu'à rencontrer la sienne, que je serre avec amour. Je pense que j'ai besoin de ce contact. Puis on se met en marche en silence. Pas besoin de parler, quand on s'échange des regards comme ça. Le village est plutôt calme. La tranquillité avant la tempête, comme le dit l'adage. Les gens sont rentrés chez eux pour se préparer pour les fésitivités après avoir passé l'après midi à préparer. Bien sur, il y a quelques badauds et autres gens en retard, mais au moins, nous sommes tranquilles. Je nous dirige vers une petite crique non loin de la plage où ont lieu habituellement les fêtes. Un peu de calme ne peut pas nous faire de mal je pense. J'allais prendre la parole, mais ma rousse me prends de court.

Un rêve éveillé ? Je sens mon cœur papilloner un peu.Je comprends ce que tu veux dire, mon amour. Moi aussi, j'ai un peu de mal à croire à tout ça. C'est tellement … Je ne dirais pas parfait, car il y a encore beaucoup de détails qui font que ce mot ne s'applique pas, mais j'ai le sentiment de ne pas être loin. Du moins autant que possible dans ce monde maudit. Elle parle ensuite de la promesse que l'on s'était faite. Mon cœur se serre un peu. Cette promesse … Il est vrai. Il est vrai qu'on l'a faite. Mais j'aurai tellement préféré que ce soit dans d'autres conditions. Que je ne sois pas le dechet que je suis. Enfin, elle me remercie. Et je crois qu'une larme se met à couler mon mon œil. De ma main libre, je l’essuie.

« Je … Je crois que j'ai un peu de sable dans l’œil. »

Heh. Il faut bien que je sauve les apparences d'homme viril, même si je sais qu'elle n'est pas dupe. Une fois que je suis sur que les grandes eaux sont terminés, je prends son autre main avec ma main un peu humide.

« Merci a toi, Ryme. »

Je pose doucement mes lèvres sur sa joue.

« Merci a toi de me supporter malgré mes … soucis. »

Je l'embrasse sur l'autre joue.

« Merci a toi de m'avoir attendu. Merci a toi de ne pas m'avoir repoussé. »

Je l'attire un peu plus contre moi pour l'enserrer. Je n'ai pas envie qu'elle voit que les larmes reviennent.

« Merci a toi de m'aimer. Merci a toi de faire en sorte que ça vaille le coup, rester sur cette planète. »

Ma main caresse doucement son dos.

« Je sais que ce n'est pas forcément ce que tu souhaitais pour notre visite ici, mais je vais faire des efforts. Et on ira manger tout les deux dans la petite crique dont je te parlais, d'accord ? »

Je sens que ma voix tremble un peu. Allez Cillian, soit plus fort que ça, nom de nom. Doucement, je la repousse un peu pour venir l'embrasser avec une tendresse infinie. Notre baiser dure aussi longtemps que nos sentiments. Ou du moins, jusqu'à ce qu'une voix derrière moi me fasse sursauter.

« Et bien alors les amoureux, c'est là que vous vous cachez ? »

Je reconnais cette voix. Ma sœur. A regret, je libère les lèvres de Ryme avant de caresse doucement sa joue. Sans me tourner vers elle, je lui réponds.

« C'est déjà l'heure ? »

Elle rit doucement.

« Non, mais javais envie de profiter un peu de mon frère et de ma belle sœur préférée. J'ai le droit, non ? Je suis sur que Garan vous a déjà embêté. »

J'adresse un petit sourire gêné à la femme de ma vie.

« A moins que je vous dérange peut être. Vous voulez peut être un peu de … temps libre avant le banquet ? »

Gênant. Je hausse les épaules.

« Tu as des choses à nous demander ? »

Elle ne perds pas de temps.

« Tu étais pas sensée te marier avec ce sale prêtre, Ryme ? Il s'est passé quoi ? »

Ouh.

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Ryme

Invokeure

le Sam 17 Mar 2018 - 10:22
Cillian semblait tout aussi touché qu'elle, si ce n'était plus ; mais peut-être pas pour les bonnes raisons. Ryme ne répondit rien lorsqu'il parla d'un peu de sable, venu se loger dans son œil. Elle savait qu'il aimait avoir un peu de constance, même lorsque les émotions devenaient trop fortes. Ainsi, elle ne fit aucun commentaire, ne le regarda pas, se contentant de laisser aller son regard vers les ondulations de la mer devant elle. Puis, doucement, elle sentit le contact à la fois chaud, rugueux et humide de sa main dans la sienne. Il était prêt. Ryme se retourna vers lui, son éternel sourire tendre sur les lèvres.
L'Invokeure s'attendait à ce qu'il parle de leur voyage, de la fête, car, dans la petite crique, se dressait parfaitement rangée et alignée, une multitude de grandes tables rectangulaire ainsi que quelques fauteuils tressés. Mais, il choisit de s'exprimer sur ce qu'elle venait elle-même d'évoquer. Il la remercia et son cœur se serra un peu avant d'exploser lorsqu'elle sentit le contact doux et familier des lèvres de Cillian sur sa joue.

Sa peau s'embrasa un peu, devenant délicieusement rouge. Sans complexe, phrase par phrase, il exprimait ses émotions. Ryme en fut touché, car, elle savait que ce n'était pas facile pour lui, de mettre des mots sur ce qui se passait dans son être. Elle demeura silencieusement, préférant les gestes à la parole pour le rassurer et l'ancrer dans le monde. Elle vint caresser avec douceur la forme ferme de sa mâchoire, passa ses doigts sur les plis de ses vêtements. Leurs corps se frôlèrent un peu, avant de se rencontrer dans une douce étreinte. L'ancienne Voix se laissa alors aller contre lui. Elle adorait cette sensation, sentir ses bras autour d'elle tandis qu'avec délice, elle déposait sa joue contre con torse pour sentir et écouter son cœur battant.

« Je suis déjà on ne peut plus heureuse, Cillian. » murmura-t-elle doucement en frémissant de plaisir sous les caresses qu'il lui prodiguait dans le dos.

Il la repoussa doucement avant de venir cueillir ses lèvres. Ce baiser avait la saveur de leur amour, de leurs émotions. Lent, délicat, caressant. Ryme s'abandonna totalement, essayant d'exprimer tout ce qu'un regard, qu'un mot ou qu'un geste ne pouvait dire. Sur la pointe de leurs langues, la saveur légèrement sucrée et interdite du miel, roulait encore. L'Invokeure aurait souhaité que jamais ce moment ne connût une fin, ainsi bercée par le ressac de l'eau et de ses sentiments, tout semblait à sa place dans l'univers.
Puis, Cillian sursauta alors qu'une troisième voix raisonna sur la plage. Ryme manqua de se mordre la langue, un léger grognement insatisfait s'extirpa de ses lèvres alors qu'il la relâchait – à regret, espérait-elle. Il cajola quelque peu l'oval de son visage avant de répondre, d'une voix forte et sonore. L'Invokeure reconnut alors l'élocution peu distinguée de la sœur de son compagnon.

A regret, elle quitta des yeux l'obje de son affection pour accueillir la nouvelle venue dans la conversation, puisque cette dernière semblait jalouse de ne pas avoir pu profiter d'eux, contrairement à Garan. Jienne s'était visiblement un peu préparée pour la fête, mais même en ayant fait des efforts, elle n'arrivait pas à dissiper son image rude. Ryme lui adressa un sourire courtois et aimable : elle aimait bien la franchise de la sœur de Cillian. Elle avait été habituée, depuis des années, a ce que la vérité soit dite en filigrane, alors, la façon de faire de Jienne lui semblait être vraiment honnête et plaisante. Cillian aussi avait tendance à être rude dans ces mots, parfois même vulgaire, et si, au début de leur relation à l'hôpital cela l'avait un peu choquée, Ryme s’accommodait parfaitement de cette manière d'être.

Toutefois, elle n'était pas encore assez à l'aise pour ouvrir une conversation avec sa ''belle-soeur'', alors, elle laissa Cillian lui répondre. Leur échange était presque incisif : chacun des deux interlocuteurs allant à l'essentiel. Ryme réprima un léger rougissement alors qu'elle évoquait leur besoin de temps libre, bien consciente du sous-entendu que Jienne employait : pour quelqu'un qui n'était ni mariée, ni engagée d'une manière où d'une autre avec un homme, elle semblait pourtant être au fait de ce genre de choses... Peut-être que l'éducation des îles était différente du continent : là-bas, la virginité des femmes avant le mariage était capitale, un signe de pureté et de piété.

La conversation prit soudainement une teinte ombrageuse lorsque Cillian demanda à sa sœur si elle avait quelque chose à demander. Sans détour, elle évoqua le mariage avorté et aussitôt, Ryme devint blême. Ce n'était pas un épisode plaisant de sa vie. Loin de là. Avant de répondre, elle jeta un coup d'oeil à Cillian : pensait-il sa sœur digne de confiance ? Devaient-ils lui mentir ? Ryme ne la connaissait pas et lui, ne la connaissait plus. Malgré elle, l'ancienne Voix ne pouvait pas encore lui faire confiance et l'acidité d'un mensonge lui brûlait la langue.

« Ma foi, il est vrai que j'ai été fiancée à Monseigneur Vilhatt. » déclara-t-elle doucement, d'une voix posée, qui ne trahissait absolument pas son inconfort.
« Cependant, la cérémonie était d'avantage d'ordre politique : nous ne partagions que du respect mutuel. Ainsi, cela ne m'a pas brisé le cœur lorsqu'il est tombé amoureux d'une autre personne, peu de temps après ma convalescence. Et puis... Ce mariage n'aurait pu être célébré puisque j'avais également rencontré quelqu'un... » mentit-elle avec un léger sourire sur les lèvres.

« On avait entendu toute sorte d'histoires, comme quoi, il t'avait répudiée à cause de ta blessure où je ne sais plus quoi. C'est dommage, t'auras fais une belle mariée ! Mais tant mieux si tout le monde est heureux. » répondit Jienne, visiblement dupée par la réponse de Ryme.

« Merci, c'est gentil de ta part. Fort heureusement, la nouvelle élue de son cœur avait les mêmes mesures que moi, alors, la robe a pu être utilisée quand même. » Malgré sa gorge nouée, Ryme parvint à extraire un léger rire de son œsophage.

« Mais alors, t'as vu la robe de mariée de Ryme, frangin ? Elle était comment ? Je suis sûre que c'est ça qui t'a décidé de rester auprès de l'église plutôt que de rentrer à la maison, haha ! »

Lentement, la prise des doigts de Ryme sur ceux de Cillian se raffermit un peu. Elle se voulait ainsi rassurante, protectrice et encourageante, car, elle n'imaginait que trop bien, la tourmente dans laquelle l'évocation de ces événements devait le plonger.

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Cillian

Monsieur tout le monde

le Lun 19 Mar 2018 - 17:14
C'est vrai. J'avais oublié que Jienne avait cette façon de … Comment dire. Mettre les pieds dans le plat,c'est peut être un peu léger. Sauter pieds joints dedans ? Pour en ressortir et sauter de nouveau dedans ? Et ça une bonne dizaine de fois. Histoire d'être bien sure. Je présume que c'est ce qui se passe quand on a à la fois la rudesse de mon père et la verbosité de ma mère. Un cocktail détonant s'il en est. J'espère que Ryme ne va pas trop mal prendre cette question au final plutôt … Mal venue ? Qu'est-ce qu'on se moque de ça, au final. Non ? Je suis le seul à ne pas vouloir y penser ou en parler ? Doucement je presse un peu la main de Ryme alors que mes jambes se mettent à me démanger. Je suis prêt à aller la chasser à coups de pieds au fondement si besoin. Tu n'as qu'un mot à me dire, mon amour.

Mais tu choisis de répondre. Si je ne te connaissais pas, je pourrai presque y' croire, que cela ne t'inspire rien de spécial. Je lâche sa main pour entourer ses hanches de mon bras et la presser doucement contre moi en lançant un regard noir à Jienne. Tu ne perds rien pour attendre. Oh que non. Au début, elle dit la vérité. Quand ça commence à parler de respect mutuel, je me rends compte que Ryme a décidé de maquiller la vérité. Dans un sens, elle a raison. Elle ne peut pas dire « Et bien ton frère l'a tabassé presque a mort, si bien que la peur de dieu l'a forcé à abandonner le mariage ». Ça ferait tache. Et ça nous forcerait à raconter encore et toujours un peu plus la vérité.

Une question me vient en tête. Une autre personne ? C'est vrai que je n'ai jamais cherché plus que cela à savoir ce que cet ordure a bien pu faire ensuite, si ce n'est laisser Ryme relativement tranquille. Je lâche une prière silencieuse pour la pauvre qui s'est retrouvée sacrifiée à la place de Ryme. Une victime de plus, dont toute cette organisation à métaphoriquement le sang sur les mains. Ce que je peux les haïr. Je force un petit sourire quand elle parle d'avoir rencontré quelqu'un. Je ne suis pas le plus intelligent des hommes, mais je me doute qu'elle parle de moi. Enfin, je crois, non ?

Et Jienne qui continue avec des horreurs. Enfin. Elle ne se rends pas compte. Elle ne peut pas se rendre compte. D’à quel point c'est affreux. D’à quel point les Voix sont une horreur sans nom. Qu'il brisent, mutilent, presque torturent les pauvres jeunes femmes et jeunes hommes qui tombent dans leurs griffes. Et elle dit que c'est dommage. Est-ce qu'elle se rends compte qu'elle parle de la fiancée de son frère ? Qui va dire à la fiancée d'un membre de sa famille que c'est dommage qu'elle ne s'est pas mariée avec un autre ? Je lance un petit regard à Ryme. Est-ce que je suis le seul à trouver ça totalement fou ? Ryme reprends la parole. Visiblement, effectivement, le vieux pervers s'est trouvé une autre victime. Ca ne rends que ma mission plus pressante. J'ose à peine imaginer ce qu'il a pu lui faire subir. Imperceptiblement, je serre Ryme un peu plus contre moi. Je n'ai pas envie qu'il lui arrive ça. Plus maintenant. Plus jamais. Même si je dois brûler ce monde, plus personne ne lui fera mal comme on lui a fait mal. Plus jamais.

Jienne me pose ensuite une question. Je ne vais pas mentir, mais mes souvenirs de cette période sont un peu flous. Je baisse les yeux vers la terre avant de pousser un soupir. Ca me laisse le temps de chercher quoi répondre. N'importe quoi. Je suis sensé m'en souvenir. Je pose rapidement mes lèvres sur la tempe de Ryme Avant de poser mon poing libre sur ma hanche.

« Tu te rends compte que tu parles quand même de ma future femme, non ? »

Je prends un air outré assez exagéré, même si je suis sur qu'on peut voir dans mes yeux que ça ne me plait pas de parler de ça.

« Mais oui. Et comment était elle ? Parfaite. Comme d'habitude. Même si bon, je la préfère sans cette robe. »

Je met ma main devant ma bouche alors que Jienne éclate de rire.

« Et bien Cil, tu as bien changé avec le temps. »

Je me gratte la tempe.

« Non mais … Ce n'est pas ce que je voulais dire. Je la préfère dans des habits normaux, pas sur le point de se marier avec un ... »

Je toussote.

« Mais oui, on peut dire que dans un sens, c'est un peu ce qui m'a fait rester. Mais ce n'est pas à cause de Ryme hein. Les gens à l’hôpital ont été tellement gentil, je ne pouvais pas ne pas repayer à l'église tout le bien qu'elle m'avait apporté. Et je compte continuer d'ailleurs. C'est une dette qui ne pourra, je pense, jamais être totalement payée. »

Jienne me regarde étrangement. Est-ce que j'ai dit quelque chose d'étrange ? Est-ce que mon air a changé ? Peut être que j'ai pris une tête un peu agressive en parlant de ça, c'est vrai. Jienne laisse quelques secondes de blanc avant de reprendre la parole.

« En tout cas Ryme, tu nous l'a changé. Tu savais qu'a une époque, on s'était même demandé si … Et bien si il n'aimait pas les garçons en fait ? Je dis pas ça genre pour te le vendre hein, mais il a jamais eu une copine. Je crois même jamais l'avoir entendu exprimer de l’intérêt pour une femme. Enfin, avant toi. Parce que je présume que ... »

Elle glousse.

« En parlant de ça. Je vous fait confiance hein. Mais je vois un garçon de temps en temps. Peut être que … C'est Holma. Tu t'en souviens ? Mais n'en parle pas au parents hein ! Sinon ... »

Elle m'incendie du regard. Mais je n'ai encore rien fait moi.

« Du coup, je voulais vous demander si ça vous intéressait, un jour, de manger tout les quatre. »

Son regard me donne l'impression qu'elle ne nous laisse pas vraiment le choix.

« En tout cas, je suis content que tu sois parmi nous Ryme. Je pense que Cil avait besoin de ça. »

Elle sourit.

« On se voit tout à l'heure du coup ? Et prépare toi Ryme. Je pense que tu va être inondée de questions. »

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Ryme

Invokeure

le Mer 21 Mar 2018 - 14:13
S'entendre dire pareilles choses était douloureux pour Ryme. Mentir, feindre que les flammes de l'enfer qui avait lécher son être n'avait été que de lascives caresses... Elle savait qu'elle en était capable, mais, le faire était... Désagréable, cuisant. Chaque mot était comme une gifle qu'elle s'assénait elle-même au cœur. Et le pauvre Cillian, lui aussi devait être dans un état déplorable malgré l'apparente décontraction qu'il essayait d'afficher. Doucement, il resserra sa prise sur Ryme, juste avant de répondre à sa sœur. L'étreinte était à la fois forte et douce, comme s'il essayait de communiquer sans un mot, le fait que plus jamais l'ancienne Voix aurait à endossé le rôle de concubine de Monseigneur Vilhatt.

Une petite maladresse de langage venant de Cillian les sortit néanmoins d'affaire : Jienne était une femme relativement grivoise, malgré l'inexpérience que le reste de sa famille semblait clamer. La petite bévue arracha même un léger sourire à Ryme, surtout qu'elle vit son compagnon se plaquer la main sur la bouche, conscient de ce qu'il venait d'insinuer. Le rire sonore de sa sœur raisonna dans la crique d'une manière joyeuse. Ryme se détendit petit à petit : ce n'était pas une mauvaise personne, elle était juste entière et, comme tous les membres de la famille de son cher et tendre, possédait son petit caractère.
Cillian se sentit obligé de rattraper ses dires et un sourire tendre naquit sur le visage de l'Invokeur. Il était adorable, dans son genre, lorsqu'il se retrouvait mis en déroute verbalement. Puis, lui aussi mentit. Il déclama combien l'église lui avait apporté, tout le bien qu'elle lui avait fait... Une aigreur bileuse remonta dans la gorge de Ryme. L'église lui avait tout prit, de sa liberté jusqu'à sa santé mentale. Elle voulut serrer les poings avant de crier sa colère face aux servants de Yevon, mais elle se retint et garda une apparence impérieusement calme.

Fort heureusement, la conversation changea. Jienne semblait ravie de voir que Cillian avait changé ''en bien'' ; elle expliqua, d'une manière peut-être un peu trop direct, que, la sexualité de son frère avait été sujet à théorie et tergiversions au sein de la famille. Ryme n'était pas vraiment surprise, de son propre aveu, son compagnon lui avait confié qu'il n'avait jamais été un homme à femmes avant de la rencontrer. Et si, elle avait trouvé cela plutôt étrange qu'il ne profita pas d'avantage de son physique, elle s'était rappelé qu'il avait toujours été une personne de conviction avec une certaine droiture : prendre avantage d'autrui ne lui viendrait jamais à l'idée.

Aussi rapidement qu'elle avait été mise en place, la conversation changea de direction et de point d'intérêt. Ryme soupçonnait que tout ce que Jienne avait pu dire jusque-là, avait été fait pour préparer cet instant. Elle confessa voir un homme de temps en temps et que ce dernier, n'était autre que le fameux Holma dont Cillian lui avait parlé un peu plus tôt. Visiblement, cette fratrie avait un goût pour les gens à problème – ou qui en posait. Ryme se demanda si Garan était marié, ou fiancé. Mais, il devait sans doute faire partit de ces religieux amoureux de leur Dieu.
Jienne ne laissa pas de place quant à la discussion sur un éventuel repas avec Holma, puis déclara qu'elle était heureuse que Ryme soit dans la vie de son frère avant de l'avertir qu'il fallait qu'elle se prépare à être inondée de questions.

« Je ferais en sorte d’étancher votre curiosité dans ce cas. » répondit Ryme en lui adressant un sourire chaleureux : après tout, Jienne n'était pas méchante, elle commençait même à l'apprécier, malgré sa rudesse naturelle.

« Je parie que Marnie, Lin et toutes les autres soupirantes déçues de mon frère seront vertes de te voir. Surtout, si tu chantes ! Tu chanteras, n'est-ce pas ? Toute l'île n'attend que ça ! »

Les délicates rougeurs du visage de Ryme se retirèrent un peu. Il y avait le froid mordant de la jalousie : qui était cette Marnie ; mais aussi les griffes de la peur de chanter. Elever la voix, équivalait à plonger Cillian dans les abysses. Ryme se pressa un peu plus contre lui, cherchant sa chaleur, sa présence pour se donner un peu de courage.

« Je chanterais peut-être en fin de soirée. Cette fête est avant tout pour célébrer le retour de Cil' plutôt que pour honorer ma présence. Et puis, je compte rester quelques temps sur l'île.
Ne t'en fais pas ! Il sera quand même la star de la soirée : je suis quasiment sûre que tu ne pourras pas vraiment l'approcher de la soirée. Mais... C'est vrai ? Ce que tu disais en route ?
A propos du fait que je pensais demeurer environ un mois sur l'île ? Oui. C'est important pour moi de découvrir ce monde et les habitants.
Prépares-toi à te faire harceler par les parents frangin ! Je suis sûre qu'ils vont pas vous lâcher !
Mon petit doigt me dit que cela ne sera pas pour te déplaire, Jienne.
Haha, Touchée ! Bon, je vous laisse, soyez sages, pas de bêtises, d'accord ? »

Elle ponctua sa phrase d'un clin d'oeil qui redonna un peu de couleurs aux joues de Ryme ; pour une personne supposément sans expérience avec les hommes, Jienne était bien trop portée sur la chose. L'Invokeur soupira un peu avant de se retourner vers Cillian. Une fois certaine qu'ils étaient à nouveau seule, elle se racla un peu la gorge et plongea son regard dans le sable.

« Tu vas bien ? Je suis désolée que tu aies eu à mentir et à dire ces choses sur l'église. » marmonna-t-elle, un peu ronchon a l'évocation de cet épisode.
« Ta sœur est vraiment une personne... Énergique en tout cas. Je l'aime bien, je crois. C'est agréable de voir quelqu'un d'aussi franc. Je me sens un peu coupable de ne pas lui raconter la vérité. Mais... Je pense que c'est peut-être mieux. Tout du moins, pour l'instant. » conclut-elle en soupirant un peu.

Soudain, son regard fut attiré par un coquillage à la forme singulière, petit et lisse, il ressemblait à un grain de café. Ryme se détacha doucement de Cillian pour aller observer cette étrange nacre.

« Je ne t'ai pas parlé de ce qu'il s'est passé en détail après ton arrestation. Mais si tu as des questions, n'hésite pas à me les poser. »

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Cillian

Monsieur tout le monde

le Jeu 22 Mar 2018 - 1:06
Ça semble cordial. Tant mieux, je présume. J'avais peur, pour être franc. Peur que Jienne ne parte un peu trop dans des questions … Compliquées. Pour Ryme, comme pour moi. Après tout, il faut dire qu'elle n'avait pas commencé facilement hein. Enfin. C'est Jienne. Je me sens un poil plus détendu. Peut être que ce soit ça se passera mieux que prévu au final. Je n'y crois pas vraiment, mais on peut toujours espérer. Enfin, je crois. Doucement, je gratte le dos de ma rousse alors qu'elles continuent la discussion.

Mon regard se fronce un peu. Marnie ? Lin ? Je … Ugh. Mes yeux se perdent un peu dans le vague. Je … Ce sont des noms qui me disent quelque chose. Je veux dire … Ce sont des gens que je connais. Que j'ai connu. Mais pas moyen de me souvenir. Pas moyen de me rappeler. Un courant d'air froid passe dans mon dos. Comment est-ce que j'ai pu oublier ça ? Enfin, non. Question purement réthorique. Elles font sûrement partie des morceaux de ma psyché qui ont disparu suite à mon passage dans la Via. Est-ce que Ryme va me croire ? Est-ce que je peux me croire moi même ? Qu'est-ce que je peux faire ? Heureusement que personne ne semble porter attention à moi à ce moment. Zut alors. Qu'est-ce qui a bien pu se passer entre moi et elles ? Sur ma vie, je pourrai juré qu'il ne s'est jamais rien passé. Vraiment. Sur tout ce qui m'est le plus cher. Mais … Et si c'était juste que j'avais oublié.

Non. Ca ne peut pas être possible. Je refuse. Ce sont sûrement les petites voix dans mon crâne qui essaient de me jouer des tours. Ryme est la première femme que j'ai aimé. La seule femme que j'ai aimé. Il ne peut pas en être autrement. Je refuse qu'il en soit autrement. Ce n'est pas mon genre. Ce n'aurait pas été moi. Non ? Je n'écoute que distraitement le reste de la conversation, trop plongé dans mes pensées noires. J'ai le sentiment qu'on s'adresse à moi à un moment, alors je lâche un petit grognement. Oui, bien sur. Tout à fait. Je ne sais pas de quoi je on parle, mais si ça va a Ryme, ça me va. Tout aussi distraitement, je regarde Jienne s'éloigner. Enfin un peu de tranquillité. J'espère qu'on ne va plus venir nous casser les pieds. J'en ai marre. Marre des gens. Ryme s'excuse de m'avoir fait mentir, avant de parler de ma sœur. Elle l'aime bien. Tant mieux, je pense. J'allais répondre quand elle se détache de moi. Mon amour ? Qu’est-ce que ? Ah. Elle a été attiré par un Bernard-Maréchal. Il faut qu'elle fasse attention a ne pas lui faire peur, sinon elle va se prendre une rasade de liquide puant sur le visage. Doucement, je m'approche d'elle pour l'éloigner un peu.

« Mon amour, si je peux te donner un conseil, ne t'approche pas trop des animaux que tu ne connais pas. On ne sait jamais, tu peux avoir de mauvaises surprises. »

Je plonge mon regard dans le sien en posant doucement mes mains sur ses épaules. Je l'attire ensuite un peu contre moi pour lui voler un baiser.

« Tu sais, ce n'est pas de ta faute si j'ai du mentir. Et puis, au fond … Je pense que je croyais un peu ce que j'ai dit. Sans tout ce qui m'est arrivé, je ne t'aurai pas rencontrée. Je ne serai pas avec toi là maintenant. Et … Je pense que ça vaut le coup. Je te l'ai déjà dit, non ? Si il fallait le refaire, je le referai. Je t'aime Ryme. Je t'aime … très beaucoup fort. Tout plein. Et je ne veux pas ne serait ce que penser à un monde où je ne suis pas avec toi. Alors voilà. »

Je rougis un peu. On pourrait croire que c'est du au vent qui fouette mon visage.

« Mais oui. On ne peut pas raconter la vérité. Ils ne le supporteraient pas. Et puis, ça mettrait Garan dans une position délicate. Lui aussi a menti. Je pense que si un jour on veut avouer à mes parents, il faudra au moins le prévenir avant, non ? »

Je soupire un peu. Sombre histoire. Autant égayer ça avec un autre petit baiser. Je la regarde ensuite avec tout le serieux du monde.

« Je n'ai pas de questions, Ryme. Si jamais tu veux m'en parler, tu m'en parlera quand tu te sentira prête. Ce n'est pas à moi à décider ça pour toi, d'accord ? »

Je lui caresse doucement la joue. Mon pauvre amour. J'espère juste qu'ils ne t'ont pas trop fait souffrir.

« De la même façon, quand je me sentirai prêt, et si tu le veux, je te parlerai de … »

Ce n'est pas facile à dire.

« De la Via. D'accord ? »

Et soudainement, quelque chose fait clic dans ma tête.

« Attends. Attends attends. Elle a dit Holma hein ? Holma ? Putain de Holma ? Bordel ! Pourquoi le pire ? Y'a plein de mecs bien sur cette île, pourquoi est-ce qu'il faut qu'elle aille chercher la lie ? Bordel, ce qu'elle peut être bête parfois. Pourquoi choisir un mec affreux comme lui alors qu'elle aurait pu avoir un garçon bien ? Elle est conne ou quoi ? Je vais lui casser la figure à cet idiot aussi, non mais ! »

Je suis ronchon, et mon regard se pose sur Ryme.

« Enfin … C'est pas grave quand c'est toi qui choisis le pire hein. Là, je vais t'avouer que j'en suis plutôt content. »

Je ferme les yeux. Je crois que j'ai gaffé.

« Je … Désolé. »

Je l'attire doucement contre moi.

« Mon amour ... »

J'ai encore envie de lui demander pardon, mais je n'y arrive pas. Tout ce que je réussis a faire, c'est me mettre à pleurer.

Je crois que ce séjour va être plus compliqué que prévu.

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Ryme

Invokeure

le Lun 26 Mar 2018 - 14:28
La petite créature avançait sur le sable chaud, ses petites pattes tricotant tant bien que mal sur la silice. Curieuse, Ryme voulut la toucher, l'observer de plus près ; mais les mains douces de Cillian la dissuadèrent de faire plus que de toucher avec les yeux. Il semblait connaître l'animal et, comme tout ce qui se trouvait sur l'île, bien que mignon, il devait cacher quelques cartes dans sa manche, à l'image des fruits nauséabonds. Alors, Doucement, l'ancienne Voix se laissa faire. Elle déplia à nouveau ses jambes, dans une légère douleur, avant de s'éloigner un peu de ce mystérieux petit être. Elle roula malicieusement des yeux face à la recommandation de son compagnon. Il faudrait bien qu'un jour, elle fasse ses propres choix, ses propres expériences, même si elle devait se retrouver punie par la suite.

Ryme ne répondit rien et ils échangèrent un regard. Pourquoi s'évertuer à utiliser des mots lorsqu'un simple regard était bien plus signifiant ? Avec plaisir, elle se laissa attirer contre lui, profitant de sa chaleur, de son odeur si particulière que même le plus exfoliant des bains ne saurait chasser. Il sentait le sable chaud, la mer, le vent, le cuir. Combien de fois, à l'hôpital, s'était-elle glissé dans son lit juste pour pouvoir profiter de ça ? Bien trop. Il l'embrassa rapidement, juste avant de reprendre la parole. Il ne regrettait rien, tant mieux. Ce n'était pas le cas de Ryme, qui elle, portait l'amertume de ses actes dans le cœur, mais il n'avait pas besoin de le savoir. Il ne devait pas le savoir. Lorsque leurs corps s'unissaient, part un baiser ou d'une manière plus charnelle, cette sensation semblait s'en aller. Mais, elle était toujours là, tapis dans l'ombre, cette petite voix insidieuse, qui lui disait sans cesse qu'elle aurait dû le laisser en dehors de tout ça.

« Si tu ne me poses pas de questions... Je crois que je n'arriverais jamais à tout te raconter d'une manière honnête. » souffla-t-elle, lorsqu'il caressa avec délicatesse sa joue. Yevon, qu'elle pouvait aimer cette sensation exquise, un savant mélange du toucher doux d'une paume rêche. Elle ne voulut pas évoquer la Via : elle savait que lorsqu'il serait prêt, il se livrerait. Ce jour pourrait arriver bientôt, comme ne jamais exister, et cela lui allait parfaitement, son silence à ce sujet n'était rien d'autre qu'un témoignage de son plus profond respect.

Puis, soudainement, il réalisa que sa petite sœur, Jienne, fréquentait Holma. Holma, le personnage qu'il semblait le plus haïr sur l'île. Ryme laissa s'échapper un sourire à son contrôle devant cette réaction de grand-frère protecteur et grognon. Malgré tout, la Via ne l'avait pas totalement englouti. Les souvenirs qu'il portait en lui semblaient encore vifs. Et petit à petit, Ryme sentait que Cillian, le redresseur de torts de l'île de Besaid, refaisait doucement surface. Mais, cette vision fut de courte durée. Il fit une remarque, comme quoi, elle avait choisi le pire des hommes. Les sourcils de Ryme se froncèrent tandis qu'elle sentait les griffes de la colère venir lui entailler le ventre.
La lie de ce monde ne se situait pas devant elle, bien au contraire. Pour l'avoir fréquenté, Ryme savait bien que le pire de ce monde était loin, très loin de résider en lui. Et ce mal-là, elle ne l'avait pas choisi, contrairement à Cillian, qu'elle acceptait tout en entier.
Devant l'air mauvais qu'elle devait lui renvoyer, il s'excusa. Sa voix n'était pas très assurée, tout comme sa prise sur les épaules de l'Invokeure lorsqu'il l'attira contre lui. Ryme sentit sa respirer changer et ses muscles se tendirent. Sa colère s'envola loin d'elle et doucement, elle l'enserra.

« Ne te retiens pas, Cillian. » murmura-telle doucement.
« Tu as le droit de te décharger de ce poids que tu portes sur le cœur. Je ne bougerais pas, je resterais avec toi. Tout va bien. »

Nichée contre lui, la tête sous son menton, elle commença à sentir les larmes venir rouler sur son propre visage. Il avait mal. Il avait le droit d'avoir mal. Il avait le droit de pleurer pour se libérer son cœur du trop-plein qu'il transportait.

« Par contre, s'il te plaît, ne dis plus que tu es le pire. Je connais le pire de ce monde. J'ai été sa putain pendant de longues années et je sais que ce n'est pas toi. Tu es bien loin de ça. »

Elle se détacha un peu de lui, un sourire triste sur les lèvres. Elle ne lui avouerait probablement pas qu'a chaque fois qu'il se qualifiait beaucoup trop négativement, cela lui faisait mal. Cela lui faisait affreusement mal et elle ne pouvait rien faire, à part essayer de sourire et de lui redonner le sien.

« Toutes les épreuves que tu as traversées, toutes les choses que tu as affrontées... Elles n'ont pas fait de toi quelqu'un de mauvais. » soupira-t-elle d'une voix un peu serrée.

Ryme envoya sa main vers ce visage qu'elle connaissait presque par cœur, mais qu'elle n'avait jamais encore vu pleurer avec autant de sincérité. Elle dessina avec douceur les contours de son visage, l'arête de sa mâchoire et le creux de sa joue. Son cœur se mit à battre un peu plus fort, déposant un légère teinte plus rose sur son propre faciès.

« Que tu les aies oubliées ou non, toutes ces choses ont fait de toi l'homme que tu es. L'homme que je connais. L'homme que j'aime. Et même si parfois... Parfois, je me surprends à penser que tu aurais probablement été mieux sans moi, si nous ne nous étions jamais rencontrés, je ne regrette rien si ce n'est de ne pas avoir pu te sauver. »

Elle serra un peu les lèvres ; Ryme sentait que les larmes lui montaient un peu aux yeux et puis, sa conscience était mise à mal par cet aveu qu'elle venait de faire. Prendre une décision pour ensuite la trahir n'était pas vraiment quelque chose que sa psyché se plaisait à faire.

« Et je suis sûre d'une chose : tout ira bien. Et puis, avec un peu de chance, cet Holma te donneras l'occasion de lui coller un bon coup de poing dans la figure ! »

Un léger rire s'échappa de sa gorge. Elle savait que ce n'était pas suffisant, que tout ce qu'elle pourrait dire ou faire ne serait jamais assez pour récupérer les morceaux perdus de l'esprit de son compagnon, ou même le soigner afin qu'il puisse de nouveau profiter de l'existence qu'il lui avait été offerte. Tout ce qu'elle pouvait faire, s'était d'être là, pour lui et de partager le temps qu'il lui restait à vivre entre l'objet de ses désirs et ses devoirs.

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Cillian

Monsieur tout le monde

le Mar 27 Mar 2018 - 0:26
Elle choisit d'être un roc pour moi. Alors qu'elle soit un roc pour moi. Même si j'essaie autant que possible de limiter les réactions de mon corps, je pense qu'elle doit sentir que je pleure.Tant pis. Elle accepte mes larmes. Et me dit que je ne suis pas le pire. Qu'elle le connaît. Je me sens bête. Tellement bête. Je n'aurai pas du dire ça. Pas à elle. Je ne sais pas si elle est capable de comprendre ce que je ressens. De comprendre les monstres qui m'habitent. Ceux qui vous font voir le blanc noir et le noir blanc. Ceux qui vous retournent l'esprit comme une pelote de laine. Mais je pense qu'elle peut me comprendre. Alors je vais essayer aussi de faire des efforts pour elle. Est-ce que je peux crois ne pas être le pire ? Je ne pense pas. Est-ce que je peux ne pas le dire ? Totalement.

Elle essaie ensuite de me rassurer. De me dire que ce que j'ai vécu, cela ne m'a pas rendu mauvais. Cependant … Je ne suis pas toujours fier de ce que j'ai du faire pour survivre. Je le referai sans hésiter, et je répondrai sincèrement de mes crimes devant un tribunal si on pouvait me le demander, mais je suis techniquement un homme pur maintenant. Mais même si elle ne peut pas le voir, ou ne veut pas le voir, il est indéniable que je suis un homme plus sombre maintenant qu'avant. La suite de ses mots me fait un peu mal au cœur. Çà va, je survis. Je sais ce qu'elle veut dire. Je sais ce qu'elle veut me faire entendre. Mais je ne peux pas empêcher mes démons de tenter de me faire comprendre qu'elle aurait aimé que l'on ne se rencontre pas. Qu'elle ne veut pas être avec moi. Je reste silencieux encore un peu, le temps que l'amertume passe. Elle fait ensuite une remarque sur Holma. Doucement je caresse son dos. Le silence. Pendant quelques instants.

« Je suis forcé d'avoir besoin d'une raison pour lui en coller une en pleine poire ? »


J'ai l'impression de parler avec le ton d'un enfant. Doucement, je me recule un peu, histoire de la laisser respirer. Je crois que les grandes eaux se sont taries pour le moment. Comme un sac de pototos, je me laisse tomber sur le sable. Tant pis si ça salit ou abîme mon vêtement. Je dois avouer que je m'en moque comme de ma première chaussette. Je regarde ensuite ma rousse. Avec le soleil couchant, comme ça, elle est encore plus belle que jamais.

« J'aimerai pouvoir graver cet instant dans ma mémoire. »

Sa chevelure tranche avec la lune, et son teint pâle semble rayonner sous la clarté défaillante. Je crois qu'elle a pleuré. De ma faute. Mon cœur saigne un peu, mais ce n'est malheureusement qu'un saignement de plus. Je baisse les yeux au sol pendant quelques secondes. Ce que je peux détester ce sable. Et a la fois, l'aimer. C'est une sensation étrange. Je crois que tant que Ryme est à coté, je peux tout aimer. Et ça me fait un peu peur. Est si je deviens dépendant ? Est-ce que j'aurai la force de faire ce que je dois faire ? Je me racle la gorge avant de me frotter le visage.

« Tu sais Ryme, tu n'as pas de regrets à avoir. »

Je ne sais pas si elle comprends à quoi je fais référence.

« Tu m'as sauvée, a ta façon. »

Doucement, je me relève avant de lui tendre la main.

« Sans toi, je ne sais pas dans quel endroit sombre je serai là maintenant ... »

Je pointe mon visage du doigt.

« Là dedans. Tu m'aides à au moins y voir un peu plus clair. Ce n'est pas parfait, mais … C'est aussi bien que possible, je pense. Merci mon amour. »

Je serre sa délicate main avant de l’entraîner vers le centre ville. Je pense que ça doit plus ou moins être l'heure maintenant.

« Et qui sait, peut être que ça ira de mieux en mieux. Peut être qu'un jour ... »

Je soupire. Je pense qu'elle sait ce que je comptais dire. Mais je ne le dirai pas. Je n'ai pas envie que ces mots sortent de ma bouche. Pas maintenant. Pas de promesses que tu ne pourras pas tenir, Cillian.

Alors que l'on avance, une de mes nombreuses cousines nous harangue.

« Ah, vous voilà ! Tonton m'a dit que Jienne lui avait dit que vous étiez ici et m'a envoyé vous chercher ! C'est l'heure ! »

Je regarde Ryme et lui donne un dernier petit baiser sur la joue avant de serrer sa main un peu plus fort et d'avancer vers la place.

Tout est installé pour un festin. Des tables sur tréteaux, des broches sur des feux sur lesquelles tournent de la viande et des légumes. Il y a même un groupe de musique. Une bonne partie du village est présente. A peine on s'approche, mon père viens nous chercher et nous intime sans un mot de le suivre. Quand mon père veut quelque chose, il n'a pas l'habitude de devoir parler. Souvent, son visage veut tout dire. Il nous mène devant un petit vieillard moustachu qui semble aussi vieux que le temps lui même.

« Oh, Monsieur Ghilgo ? »

Il me fait un sourire avant de me mettre une petite tape sur le ventre.

« Et bien Cillian, je dois avouer être déçu que tu ne sois pas venu me dire bonjour avant. »

Son air est sévère mais son regard remplace très largement son sourire. Il se tourne vers Ryme.

« Mais j'ai compris pourquoi quand on m'a dit que tu étais accompagné. Et d'une bien charmante façon en plus. »

Doucement, il prends la main de Ryme pour y déposer un baisemain.

« Je suis monsieur Ghilgo. Je suis le maire de ce village. Plus pour très longtemps j'en ai peur, mais bon. »

Il a toujours eu l'art de mélanger les signaux.

« J'espère que notre modeste village vous plaît, très chère. Même si je comprends qu'il doit vous sembler bien fade. Après tout, vous en aviez déjà rencontré le plus bel élément. »

Je le reconnais bien là. Il doit dire ça à chaque fois que quelqu'un ramene un ou une compagne de en dehors du village. Cependant, même moi je n'arrive pas à savoi si au fond, il ne le pense pas un peu. Mais bon.

« Me feriez vous l'honneur de me suivre. Vous vous installerez à la table d'honneur. Hors de questions que vous partiez d'ici avant de savoir toutes les bétises que ce chenapan à pu faire quand il était gamin. »

Je hausse les épaules. On ne nous laisse pas le choix.

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