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« Home is where the heart is. » - Kwo.

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Lilia

Bannisseur

le Lun 15 Mai 2017 - 1:20



“ Home is where the heart is
ft. Kwokkak.

Le soleil atteignait tout juste son zénith lorsque Lilia se décida enfin à sortir de son lit pour se glisser dans sa douche, visiblement aussi rayonnante que d'ordinaire.
Elle aimait les grasses matinées. L'effervescence qui animait peu à peu les bruits du marché, près de chez elle nourrissaient sa bonne humeur et lui donnaient toujours envie de passer le reste de sa journée dans les rues commerçantes, qu'elle connaissait pourtant déjà presque par coeur. Elle aimait cette ville et ses habitants, son architecture et les nombreux endroits qu'elle mourrait encore d'envie de découvrir, à chaque fois qu'elle les apercevait. Elle aimait le Blitzball, le port, et tout ce qu'elle avait pu y apprendre, depuis qu'elle était arrivée.
Luca l'avait conquise et, inconsciemment, Lilia se mît à sourire bêtement aux quelques rayons de Soleil se faufilant à travers la petite fenêtre de sa salle d'eau.

Elle frissonna tout doucement lorsqu'un petit courant d'air chaud vînt accompagner les quelques gouttes d'eau roulant contre sa poitrine, ferma les yeux et inspira, doucement. Tout, absolument tout, s'était déroulé à une vitesse remarquablement hallucinante. Elle n'avait qu'à peine vu cette année s'écouler et voilà qu'elle passait ses dix-huit ans. Déjà. Ou seulement. Elle n'en savait pas grand chose, vivait à l'instinct et avançait simplement sur un chemin qu'elle ouvrait elle-même sous ses pieds. Sans vraiment prendre la peine de regarder derrière elle quand bien même elle le regrettait, encore, malgré les nombreux mois qu'elle avait regardé filer.

Elle avait espéré, un moment. Qu'il revienne, qu'il lui dise qu'il avait compris, et qu'il était prêt à l'emmener avec lui. Elle y avait cru, un moment. Juste un moment. Et lorsque l'espoir s'était mué en une légère déception, elle n'avait pas pu s'empêcher de s'en vouloir à elle-même. D'avoir été aussi peu précise et légère. De ne pas avoir pris la peine de tout lui expliquer, vraiment, comme il le fallait. Elle aurait préféré le voir la rejetter parce qu'il ne voulait pas d'elle, pas seulement parce qu'il n'avait potentiellement pas réellement compris ce qu'elle cherchait à lui avouer.

Un petit soupir s'échappa d'entre ses lèvres, remontées en une moue contrariée. Elle avait été stupide, elle le savait. Au moins autant qu'elle savait que, si elle en avait l'occasion, elle ne manquerait pas de prendre la peine de tout correctement lui expliquer.

– Mah, les chances pour que tu le revoies sont vraiment très minimes, ma grande.

Sa voix résonna entre les murs de sa salle de bain et elle grimaça légèrement en s'aperçevant qu'elle se retrouvait, une fois de plus, confrontée à une solitude qu'elle avait acceptée sans réellement l'aimer. Être seule ne l'avait jamais dérangée. Se sentir seule, en revanche...

Lilia secoua la tête, fronça les sourcils. Elle n'avait ni le temps, ni l'envie de se morfondre. Surtout pas l'envie, en vérité. Elle avait passé bien assez de temps à se remettre en questions, lorsqu'elle avait rejoint les Bannisseurs. Et si elle n'avait pas ouvertement pleuré, elle avait souvent manqué de se laisser aller à toute la peine qui lui tordait le coeur à chaque fois qu'elle repensait à la façon remarquablement ignoble dont elle l'avait rencontré.

Pourtant, et parce qu'elle était décidée à convenablement occuper sa journée, la jeune femme s'empressa de terminer sa douche et enfila la première robe légère qui lui passa à portée de main, l'air revigoré quand bien même sa poitrine lui semblait atrocement serrée. Elle était douée pour feindre les sourires et la bonne humeur. Douée pour tout cacher. Elle l'avait prouvé, pendant un mois. Un mois tout entier au cours duquel elle avait tout gardé secret, pour mieux le lui raconter après. Il était le seul à savoir, et il le resterait. Elijah n'avait pas besoin de s'inquiéter, et il était hors de question qu'elle donne raison à son père, quant aux avertissements qu'il lui avait donnés.

Légèrement démoralisée, Lilia acheva tout de même de calmement se préparer et remonta ses cheveux en une queue haute battant le creux de son dos, surprise de constater qu'ils avaient autant grandi, en aussi peu de temps. Est-ce qu'elle devait se les faire couper ? Est-ce qu'il aurait préféré qu'elle les coupe ?

Elle secoua doucement la tête, se sourît à elle même dans le miroir et inspira longuement avant d'attraper son petit panier, posé sur le côté. Se poser des questions qui n'obtiendraient jamais réponses ne l'aiderait pas à avancer. Encore moins à faire le deuil d'un semblant de premier amour parfaitement tué dans l'oeuf. Semblant ? Non, elle pouvait dire avec certitude qu'elle l'avait aimé. Un peu. Assez pour que ce soit douloureux. Mais rien qu'elle ne puisse pas surmonter.

Alors, malgré le léger pincement dans sa poitrine, Lilia s'arma de son plus agréable sourire et sortît de chez elle à la recherche d'un réconfort qu'elle se savait capable de trouver dans les rues colorées de Luca.


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Kwokkak

Bannisseur

le Lun 15 Mai 2017 - 16:32
Craquement d'acier. Chair de poule.

Doucement, je pose mon épée par terre. Le soleil se reflète difficilement sur la lame patinée. Avec un amour tout paternel, je passe la main sur le plat de la masse d'acier. Je connais presque par cœur chaque craquelure, chaque entaille qui court le long de l'arme. Rien. Doucement encore, je retourne le sabre pour répéter ce rituel. Ça me calme un peu. Chacune de ces anicroches, c'est une histoire. Comme des cicatrices. Je ne pourrai pas citer exactement à quoi correspond chacun des coups, mais pour mon cœur, c'est pareil. C'est un peu comme une légende. Un poème.

Ce qui m'inquiète, par contre, c'est que je ne trouve pas de nouveau trou. Ce n'est pas rassurant. Ce bruit ne peut venir que de mon arme. Et si ce n'est pas un coup extérieur, c'est une faute interne. Et ça … Et bien ça ne peut pas se réparer sans l'aide un forgeron. Et les forgerons les plus proches, d'ici, c'est Luca. Ma bonne humeur se dissipe doucement.

Luca. C'est là qu'est le siège des Banisseurs. Déjà, ça ne me plaît pas forcément. Je n'ai pas forcément les meilleures relations avec la maison mère. Je suis un peu trop … Comment avaient ils appelé ça ? Électron libre ? Je n'aime pas vraiment les ordres. Sincèrement, je pense qu'on me garde uniquement parce que ce que suis volontaire pour des choses que d'autres de voudraient pas faire.

Ça vous arrive, parfois, de vous imaginer ce que serait la vie si un petit événement avait changé ? Parfois, je me demande ce que serait ma vie si je ne voyageais plus seul. Moult personnes ont, au cours de mes pérégrinations, essayé de me faire lâcher ma solitude. Certains sont passé près. Je range mon épée. Est-ce que je voyage vraiment seul en fait ? Ou est-ce que je porte avec moi l'espoir et les pensées de tout ceux que j'ai aidé ? Allez Kwokkak. Un pied devant l'autre. En avant.

Il est midi passé quand j'arrive dans le cœur de la ville. Le soleil tape un peu, même s'il n'est pas encore a son zenith. Est-elle encore ici ? C'est une sensation étrange. J'essaie de me souvenir des visages des autres gens que j'ai aidé, mais étrangement, c'est toujours le même qui revient. Est-ce parce que je l'ai laissée tomber ? Ce ne me va pas ça, penser au passé comme ça.

Le forgeron voit que j'ai l'ai préoccupé. Il pense que c'est pour mon arme. En tout cas, son visage était effaré en la voyant. Presque comme si le morceau de fer tordu que j'utilise est une insulte à sa profession. Les espèces que je lui tends semblent calmer ses ardeurs. Ça tombe bien, je n'ai pas envie de m'expliquer. Oui, c'est une arme étrange. Oui, je m'en sers plus comme une massue que comme une vraie épée. Mais ça marche. Alors zut. Tous.

En tout cas, une fois débarrassé de ce poids, je me sens libre. Comme si tout mes soucis étaient en fait rattachés à mon arme. Je ne comprends pas trop comment ça marche, mais ça me va, je ne vais pas mentir. J'essaie de me souvenir. Luca. Qu'est-ce qui est bien à Luca. Qu'y faire, quand notre bourse est encore plus vide que nos soucis ? C'est cher les forgerons. Bah, je trouverai bien.

Je ne suis pas forcément à l'aise dans les grandes villes, pour être honnête. Voir l'horizon cassé de toutes parts par des bâtiments, ça ne me semble pas naturel.Et puis tout ces gens. A chaque coin de rue, j'ai l'impression de voir quelqu'un que je connais, pour au final être déçu. Même la Petite, j'ai cru la voir. Je me demande ce qu'elle devient tiens. Je suis sur qu'elle est devenue banisseuse maintenant. Peut être que je devrais aller prendre de ses nouvelles.

Est-ce vraiment une bonne idée ? Je veux dire, après un an sans.

Mais attendez. Je ne suis pas fou. C'est elle ! Ces cheveux, ce visage. Non, j'en suis sur, c'est elle. En voilà une bonne surprise. Je cours presque vers elle.

« Petite ? C'est toi ? Ça fait plaisir de te revoir ! »

Hum. Avec mes cheveux longs, mon armure et mes cernes et autres cicatrices, elle ne doit pas me reconnaître. Elle m'a même sûrement oublié.

« Kwokkak. C'est moi qui t'ai amené ici. Tu te souviens ? »

Je lui adresse un sourire engageant. J'espère juste que je me suis pas trompé.

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Lilia

Bannisseur

le Mar 16 Mai 2017 - 1:08
Je suis une attardée qui a édité son post au lieu de le poster après donc je réécrirais, haha.

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Kwokkak

Bannisseur

le Mer 17 Mai 2017 - 18:57
Elle se souvient de moi. Amusant. Je suis a la fois surpris et pas surpris. Pas surpris parce que bon, je lui ai quand même plus ou moins sauvé la vie.C'est un sentiment que je comprends dans un sens. Ce qui était pour moi une banale journée de travail était sûrement un des jours les plus importants de sa courte vie. Surpris parce que malgré tout ça, elle reste jeune. Elle a sûrement du croiser des dizaines d'autres personnes en un an, sûrement bien plus importantes que moi. Si j'avais été à sa place, je me serais très sûrement oublié. En tout cas, il y a une chose dont je suis sur. Elle a toujours un joli sourire.

Je laisse échapper un petit rire à sa remarque. C'est vrai qu'elle est grande. C'est pour ça que j'avais accepté de lui enseigner quelques petits tours à l'épée. Pas que je pense que les femmes sont trop petites ou frêles pour se battre, très loin de là. Mais bon, je ne suis pas vraiment un épéiste. Quand je combat, je me repose plus sur la force brute qu'autre chose. Si elle m'était arrivé a la poitrine, je lui aurait dit non. Je ne suis par contre pas exactement d'accord sur sa remarque sur les visages. Il m'arrive totalement d'oublier des visages. Bon. Après, il est vrai que je croise beaucoup de personnes, comme je voyage pas mal.

Avant de répondre, je la serre quelques secondes dans mes bras. Je suis content qu'elle ne sois pas morte. J'avais un peu peur qu'elle décide qu'a cause de mon entraînement, elle n'aurait pas besoin de suivre tout les enseignements des banisseurs et qu'elle soit tombée sur plus fort qu'elle. Une petite partie de mon esprit me dit qu'aussi elle aurait tout à fait pu, dans une folie de jeunesse, essayer de me retrouver. Elle sent bon en fait. Je lui tapote le dos et la relâche.

« Pour le thé, ça aurait été volontiers, mais je n'ai malheureusement que de quoi payer une ou deux nuits en auberge, pas plus. A moins que tu connaisse un établissement qui me laisserait payer en leur rendant un service, ça me semble compliqué. »

Je lui adresse un sourire un peu gêné. Elle sait que moi et l'argent, ce n'est pas une grande histoire d'amour. On en avait déjà discuté, il y a un an. Je pars du principe que les gens qui ont besoin de mon aide sont des gens qui ont déjà des soucis. Leur argent est mieux employé à remplacer ce qu'ils ont perdu et je me contente souvent d'un paiement en nature, par exemple un peu de nourriture ou bien des vêtements propres. Malheureusement, cela ne m'aide pas vraiment quand il s'agit de payer des choses en ville, là où les gens ont moins besoin d'un tas de muscle à tout faire.

« Le forgeron m'a véritablement saigné, mais je peux le comprendre. Il n'a pas un métier facile, et c'est vrai que mon arme est en piteux état. »

On peut sentir dans ma voix que je suis quand même légèrement en colère. Colère est peut être un peu fort comme mot. Je ne pense pas qu'il doive travailler gratis, mais mon arme est une arme au service du peuple. N'aurait il pas pu faire un petit geste ?

« Comme tu as pu le deviner, j'avais besoin de faire un peu d'intendance du coup. Je passais pas loin de la ville et mon épée s'est mise à faire un petit bruit bizarre. »

Je lui tapote doucement l'épaule avec mon poing fermé.

« Peut être que c'était le destin. »

Je ris doucement.

« Mais ça ne me ferait pas qu'un peu plaisir de parler avec toi. Je suis sur qu'il a du t'arriver plein de choses en un an. »

Je la regarde avec douceur. En vrai, et jamais je ne le dirai, mais en fait, c'est très simple. Je suis réellement content de la revoir. Je réassure mon sac sur mon dos pour lui montrer que je suis près à repartir. Ça va peut être lui rappeler des souvenirs.

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Lilia

Bannisseur

le Ven 19 Mai 2017 - 23:30



“ Home is where the heart is
ft. Kwokkak.

Lilia eût presque l'impression de sentir son coeur exploser dans sa poitrine, puis repartir de plus belle en percutant sa cage thoracique dans un ballet aussi effréné qu'incroyable. Ciel, qu'elle détestait être en proie à ses émotions et à ses sentiments. Non pas qu'elle les refoulait, mais elle aimait mieux les garder enfouis, le plus possible, là où personne ne pourrait les trouver.

Les yeux légèrement écarquillés, elle papillonna des cils un court instant, rendît maladroitement sa courte étreinte à Kwokkak, tandis que ses joues se coloraient d'une discrète rougeur...
Elle ne s'y attendait pas, non. Pas du tout, même. Ses contacts physiques avec lui s'étaient limités à de gentilles caresses sur la tête lorsqu'il l'avait trouvée, un an auparavant, et elle s'en était contentée. Elle s'en contenterait encore, en vérité. L'étreinte la surprenait, agréablement, mais lui en redemander ne faisait pas partie de ce qu'elle envisageait.

Toutefois, elle n'en était pas moins ravie et ne manqua pas de rire légèrement à sa remarque.
Elle n'était pas réellement surprise de savoir qu'il n'avait pas les moyens de payer plus que ce dont il avait besoin. Le contraire l'aurait même surprise, en vérité. Il ne lui avait jamais semblé près de ses sous et elle se serait sûrement un peu inquiétée, s'il l'était devenu.

Sans s'arrêter de sourire, Lilia l'écouta calmement énoncer son petit passage chez le forgeron et elle jeta un oeil curieux à son arme, la tête inclinée. D'aussi loin qu'elle s'en rappelle, la façon dont il utilisait son épée était aussi déconvenue que... Spéciale. Elle ne l'avait jamais commentée mais elle n'en pensait pas moins. Elle avait manqué de rire, la première fois. Sincèrement. Mais le concept fonctionnait alors elle n'avait pas commenté.

Son sourire délicat se mua en une légère nostalgie et elle se reconcentra au mieux sur leur conversation, pour ne pas retourner quelques mois en arrière.

Le destin ? Peut-être. Elle espérait, pour être honnête. Encore plus maintenant qu'elle l'entendait avancer que plaisir de lui parler serait partagé.  

L'air bien plus rayonnant qu'une seconde auparavant, Lilia lui rendît un léger coup de poing dans l'épaule, plongea son regard dans le sien.

— Si tu savais... J'ai énormément de choses à te raconter mais... Le temps d'un thé ne sera peut-être pas assez.

Elle ne comptait pas le retenir, loin de là. De toute manière, ça ne marcherait pas.

— Je t'invite, ne t'inquiètes pas. C'est seulement un thé, et quelque chose à manger, sûrement. Je peux me le permettre et... Je te comprends, le forgeron peut s'avérer assez hors de prix, j'ai cru devenir verte quand il a réparé ma hache, la première fois, ajouta-t-elle légèrement en se mettant en route.

Là aussi, une vague pointe de nostalgie lui noua la poitrine. Elle avait eu l'habitude de marcher près de lui sans trop savoir où aller et, avec moins d'emballement, en direction du QG des Bannisseurs. Leur petit voyage n'avait duré qu'un mois et Lilia se retrouvait déjà à s'en languir, cruellement. Elle aurait voulu partir, encore une fois. Sortir de Luca et retourner voir le monde, là où elle ne l'avait pas encore découvert. Abandonner la vie qu'elle avait pourtant pris la peine d'aimer ici et repartir avec lui. Elle aurait aimé. Vraiment.

— Pourquoi est-ce que tu étais aux alentours de Luca, au fait ? Si ce n'est pas indiscret. Tu voyages toujours autant, partout ?

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Kwokkak

Bannisseur

le Sam 20 Mai 2017 - 11:18
Thud.

Je n'étais pas près à ce qu'elle me rends mon petit coup de poing. Je ne vais pas mentir, ça m'a surpris. J'en ai même raté un battement de cœur. C'est étrange. Naturellement, je suis plutôt le genre de personne à accueillir la violence. Je réaffirme mon sourire. Autant ne pas montrer que je suis un peu troublé, d'accord ? Elle n'a pas l'air forcément dans son assiette non plus. Peut être que je la dérange ? Non. J'ai confiance en elle. Si je la dérangeait, elle me l'aurait dit. Pourquoi me mentir ? Je ne suis qu'un compagnon de voyage après tout. Ce n'est pas comme si elle accordait trop d'importance à ce que je peux penser.

Énormément de choses à raconter ? Ça me semble normal. Un an. Elle a du en apprendre des choses. Peut être même qu'elle a trouvé quelqu'un. Je l'espère pour elle. Vivre sur Spira, ce n'est pas une chose aisée pour personne, et elle à pas forcément non plus tiré la carte la plus chanceuse du paquet. Elle mérite un peu de bonheur, même si je ne pense pas qu'elle soit du genre à se laisser abattre.

« Tu sais, pour toi, je peux libérer un peu plus de temps qu'un simple thé. »

Je lui adresse un regard encourageant. Je ne veux pas qu'elle croit que je me sente obligé de le faire parce qu'elle m'invite. Non non Lilia. Je le fais uniquement parce que j'ai envie de te parler. Mon visage se fronce un peu ensuite. Parler de ce forgeron réussit à faire naître en moi une sourde colère. Quel con.

« J'espère juste qu'il fait de l'excellent travail ce forgeron. Parce que sinon, je me plaindrai. C'est important une arme. Et si j'ai payé quasiment un mois de travail pour une réparation, elle a intérêt à pouvoir au moins fendre une Adamankhélone. »

J'éclate d'un rire doux.

« Il n'y avait pas de raison particulière. Tu me connais, non ? Je vais où me guident mes pas. Si j'ai atterri ici, c'est sûrement qu'il y a quelqu'un qui a besoin d'un peu de Kwokkak dans sa vie, quelque part dans cette ville. Peut être même que c'est moi qui avait besoin de quelque chose ici. »

Je soupire un peu. Elle doit être contente d'habiter en ville. Je sais qu'elle avait dit vouloir voyager avec moi, mais c'était il y a longtemps. Elle a sûrement du comprendre, en profitant de la grande ville, que passer sa vie à marcher n'était pas une vie pour elle. Et je ne lui en veut pas hein. Je ne compte même pas spécialement parler de ça. C'est du passé, et elle a eu une vie meilleure en restant en ville.

Tout ceci nous ammene dans une petite échoppe à l'air a moitié ruinée. J'aime ça en tout cas. C'est le genre de bâtiment qui semble assumer fièrement qu'il a choisi l'âme plutôt que les rénovations. La Flamme. C'est un nom amusant pour un salon de thé. L’intérieur est plutôt cozy. Une vieille dame bien en chair s'approche de nous et nous demande si c'est pour deux personnes. Je laisse Lilia répondre. C'est elle qui invite après tout. Je la laisse aussi commander. Une vois installés, je la regarde dans les yeux.

« Merci pour tout ça. Je ne vais pas te mentir, je suis content d'être tombé sur toi. C'est un peu égoïste, mais il est vrai que parfois, je me sens un peu seul. Je suis content de pouvoir discuter un peu. »

Je lui souris.

« Alors. Raconte moi tout. Les cours. Les copains. La vie. Je veux tout savoir. Enfin, tout ce que tu veux bien me raconter. »

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Lilia

Bannisseur

le Dim 28 Mai 2017 - 9:14



“ Home is where the heart is
ft. Kwokkak.

— Plus de temps qu'un simple thé ? Je risquerais d'en abuser, j'espère au moins que tu le sais.

Elle l'avait formulé de façon aussi spontanée que vaguement inattendue, pour elle. Elle le taquinait, évidemment qu'elle le taquinait. Son large sourire en disait bien assez mais elle n'était pas réellement prête à s'entendre dire ce genre de choses elle-même. Et sur le coup, elle maudissait sincèrement son côté instinctif, regrettait presque de ne pas avoir la même mesure que son frère aîné. Combien de fois Lilia s'était-elle retrouvée dans des situations délicates à cause de ses excès de franchise ? Trop souvent, beaucoup trop souvent.

Cependant, la jeune femme préféra ne pas plus se laisser aller à de profondes réflexions concernant ce qu'elle était et se contenta de naturellement prêter oreille à Kwokkak, marchant près d'elle.
Elle avait eu, plus d'une fois, les preuves du travail on ne peut plus satisfaisant du forgeron de Luca, en dépit de ses prix outranciers. Il exerçait son métier comme il le fallait, avec quelques exagérations financières, certes, mais comme il le fallait.

Attendri par le rire de celui qu'elle considérait comme un presque mentor et ami, Lilia laissa son propre sourire s'étirer un peu plus. Elle s'attendait un peu à cette réponse, oui. Kwo n'allait jamais réellement où que ce soit dans un but précis, et c'était l'une des choses qu'elle aimait chez lui : Il ne dépendait de rien, ni de personne. Sa liberté était autant sa force que sa faiblesse à son sens. Preuve en était le fait qu'il restait relativement seul, en dehors des gens qu'il croisait et aidait.

— Adamankhélone ? Tu lui en demandes peut-être un peu trop, tu ne crois pas ? répliqua doucement Lilia dans un rire. Un peu de Kwokkak dans sa vie... J'aime assez cette expression ceci dit, c'est une jolie façon de dire que les gens ont besoin de toi.

Elle ne releva pas spécialement le fait qu'il était peut-être celui qui nécessitait quoi que ce soit. À quoi bon se donner de faux espoirs qu'il ne offrait lui-même absolument pas ?

Sans se départir de son sourire, Lilia s'engouffra dans la petite bâtisse - croulant sous le poids des années - face à laquelle ils venaient tout juste d'arriver, salua naturellement la tenancière, aussi paisiblement que si elle la connaissait. Et elle la connaissait, en effet. Notamment parce qu'elle servait le meilleur thé de Luca, celui qu'elle préférait et qu'elle n'eût pas même besoin d'indiquer à la vieille femme, afin de le commander. Elle venait ici de façon si habituelle qu'elle se plaisait à considérer cet endroit comme son refuge parfois.

— Oh...

Fût le seul son qui lui échappa lorsqu'il reprît la parole. Elle se sentait stupide, à s'être entichée au point de sentir son ventre papillonner rien qu'à l'entendre lui dire qu'il était content d'être tombé sur elle. Autant qu'elle se sentait mal de savoir qu'il lui arrivait, parfois, de se sentir seul et d'avoir envie de discuter. Personne n'était fait pour une vie de solitude et, quand bien même Kwo lui avait prouvé plus d'une fois qu'il s'en sortait très bien, elle n'en avait jamais réellement été persuadée.

Lilia secoua doucement la tête, chassant ses pensées parasite au passage en souriant de nouveau.

— Je suis contente aussi. Je ne pensais sincèrement pas te revoir après tout ce temps et tu ne peux pas savoir comme ça me fait plaisir.

S'installant un peu plus confortablement, elle jeta un oeil aux quelques autres clients installés dans le salon, avant de continuer :

— Mmh. Les cours ? On m'a beaucoup aidée quand je suis arrivée chez les Bannisseurs. Je savais tenir une arme, merci à toi, mais j'avais encore énormément de lacunes dans... Beaucoup de domaines. J'ai eu de la chance d'avoir le poids et la taille que j'ai. Quand ils se sont rendus compte du fait que mon style convenait bien plus à une hache, ils me l'ont proposée et... De là, j'ai fait forger Helwatz, il faudra que je ta la montre, elle est magnifique ! s'exprima-t-elle avec un engouement non feint.

Elle était ravie. Discuter avec Kwo de jusqu'où elle était arrivée lui faisait un bien fou, en vérité.

— J'ai eu mon lot de blessures et de bleus, bien sûr. J'ai pleuré, parfois. Je me suis énervée, souvent. Mais je n'ai jamais voulu abandonner et je suis devenue une vraie Bannisseuse il y a tout juste deux mois. Je ne te remercierais jamais assez de m'avoir aidée, je crois. Autant que je ne remercierais jamais assez ceux qui m'ont enseignée ce que je sais, maintenant. Je n'ai pas réellement d'amis, ceci dit. Juste des... Camarades mais nous n'avons pas de réelle affinité alors... Je le vois seulement là-bas, ou pendant mes jours de congés, parfois. Mais je ne m'en plains pas, j'adore cette ville et ses habitants, même si l'horizon me manque, parfois.

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Kwokkak

Bannisseur

le Lun 12 Juin 2017 - 11:11
Je l'écoute avec attention, un regard doux et bienveillant posé sur elle. Elle n'est plus la petite fille effrayée que j'ai rencontré il y a une grande année. Dans un sens, c'est un peu effrayant a quel point ce monde force les gens à grandir vite. Je sens comme un pincement au cœur. Ce que j'aurai aimé ne jamais la rencontrer, si cela avait signifié lui éviter les épreuves qu'elle a pu rencontrer sur le chemin de sa vie. Bien vite, ces idées partent. Non. Il ne faut pas Kwokkak. Elle est faite d'un bois solide. Résistant. Et ce n'est pas ta place que de t’apitoyer sur son sort. Elle ne semble pas forcément regretter. Du moins, elle fait avec. Et ce serait l'insulter non seulement elle, mais tout ceux qui sont morts sur le chemin. Concentre toi Kwokkak.

Elle assure que ça lui fait plaisir de me voir. Mon sourire s'agrandit un peu. Elle sait comment faire plaisir à un vieil homme. Je passe ma main dans mes cheveux. Effectivement, je n'avais pas pu lui apprendre grand chose de plus que tenir une arme. Après tout, ce n'est pas comme si je savais beaucoup plus. Il ne faut pas le dire, mais je n'ai jamais suivi de cours. Je suis arrivé en maniant mon épée comme on manie un gourdin, ils ont vu que c'était efficace, ils m'ont dit que c'était bon. Effectivement, elle a de la chance d'avoir son poids et sa taille. Dans ce monde où nous vivons, il vaut mieux être grand et fort que petit et rachitique.

Helwatz ? Je fronce légèrement les sourcils. Elle donne un nom à son arme ? C'est une chose que je n'ai jamais faite, voir même que j'aime pas trop. Les armes n'ont pas à avoir de nom. C'est réservé pour les gens ou les animaux. Donner un nom à son arme, c'est, pour moi, trop s'y attacher. Ça va paraître idiot, je sais, mais je ne rêve que du jour où je pourrai abandonner mon arme. Parce que j'en aurai plus besoin. Mais j'ai sûrement tort. Aurons nous la paix un jour ? A chaque couché de soleil, cet idéal me semble d'éloigner un peu plus. Je soupire légèrement.

Je me sens me tendre un peu quand elle parle de blessures et de pleurs. Je sais ce que c'est, être Bannisseur. Combattre. Et je sais qu'elle est très largement assez forte pour supporter tout ça, du moins mentalement. Elle me l'a prouvé, au fond. Mais je ne sais pas. L'idée qu'elle soit blessée me met mal à l'aise. M'attriste. Le fait qu'elle n'ait pas d'amis non plus. Elle est gentille. Agréable. J'ai un peu de mal à voir comment les gens ont pu ne pas le voir.

La patronne arrive avec nos boissons. Deux espèces de tasses d'où sort une épaisse fumée. Ça à l'air … chaud. L'odeur me ravit. C'est … fruité. Épicé. Ca me rappelle un peu le grog des îles. Sans attendre, je saisis ma tasse et avale une gorgée qui me tire une larme. C'est chaud putain. Je repose la tasse aussi vite et toussote.

« Haha, je ne m'attendais pas à ce que ce soit aussi chaud. Mais c'est bon. Tu as fait bon choix mon amie. »

Bon, il faut que je parle le temps que ça refroidisse. J'ai pas encore envie de me faire mal.

« Je comprends. La liberté, c'est vraiment le plus beau des cadeaux. Et pareillement, j'avais du mal avec les autres. Obéir, tout ça … Ca n'a jamais été mon fort. Enfin, tu sais comment je fonctionne. Je ne suis pas le genre de mec qui ne fait pas sa partie du travail. J'aime juste la faire quand je l'entends et comme je l'entends. »

Je me passe de nouveau la main dans les cheveux et la regarde dans les yeux. Je me surprends même à me dire que ça m'avait manqué. Je suis content d'être tombé sur toi, Lilia.

« Pourquoi ne pas partir si ton entraînement est terminé ? Allez faire comme un certain vagabond. Le monde a besoin de gens motivés comme toi. »

Je prends une nouvelle gorgée et lâche assez bas.

« Si tu veux, on peut même voyager un peu ensemble. Ca ne me dérangerait pas. Loin de là. »

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Lilia

Bannisseur

le Sam 29 Juil 2017 - 14:46


“ Home is where the heart is
ft. Kwokkak.
Le sourire de Lilia se mua en une petite moue inquiète, bien vite remplacée par un sourire attendri et amusé tandis qu'elle lui tendait l'une des serviettes que la tenancière leur avait apporté. Il lui avait manqué. Ses habitudes bourrues et sa façon de parler lui avaient manqué. Sa liberté elle-même, en vérité. Elle y avait goûté, le temps d'une année. Quand bien même elle ne s'était jamais réellement considérée libre, celle de Kwokkak l'avait imprégnée de telle sorte qu'elle en était venue à l'admirer, d'une certaine façon. Là où d'autres auraient voulu mettre cette « indépendance » en cage, elle l'avait regardé vivre sa vie, comme il en avait envie, sans pouvoir s'empêcher de se dire qu'elle aurait voulu vivre comme ça, elle aussi. Il ne s'enchaînait à rien, ni personne, avançait comme bon lui semblait mais ne s'empêchait pourtant pas, parfois, la compagnie de quelqu'un pour suivre ses pas.

« Jusqu'à ce que nos chemins ne se soient séparés. » songea-t-elle en sirotant silencieusement son thé. Elle l'avait attendu, quelques temps, avait espéré qu'il revienne la chercher mais avait fait taire son coeur de jeune femme encore trop jeune pour réussir à faire preuve de maturité. Il était de loin plus vieux qu'elle, avait sûrement connu bien des femmes plus agréables qu'elle. Alors elle avait enfoui son visage dans un coin de sa poitrine et s'était tout simplement promise de juste s'en rappeler comme de l'homme qui l'avait sauvée. Sans se douter que ce serait aussi dur d'y arriver.

Ravalant de peu un petit soupir désabusé, Lilia sirota une gorgée de sa tasse, tout en l'écoutant continuer à parler. Elle aimait définitivement ce thé, ses arômes et sa douceur pourtant exotique. Un peu comme Luca. Pleine de couleur, d'horizons et pourtant agréable. Une ville où il fait bon vivre, en somme. Une ville dont Kwo lui proposait, peut-être, de partir. Partir ? Elle y avait songé, plus d'une fois. Maintenant qu'elle était Bannisseuse, plus rien ne la maintenant « enchaînée » à Luca. Plus rien ne l'obligeait à se limiter à la découverte d'une seule des nombreuses communautés dont regorgeait Spira. Besaid, Kilika, Guadosalam, Bevelle... Toutes ces villes dont elle entendait parler, sans oser s'y aventurer. La solitude lui faisait peur et, parce que ce serait sûrement toujours le cas, elle accueillît la proposition de Kwokkak avec un écarquillement d'yeux aussi surpris que ravi.

L'idée de voyager avec lui ne lui déplaisait pas. Absolument pas.

— Oh, j'en serai ravie !

Son sourire lui fît presque mal aux joues. Enfin, non. Il lui faisait mal aux joues, mais elle ne s'en préoccupa pas plus que du reste, en vérité. Le fait de sourire aussi largement lui était aussi naturel que sincère, et un peu plus dans cette situation. Dire qu'elle en avait rêvé serait peut-être un peu mentir, mais elle admettait sans mal qu'elle l'avait attendu, depuis qu'elle l'avait regardé s'en aller. Elle avait attendu qu'il revienne la chercher, pour marcher à travers tout Spira à ses côtés. Quand bien même l'intention n'était pas la même, il l'avait fait. Et plus que le fait de pouvoir le faire avec lui, c'était l'idée de découvrir tout ce qu'elle ne connaissait pas, qui faisait briller ses yeux et lui donnait envie de le serrer dans ses bras, pour le remercier. Elle aimait voyager. Autant qu'elle aimait Spira et tout ce que ce monde avait à lui apporter. Autant qu'elle aimait l'idée seule de pouvoir venir en aide à tous ceux qui en auraient besoin, un peu partout où elle irait.

— J'adore cet endroit, Luca est une ville formidable mais... J'aimerai tellement en voir d'autres. Spira me fait rêver. Mon petit village natal ne m'a offert que l'océan et la montagne comme horizons, et mon année chez les Bannisseurs ne m'a pas réellement permise de voir autre chose.

Pour la première fois depuis longtemps, Lilia rayonnait. Ses gestes n'étaient pas moins mesurés et délicats que d'ordinaire, mais son sourire et le bonheur dans sa voix démontraient clairement que l'idée lui plaisait. Et le mot « plaire » était même encore sûrement trop faible.

— La solitude m'a toujours fait un peu trop peur pour que je me risque à voyager seule mais si c'est avec toi... Ca me va.

Son sourire se radoucît légèrement alors qu'elle reposait sa tasse, sans cesser de le regarder.

— L'idée de vagabonder et d'apporter mon aide à ceux qui auront besoin de moi me plaît. Peut-être même que certaines personnes ont besoin d'un peu de Lilia dans leurs vies.

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Kwokkak

Bannisseur

le Sam 29 Juil 2017 - 16:02
Ah, voilà le genre de réaction que j'aime voir chez les gens. De beaux et francs sourires. C'est pour ça que je vis. Voir les gens heureux. Je ne peux que lui rendre son sourire. Et ça ne me dérange pas. En second, dans ma liste des choses pour lesquelles je vis, il y a sourire moi même. Donc c'est du deux en un. J'avale une autre gorgée du liquide un peu moins brûlant. Maintenant que je ne souffre plus en buvant, je peux apprécier un peu le goût. Effectivement, on dirait le grog des îles, mais en moins … Mordant. Il ne doit pas y avoir d'alcool dedans. Pas que foncièrement, ça me dérange, mais il faut accepter qu'un peu de liqueur peut donner un peu de … oompf à vos boissons. Mais bon, c'est ce que Lilia à choisi. Si on est amenés a voyager ensemble, il va bien falloir que je mette, autant de façon proverbiale que de façon réelle, un peu d'eau dans mon vin. Je passe ma main sur mon menton alors que je sens un peu de pourpre monter à mes joues. Son regard me trouble un peu et je détourne le mien. Je murmure, pensif, l'image de longs cheveux roux gravés dans mon regard.

« Peut être, peut être …. »

Cela ne me ressemble pas ça tiens. Je ferme les yeux et inspire doucement. Reprends le contrôle Kwokkak. Reprends ton locus. C'est Lilia. Ce n'est que Lilia. C'est uniquement Lilia. Ce n'est que Lilia. C'est Lilia. Tu as déjà voyagé avec elle. Elle te connaît. Tu la connais. Sans plonger mon regard dans le sien, je la met en garde.

« Tu sais, par contre, ce ne sera pas comme avant. Tu ne viens pas en tant que petite … même si tu as jamais été vraiment petite je pense ... »

Un petit trait d'humour. Voila, je retrouve le Kwokkak que j'aime tant. Mon trouble semble passer. Je comprends, maintenant. C'est vrai que l'idée de voyager avec une femme est un peu … nouvelle pour moi. Je veux dire, passer tant de temps ensemble. Dormir ensemble. Manger ensemble. Avoir peur ensemble. Combattre ensemble. Être heureux ensemble. Forcément, ça créé des liens. Dont je ne suis pas sur de vouloir. Mais c'est Lilia. Alors ça devrait aller, non ?

« Non, tu viens en tant que mon égale. Je ne doute pas de toi, mais je préfère te prévenir. Il va falloir que tu portes ton poids, on est d'accord ? »

Je ne sais pas si elle est familière avec cette expression.

« Ce que je veux dire, c'est qu'il va falloir que tu fasses ta part du travail. Je ne suis pas là pour tout faire, si tu viens. D'accord ? »

J'ai l'impression de ne pas être la plus sympathique des personnes à cet instant précis, et je m'en veut un peu. Mais je ne sais pas pourquoi, comme il s'agit de Lilia, j'ai envie d'être super … carré, si c'est le bon terme. Je n'ai pas envie qu'il lui arrive du mal. L'arrivée de la patronne me tire la tête de ma réflexion. Elle tient dans les mains un petit panier avec des … pâtisseries dedans ? Je n'ai ps le souvenir qu'on en ait commandé, et je ne sais pas si la tirelire de Lilia peut permettre ça. Je suis sur le point des les refuser quand elle les pose sur la table et explique.

« Ça fait longtemps que je n'ai pas vu Lilia sourire comme ça, alors je me suis dit qu'un peu à manger ne serait pas mal. »

Elle repart sans nous laisser le temps de répondre. Oh. Je regarde Lilia, un sourcil légèrement dressé. Autant, des remerciements quand on fait un travail, je peux comprendre. Mais là ? Enfin, ce n'est pas mal. J'attrape un des petits gâteaux et mords dedans. C'est bon. Par contre, il y a une sorte de confiture dedans. Rah, je m'en met partout. Et comme ça, sans miroir, je n'arrive pas a voir où c'est. Je prends ma serviette.

« Lilia, tu pourrai me dire où essuyer, tu serais un amour. »

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Lilia

Bannisseur

le Sam 29 Juil 2017 - 22:39


❝Home is where the heart is.
ft. Kwokkak
Lilia n'avait aucune idée de ce que Kwokkak cherchait à lui expliquer. Et pour cause : tout ce qu'il lui disait lui paraissait plutôt évident.
Elle ne comptait pas dépendre de lui, si elle s'en allait. L'idée de voyager seule l'effrayait, mais celle d'être un fardeau, plutôt que de lui faire peur, la dégoûtait assez pour lui donner envie de rester à Luca toute sa vie, si c'était ce que son départ impliquait. Elle voulait voyager pleinement et librement, parcourir le monde pour s'émerveiller de tout ce qu'elle avait encore à y découvrir, s'effrayer de toutes les fois où elle risquerait de mourir, combattre tous les monstres qu'elle croiserait... Vivre, tout simplement. Et dépendre de quelqu'un ne pouvait être qu'un frein à ce choix. Autant qu'une entrave à sa propre liberté, à lui.

Alors non, elle ne serait pas son boulet, tenterait au mieux de rendre ces voyages aussi agréable pour lui que pour elle, à travers toutes ses attentions et tout ce qu'elle avait à donner. Elle aimait l'idée de marcher à travers Spira. Un peu plus si c'était à ses côtés. Parce que l'idée de partager ses jours, d'une façon comme d'une autre, lui faisait chaud au coeur et faisait naître un sentiment léger dans sa poitrine. Lui donnait presque envie d'un peu plus sourire, quand bien même c'était impossible, et celui-là même qu'elle avait sur ses lèvres ne tarda pas à s'estomper.

— Ça fait longtemps que je n'ai pas vu Lilia sourire comme ça, alors je me suis dit qu'un peu à manger ne serait pas mal.

Lilia haussa un sourcil inquisiteur. Surprise et déroutée. Autant parce qu'elle ne s'attendait pas à être aussi aisément exposée que parce qu'elle n'en aimait pas spécialement l'idée. Néanmoins, elle se garda du moindre commentaire et remercia tout simplement la tenancière d'un sourire, avant d'elle même attraper de quoi se régaler. Elle savait pertinemment que les intentions de la vieille femme n'étaient guidées que par sa tendresse naturelle. Le lui reprocher l'aurait mise affreusement mal à l'aise et elle n'avait absolument pas besoin de ça.

Au lieu de quoi, ses yeux s'arrondirent un peu plus et elle secoua tout doucement la tête en riant, à la demande de Kwokkak.

— Et c'est moi la petite, hein ?

Tentative, à peine cachée, de répondre à sa petite plaisanterie passée ? Oui. Et pour lui démontrer qu'elle le taquinait, Lilia accompagna ses mots d'un sourire délicat.

— Je sais que j'aurai ma part à effectuer, Kwo, souffla-t-elle du bout des lèvres en attrapant sa serviette avant de doucement se pencher vers lui. Je ne voulais pas que tu t'occupes de moi, ni quoi que ce soit, de toute manière. Je ne suis plus l'enfant perdue que j'étais.

Elle focalisa au mieux son attention sur les quelques tâches de confiture autour de ses lèvres, juste pour s'éviter d'avoir à le regarder. La situation ne la gênait pas plus que de raison mais elle mentirait en assurant qu'elle était totalement à l'aise.

— Je viens avec toi en tant que... Compagne de route, et je le sais, alors je ne compte pas être un fardeau, ni pour toi, ni pour moi-même... Je veux partir, c'est mon choix et c'est à moi de l'assumer. Alors oui, je porterai mon poids.

Son sourire illumina un peu plus son visage et elle inclina doucement la tête, avant de le relâcher.

— Je lui demanderai de nous en emballer d'autres. Ses gâteaux sont de véritables... Tueries ? Je crois que c'est ce qu'ils disent, ici. Enfin, mon vocabulaire local se limite à ce que j'entends dans les rues et chez les Bannisseurs, mais passons. Tu voudras te reposer un peu, d'ailleurs ? Ma maison n'est pas bien grande mais je devrais avoir de quoi. Et puis, j'aimerai savoir ce que tu as bien pu faire, au cours de cette année, de ton côté.

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